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Cancer de la prostate et Activité Physique Adaptée

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Le cancer de la prostate

L’activité physique joue un rôle important face au cancer…

Le cancer de la prostate est le plus fréquent à partir de 70 ans, et il augmente progressivement avec l’âge. Ainsi, plus de 69%  des cancers de la prostate surviennent après 65 ans.

Si l’hérédité joue un rôle assez faible d’environ 10%, le risque s’accroît si au moins deux parents proches ont eu un cancer de la prostate, ou si un proche a été atteint avant l’âge de 45 ans (La ligue contre le cancer, 2009).

En 2011, on estimait à 71200 le nombre de nouveaux cas de cancer de la prostate en France, le positionnant au premier rang des cancers chez l’homme (HAS, 2013).

La prostate est une glande hormonodépendante de l’appareil génital masculin qui permet la sécrétion du liquide séminal et participe à l’éjaculation en se contractant. Identifiable a une châtaigne pour sa forme et sa taille, elle se situe sous la vessie en avant du rectum, et entoure le début de l’urètre.

Avec l’âge, les modifications de la paroi vésicale sont à l’origine d’une désorganisation des mictions ainsi que d’une instabilité vésicale (HAS, 2013). De plus après 50 le volume de la prostate augmente provoquant une compression de l’urètre entraînant des troubles urinaires.

Le cancer de la prostate se développe à partir d’une cellule normale qui va se diviser de manière incontrôlable et former à terme une masse appelée tumeur. Dans la majeure partie des cas ce cancer se développe dans la zone périphérique de la prostate.

L’évolution de cette tumeur peut s’étendre au­-delà de la prostate et atteindre la capsule prostatique, soit l’enveloppe qui entoure la prostate, la séparant des tissus voisins. Une classification internationale TMN classe ce cancer en 4 stades selon la taille de la tumeur, la présence ou non de cellules cancéreuses dans les ganglions et la présence ou non de métastase :

  • Stade 1 : le cancer est localisé sans extension au­delà de la capsule prostatique
  • Stade 2 : le cancer est localement avancé, il s’étend aux organes avoisinants
  • Stade 3 : cancer de la prostate avec atteinte ganglionnaire pelvienne
  • Stade 4 : cancer de la prostate métastasique

Le problème majeur de ce cancer est qu’on ne peut pas le détecter à des stades précoces puisque durant le développement on a une absence de symptômes, les troubles urinaires étant liés à l’augmentation bénigne du volume de la prostate. Ce n’est que lorsque le cancer est répandu dans et au­delà de la prostate que certains signes vont se manifester comme des changements au niveau mictionnel, des éjaculations douloureuses ou encore des douleurs osseuses surtout au niveau des lombaires (HAS, 2013).

Prévention et diagnostic

Dans le cadre de la prévention, des dépistages peuvent­être faits, ceux­ci sont d’ailleurs recommandés pour les personnes ayant des symptômes génito­urinaires et/ ou osseux. En revanche, pour les personnes de 50 ans et plus et n’ayant aucun symptôme, le dépistage systématique n’est pas nécessaire bien que souvent proposé par le médecin traitant (HAS, 2013)

Pour diagnostiquer ce cancer, différents examens doivent être effectués, en commençant par la palpation de la prostate qui permettra de définir son volume et sa fermeté. Ensuite un dosage sanguin du PSA est fondamental, sa mesure se fait par une simple prise de sang et sa valeur normale est inférieure à 4 ng/ml. Ce dernier ne permet pas de définir avec certitude la présence ou non de cancer.

En cas de doute, après le dosage du PSA et le toucher rectal, des biopsies seront indispensables, elles permettront d’affirmer le diagnostic mais également de fournir des informations quant à l’agressivité des cellules. Avant tout traitement, un bilan de la progression du cancer sera effectué via scanner pelvien ou IRM, il permettra de définir le stade du cancer (HAS, 2013).

