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L’augmentation,
plus particulièrement après
l’exercice, des taux plasmatiques
et urinaires de 3-méthyl-histidine,
marqueur de la dégradation
de protéines contractiles,
démontre leur catabolisme accru,
s’ajoutant à celui des
protéines sarcoplasmiques pendant
l’exercice.
L’augmentation de l’activité
plasmatique de la créatine
kinase et d’autres enzymes d’origine
musculaire, pendant et après
l’exercice, est le témoin
de perturbation dans la perméabilité
du sarcolemme, avec une perte de protéines
actives par le muscle. Ces lésions
sont d’origine biochimique,
dégradation de protéines
membranaire du fait de la production
de radicaux libres oxydants, et d’origine
mécanique, microdéchirures
des fibres musculaires du fait des
contraintes mécaniques, d’où
fuite d’éléments
intracellulaires, parmi lesquels des
protéines dont le catabolisme
est accru ; cela est particulièrement
important lors d’exercices excentriques,
contraction du muscle avec allongement
(course en descente, musculation avec
étirement musculaire), avec
des délais différents
selon le type de marqueur utilisé.
L’augmentation de la dégradation
des protéines, observée
pendant l’exercice de longue
durée, peut s’accompagner
d’une diminution des qualités
fonctionnelles du muscle pendant 3
à 16 semaines ; elle devrait
être prévenue au mieux.
Les protéines dégradées
devront être remplacées
: les besoins protéiques sont
donc augmentés d’autant.
De façon inconstante, il est
observé une protéinurie
d’exercice, le plus souvent
physiologique et de faible importance.
1.2 Synthèse protéique.
Etudiée par la technique de
perfusion de faibles quantité
d’acides aminés traceurs
marqués avec des isotopes stables,
elle diminue modérément
pendant l’exercice. Elle augmente
dés sont arrêt, proportionnellement
à l’insulinémie.
Celle-ci, après une diminution
pendant l’exercice, revient
à ses valeurs initiales rapidement
après la fin, puis les dépasse,
moment le plus favorable à
la resynthèse des protéines
dégradées, tout comme
des réserves de glycogène.
L’augmentation de la protéosynthèse
peut se poursuivre sur plusieurs jours.
Elle dépend de l’apport
alimentaire en protéines, en
eau, en glucides (fournissant l’énergie
pour l’incorporation des acides
aminés dans les protéines)
et en divers micronutriments, apportés
par l’alimentation courante.
1.3 Bilan azoté et
besoins protéiques.
Les besoins peuvent être évalués
à partir de l’étude
du bilan azoté, différence
entre les apports alimentaires en
protéines et l’élimination
de toutes les substances azotées
par les voies urinaires, fécales
et sudorales. Ce bilan global convient
pour définir les besoins du
sportif d’endurance, bien que
l’étude de flux ou d’autre
critères fonctionnels permettrait
de mieux préciser comment intervenir
sur ces besoins et ensuite les combler.
Lorsque des personnes sédentaires,
au bilan énergétique
équilibré, débutent
un programme d’exercices, leur
bilan azoté, préalablement
équilibré par 1gr d’apport
protéique par kg de poids corporel
et par jour, se négative de
façon transitoire pendant 2
semaines environ, du fait de lésions
des fibres musculaires les plus fragiles.
Si l’apport protéique
est élevé à 1.5
g/kg/j, le bilan azoté est
équilibré. De même
pour une quantité de travail
identique, les besoins protéiques
seront supérieurs si les exercices
sont plus intenses ou comportent des
phases excentriques, plus contraignantes
pour les fibres musculaires.
En cas d’apport glucidiques
insuffisant (objectif d’amaigrissement)
pour couvrir les besoins de dépense
énergétique et de recharge
des dépenses des réserves
de glycogène musculaire, le
bilan azoté est plus difficilement
équilibré et l’apport
protéique doit être augmenté.
Mais cela s’accompagne d’une
production accrue d’urée,
avec l’inconvénient d’une
sollicitation plus forte des fonctions
hépatiques et rénales.
Au contraire, en cas d’apports
élevés en glucides,
les besoins en protéines sont
apparemment moindres, mais ceux en
acides aminés indispensables
semblent se maintenir. L’apport
protéique conseillé
doit donc, hors état pathologique,
être respecté.
Des études de comportement
alimentaire, avec bilans alimentaires
par questionnaires, ont montré
que la part des protéines dans
l’AETQ est augmentée
pendant la semaine qui suit une course
de très longue durée
(100 km), passant de 14% (avant) à
17% de l’AETQ (lui-même
augmenté spontanément
d’environ 100kcal/j), soit de
1.5 à 2 g/kg/j.
De plus, un appétit spécifique
pour les protéines apparaît
à l’issu de telles épreuves
; l’ingestion de protéines,
en quantité significative (1g/kg)
pour le satisfaire, n’a pas
eu d’effets délétères
sur les marqueurs utilisés
(urée, acide urique).
