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La Dermatologie du Sportif


Parmi
les problèmes médicaux
dont on ne parle jamais, certaines
lésions dermatologiques
se rencontrent chez les sportifs,
en rapport avec l’exposition
à des facteurs de survenue
spécifiques à chaque
discipline.

 

ECZEMA
DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE

C’est une infection mycobactérienne
du conduit auditif externe, qui
n’a donc rien à voir
avec l’otite, car la caisse
du tympan n’est pas infectée.
L’eczéma se manifeste
par des démangeaisons rapidement
irritantes, agaçantes,
surtout lorsqu’elles sont
nocturnes. Il existe souvent une
impression de surdité,
en rapport avec un rétrécissement
du conduit auditif enflammé.
Mais contrairement à l’otite,
il n’y a ni fièvre,
ni écoulement de l’oreille.

Fréquent chez le nageur,
cet eczéma est causé
par une macération au niveau
de la peau humide du conduit auditif
externe, consécutive à
des bains fréquents, et
à un séchage insuffisant
du conduit au coton-tige. La qualité
des eaux de baignade (chlore,
pH, bactérie…) est
souvent à tort évoquée
en premier lieu.
L’infection est rapidement
éradiquée par l’application
de gouttes auriculaires, d’une
association anti inflammatoire
+ antibiotique local. Le traitement
doit être poursuivi après
disparition des symptômes
afin d’éviter une
récidive.

PHLYCTEMES
AUX PIEDS

C’est une lésion
banale, mais qui peut devenir
rapidement invalidante, car
elle empêche le sportif
de s’entraîner comme
il le souhaite.
Du simple échauffement
plantaire, donnant une rougeur
sensible, la lésion peut
évoluer vers les phlyctènes
(vésicules liquidiennes),
avant d’aboutir à
une véritable plaie saignante.
Ces lésions par échauffement
sont accentuées par les
frottements, la transpiration
ou l’humidité persistante
après un enchaînement
d’une épreuve de
natation.

Le traitement
au stade de la simple rougeur, consistera
à « refroidir »
la peau après l’entraînement
(glace, eau froide). Dés qu’une
plaie ouverte est visible, une fois
les vésicules rompues, il est
conseillé de désinfecter
et d’appliquer un pansement
colloïdal type « double
peau » qui favorise la cicatrisation
beaucoup plus rapidement qu’un
pansement classique (cf utilisation
dans chapitre suivant).

En prévention, sachez utiliser
des crèmes anti frottement,
et des chaussettes spéciales
« course à pied ».
Il existe des crèmes ou préparations
pharmaceutiques qui renforcent également
la consistance de la peau de la plante
des pieds. Certaines d’entres
elles contenant de l’alcool
ou du formol sont irritantes et doivent
être utilisées avec précaution.

span class= »intervert »>BRULURES
ET BLESSURES PAR EXCORIATIONS

Inévitables après les
chutes (vélo, roller…)
ces brûlures sont souvent douloureuses,
et peuvent laisser des cicatrices
disgracieuses.
Les soins de plaie sont ici particulièrement
décisifs pour garantir une
évolution favorable. On conseille
l’utilisation de pansements
de type « tulle gras »
ou des colloïdaux. Sachez utiliser
correctement ces pansements qui nécessitent
d’abord une première
désinfection rigoureuse, avec
ablation des corps étrangers
éventuels (gravillons…).

Utilisez de préférence
un antiseptique non coloré
(risque de coloration de la cicatrice).
Puis appliquez le pansement colloïdal
qui pourra être laissé
48h. A chaque renouvellement de pansement,
la désinfection devra être
douce, par tamponnement pour ne pas
abraser les bourgeons d’épiderme
en formation. Après quelques
jours, un simple pansement de protection
suffira pour sécher la lésion
cicatrisée.

FOLLICULITES
ET INFECTIONS

C’est une infection banale du
follicule pilo-sébacé.
La lésion est classique, sous
la forme d’un bouton rouge centré
sur un poil. Il se collecte, se nécrose,
pour évacuer le bulbe pileux
infecté. Attention à
l’auto contamination du germe
(Staphylocoque aureus) qui entretient
et dissémine les folliculites.
La surinfection peut parfois diffuser
en profondeur, aboutissant à
un véritable furoncle de la
glande sébacée associée
au poil.

LES KYSTES
DU CYCLISTE

C’est un gonflement liquidien
d’origine « mécanique
» au niveau d’une glande
sébacée ou sudoripare
(excrète la sueur). Le canal
excréteur étant obstrué,
le liquide s’accumule et forme
un kyste.
Souvent localisé au niveau
du périnée, il est entretenu
par la pression et les frottements
de la selle.
Cette formation liquidienne prend
l’aspect d’une tuméfaction
plus ou moins profonde sous la peau,
qui grossit par poussées successives,
jusqu’à devenir gênante.
Quelques adénopathies inguinales
peuvent apparaître, témoignant
d’une réaction immunitaire
face à la surinfection du kyste
par un germe.
Le port d’un cuissard avec protection
graissée constitue le meilleur
facteur préventif.
L’évolution se fait souvent
vers la chronicité, avec des
récidives régulières.
Le traitement est dans un premier
temps médical, avec une antibiothérapie
soit locale en pommade, soit générale
en comprimé en cas de surinfection.
Certaines récidives justifient
parfois un recours chirurgical (soit
incision du kyste, soit exérèse
complète).

