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Fonte musculaire : conduite à tenir

La sarcopénie

La sarcopénie, perte de masse musculaire

Article extrait de la thèse de médecine, « présentation de concepts de physiothérapie selon trois discipline : les étirements, la musculation et l’endurance. Applications médicales et sportives ».

Thèse soutenue par Mr Paulo Fernandes et dirigée par le Docteur Popineau.

Place du renforcement musculaire en sport santé

Auteurs de l’article :

  • Docteur  Popineau Christophe,Hopital d’Helfaut, médecin du sport au C.R.E.P.S de Wattignies et membre de l’IRBMS.
  • Paulo Fernandes Carlos, médecin généraliste.

 

Quelques applications médicales de la musculation

Les mondes paramédicaux et sportifs se croisent grâce aux différentes méthodes de musculations pour diverses motivations [1] :

  • la restauration et le maintien d’une fonction normale,
  • l’acquisition d’une meilleure santé,
  • l’amélioration du geste sportif, de la force et être moins fatigué.

Pour Bellaud E et coll., les deux milieux ont des attributions propres, « …Le renforcement dans le domaine kinésithérapique à pour objet une rééducation précoce jusqu’au ré entraînement à l’effort tandis que le domaine de l’entraînement s’étend du ré entraînement à l’optimisation de la performance….» [2].

Dans le paragraphe présent, nous allons exposer quelques effets thérapeutiques de la musculation puis nous verrons des applications thérapeutiques et sportives possibles des régimes de contractions.

 

Pratique d’un entretien musculaire pour lutter contre la fonte musculaire

I – La sarcopénie

1 – Définitions de la sarcopénie

C’est une perte de masse musculaire.

Une sarcopénie s’accompagne avec l’âge de l’ordre 50 % entre 20 et 80 ans, Bonnefoy M dans son article sur la sarcopénie [3] déclare que le taux de perte de masse musculaire physiologique est «…à peu près constant et d’environ 1% à 2% par an au-delà de l’âge de 50 ans… » en citant l’étude de Hughes VA et coll. [4] sur le rôle du changement du poids du corps et l’activité physique.

2 – Risques pathologiques de la sarcopénie

Cette sarcopénie est associée à une diminution de la force musculaire de 10 à 15% par décennie [5].

L’activité physique de musculation permet de limiter la baisse des performances et qualités physiques, le sujet âgé conservant une plasticité musculaire. En effet, le « processus physiologique » de sarcopénie peut aboutir à une perte de l’indépendance chez la personne âgée avec des risques de chutes et de fractures plus graves.

Effets physiologiques de la sarcopénie d’après Bonnefoy M [3] et Tissandier O [5].

Nous avons vu la cause de la baisse d’innervation pour la sarcopénie.

Trois autres causes sont les conséquences de la sarcopénie : la diminution de la synthèse protéique, des hormones anaboliques, des apports protéiques.

3 – Place de la musculation et de la rééducation dans le traitement et la prévention de la sarcopénie

La rééducation est incluse dans les deux grands axes du traitement de la sarcopénie c’est-à-dire  >>>>>>> la nutrition et l’activité physique du patient.

Pour préciser la place de la musculation, nous allons prendre un exemple de programme d’activité physique musculaire la personne âgée. L’étude de Fiarotone et coll. citée dans l’article de Tissantier O [5] décrit un protocole d’entraînement à la force chez le vieillard entraînant une hypertrophie musculaire et une augmentation de la force musculaire (ce protocole est augmenté progressivement à 80 % de force maximale).

Il s’agit d’une étude randomisée contre placébo de 10 semaines de 100 sujets âgés (63 femmes et 37 hommes) répartis en quatre groupes :

  • un groupe exercice seul,
  • un groupe exercice + supplémentation nutritionnelle,
  • un groupe supplémentation seule,
  • un groupe témoin.

Le programme d’entraînement se compose de trois séances par semaine de 45 min à 80 % d’une répétition maximale. Il est axé sur les muscles extenseurs de la hanche et du genou. Le résultat de l’entraînement par rapport au groupe témoin (sans exercice) donne une augmentation :

  •  de la force musculaire (+ 11.3% +/- 8%),
  • de la vélocité de la démarche (+11.8 % +/- 3.8 %),
  • de la capacité à monter les escaliers (+ 28.4 % +/- 6.6 %).

 

Nous pouvons déduire que l’activité physique et notamment la musculation peuvent permettre l’entretien de l’autonomie de la personne âgée et la lutte contre la sarcopénie. Donc action de santé publique pour la prévention des chutes. 

Effet physiologique de la sarcopénie chez le sujet âgé
Effet sur la force musculaire
Force et masse musculaire  La force diminue plus vite que la masse musculaire
Diminution de la force musculaire 10 à 15% par décennie. Surtout après 60 ans. Membres inf. > membres sup.
Motoneuronnes Diminution des motoneuronnes provoque une baisse de la force
Unités motrices Diminution de la taille des unités motrices provoque la baisse de la force
Vitesse et relâchement de la contraction Augmentation de leurs durées (aug. du temps d’atteinte de la force maximale)
Diminution de la force isocinétique et isométrique Notamment pour les membres inférieurs
Effet sur la masse musculaire
Diminution de la masse musculaire 1 à 2% par an au-delà de 50 ans
Augmentation de la masse grasse et diminution de la masse maigre Processus progressif même chez la personne en bonne santé sans perte de poids obligatoire – Diminution des fibres IIB

D’après Tissandier O [95] et Bonnefoy M [149]
 

Bibliographie : Musculation, ses effets sur les pathologies chroniques

 Auteurs des articles :

Docteur Popineau Christophe,Hopital d’Helfaut, médecin du sport au C.R.E.P.S de Wattignies et membre de l’IRBMS.

