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Les
boissons énergisantes
sont-elles dangereuses
pour la santé des sportifs
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Cette
boisson énergisante est
interdite en France depuis 1996,
suite à de nombreux avis
de l’AFSSA
, de l’AESA
(Equivalent européen de
l’AFSSA), qui incriminent
la toxicité neuropsychique
et rénale de certains composés
contenus dans cette boisson :
la Taurine et le Glucuronolactone. |
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Le
Red Bull français est-il
différent ?
Red Bull est une boisson commercialisée
en France depuis mai 2008,
mais sous une forme différente
à celle existante dans
les autres pays, de façon
à contourner la
législation française
et les avis scientifiques défavorables.
Dans la version française
de cette boisson, les deux composés
considérés toxiques
ont été retirés,
et remplacés par un acide
aminé, l’Arginine.
Cette formule française
s’apparente ainsi au Bullit,
autre produit de la marque vendue
dans certains pays.
Malheureusement en France, l’emballage
et le nom restent identiques,
ce qui encourage la confusion
des produits, et incite
à confondre les consommateurs.
Se servirait on de l’image
de marque du produit pour vendre
une boisson différente
aux français ?
L’autorisation de mise sur
le marché français
du « vrai » Red Bull
interviendra à
partir du 15 juillet 2008,
dans sa version avec Taurine
et Glucuronolactone.
Boissons
énergisantes et Sport...
Quels sont les risques ?
Attention à la confusion
! Les boissons énergisantes
(type Red Bull) ne sont pas des
boissons énergétiques
de l’effort. Ces dernières
répondent à des
critères nutritionnels
bien précis et adaptés
à l’effort, que ce
soit pour l’apport énergétique,
pour les apports en oligoéléments,
et pour les propriétés
osmotiques (facilité de
digestion et assimilation des
nutriments).
En plus de leur composition
nutritionnelle inadaptée
à l’effort physique,
les boissons énergisantes
semblent présenter un risque
supplémentaire par leur
propriété
acidifiante. Rappelons
qu’une acidification de
l’organisme est le terrain
propice aux blessures
sportives telles que les tendinites.
La caféine
contenue dans ces boissons augmente
l’élimination urinaire
de calcium,
magnésium
chlore, sodium, de façon
d’autant plus importante
que la caféine est présente
à un taux élevé.
Cette fuite minérale peut
aggraver les désordres
électrolytiques
pendant l’effort, favoriser
les blessures, et nuire aux capacités
de récupération.
Par ailleurs, la caféine
étant un puissant diurétique,
une boisson énergisante
ne peut en aucun cas réhydrater
le sportif, bien au contraire,
aggrave la déshydratation,
facteur déterminant de
blessures
musculo-tendineuses, et les
troubles du rythme cardiaque.
Une canette de boisson énergisante
contient environ 80g de caféine,
ce qui est très proche
de la dose de perception des effets
secondaires (100 à 160mg),
et proche de la limite supérieure
de consommation admise (200mg/jour).
Le risque chez
le sportif n’est donc pas
de positiver un
contrôle anti dopage,
mais bien d’absorber
une dose toxique.
La présente d’excitants,
à fortiori la caféine,
à taux élevé,
induit sur l’organisme des
effets secondaires cardiovasculaires
tels qu’une tachycardie,
une vasoconstriction périphérique,
un effet hypertenseur, qui s’opposent
à l’adaptation à
l’effort, et pourrait
ainsi favoriser l’apparition
de troubles du rythme
cardiaque, voire de mort
subite.
Les effets secondaires et la toxicité
évoqués chez l’homme
de certains composants présents
à taux élevés
(Vitamines B, Caféine,
Taurine, Glucuronolactone) apparaissent
d’autant plus important
à l’effort, car la
déshydratation relative
augmente les concentrations circulantes,
et renforcent la toxicité
à l’effort.
Ces effets toxiques justifient
des études cliniques complémentaires.
Dépourvues
de sodium, les boissons
énergisantes peuvent induire
une hypo natrémie
lors des efforts prolongés
en ambiance climatique chaude.
Cette hypo natrémie se
manifeste par des troubles
cardiovasculaires, des
troubles neurologiques
allant jusqu’au coma
en absence de diagnostic.
Que penser
de l’apport en glucide ?
Les boissons énergisantes
contiennent une très
forte concentration en glucides,
de l’ordre de 112 g/litre
(27 g/canette, soit l’équivalent
de 6 sucres), ce qui est bien
au dessus des 30 à 50 g/litre
recommandés.
Cette forte teneur en sucre n’implique
pas un meilleur apport énergétique,
puisqu’à de telles
concentrations, l’assimilation
digestive est fortement perturbée,
donc inefficace. |
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En association
avec la Société
Française
de Nutrition
du Sport
(SFNS),
l’Irbms
publie
un texte référentiel
sur des
"
recommandations
de consommation
chez le sportif
", Pdf,
18 pages, 130
Ko.
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AFSSA : Saisine
n°
2006-SA-0236
du 09/11/06.