L’HYPODERMITE
DU CYCLISTE (HYGROMA)

C’est une autre complication
des frottements et de la pression
exercée par la selle sur le
périnée, localisée
au niveau des tissus sous cutanés.
Avec la répétition des
entraînements, le tissu sous
cutané devient inflammatoire,
et secrète un liquide séreux
qui finit par se collecter, pour former
une « poche ». Cette collection
devient de plus en plus volumineuse
au point de ressembler au classique
« troisième testicule
» du cycliste!

Le traitement
consiste à inciser l’hygroma
pour évacuer le liquide, en
association avec un anti-inflammatoire.
En cas de récidive, un geste
chirurgical plus élargi devient
nécessaire.

RISQUES LIES À
L’EXPOSITION SOLAIRE

a) Photosensibilisation médicamenteuse

Très fréquente chez
le sportif, cette photosensibilisation
cutanée se rencontre après
l’utilisation de pommade ou
gel anti inflammatoire ou chauffant.
Il s’agit une réaction
d’ordre allergique vis-à-vis
du médicament ou de l’un
de ses adjuvants, déclanchée
par l’exposition aux UV. Elle
se manifeste par une coloration des
téguments, une rougeur douloureuse,
en général limitée
à la zone d’application.
Cette réaction est particulièrement
fréquente avec le Kétoprofène,
très largement utilisé
dans le milieu sportif.
La difficulté du diagnostic
de cette photosensibilisation, repose
sur le fait qu’elle peut intervenir
plusieurs mois, plusieurs années
après l’exposition au
médicament en cause. Des tests
cutanés peuvent être
proposés.
La seule méthode préventive
consiste donc à protéger
de l’exposition solaire, la
zone d’application de pommade
ou de gel.

b) Brûlure solaire

Les lésions sont très
variables, du classique coup de soleil
à la réelle brûlure
cutanée. Face aux agressions
des UV, la peau a deux moyens de se
défendre: soit elle se pigmente
(coup de soleil) soit elle s’épaissit.
Le risque est accentué par
la transpiration ou l’humidité
de la peau. Une protection solaire
résistante à l’eau
doit être appliquée systématiquement.
Le risque encouru est dans un premier
temps une pigmentation brunâtre
indélébile, disgracieuse,
qui persiste après la disparition
du bronzage. On ne peut négliger
également le risque accru de
cancer de la peau. Certaines études
évoquent effectivement des
doses d’UV particulièrement
nocives lors des épreuves extérieures
de longues durées.

LES MYCOSES PLANTAIRES

a) Pied d’athlète

Aussi appelée « intertrigo
», c’est une infection
due à un champignon localisé
au niveau de la scissure entre les
orteils. D’abord sous la forme
d’une simple démangeaison,
la mycose se développe pour
donner des desquamations légèrement
blanchâtres, qui s’étalent
progressivement sur la racine des
orteils, et aboutir à une fissuration
de l’épiderme. L’irritation
s’accentue rapidement et amène
à consulter.
L’origine de cette mycose est
la présence d’une macération
entre les orteils, entretenue par
la transpiration et le séchage
insuffisant après les bains.
Comme de nombreuses mycoses, l’auto
contamination est très facile
d’un orteil à l’autre,
ou d’un pied à l’autre.
Le traitement est simple, et consiste
à appliquer (au moins 2 fois/jour)
un antifongique (Ex : Nitrate d’Econazole)
dont il existe plusieurs présentations,
soit en crème soit en poudre.
La poudre peut permettre de mieux
sécher les lésions et
lutter ainsi contre la macération.
De nombreux échecs sont dus
à l’arrêt prématuré
du traitement, qui doit être
poursuivi une à deux semaines
après disparition des lésions.
N’oubliez pas de traiter également
les chaussures qui représentent
un véritable réservoir
de champignons pouvant entretenir
la mycose. Des produits spécialisés
existent en pharmacie pour éradiquer
les germes.

b) Mycose de l’ongle

Une variante de cette mycose existe
au niveau des ongles, sous la forme
d’un ongle cassant. Il s’épaissit
et se fissure, devient plus brunâtre,
quelques débris blanchâtres
se séparent à sa surface
qui devient irrégulière.
Puis, l’ongle semble se détacher
et tomber. La gêne n’est
au début qu’esthétique,
sans douleur, puis la course à
pied et les accélérations
vont réveiller une douleur
et facilite le décollement
de l’ongle.
L’évolution longtemps
asymptomatique est responsable d’un
traitement souvent tardif. Le traitement
est assez astreignant, car il s’étale
sur une période d’environ
1mois ½ à 2 mois, consistant
à appliquer un antifongique
(pommade sous pansement occlusif,
gel fixateur…).

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