Il va de soi
que le potentiel génétique
conditionnera des individus plus endurants
ou plus résistants. Toutefois,
l'entraînement en endurance
accroît le métabolisme
aérobie jusqu'à des
limites qui pourraient être
schématiquement définies
par la VMA, voire la VO2Max. Dire
que les sportifs se spécialisent
en fonction de la composition de leurs
fibres est vrai et ceci se fait de
façon empirique en fonction
de l'environnement culturel, social
et économique.
Les filières
énergétiques
Le muscle converti de l'énergie
chimique en énergie mécanique.
L’ATP est indispensable à
la contraction musculaire ; le problème
c'est que le stock d’ATP doit
être renouvelé constamment
tant il est faible et largement sollicité
par l'effort.
Pour ce faire, trois filières
énergétiques existent
:
• la voie anaérobie alactique
dite également voie du phosphagène
• la voie anaérobie lactique
dite également glycolyse anaérobie
lactique
• la voie la plus facilement
explorée : la voie aérobie,
dite également glycolyse aérobie
L'utilisation de ces différentes
voies répond à un schéma
bien connu qui consiste à débuter
par la voie anaérobie alactique
5 à 7 secondes, suivie de la
voie anaérobie lactique 30
à 50 secondes, et la voie aérobie
plusieurs heures, ceci traditionnellement
retrouvé grâce au schéma
de contribution des trois systèmes.
Les substrats énergétiques
sont représentés par
les glucides, les lipides et les protides.
Les principaux substrats sont les
glucides et les protides. La récupération
permet de reconstituer ces stocks
indispensables à la contraction
musculaire.
Les effets
de l'effort sur l'organisme
Une contraction musculaire provoque
un épuisement des réserves
et une accumulation de déchets.
La fatigue musculaire consiste à
ne plus pouvoir maintenir une contraction
pour un effort donné dans un
temps déterminé. L'épuisement
de l’ATP en serait responsable,
le déficit de resynthèse
ne permettant pas l'utilisation continue
de cette nouvelle source musculaire.
La fatigue musculaire est donc objectivable
par l'augmentation des lactates sanguins
et musculaires, par une modification
du pH sanguin, par une élévation
des enzymes musculaires et en particulier
des CPK qui peuvent d'ailleurs objectiver
un syndrome de fatigue chronique,
ou pire encore une rhabdomyolyse (crash
syndrome).
En dehors de la biologie, la fatigue
musculaire peut être ressentie
physiquement, avec une élévation
de la fréquence cardiaque,
un retour aux normes de repos lentes
(sportif présentant une tachycardie
résiduelle), des crampes musculaires
ou des contractures pouvant entraîner
une perte du sommeil et aggraver la
récupération, des troubles
digestifs pouvant être aggravés
par un phénomène sous-jacent
de déshydratation, une élévation
de la température centrale,
et enfin une perte des contrôles
auditifs (troubles d'humeur, troubles
du sommeil, troubles de l'appétit,
agressivité). Ceci à
l'extrême peut conduire à
un syndrome de surentraînement,
entraînant des problèmes
de blessure, de surinfections, de
stress. Le surentraînement survient
dans un déséquilibre
global neurovégétatif
avec augmentation des régulations
orthosympathiques.
Il est à préciser que
la variabilité des composantes
cardiaques, fréquence cardiaque
et tension artérielle, reste
un excellent indicateur des phénomènes
de surentraînement. Les troubles
du rythme et en particulier l'apparition
d'extrasystoles sont ainsi fréquemment
retrouvées pendant cette période
délicate chez le sportif.
L'évaluation
psychologique du surentraînement
Un questionnaire simple a été
établi à la demande
de la Société Française
de Médecine du Sport, par le
Docteur Jean-Frédéric
BRUN de Montpellier.
Le surentraînement peut être
évalué au moyen d'un
questionnaire et de grilles d'évaluation
très facilement avec l'aide
présente ou non d'un psychologue
du sport. Le problème reste
à définir à qui
s'adresse l'étude et l'approche
psychologique de l'évaluation
d'un surentraînement, où
commence chez un sportif souvent stressé
la limite d'une fatigabilité
s’intégrant dans une
adaptabilité globale dans le
cadre de l'optimisation de la performance.
Les méthodes
de récupération
Elles sont nombreuses, évolutives,
individuelles et dépendent
des possibilités de chacun
individu, chaque équipe ou
chaque fédération.
La récupération nécessite
une prise en charge globale comprenant
à la fois la récupération
physique, musculaire, respiratoire,
cardiaque, neurologique, la récupération
diététique, la récupération
psychologique et enfin la récupération
technique complétée
ou non si besoin par la réhabilitation
des blessures des incidents et accidents
musculaires.
La récupération passe
par des périodes de repos,
associées à une remise
en action musculaire, progressive,
adaptée, dans le cadre de la
définition de nouveaux objectifs,
c’est la réadaptation
programmée à l’effort.
Une prise en charge multidisciplinaire
passe par les mains des médecins,
kinésithérapeutes, podologues,
diététiciennes, psychologues,
qui devront réunir leurs compétences
pour permettre au sportif de récupérer
le plus rapidement possible afin de
repartir à la conquête
de résultats.
Conclusion
Alors que l'on débute le sport
de plus en plus tôt, et que
les volumes d'entraînement sont
de plus en plus importants, les charges
de compétition augmentent tous
les ans. L’évaluation
des dépenses énergétiques
pour établir un effort précis
garde toute son importance. La notion
de récupération doit
prendre une place privilégiée
dans l'environnement médical
du sportif. Ceci doit être traité
comme on traite une blessure ou une
pathologie, avec toute la rigueur
scientifique pour permettre au sportif
d'accéder aux méthodes
les plus modernes de récupération.
La gestion de la fatigue est un élément
indispensable dans l'optimisation
des performances. De plus, elle permet
d'être une alternative au dopage.
Sportez vous bien !
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