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Se fixer des objectifs sportifs…


Se fixer des objectifs sportifs semble paraître pour chaque sportif et entraîneur d’une facilité déconcertante. Rien de plus simple ! Et pourtant… Fiche technique :

But de performance

Un autre type d’objectif est le but de performance, qui comprend une performance finale à atteindre relativement indépendante des performances des autres concurrents. Par exemple, cadrer 10 tirs sur 15 tirs, ou encore réussir 6 aces sur un match.

Ce type d’objectif possède à bien des égards des avantages. D’une part, nous pouvons supposer que si le sportif atteint ces buts de performance, l’objectif de résultat a de grande chance de l’être aussi. D’autre part, il offre l’avantage de pouvoir maintenir une confiance en soi et une satisfaction importante si le sportif atteint ses objectifs de performance sans pour autant avoir le résultat.

Comportements spécifiques à adopter

Enfin, le dernier type d’objectif correspond aux processus, qui sont centrés sur les comportements spécifiques à adopter.

Par exemple, en football, orienter les épaules au moment de la frappe vers la direction souhaitée. Tous ces comportements et actions permettent d’exécuter avec efficacité le geste technique. Ils participent à l’apprentissage des gestes techniques nécessaires à la pratique sportive, focalisent l’attention sur les éléments spécifiques à maîtriser et fournissent des repères dans la progression de l’athlète. Se pose alors la question de l’efficacité des différents types d’objectifs.

Différentes études montrent d’une part que la progression est supérieure lorsque des objectifs sont fixés par rapport à un groupe de sportifs sans objectif clairement posés. D’autre part, l’efficacité est moindre avec l’objectif de résultat, par rapport aux deux autres types d’objectifs. C’est la stratégie des objectifs multiples qui s’avère la plus efficiente.  » Filby, Maynard et Graydon (1999) ont réalisé une expérience avec des joueurs de football universitaire qu’ils ont répartis en cinq groupes pour un exercice de précision consistant à réaliser des reprises de volée contre un mur, l’objectif étant, pendant un temps donné, de placer le ballon le maximum de fois à l’intérieur d’une cible tracée sur le mur.

Ces cinq groupes étaient les suivants : (a) pas de but (groupe contrôle), (b) buts de résultat, (c) buts de processus, (d) buts de résultats et de processus, (e), buts de résultat, de performance et de processus. Après cinq semaines d’entraînement, les résultats ont montré que les deux groupes appliquant une stratégie à buts multiples ont été plus performants que les trois autres groupes.

Comparativement, le groupe ayant réalisé le moins de progrès a été le groupe « buts de résultat ». » – Extrait de l’ouvrage « Psychologie du sport » de Richard H.Cox edition de boeck, 2005. Cependant, pour que ces objectifs soient efficaces et améliorent la performance, un certain nombre de principes et de règles doivent être respectées (Lire notre encadré). Principes fondamentaux dans la fixation d’objectif.
– Formuler des objectifs précis.

– Fixer des objectifs difficiles mais réalistes.
– Fixer des objectifs à court, moyen et long terme.
– Consigner vos objectifs par écrit.
– Fixer des objectifs de façon positive.
– Fixer des objectifs de performance et de processus et pas seulement de résultats.
– Les objectifs doivent être formulés avec le sportif.
– Metter au point des stratégies d’atteinte des objectifs.
– Se fixer des buts de compétition mais aussi d’entraînement.
– Favoriser l’évaluation de ces objectifs.
– Fixer des objectifs qui prennent en compte les différentes dimensions de l’athlète.
– Prévoir la réévaluation des objectifs.

Premier principe

Le premier principe est la formulation d’objectifs précis et claire. Par exemple, dans les sports collectifs, un des objectifs formulés en début de saison, peut être d’améliorer le jeu collectif. Mais comment un joueur peut-il savoir s’il a atteint un tel objectif ? Par exemple, sur l’amélioration du jeu collectif, un des objectifs possible peut être de quantifier le nombre de passes et de phases de jeu avant de marquer un essai.

Deuxième principe

Le deuxième principe est la formulation d’objectifs difficiles mais réalistes. L’objectif s’il est trop facile va facilement être atteint et engendrer de l’ennui et une diminution de la motivation. Par ailleurs, s’il est trop difficile il va entraîner dans un premier temps une augmentation du stress (la demande faite au sportif étant supérieure à ses ressources et ses capacités), puis très vite un découragement et un désinvestissement de l’activité.

