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Expérience de suivi d’un club professionnel de football de D2 sur une saison sportive

Communication IRBMS – CREPS – LOSC

INTRODUCTION

Les méthodes modernes d’entraînement privilégient la condition physique qui doit se mettre au service de la technique pour pouvoir pratiquer le football de haut niveau.

La performance en football est la résultante de plusieurs facteurs parmi lesquels les facteurs génétiques, psychologiques, technico-tactiques et physiologiques.

Notre étude se cantonnera à l’aspect physiologique.

La définition de critères de mesures précis utiles à l’évaluation grossière de l’aptitude à la pratique sportive en général ne peuvent être admises comme critères incontournables de l’aptitude à la performance sportive en football.

Le but de cette étude est de définir les référence utiles à l’évaluation physiologique du joueur. Celle-ci se base sur l’hypothèse selon laquelle la pratique du football de haut niveau fait appel à certaines qualités dont :

– la vitesse : indispensable pour les attaques, les contre-attaques et même la défense
– la force explosive des membres inférieurs : utile pour les détentes et les tirs de ballon
– la capacité aérobie : qui permet au joueur de maintenir un rythme élevé pendant les 90 minutes et parfois plus d’un match. Utile également pour une meilleure récupération entre les actions.

Pour atteindre les objectifs fixés, différentes épreuves ont été réalisées, aussi bien en laboratoire que sur le terrain au cours desquelles différents paramètres ont été recueillis.

PROTOCOLE D’ETUDE

2-1 : Population
Celle ci est composée de 11 joueurs âgés de 22 ans à 31 ans (âge moyen : 25 ans ½ ; taille moyenne : 179,6 cm ; poids moyen : 76,2 kg), composant l’équipe du LOSC évoluant en 2ème division Championnat de France. Cette étude a été réalisée en début de saison (mois de juillet), et après la trêve (mois de janvier).

2-2 : Méthodologie
Tous les sujets explorés en deux endroits (CREPS de Wattignies et IRBMS) ont effectué leur épreuve d’effort dans les mêmes conditions, suivant le même protocole et avec le même matériel. La VO2Max est déterminée de manière directe, à partir d’une épreuve maximale progressive réalisée sur tapis roulant (Beta TOP TEST 2) selon le protocole  » TapisPro  » : 8 kms/h pendant 2’, 10 kms/h puis incrémentation d’un kilomètre/heure toutes les minutes, jusqu’à un Q.R. supérieur ou égal à 1,0 ou jusqu’à épuisement du sujet. Les gaz expiratoires sont recueillis et analysés cycle par cycle par télémétrie (Cosmed K4).

La lactatémie a été mesurée par méthode de détermination par photométrie enzymatique et lecture sur Accusport Boehringer à partir de prélèvements réalisés par micro-ponctions au bout du doigt. Les paramètres étudiés ont été les suivants :

– durée des paliers en min
– fréquence respiratoire (Rf) en b/min
– volume courant en l (VT)
– ventilation BTPS (VE) en l/min
– consommation d’oxygène rapportée au poids en ml/kg/min (VO2/kg)
– quotient respiratoire (R)
– fréquence cardiaque (HR) en Bpm
– pouls d’oxygène VO2/HR en ml/bpm c’est à dire le rapport consommation d’oxygène sur fréquence cardiaque

Les critères habituels de détermination de VO2max ont toujours été obtenus : fréquence cardiaque proche de la fréquence cardiaque normale théorique du sujet, quotient respiratoire supérieur à 1 et lactatémie de l’ordre de 8 mmol/l.

Pour chaque examen, une détermination de la zone de transition aérobie – anaérobie selon les critères de Keul et Mader a été réalisée :

> Le seuil aérobie est la limite supérieure à un travail aérobie strict avec une lactatémie de l’ordre de 2 mmol/l.
> Le seuil anaérobie est la limite inférieure à partir de laquelle l’accumulation de lactactes sanguins provoque une acidose métabolique (lactatémie de l’ordre de 4 mmol/l).

Les prélèvements sanguins ont été aidés par l’analyse soigneuse des paramètres ventilatoires et circulatoires en cours d’épreuve.

RESULTATS

La moyenne des vitesses maximales permet de se rendre compte qu’il existe une différence significative entre les deux examens : il existe un gain de vitesse de l’ordre de 5% en faveur du 2ème examen.

La VO2Max en ml/kg/min a été étudiée. La moyenne n’enregistre qu’une diminution de 0,9 ml/kg/min par rapport au premier examen. On observe cependant trois augmentations de VO2Max avec des extrêmes allant de +2% d’amélioration à +5,7%

Les fréquences cardiaques maximales recueillies à VO2Max : les moyennes sont proches d’un examen à l’autre et on n’enregistre pas de grosse différence significative cas par cas.

Etude du seuil aérobie : Il n’y a pas de différence significative (perte de 0,2% du pourcentage de VO2Max au détriment du deuxième examen) mais individuellement on observe des écarts significatifs (observations 1, 2, 5 et 6)

Etude du seuil anaérobie. Il n’y a pas non plus de différence significative (perte de 0,8% du pourcentage de VO2Max au détriment du deuxième examen), mais individuellement là encore il existe des écarts significatifs (observations 1, 2 et 7)

DISCUSSION

La VO2Max se situe dans notre observation à la valeur moyenne de 63,7 ml/kg/min au 1er examen et 62,8 ml/kg/min au 2ème examen. Par rapport aux études de Medelli (1985 et 1988), nos résultats sont comparables (61,1 et 59,3). A l’époque d’ailleurs, ce même auteur avait comparé ses résultats par rapport aux études de Lacour (1979) VO2Max 70,2 plus ou moins 2,4 ml/kg/min et Flandrois valeurs moyennes de 63 et 70 ml/kg/min pour deux équipes professionnelles de 1ère division.

Dans notre étude, nous constatons que la pratique du football de haut niveau ne permet pas d’améliorer significativement la VO2Max et la zone de transition aéro-anaérobie. Il existe cependant une augmentation de la VMA traduisant certainement une meilleure utilisation de l’oxygène consommé.

La capacité aréobie semble constituer un facteur déterminant en football. C’est une exigence liée à la pratique du haut niveau et cela s’explique par les règles de jeu imposées parmi lesquelles :

> l’importance de la surface d’évolution du joueur (45 m sur 90 m)
> l’importance de la durée du match (1H45mn et parfois plus)
> l’importance de la distance moyenne parcourue par les joueurs pendant le match qui est d’environ 8000 à 10.000 mètres

La force explosive des membres inférieurs est également un élément important en football.

La détermination de la zone de transition aéro-anaérobie et la mesure du pourcentage d’utilisation de la VMA au seuil anaérobie sont des critères essentiels pour conduire l’entraînement de manière à optimiser les performances.

La capacité aérobie sera donc améliorée par des exercices à des vitesses comprises entre les seuils aérobie et anaérobie. L’entraînement conduit de manière correcte doit permettre un déplacement de la zone de transition vers la droite donc vers la VO2Max et contribuer à l’amélioration de la capacité aérobie des joueurs.

CONCLUSION

A l’issue de notre étude, il apparaît que la pratique du football de haut niveau ne permet pas d’améliorer la VO2Max et la zone de transition aérobie-anaérobie mais par contre une optimisation de la VMA et du rendement énergétique. Ces résultats de laboratoires permettent donc à l’entraîneur d’améliorer l’aptitude physique de ses joueurs et d’adapter leur programme d’entraînement.

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