L’augmentation
des dépenses énergétiques
consécutive à une journée
de stage de deux séances, peut
facilement atteindre plus de 3 500
à 4 000 Kcal par jour.
Si l’apport en énergie
n’est pas suffisant, la sanction
sera lourde et inévitable,
conduisant à une absence de
restauration des stocks de glycogène,
pour aboutir jour après jour
à un épuisement des
réserves, une perte de performance,
un risque accru de blessure. C’est
aussi la première étape
vers le surentraînement.
Une telle situation se rencontre fréquemment
chez les sportifs qui modèrent
leurs apports énergétiques
dans le but de « s’affûter
», ce qui n’est pourtant
pas l’objectif prioritaire d’un
stage !
Pour satisfaire de tels besoins,
deux sources d’énergie
sont à renforcer : il faudra
d’une part adapter la ration
d’entraînement pour compenser
partiellement les pertes énergétiques,
et d’autre part, restaurer efficacement
le stock de glycogène pour
préparer la séance suivante.
Les rations d’entraînement
doivent être systématiques
! Utilisez votre boisson d’effort
habituelle, en la complétant
par une alimentation sucrée
solide (barre, gel, pâte de
fruits…). L’augmentation
de la charge de travail et la fatigue
qui s’installe progressivement
(même de façon inconsciente)
peuvent conduire à augmenter
la ration d’effort, sans que
pour autant le kilométrage
soit supérieur. N’ayez
jamais faim sur votre vélo,
ce qui témoigne déjà
d’une carence énergétique.
Votre boisson devra être isotonique,
contenant 30 à 50 g/litre de
glucide, élaborée vous-même
(sirop de fruit, saccharose…)
ou à partir de boissons commercialisées.
Les apports en glucides complexes
vont permettre une restauration des
réserves de glycogène.
Tous les féculents sont bons
pour cela. Il est conseillé
de privilégier les aliments
complets pour leur richesse en minéraux
et fibres, et de diversifier les sources
de glucides complexes, car chaque
féculent présente un
avantage nutritionnel particulier.
La pomme de terre est riche en potassium
et vitamine C, les pâtes et
riz complets en minéraux…
Les légumes secs (lentilles
flageolets) présentent un apport
complémentaire en fer, magnésium
et acides aminés…
Sur le plan quantitatif, les adaptations
se font généralement
naturellement. Les rations sont supérieures
aux habitudes, répondent à
un appétit accru, ce qui équilibre
les dépenses.
Parfois, on observe au contraire une
perte d’appétit, en rapport
avec un surentraînement, ce
qui limite la consommation de glucides
et génère un cercle
vicieux. L’alternative sera
alors de fractionner les prises, par
des collations glucidiques (gâteaux
de riz, de semoule, pain…).
BESOINS EN
PROTEINES
En général, un régime
alimentaire équilibré
contenant au moins deux rations protéinées
suffit pour satisfaire les besoins
de la régénération
des fibres musculaires. Cette précaution
devient essentielle lors d’un
stage d’entraînement bi
quotidien.
L’entraînement intensif
demande d’augmenter sensiblement
les apports, de les fractionner, avec
l’introduction dés le
petit déjeuner de jambon ou
d’un œuf dur par exemple.
Aucune complémentation ne
s’est montrée efficace,
même en acides aminés
ramifiés, par rapport aux rations
animales courantes, qui contribuent
par ailleurs à renforcer le
statut minéral (Fer, Sélénium).
AUGMENTER
L’APPORT EN VITAMINES ET MINERAUX
Les besoins en vitamines et minéraux
sont augmentés. Ces oligoéléments
agissent comme des co-facteurs de
nombreuses réactions chimiques
de l’organisme, dont dépend
entre autre, le stockage et l’utilisation
de l’énergie, le bon
fonctionnement de la commande motrice
des muscles à l’origine
de l’impulsivité, la
contraction musculaire…
Le recours à des aliments
enrichis en oligoéléments
(déjà évoqué)
contribue à satisfaire les
besoins, conjointement à d’autres
adaptations plus spécifiques
:
Les eaux hyper minéralisées
(bicarbonatées) en récupération
ont une efficacité démontrée
sur la restauration du statut minéral
de l’organisme, pour compenser
les pertes dues à l’activité
sportive intensive.
Les entraînements fractionnés
sont particulièrement éprouvants
sur l’équilibre acido-basique
et la fabrication de peroxydes toxiques.
Ils nécessitent de développer
les défenses anti oxydantes,
par une ration de légumes (crus
ou cuits), de fruits frais, et une
viande (Sélénium) lors
du repas suivant.