Troisième principe

Le troisième principe permet de mettre des repères et des jalons dans le parcours de l’athlète. Ces repères lui permettent à la fois de se projeter vers l’avenir avec une vision claire de son parcours mais aussi d’évaluer et de réajuster périodiquement ses objectifs. Un autre principe, peut être le plus important pour accroître la performance, est la formulation et l’acceptation par le sportif des buts à atteindre. Si nous observons dans le milieu sportif, la majorité des objectifs est fixée par l’encadrement du sportif, qu’il soit par l’entraîneur ou par l’encadrement sportif.

Ces objectifs constituent des injonctions à réussir. Or, toutes les études et recherches en psychologie montrent qu’un objectif a d’autant plus de chance d’être atteint qu’il est formulé et internalisé par le sportif. Que ce soit dans le domaine sportif, dans le domaine professionnel ou dans le domaine personnel, un individu adhère d’autant plus à une décision qu’il a l’impression qu’elle est librement consentie et qu’il participe à cette décision. Ce processus est largement utilisé dans le monde de l’entreprise. Si je veux qu’une décision soit acceptée facilement, il faut que je donne l’impression que cette décision émane des personnes concernées.

Fournir les éléments et stratégies nécessaires

Il ne suffit pas de fixer des objectifs, comme par exemple améliorer son revers au tennis, faut-il encore fournir les éléments et stratégies nécessaires pour atteindre cet objectif. Par exemple, pour améliorer le revers, il faut exécuter le geste avec un poignet solide. C’est offrir au sportif les clés de la réussite dans l’objectif fixé. L’objectif se doit d’être fixé de façon positive, parce qu’il facilite la réussite en augmentant la confiance en soi. Par exemple, la formulation « tu ne dois pas rater tes un contre un face au gardien » implique qu’il est possible qu’il rate et accroît alors le doute dans une telle situation. Il est préférable d’utiliser la formulation : « réussir 4 un contre un sur 5 face au gardien ». L’objectif doit être évaluable et vérifiable. Où j’en suis par rapport à l’objectif fixé ? Pour cela, la formulation par écrit est un outil qui permet de garder une trace précise de l’objectif, mais aussi de vérifier que cet objectif soit clair, précis et compris. Enfin, les objectifs ne doivent pas se restreindre aux compétitions mais se fixer aussi sur l’entraînement, lieu privilégié de l’apprentissage. Ces principes sont rarement appliqués même au plus haut niveau, et leur non respect réduit l’efficacité d’un outil pourtant d’une grande puissance, parce qu’il accroît la motivation et la confiance en soi et guide les apprentissages.

Football et jeux olympiques

Pourtant, certains entraîneurs, de très haut niveau, énoncent des objectifs qui peuvent paraître minimalistes d’un œil extérieur. Prenons par exemple Guy Roux, qui très longtemps fut l’entraîneur mythique de l’équipe de football d’Auxerre. Quelque soit la qualité de son effectif, l’objectif inlassablement formulé est le maintien en ligue 1. Alors pourquoi une telle stratégie d’un entraîneur aussi chevronné ? Simplement parce que si les objectifs clairement exprimés sont le maintien, il diminue la pression sur les épaules de ses joueurs, et tout autre résultat constitue alors un exploit. Dans le même temps, il est bien évident qu’entre l’objectif formulé à la presse et l’objectif réellement poursuivit par Guy Roux, l’écart est grand….

Revenons sur une émission diffusée sur Europe1 le mardi 12 août 2008 et la polémique entre les consultants sur les motifs possibles des sept médailles d’argent aux jeux olympiques de Pékin…mais aucune en or. Une des consultantes avance l’hypothèse d’un état d’esprit différent entre les athlètes de la délégation française et les athlètes de la délégation américaine. Selon elle, les athlètes viennent avec un seul objectif : gagner ! Alors que l’on entend fréquemment les sportifs français lors d’interview rechercher d’avantage la notion de plaisir. Peut-on raisonnablement penser que l’on peut venir aux jeux avec comme seul objectif de se faire plaisir et ne pas rechercher la victoire, le tout après des années de travail intensif et de sacrifices ? Mais surtout, ces deux objectifs sont-ils contradictoires ? Peut-être une question de priorité.

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