AFSSA : Saisine
n°
2005-SA-0111
du 30/01/06.
AFSSA : Saisine
n°
2002-SA-0260
du 05/05/03.
AFSSA : Saisine
n°
2000-SA-0191
du 27/03/01.
AFSSA : Communiqué
03/04/08.
ANC, Ambroise
Martin,
3e édition
Tech&Doc,
2005.
S.-C. Forbes,
D.-G. Candow,
J.-P. Little,
C. Magnus, P.-D.
Chilibeck :
Effect of
red bull energy
drink on repeated
wingate cycle
performance
and bench-press
muscle endurance.
International
Journal of Sport
Nutrition and
Exercise Metabolism,
2007, Vol 17,
Iss 5, pp 433-444.
Effect
of cysteine
derivatives
administration
in healthy men
exposed to intense
resistance exercise
by evaluation
of pro-antioxidant
ratio.
(A. ZembronLacny,
K. Szyszka,
Z. Szygula)
Pharmacokinetics,
safety, and
effects on exercise
performance
of L-arginine
alpha-ketoglutarate
in trained adult
men.
(B. Campbell,
M. Roberts,
C. Kerksick,
C. Wilborn,
B. Marcello,
L. Taylor, E.
Nassar, B. Leutholtz,
R. Bowden,
C. Rasmussen,
M. Greenwood,
R. Kreider).
The
acute effects
of a caffeine-containing
supplement on
strength, muscular
endurance, and
anaerobic capabilities.
(T.-W. Beck,
T.-J. Housh,
R.-J. Schmidt,
G.-O. Johnson,
D.-J. Housh,
J.-W. Coburn,
M.-H. Malek).
Dictionnaire
du dopage,
J.-P. De Mondenard,
Edition Masson
2004. |
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De plus, la proportion entre glucose,
saccharose, fructose est inconnue, et
peut poser des problèmes de digestibilité,
intolérance digestive, index
glycémique inadapté…
Enfin, cette boisson « hyper sucrée
» peut conduire à des hypoglycémies
réactionnelles si elle
est consommée avant un effort,
se manifestant par une faiblesse généralisée,
maux de tête, baisse de la vigilance
et une contre performance.
Conseils de
consommation chez le sportif
La consommation de boisson énergisante
ne semble donc pas être adaptée
à l’effort, ni à
la récupération sportive.
Les recommandations du fabriquant qui
préconise de diluer le
boisson avec de l’eau
lors d’un effort physique, n’apparaissent
pas suffisantes pour amoindrir
les effets secondaires et le risque
toxique potentiel de certains composants.
Quels effets sur les performances sportives
?
Dans la boisson avec Arginine (Bullit),
les effets d’une supplémentation
en Arginine sur les
performances sont contradictoires. Si
une amélioration du pic de puissance
maximale est parfois évoquée,
aucune efficacité sur les paramètres
d’endurance ne semble être
reconnue.
Une récente étude
canadienne a également
étudié les effets du Red
Bull sur les performances aérobies
et anaérobies sur bicyclette
ergométrique. Aucun effet
sur la puissance maximale développée
ni sur la puissance moyenne n’a
été mis en évidence.
Des avis
Scientifiques unanimes !
Les nombreux avis scientifiques de l’AFSSA
et de l’EASA
(Autorité Européenne Sécurité
des Aliments 2005) mettent l’accent
sur les probables effets secondaires
rénaux, thyroïdiens, neurotoxiques
et les troubles comportementaux du Red
Bull Energy Drink. Par ailleurs, aucun
intérêt nutritionnel n’est
retenu pour cette boisson.
L’innocuité de cette boisson
sur la santé ne peut être
prouvée, car les limites
de toxicité et de sécurité
pour la Taurine et le Glucuronolactone
restent inconnues. Il semble
également impossible d’établir
une relation effet-dose, qui autoriserait
une consommation modérée
sans danger pour l’homme.
L’IRBMS
vous en dit plus !
En association avec la Société
Française de Nutrition du Sport,
l’IRBMS publie un texte référentiel
sur des «recommandations
de consommation chez le sportif».
Composition
d’une canette
de Red Bull Energy Drink (250ml)
> Caféine : 80mg
Les effets excitants de la caféine
sont variables d’un individu à
l’autre.
On relève surtout des effets
secondaires cardiovasculaires (tachycardie,
hypertension
artérielle), digestifs (augmentation
des sécrétion digestives
et de l’acidité gastrique,
stimulation de la motricité intestinale…),
respiratoires (broncho dilatation),
urinaires (effet diurétique,
fuite de minéraux), neurocomportementaux
(céphalées, anxiété,
irritabilité, tremblement).
La caféine n’est pas un
brûleur de graisse. Elle favorise
la mobilisation des acides gras libres
depuis les adipocytes, mais ne stimule
en rien leur oxydation. Par ailleurs,
cet effet de libération des acides
gras se produit pour des doses absorbées
de l’ordre de 2 à 6 mg/kg/jour,
sans effet bénéfique supplémentaire
au delà (absence d’effet
dose dépendant).