Ces quelques adaptations alimentaires
suffisent pour stimuler le potentiel
anti oxydant. A l’inverse, le
recours à une supplémentation
en Sélénium, Vitamine
ACE est déconseillé,
car il conduit paradoxalement à
un effet pro oxydatif que l’on
cherche à combattre.
Le calcium participe à la
contraction musculaire et à
la solidité du squelette. 4
produits laitiers quotidiens deviennent
indispensables pour couvrir les besoins
calciques lors d’un stage.
Les vitamines du groupe B, peuvent
facilement trouver un complément
d’apport sous forme de levures
biologiques.
MODIFIER
L’HYDRATATION
L’hydratation joue un rôle
essentiel pour aider l’organisme
à supporter les contraintes
d’un entraînement intensif,
et permettre ainsi d’exploiter
le potentiel de performance. On ne
le répètera jamais assez,
c’est aussi l’hydratation
qui représente l’une
des meilleures prévention des
blessures sportives.
Le niveau d’hydratation requis
est souvent sous estimé par
les sportifs. A l’entraînement,
les pertes hydriques peuvent atteindre
plusieurs litres sur des séances
longues ou difficiles, sous climat
chaud (cyclisme, course à pied…).
En dehors des situations d’effort,
l’hydratation dans la vie de
tous les jours reste souvent négligée,
le sportif considérant à
tord qu’il a assez bu à
l’entraînement.
La boisson de récupération
est également un facteur important
de performance, qui conditionnera
d’une part l’efficacité
de l’entraînement achevé,
mais conditionnera aussi la qualité
de l’entraînement suivant.
D’autre part, l’hydratation
est un élément indispensable
à la restauration des stocks
glycogéniques. L’eau
permet en effet la fixation du glycogène
hépatique et musculaire. Un
état de déshydratation,
même relative, est ainsi un
facteur de non reconstruction énergétique.
Il est difficile de proposer un protocole
hydrique commun pour tous, car l’intérêt
est justement de le personnaliser
en fonction du niveau d’activité,
et des particularités individuelles.
Quelques recommandations
pratiques :
- Au lever : un grand verre d’eau
minérale, avant même
de vous mettre à table pour
le petit déjeuner. Ceci va
permettre de relancer la diurèse
de bon matin, et corriger l’état
hydrique après une nuit souvent
desséchante. Ceci d’autant
plus que la consommation d’eau
n’est pas habituellement au
menu du petit déjeuner.
- Petit déjeuner : bien s’hydrater,
avec diverses boissons (lait, jus
de fruit, thé, café…).
- Déjeuner et Dîner :
Commencer chaque repas par un verre
d’eau. Cette précaution
gênera moins la digestion que
les boissons prises pendant le repas,
qui sont souvent vécues comme
un poids sur l’estomac. Ceci
permet également d’assurer
un bon statut hydrique pour une meilleure
absorption des nutriments.
- Entre les repas : avoir toujours
une bouteille d’eau «
sous la main », pour que boire
devienne un réflexe.
Il convient de privilégier
les eaux minérales, pétillantes
ou non, selon les appétences
de chacun.
AUTRES CONSEILS
OUBLIES
Sur le plan nutritionnel le bon déroulement
d’un stage dépend aussi
de sa préparation en amont.
Il est donc conseillé de planifier
la semaine précédente
un régime adapté de
surcompensation glucidique, un plan
hydrique, et déjà des
choix alimentaires enrichis en minéraux
: abat (pour l’apport en Fer),
légumes secs, pain et féculents
complet. C’est aussi un bon
test de tolérance digestive
de ces aliments s’ils sont inhabituels.
FICHES PRATIQUES
La participation à un stage
d’entraînement impose
de respecter les Apports Nutritionnels
Conseillés spécifiques
à la charge de travail, qui
reposent en partie sur les recommandations
suivantes :
- Petit déjeuner énergétique,
avec pain élaboré, céréales,
un œuf ou jambon, beurre, confiture
ou compote, produit laitier, un fruit
frais.
- 1 crudité chaque jour, assaisonnement
par huile d’olive, colza, noix.
- Une part de féculents associée
à une ration protéinée
(viande, poisson, œufs, jambon)
midi et soir.
- Une part de légumes sur au
moins l’un des deux repas.
- 3 poissons (au moins) dans la semaine.
- Un produit laitier à chaque
repas (4/j).
- 4 fruits par jour (au moins).
- Hydratation 2 litres par jour en
dehors de l’effort.
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