La Prise en charge

 Les principales modalités de prise en charge des cancers de la prostate sont multiples et prennent en compte différents facteurs dont l’âge de la personne, le stade du cancer, le volume la prostate, le taux initial du PSA et les variations individuelles (effets indésirables des traitements). Ainsi, en cas de diagnostic d’un cancer de la prostate deux types de traitements sont possibles avec d’une part la surveillance active permettant de différer la mise en route d’un traitement.

D’autre part les traitements curatifs non automatiques, ils conviennent pour faire face au risque d’évolution du cancer et pour les personnes ayant une espérance de vie supérieure à 10 ans. Parmi eux, on trouve différentes techniques telles que la chirurgie, la radiothérapie (radiothérapie externe et  curiethérapie) et l’hormonothérapie. Plus rarement, la chimiothérapie peut également être utilisée.

D’autres techniques sont en cours d’évaluation : le traitement par ultrasons focalisés de haute intensité et la cryothérapie. Pour l’ensemble de ces techniques, des risques subsistent selon le traitement adopté, on retrouve notamment l’incontinence urinaire même si celle­ci est le plus souvent transitoire, ou encore des dysfonctionnement de l’érection (HAS 2013).

 

Et l’activité physique dans tout ça…?

L’Activité Physique Adaptée consiste à proposer une activité physique et sportives qui s’adapte aux besoins et aux capacités des personnes prisent en charges. Elle s’inscrit dans les Interventions Non Médicamenteuses (INM) qui comptent également les thérapies psychologiques et les interventions diététiques. Les INM cherchent à résoudre, diminuer ou stabiliser un problème de santé ou un facteur de risque.

Ces dernières années, l’activité physique pratiquée de façon régulière a prouvé, au travers de nombreuses études, son innocuité ainsi que son efficacité sur la qualité de vie mais aussi sur la santé et ceux notamment dans la prévention de maladies chroniques comme les cancers, mais aussi pendant et après les différents traitements.

Si celle-­ci a montré de nombreux bienfaits sur le cancer du sein ou encore le cancer du côlon quand est-­il pour le cancer de la prostate?

La prévention Primaire

Tout d’abord l’activité physique joue un rôle important face au cancer en règle général tant pour prévenir l’apparition que pendant la maladie ou en phase de rémission. Outre le cancer du sein ou du colon d’autres études ont montré un effet préventif de l’activité physique sur le cancer de la prostate. Toutefois, l’IARC (centre international de recherche sur le cancer) en 2002 classe la relation entre l’activité physique et le cancer de la prostate comme une preuve limitée.

En effet, certaines études ont montré un effet possitif entre le cancer de la prostate et activité physique alors que pour d’autres l’activité physique n’aurait pas un rôle protecteur (INSERM, 2008). Si la preuve reste limitée une revue de Kruk et Aboul­Enein qui fait référence à un ensemble d’études, dévoile que la moitié d’entres­elles ont démontré que l’activité physique diminuait le risque de cancer de la prostate de 10 à 30%.

De plus, l’intensité de l’exercice aurait une importance puisqu’il est constaté que les hommes qui ont une activité vigoureuse ont une réduction du risque de 30 % comparé à ceux qui ont une activité physique de faible intensité (INSERM, 2008).

L’activité physique semble d’ailleurs avoir un intérêt accru sur la prévention des cancers hormonaux­ dépendants, dont le cancer de la prostate fait partie en freinant la croissance des cellules cancéreuses.

La mise en place d’un comportement actif va provoquer une diminution du taux d’œstrogène et de la sécrétion d’insuline, une amélioration de la sensibilité à l’insuline et de la captation du glucose par les muscles pendant 24 à 36 heures d’où   la nécessité de réaliser 3 séances par semaine pour un effet continu sur l’ensemble de la semaine.