Paulo Fernandes Carlos, médecin généraliste.

Article extrait de la thèse de médecine, «présentation de concepts de physiothérapie selon trois discipline : les étirements, la musculation et l’endurance. Applications médicales et sportives ».

Thèse soutenue par Mr Paulo Fernandes et dirigée par le Docteur Popineau.

 

 1 – GUINCESTRE J-Yet coll Principes, usages, mésusages et risques du renforcement musculaire. J. Traumatol. Sport, 2005, n° 22, pp 236- 242.

2 – BELLAUD E, BERTUCCI W, BELLAUD J Le renforcement musculaire en rééducation : descriptif de différentes méthodes. Kinésithér, les cahiers, 2003, n° 17-18, pp 69-77.

3 – BONNEFOY M Sarcopénie, fonction musculaire et prévention. Nutrition clinique et métabolisme, 2004, n° 18, pp 175-180.

4 – HUGHES VA, FRONTERA WR et coll Longitudinal changes in body composition in older men and women: role of body weight change and physical activity. Am J Clin Nutr, 2002, n° 76, p 473- 81(article cité dans la référence 3).

5 – TISSANDIER O, THOMAS C et coll. Quel sens pour l’exercice physique du vieillard ? Neurologie.psychiatrie.gériatrie, janvier-février 2004, année 4, pp 25 -28.

6 – DEJEAN S, BARRAUD C et coll. Réadaptation dans l’obésité de surcharge pondérale. Encycl Med. Chir, kinésithérapie- medicine physique-réadaptation, 2000, 26-580-A-10.

7 – VLOEBERGS F Intérêts de l’activité physique dans la prévention de l’ostéoporose post-ménopausique. Annales kinésithérapiques, 1998, tome 25, n° 7, pp 317-319.

8 – MAYOUX-BENHAMOU M-A, REVEL M Ostéoporose et rééducation. Encycl Med. Chir, kinésithérapie- medicine physique-réadaptation, 1999, 26-590- A-10.

9 – MALLIOPOULOS X, THEVENON A Analyse de l’évolution de la densité minérale osseuse d’un groupe de patients ostéoporotiques pratiquant une séance hebdomadaire d’aquagym. Annales de réadaptation et de médecine physique,  sept 1999, n° 42, p 384.

10 – DELARUE YOHANN Facteurs de risques de l’arthrose Douleurs, 2005, 6, 1, cahier 2, pp 1s4- 1s6

11 – RANNOU F, POIRAUDEAU S et coll. Le cartilage : de la mécanobiologie au traitement physique. Annales Réadaptation Médecine Physique, 2001, n °44, pp 259-267.

12 – RENAULT A Musculation « facteur de santé ». Cinésiologie, 2006, 45ème année, n° 225, pp 116-117.

13 – LAADHAR L, ZITOUNI M et coll. Physiopathologie de l’arthrose. Du cartilage normal au cartilage arthrosique : facteurs de prédisposition et mécanismes inflammatoires. La Revue de médecine interne, 2007, n° 28, pp 531-536.

14 – PAYOT-PODEVIN CAROLINE Les pathologies féminines liées au sport. Thèse de médecine soutenue le 24 mars 2005, présentée à la faculté de médecine de Lyon Grange-Blanche, sous la direction du Pr Mellier G.

15 – ELLEUCH MH, GHATTASSI I, GUERMAZI M et coll. L’incontinence urinaire chez la femme sportive nullipare. Enquête épidémiologie. A propos de 105 cas. Annales réadaptation médecine physique, 1998, n°41, pp 479-84.

16 – MADELENAT P, PROUST A, CREQUAT J Etre femme et sportive. Paris, éditions Doin, 1991, pp 105-117.

17 – CONQUY S, AMSELLEM-OUAZANA D Incontinence urinaire de la femme. EMC- gynécologie-obstétrique, 2005, n°2, pp 167-180.

18 – ANAES Prise en charge de l’incontinence urinaire de la femme en médecine générale (mai 2003) Gynécologie Obstétrique et fertilité, 2004, n°32, pp 1083-1090.

19 – LAFAY O Méthode de musculation, au féminin. Le protéo-system. Paris : éditions Amphora, 2005.

20 – ELLIE H La méthode Pilates « pour les nuls ». Paris : éditions Générales First, 2004.

21 – SENGLER J et coll. Abdominaux, toux et pression transmise à la vessie. Annales réadaptation de médecine physique, 1995, n° 38, pp 145-148.

22 – POLLOCK ML, VINCENT KR The President’s Council on Physical Fitness, and Sports Research Digest. Series 2, n°8, 1996, (tableau cité dans la référence n° 55).

23 – PORTERO P, MAÏSETTI O L’entraînement de la force : contexte général. Ann Kiné, 2003, n° 22, pp 27-28.

24 – DUCLOS S Prévention et traitement du syndrome métabolique : rôle de l’activité physique. Texte du rapport présenté au XXVIèmeCongrès national de la Société française de médecine du sport, Marcoussis 30 novembre–2 décembre  2006. Science et sport, 2007, n° 22, pp 129-134.

25 – CHANUDET X, LOUEMBE J et coll. Pression artérielle et musculation. Science et Sports, 2005, n° 20, pp 256-260.

26 – RENAULT A Musculation « facteur de santé ». Cinésiologie, 2006, 45ème année, n° 225, pp 116-117.

27 – GAIN H, HERVE J-M, HIGNET R, DESLANDES R Renforcement musculaire en rééducation. Encycl Méd Chir, Kinésithérapie-Médecine physique-Réadaptation, 2003, 26-055-A-11, 10 p

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