> Taurine (1000mg)
La Taurine est un acide aminé
souffré issu de la Méthionine
et de la Cystéine,
dont les apports alimentaires naturels
sont de l’ordre de 120mg/jour,
sans dépasser 180mg/jour.
Il est impliqué dans l’assimilation
des lipides, et possède des propriétés
antioxydantes.
Il serait impliqué dans la transmission
de l’influx nerveux entre les
neurones, d’où sa neurotoxicité
par hyper excitabilité neurologique,
se traduisant par des troubles
du comportement.
Aucune étude n’évoque
des effets positifs sur la santé
ni sur les performances, d’un
apport excessif en Taurine.
Comme de nombreux anti oxydants, il
faut craindre qu’à une
si forte concentration, la taurine pourrait
avoir l’effet inverse (pro oxydatif).
Aucune étude ne retrouve l’existence
de carence avérée en Taurine
dans les populations ciblées
par les boissons énergisantes.
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QUE
PENSER DES
ALLEGATIONS AVANCEES
PAR LE FABRIQUANT ?
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Boire
Red Bull à l’effort
:
La quantité de sucre contenue
dans une canette de Red Bull équivaut
à un peu plus de 5 sucres.
Il serait simpliste de penser
que ce sucre suffit à fournir
de l’énergie pendant
l’effort, ou à améliorer
la récu-pération
en facilitant la régénération
des réserves énergétiques.
Ces mécanismes répondent
à des processus physiologiques
bien précis, qui semblent
difficilement compatibles avec
l’acidité de la boisson,
les désordres ioniques
éventuels, l’absence
de concentration correcte qui
ne favorise pas les échanges
entre cellules (iso osmolarité
non respectée).
"Il est conseillé
de diluer le Red Bull à
l’effort". Heureusement
!
La dilution préconisée
(1 :1) consiste à ajouter
le même volume d’eau
que de Red Bull, aboutissant à
une boisson d’environ 40
à 45g/litre, ce qui reste
très élevé
pour une boisson d’effort.
Les autres composés présents
à de fortes concentrations
n’ont aucun intérêt
à l’effort, en particulier
la présence d’acide
aminés dont l’assimilation
et l’implication énergétique
reste superflue. Plus
généralement...
«Red Bull est une
boisson énergisantes à
base d’arginine pour les
périodes d’activités
intense».
Les périodes d’activités
intenses évoquées
ne correspondent pas à
un effort sportif. «Toutes
ces substances sont présentes
naturellement dans notre organisme
ou dans la nourriture que nous
absorbons ».
Les substances contenues dans
une canette de Red Bull sont bien
présentes naturellement
dans l’alimentation, mais
à des taux très
élevés,
allant jusqu’à 1000
fois l’apport journalier
conseillé, laissant évoquer
des effets secondaires sur la
santé. «Les
vitamines B contenues dans Red
Bull Energy Drink jouent un rôle
essentiel pour l’amélioration
des performances intellectuelles
et pour l’endurance physique».
Cette allégation reste
à démontrer d’autant
plus que les concentrations sont
proches des limites de
sécurité à
ne pas dépasser chez l’homme.
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>
Glucuronolactone (600mg)
C’est un sucre, présent
naturellement dans l’organisme,
dont les apports naturels seraient de
l’ordre de 1 à 2mg/jour.
Une canette contient
donc l’équivalent
d’environ 600 jours d’apports
alimentaires ! A dose élevée,
une toxicité rénale est
fortement évoquée.
> Vitamines du groupe B
B5 (5mg) B6 (5mg) B12 (0.005mg)
La consommation d’une canette
de boisson énergisante suffit
pour atteindre les apports conseillés
(ANC) pour la vitamine B2 B3 B5.
La consommation de deux canettes,
recommandée par le fabriquant,
suffit pour atteindre et/ou dépasser
le seuil de toxicité
établi pour la vitamine B3 et
B6. La dose maximale absorbable est
également dépassée
pour la vitamine B12.
La toxicité n’a pas été
clairement démontrée,
mais serait d’ordre neuro comportementale,
marquée par la survenue de troubles
du comportement, de problèmes
mnésiques.
Les besoins en vitamine B sont normalement
couverts par l’alimentation, même
chez les sportif pratiquant une activité
intense, par les aliments d’origine
animale. Augmenter des apports ne semble
apporter aucun bénéfice
sur la santé, ni sur les performances.
> Acide Nicotinique (20mg)
L’acide Nicotinique est un assimilé
de la vitamine B3. Il n’y a pas
de besoin alimentaire spécifique,
car il existe une fabrication naturelle
par le foie. La quantité dans
une canette de boisson énergisante
est proche de la limite de sécurité
établie à 33 mg/jour.
> Arginine (Bullit)
Effets de synthèse protéique
et d’implication hormonale chez
le sportif sont controversés.
Par contre, tout excès d’apport
risque de déséquilibrer
le pool circulant des acides aminés
et de rompre ainsi l’équilibre
entre eux. |
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