De plus, l’IGF1 qui est le facteur de croissance des cellules cancéreuses va voir son action s’amoindrir grâce à l’activité physique qui agit sur les molécules de l’inflammation en diminuant l’effet de la leptine (facteur de croissance des cellules tumorales) et en augmentant les sécrétions d’adinopectine (facteur de blocage de la croissance des cellules cancéreuses) (Barnard et al ; 2002). Néanmoins pour déclencher ces mécanismes de l’inflammation l’effet-­dose va être important et va se différencier selon le type de cancer.

Ainsi, en prévention primaire une activité assez vigoureuse et régulière semble être la clé pour entrer dans l’effet dose et avoir un rôle protecteur. Mais quel bénéfice l’activité physique peut-­elle jouer une fois le cancer de la prostate développé ?

Pendant et après le cancer

L’activité physique va permettre une diminution de la fatigue liée à la maladie d’environ 36% quelque soit le stade du cancer de la prostate (Cochrane Database 2008 et 2012). De plus, elle va jouer sur les effets secondaires du traitement qui vont s’atténuer, et les médicaments prescrits qui vont être moins toxiques pour l’organisme puisque l’activité va faire face à la fonte musculaire induite par la maladie et les traitements (Antoun et al 2010).

La pratique va aussi procurer une amélioration de la qualité de vie pour les personnes atteintes d’un cancer de la prostate que ce soit pendant ou même après le traitement si l’activité physique est prolongée (McNeely et al ; 2006).

A cela s’ajoute une amélioration de l’image corporelle, et du sommeil, ainsi qu’une diminution de l’anxiété et des symptômes dépressifs (Dujits et al 2011).

Enfin, l’activité va permettre une diminution du risque de rechute de 50% vis­à­vis de patients moins actifs.

Attention, malgré les nombreux bénéfices de l’activité physique, sa pratique ne permet pas de remplacer les traitements qui sont indispensables mais de les potentialiser.

 Quelles activités à quelles intensités?

 Pour le cancer de la prostate il faudrait réaliser un minimum de 150 minutes d’activité par semaine. Le cancer de la prostate étant constaté à un âge avancé vers 70 ans en moyenne, Courneya et al (2004) conseillent de réaliser 30 minutes d’activité minimum chaque jour à une intensité modéré (55­70% Fc max).

Pour prévenir, potentialiser l’effet des traitements, ou lors de la rémission on peut pratiquer des activités d’endurances à savoir : la marche active ou encore le vélo que ce soit cyclisme ou sur ergocycle ont fait preuve de leur efficacité. D’autres activités peuvent être proposées comme du renforcement musculaire contre résistance. Pour ce type d’exercice, il est recommandé 3 séances par semaine avec un jour de récupération, l’incrémentation doit être faible et progressive (< 10% de la charge/semaine) tout comme la charge.

Chacun des exercices en résistance peut être effectués sur 2 séries avec 10 à 15 répétitions (Segal et coll., 2001). En outre, le renforcement musculaire, notamment des muscles du plancher pelvien, peut­être bénéfique pour lutter contre l’incontinence urinaire qui est l’un des symptômes et l’un des effets secondaires du traitement de la prostate (Moore et al, 2001 ; Castille et al, 2003).

Nonobstant les bienfaits de l’activité physique, il faut tout de même faire attention à certaines pratiques comme la natation lorsque la peau est irritée par la radiothérapie. Pour toute pratique d’activité il est préférable d’avoir un avis médical donnant une non contre­indication à la pratique et être encadré par un professionnel en Activité Physique Aadaptée.

Ainsi, chez les patients atteints de pathologies cancéreuses, l’activité physique adaptée permet d’obtenir de réel bénéfices sur l’amélioration de la qualité de vie, la diminution de la fatigue et les effets secondaires, mais aussi sur la prévention des récidives. Cependant, il est nécessaire de prendre en compte l’état de fatigue avant de mettre en place un programme d’activité physique. Une prescription appropriée doit circonscrire et prévenir les risques.

 

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