Dans un groupe de biathlètes,
si les protéines sont en libre
choix, le bilan azoté est équilibré
ou positif pour un apport de 2.7 à
3.1 g/kg/j avec une perte azotée
urinaire élevée. Si
les protéines ingérées
sont de haute valeur biologique, un
apport de 2.2 à 2.6 g/kg/j
suffit.
1.4 Apports protéiques
conseillés.
L’objectif à retenir
est l’obtention d’un équilibre
physiologique entre pertes et apports
protéiques.
A partir d’une étude
comportant l’ingestion de différentes
quantités de protéines
et la mesure de l’excrétion
azotée correspondante, Tarnopolsky
et al (1998) ont démontré
que l’apport protéique
permettant d’équilibrer
les pertes azotées chez la
quasi-totalité d’un groupe
de sportifs d’endurance était
de 1.5 à 1.7 g/kg/j.
L’apport conseillé comporte
une marge de sécurité,
destinée à prendre en
compte les différences interindividuelles
importantes de digestibilité,
de biodisponibilité et d’assimilation,
ainsi que de qualité des protéines
ingérées.
Pour une population sportive de loisirs,
pratiquant activité physique
ou sportive régulière,
d’intensité et de dépense
énergétique modérée,
par exemple 3 fois ½ heure
à 1 heure par semaine, les
besoins seront couverts par les ANC
pour la population générale
correspondante.
Cependant, pour les sportifs entamant
pour la première fois une activité
physique ou sportive, les apports
peuvent être élevés
à 1.5 g/kg/j pendant les 2
premières semaines.
Pour les coureurs de longue distance,
pratiquant au moins 1 heure par jour
et plus de 3 fois par semaine, avec
une intensité parfois élevée,
l’ANC est de 1.5 à1.7
fois celui de la population générale
correspondante, voire 2 fois en cas
de volume entraînement très
élevé en course à
pied.
L’apport protéique correspond
à 12-16% de l’AETQ équilibrant
les dépenses énergétiques
; il est couvert par les aliments
courants du commerce, dans le cadre
d’une alimentation équilibrée
et diversifiée.
2) Apports
protéiques pour le sportif
de force.
L’objectif pour les sportifs
pratiquant des sports de force ou
à but de développement
de la masse musculaire n’est
pas seulement d’équilibrer
le bilan azoté, mais de le
rendre positif, puisque augmenter
la masse musculaire implique d’élever
la quantité de protéines
qui y est stockée.
2.1 Dégradation et
synthèse protéique.
Après un entraînement
type haltérophile, l’excrétion
urinaire d’urée et de
3-méthyl-histidine augmente,
témoin de la dégradation
accrue de protéines sarcoplasmiques
et myofibrillaires. Il lui fait suite
une augmentation de la synthèse
protéique musculaire, bien
démontré par le prélèvement
accru de l’ensemble des acides
aminés plasmatique par les
muscles sollicités, en particulier
dans les heures qui suivent l’exercice
de force.
L’efficacité de l’accrétion
protéique musculaire dépend
d’abord de la qualité
entraînement et aussi de l’apport
protéique .La rétention
protéique supplémentaire
est d’autant moins efficace
que les apports protéiques
sont plus élevés. Par
ailleurs, des apport suffisants en
glucides ainsi qu’en eau sont
nécessaires à une synthèse
protéique élevée.
Les apports en lipides peuvent être
réduits jusqu’à
15% de l’AETQ (équilibrant
les dépenses nettement augmentées)
en respectant l’apport en acides
gras essentiels. Les protéines
peuvent représenter alors 20
à 40% de l’AETQ.
2.2 Apports protéiques
conseillés.
Finalement chez le sportif de force
:
-s’il s’agit de maintenir
la masse musculaire, les apports protéiques
pour équilibrer le bilan azoté,
dits apports de sécurité,
sont estimés à 1 –
1.2 g/kg/j.
-s’il s’agit de développer
la masse musculaire, le bilan azoté
doit être positif. A partir
d’études expérimentales,
d’enquêtes alimentaires
et de suivi de santé auprès
de population de sportifs de force,
il semble possible de conseiller 2
à 3 g/kg/j, soit 20 à
40% des AETQ, pendant des périodes
ne dépassant pas 6 mois par
an, et sous contrôle médical.
Au moins les 2/3 de ces apports protéiques
doivent être couverts par les
aliments courants, le reste par des
suppléments ( pas plus de 1g/kg/j),
sous forme de protéines de
haute valeur biologique (avis du CEDAP
du 14 sept 1994)), hydrolysats de
protéines ou mélanges
totaux d’acides aminés
n’apportant pas de bénéfices
supplémentaires (avis du CEDAP
du 22 mai 1996). L’ingestion
de glucides (50% de l’AETQ)
et d’eau (au moins 1.7 ml/ kg/j
de protéines) doit être
suffisante, ainsi que de micronutriments
d’assimilation, habituellement
contenus dans l’alimentation
équilibrée et diversifiée.
