| L'analogie
ne se limite pas aux comportements,
mais se retrouve également
dans les réseaux de trafiquants
et les sources d'approvisionnements.
Dans la lutte contre le dopage, le
médecin du sport bien formé
doit tenir la place qui lui revient
malheureusement trop souvent occupée
par des soigneurs, des "bricoleurs
de dopage", suivant l'expression
de J-P. Escande, demeurer indépendant
des directeurs d'équipes, ce
qui devrait lui procurer un contrat
obligatoirement visé par l'Ordre
qui pourrait au passage s'assurer
de sa compétence en médecine
du sport.
La loi du 23/03/99,
malgré le mérite indiscutable
d'insister notamment sur la prévention
et la formation spécifique
des médecins du sport, présente
une disposition contestable sur le
plan déontologique car elle
est une menace pour le secret médical
et risque d'altérer le rapport
de confiance qui doit s'installer
entre le médecin et le sportif
: l'obligation d'alerte médicale.
Ce point risque de rendre la loi inapplicable
car cette obligation ne sera pas appliquée
dans la plupart des cas.
Quant aux toxicomanies dont la frontière
est étroite avec le dopage,
elles demeurent une préoccupation
constante en raison de l'augmentation
des polytoxicomanies et de l'apparition
chaque jour de drogues nouvelles toujours
plus nocives, en raison également
des dérives, que nous avons
déjà signalées,
de l'utilisation et surtout des prescriptions
irresponsables de Subutex à
l'origine d'un traffic qui va à
l'encontre de la vocation du produit.
Que dire également du "triple
associé" (Subutex, Rohypnol,
Tranxène) conduite "thérapeutique"
qui relève à l'évidence
de l'article 40 du code de Déontologie
: "le médecin doit s'interdire
dans les investigations et les interventions
qu'il pratique, comme dans les thérapeutiques
qu'il prescrit, de faire courir au
patient un risque injustifié".
Devant les ravages que nous constatons
chaque jour, de grâce cessons
de parler de drogues dites "douces"
et résistons à la tentation
de la libération des amalgames.
Le 1er juillet 1999, les carnets
à souche auront vécu
et seront remplacés par des
ordonnances séurisées.
Il nous sera dès lors impossible
de vérifier l'importance des
prescriptions des produits stupéfiants
et leurs destinées, de vérifier
les connaissances des prescripteurs
et leur formation dans le domaine
des conduites addictives, leur appartenance
à un réseau ... Le Conseil
d'Etat, par une décision rendue
le 25 juin 1997, reconnaissait en
effet au Conseil Départemental
un droit de regard et de contrôle
lors de la délivrance de carnets
à souches.
Qui dorénavant effectuera
ce nécessaire contrôle
et les dérives actuelles ne
risquent-elles pas de s'aggraver?
Qu'il s'agisse en définitive
de dopage ou de toxicomanie, ce bulletin
devrait permettre de répondre
aux trois questions évoquées
par Kant :
- mieux savoir où en sont
ces problèmes ?
- connaître d'avantage leur
rôle, leurs responsabilités,
notamment dans le cadre de la prévention
- espérer par leur action éclairée
contribuer à aider ceux qui
risquent de céder aux tentations
de produits illicites.
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