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John GADRET, cycliste professionnel

John Gadret

Travailler, sans se détourner du droit chemin…

Propos
recueillis en mai 2008,
par le Docteur
Patrick Bacquaert.

Originaire de la région
Champagne-Ardenne, John Gadret
est engagé au Vélo
Club Roubaix à 17 ans.
Il est deux fois Champion de France
de cyclo-cross en 2005 et 2006.
Il accède entre temps au
statut de professionnel.
En 2007, John Gadret est sélectionné
pour le Tour de France et termine
à la 54e place (5e Français).
Sa préparation pour Le
Tour 2008 dans l’équipe
Ag2r est déjà
bien entamée…

Comment es-tu venu au vélo ? raconte tes premières victoires…

Comme mon père faisait
du vélo à un très
bon niveau régional, j’ai
baigné dans le milieu dès
ma naissance.
J’ai commencé la
compétition
de vélo à l’âge
de 5 ans, et
j’ai de suite gagné
ma première course. Pour
la petite histoire, nous étions
3 au départ !

A partir de quand as-tu cru à tes chances de devenir professionnel ?

En 1999, suite à de bons
résultats en Cross,
en route et en
VTT (je participais
aux regroupements de l’Equipe
de France dans les 3 disciplines),
Daniel Verbraeckel du
VC Roubaix est venu me chercher
en Champagne. Roubaix
était l’un des meilleurs
clubs amateurs de France et c’est
là que j’ai commencé
à songer à une éventuelle
carrière professionnelle.

A quoi ressemblent tes entraînements ?

Sur route, je roule
environ entre 20 et 25 heures
/ semaine
, et en cyclocross,
entre 15 et 20 heures / semaine.
Contrairement à d’autres
coureurs, j’ai besoin de peu d’entraînement.
Si je roule trop, je me « crame
» pour les compétitions.
Durant les entraînements, je fais
des séries d’intensité
plus ou moins violentes selon ce que
je prépare.

Réalises-tu régulièrement des étirements ?

Bon, il faut que je sois sincère.
Non pas vraiment !
J’essaie depuis quelques temps
de m’y astreindre mais c’est
dur, je n’aime pas ça.
Quand j’ai fini l’entraînement
sur le vélo, je n’ai plus
envie de ne rien faire. Pourtant je
sais tout le bénéfice
que cela pourrait m’apporter !

As-tu déjà fait un bilan postural ?

Non pas vraiment.

Ton épouse est podologue. Portes-tu des semelles adaptées ?

Ma femme m’a déjà
fait plusieurs paires de semelles, mais
je suis tellement maniaque que je trouve
toujours un détail qui ne me
plait pas. Alors, elle a abandonné
et préfère si j’en
ressens le besoin, qu’un de ses
collègues s’occupe de moi
! Cela évite les conflits !!!

Quel est ton suivi médical ?

Au sein de l’équipe,
nous avons un docteur
qui vérifie nos prises
de sang
afin de nous prescrire
d’éventuels compléments.
Il est présent sur les grandes
courses, et nous suit régulièrement.
Chez moi, j’ai mon généraliste
pour les maladies et les bobos de la
vie courante, et un médecin
du sport
pour tout ce qui concerne
mes problèmes en rapport avec
mon métier.

As-tu une diététique particulière ?

En périphérie des grandes
compétitions, je surveille mon
alimentation, mais en règle générale,
je ne me prive jamais. Je mange de
tout en quantité raisonnable
,
et je me fais même régulièrement
des «petits extras» !

Ton objectif en 2008, et après ?

En 2008, mon premier objectif est de
réaliser un bon Tour
de France
. Je vais tout faire
pour arriver sur cette course au top
de ma forme. J’aimerais vraiment
essayer de décrocher une étape,
mais j’en connais la difficulté.
Pour la suite, j’espère
continuer à exercer mon métier
dans d’aussi bonnes conditions
qu’aujourd’hui et progresser
encore et encore…

As-tu déjà été blessé ? Si oui, comment as-tu géré ta blessure ?

En 2006, j’ai chuté
sur le Giro
, à 3 étapes
de la fin, je me suis fracturé
la clavicule
. On s’est occupé
de moi en Italie, puis mon médecin
d’équipe a vu mes radios,
mais n’étant pas sur place,
il m’a envoyé chez mon
médecin du sport.
A son tour, il m’a confié
à un chirurgien
qui après avoir vu mes radios,
n’a pas jugé utile de m’opérer.
J’ai passé ma convalescence
chez moi avec des visites régulières
chez le médecin, puis j’ai
continué avec le kinésithérapeute
et tout s’est bien passé.

J’ai souvent d’autres petits
désagréments (genoux,
pieds, tendinite..
). Dans ce cas,
je vais directement voir mon médecin
du sport et décide avec lui les
traitements.

Ton conseil à un jeune de 14 ans qui désire devenir professionnel ?

Le travail, le travail et encore le
travail ! Il n’y a que ça
qui paye. Il faut s’accrocher,
chercher à s’améliorer
sans cesse, se remettre souvent en question
et ne jamais se détourner du
droit chemin. La qualité
principale est la persévérance
,
on n’est pas professionnel du
jour au lendemain, on gravit les échelons
petit à petit. Il faut savoir
« galérer » pour
mieux apprécier ce que l’on
a par la suite. Mais c’est tellement
beau que ça en vaut le coup !

N.B. : Nous remercions vivement John Gadret
pour cette collaboration. Nous lui souhaitons
bonne chance pour la suite de sa carrière.
Nous allons le suivre tout au long de
cette année. Nous retiendrons
surtout son message : « travailler,
ne pas se détourner du droit
chemin, avoir confiance en son environnement
médical, savourer tout le bonheur
d’être professionnel en
acceptant défaites et victoires
».

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