Des apports supérieurs, de
3.5 à 5 g/kg/j, parfois constatés
ou abusivement conseillés,
ne sont pas justifiés en terme
d’efficacité, d’après
les publications scientifiques reconnues,
et font de plus courir des risques
pour la santé avec augmentation
de l’élimination urinaire
d’azote et de calcium.
2.3 Besoins en acides aminés
(AA).
Y a-t-il des besoins spécifiques
en certains AA, alors que quelques-uns
ont un métabolisme particulier
à l’exercice ?
Les mélanges équilibrés
d’AA, provenant de la seule
hydrolyse poussée de protéines
courantes du commerce, sans aucun
ajout, ne différent pas significativement
de leur protéine d’origine
dans leur composition chimique et
dans leurs propriétés
physiologiques, hormis une biodisponibilité
peut-être un peu différente,
les avis dans ce domaine n’étant
pas unanimes.
Lors d’exercices aérobies
de très longue durée,
avec de faibles apports glucidiques,
l’oxydation des acides aminés
à chaîne ramifiée
(AACR) est augmentée de façon
significative ; rappelons que cette
situation, à la limite de la
physiologie, est peu souhaitable au
plan de la santé.
Les besoins en leucine peuvent s’élever
à 30 mg/kg/j lors de la pratique
régulière d’exercices
aérobies, excédant alors
des quantités minimales d’apports
conseillées, avec un apport
de sécurité estimé
à au moins 45 mg/kg/j. Mais
le contenu en leucine des protéines,
de 5 à 10%, permet de respecter
l’apport de sécurité
conseillé dés l’ingestion
de 0.9 g/kg/j de protéines,
valeur largement incluse dans les
ANC en protéines chez le sportif
d’endurance. Aucune complémentation
en leucine n’est donc nécessaire.
Une supplémentation en AACR
a pu être proposée pour
les exercices de longue durée,
pour corriger leur éventuelle
baisse plasmatique ; celle-ci pourrait
interférer avec la pénétration
du tryptophane dans le système
nerveux central, impliqué dans
la survenue de la fatigue centrale,
dont on cherche à retarder
l’apparition. Mais l’avis
du Comité consultatif national
d’éthique pour les sciences
de la vie et de la santé (CCNE),
émis en 93 est « de protéger
les sportifs des éventuelles
conséquences pathologiques
de leur pratique… et de respecter
les symptômes d’alerte,
ceci pour porter remède aux
causes des déficits, et non
pas de les compenser, tout en maintenant
les conditions qui les ont provoquées,
ceci pouvant être préjudiciable
à la santé des sportifs
». les effets bénéfiques
de supplémentation en AACR
sur les performances restent largement
controversés, alors même
qu’elles s’accompagnent
d’une augmentation de l’ammoniémie
considérée comme délétère
pour la santé. Aucune supplémentation
n’est actuellement justifiée
(avis CEDAP du 18 juin 1997).
Par ailleurs, la déficience
immunitaire observée lors d’exercices
répétés de longue
durée, avec survenue possible
de syndromes infectieux, a été
mise sur le compte de la diminution
de la disponibilité en glutamine.
Une supplémentation en glutamine,
pouvant servir de substrat principal
du métabolisme des lymphocytes
participant aux défenses immunitaires
de l’organisme, a été
proposée. Mais il s’agit
là encore d’une situation
consistant à corriger les effets
et non la cause, relevant alors de
l’avis du CCNE.
Egalement, les effets de supplémentation
en tyrosine ont été
suivis, dans différentes situations
de contrainte, de stress ou sous l’angle
des performances, par la mesure de
la production et de la sécrétion
de catécholamines cérébrales,
mais sans l’étude d’indicateurs
spécifiques de santé,
rentrant de fait dans le champs visé
par l’avis du CCNE.
Enfin, chez l’homme sain et
par extension chez le sportif de force,
la libération d’hormone
de croissance sous l’ingestion
orale d’AA sélectifs
comme l’arginine, l’ornithine
ou la lysine, aurait été
obtenue à de très fortes
doses, atteignant 15 à 20g
et plus. De fait, il s’agit
de doses pharmacologiques, les effets
étant inconstants et les risques
pour la santé réels,
il s’agit aussi d’une
incitation au dopage.
C’est pourquoi, il a été
considéré, « qu’il
n’existait pas de actuellement
de travaux scientifiques confirmés
permettant d’alléguer
un quelconque effet bénéfique
de l’ingestion d’un ou
de quelques acides aminés chez
le sportif » (avis du CEDAP
du 18 juin 1997).
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