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Adaptation de l’organisme au froid et à l’altitude

Lors d’un séjour en montagne, existe-t-il
des contre-indications médicales formellement liées à l’altitude et au froid ?

Répondre à cette question nécessite toutes les précautions d’usage et l’avis du médecin traitant. Toutefois, l’on peut distinguer deux types de séjour : les séjours en dessous de 1.500m (logement et pratique sportive comprise), et les séjours au-delà de cette altitude.

Les contre-indications médicales ne sont reprises que pour un séjour au-delà de 1.500 mètres d’altitude, sauf cas exceptionnel.

Les contre-indications médicales
au séjour en montagne

• cardiaques
Les contre-indications sont essentiellement liées à l’altitude. Il s’agit des accidents cardiaques récents, des insufisants cardiaques graves, des atteintes de coronaires, et d’une manière plus générale de toutes les maladies cardiaques non stabilisées par un traitement ou évolutives malgré un traitement.
–> pourquoi ?
en raison essentiellement de l’effet de l’altitude sur la fixation d’oxygène, et de la réaction de l’organisme que l’on appelle « polyglobulie ».

• vasculaires
Les personnes atteintes d’accident vasculaire récent ne peuvent séjourner en altitude. Ceux ayant eu des accidents vasculaires contrôlés, traités et suivis, doivent demander l’avis médical avant de séjourner en altitude.

–> pourquoi ?
en raison du déficit d’oxygène constaté en fonction de l’altitude.

• respiratoires
Les maladies respiratoires peuvent être une contre-indication temporaire ou relative en fonction de la gravité de celles-ci ; les asthmatiques doivent se méfier, en raison du froid et de l’air sec.

• neurologiques
Les épileptiques non équilibrés ne peuvent séjourner en altitude. Ceux qui prennent un traitement et qui n’ont pas fait de crise significative depuis un certain temps doivent ajuster leur traitement en raison des possibilités de récidive liée à l’effort et à l’hyperventilation créée par l’altitude.

• dermatologiques
Les personnes sensibles au froid ou au soleil ou qui présentent des maladies de peau doivent consulter leur médecin ou leur spécialiste avant tout séjour en altitude et doivent se protéger de façon significative avant toute pratique sportive en altitude et dans le froid.

• grossesse
Se référer à l’avis du spécialiste en fonction du déroulement de la grossesse et des antécédents personnels.

• les autres contre-indications
L’arthrose, un traumatisme récent, diabète mal équilibré, une hypertension non contrôlée, toute pathologie récente nécessitant un suivi ou un traitement, font partie des contre-indications définitives ou relatives à adapter avec votre médecin traitant.

Adaptation à l’altitude

• les effets de l’altitude sur l’organisme
L’altitude se traduit par une baisse des pressions atmosphériques. Cette baisse a une répercussion directe sur la quantité d’oxygène disponible pour le corps humain. Dans ces conditions, l’altitude provoque une privation d’oxygène obligeant le corps humain de s’adapter avec une ventilation supérieure à la normale (hyperventilation) et la fabrication de globules rouges créant ce que l’on appelle une polyglobulie.

Par ailleurs, l’effet direct sur l’organisme de l’augmentation de la respiration est l’augmentation de la fréquence cardiaque, c’est-à-dire tachycardie.

La baisse d’oxygène est proportionnelle à l’altitude. Ainsi, votre taux de ventilation en oxygène au niveau de la mer est de « 100 ». Il ne sera plus que de 88% à 1.000 mètres, 78% à 2.000 mètres, 69% à 3.000 mètres, 60% à 4.000 mètres.

L’effet direct sur l’homme est donc une diminution relative de ce que l’on appelle la VO2max. Ses effets sont toujours négatifs sur l’organisme, tout au moins dans un premier temps puisque l’adaptation à l’altitude permet à un certain nombre de sportifs de se préparer pour réaliser des compétitions au niveau de la mer, grâce à cette polyglobulie (augmentation des globules rouges), qui permet de retrouver pendant un temps court un « dopage naturel » du corps humain.

Comment réagir pour lutter pour lutter contre les méfaits de l’altitude ?

A priori en France, il n’existe pas d’altitude suffisamment élevée pour engendrer des problèmes graves et urgents de mal aigu des montagnes. Toutefois, la seule solution qui se présente à nous si cela intervenait, est de redescendre la personne atteinte le plus rapidement possible à une altitude plus basse. Ceci se fait en général par hélicoptère, mais dans le cadre de mal aigu bénin, on peut redescendre rapidement par voiture ou par train.

Conclusion

Les effets de l’altitude sont à prendre en compte, mais le plaisir de pratiquer un sport en montagne pendant les vacances l’emporte sur les inconvénients.

Vous pouvez souffrir sans le savoir de quelques inconvénients. Toutefois, seuls l’œdème pulmonaire ou l’œdème cérébral restent un danger potentiel grave pouvant conduire à la mort. Descendre en altitude suffit. Un séjour en caisson hyperbare est également possible.

Si vous avez un doute, consultez avant tout séjour votre médecin, que ce soit pour vous-même ou pour vos enfants, qui restent plus sensibles que vous au mal des montagnes.

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Dr. Patrick Bacquaert A propos de l'auteur

Consultant en médecine du sport et sport santé ainsi que médecin chef de l’Institut de Recherche en Bien-être, Médecine et Sport Santé (IRBMS). Le docteur Patrick Bacquaert est l'une des grandes figures de la médecine du sport. Il s'est investi dans la promotion du sport santé dans la région Nord Pas-de-Calais. Il œuvre également dans la lutte contre le dopage et s'occupe activement d'un site Internet www.irbms.com dont il est le responsable.

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