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| Histoire
du Dopage |
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Le
Docteur Michel DUCLOUX est Président
de l'Ordre des Médecins
et Ancien Président
de la Société du
Nord de Médecine du Sport |
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«
Là, se juge la vitesse
des jambes et la hardiesse endurante
de la force. Puis le vainqueur,
toute sa vie, savoure le miel
de la félicité.
» PINDARE – 1ère
Olympique.
Aussi loin qu’il soit possible
de remonter dans l’histoire
du sport de compétition
en général, et des
jeux olympiques en particulier,
l’on s’aperçoit
très vite que ceux qui
évoquent avec nostalgie
l’âge d’or,
se trompent.
Les cités grecques
rivales qui, trouvant
là l’occasion de
démontrer leur supériorité,
n’hésitaient pas
à honorer somptueusement
leurs champions, dont l’ambition,
contrairement à la légende,
n’était pas la seule
couronne de lauriers. ASTYLOS
de CROTONE, le CARL LEWIS de l’époque,
devait remporter les médailles
aux Jeux de 488 avant JESUS-CHRIST.
SYRACUSE, ville autrement riche
et puissante que la modeste CROTONNE,
engagea alors à prix d’or
ASTYLOS dans son équipe,
où il fit merveille aux
Jeux suivants.
Dès l’origine, encouragés
par l’espoir d’une
promotion sociale,
de gains fabuleux,
les concurrents n’hésitaient
pas à tricher
pour obtenir la victoire, allant
selon PLUTARQUE, comme le roi
sportif MITHRIDATE, jusqu'à
empoisonner un rival qui avait
eu l’impudence de le battre
dans une compétition.
La viande
de chèvre, utilisée
pour bondir plus haut !
A OLYMPIE se trouvent toujours,
peu avant l’accès
au stade, les bases des Zanes,
statues de ZEUS, érigées
avec le montant des amendes
infligées à
ceux qui avaient contrevenu au
règlement olympique. Les
six premiers Zanes étaient
le fruit de l’amende payée
par le thessalien EUPALOS, convaincu
d’avoir corrompu ses adversaires
au pugilat en 388 avant J.-C.
aux 98èmes Olympiades. |
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Auteur(s)
: |
Michel
Ducloux |
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De
tous temps les sportifs ont essayé
d’améliorer leurs performances
autrement que par l’entraînement
régulier, le travail physique
acharné.
Les premiers à utiliser des moyens
pharmacologiques furent sans
doute les grecs, dont
les rations de viande de taureau étaient
décuplées quelques jours
avant les épreuves olympiques.
La viande de chèvre était
utilisée par les sauteurs avec
l’espoir de bondir plus haut !
Au XIVème siècle on retrouve
chez les Incas l’utilisation
du coca, dont ils marchaient
les feuilles pour la sensation de fatigue
et de faim.
A doses plus élevées ce
végétal, qui contient
un alcaloïde, cocaïne, procurait
une sensation d’euphorie en stimulant
l’appareil neuromusculaire.
Lorsque les jeux Olympiques furent relancés
en 1896, l’on assista en même
temps à la renaissance des tricheries,
diverses, mais également à
l’avènement de l’utilisation
progressive des stimulants. La
strychnine fut sans doute l’une
des premières drogues utilisées
pour améliorer les performances.
T.J. HICKS, qui obtint la médaille
d’or du marathon en 1904 (après
la disqualification de Fred LORZ, qui
avait fait une partie du trajet en auto-stop
!), avait comme dopant le cognac
associé à de petites doses
de strychnine. Bien que ses
conseillers médicaux n’aient
pas fait mystère de ce détail,
HICKS n’en fut pas moins sacré
champion olympique.
Les enjeux idéologiques
et financiers se sont depuis
accrus de façon considérable,
en même temps que se développaient
les moyens médicaux susceptibles
d’accroître artificiellement
et passagèrement les possibilités
physiques des athlètes, mais
en même temps de nuire à
leur santé. |
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Le danger, autant
moral que physique, qu’est
le dopage, est devenu un fléau
dangereux, non seulement pour
les athlètes de haut niveau,
mais et surtout un danger pour les jeunes
tentés de suivre l’exemple
de leurs idoles.
L’histoire du
dopage est malheureusement jalonnée
de morts célèbres,
mais combien d’autres inconnus
ont fait les frais du dopage.
C’est à la suite de la
mort du Danois KNUT JENSEN, lors de
l’épreuve cycliste sur
des jeux olympiques de Rome
en 1960, que le comité
olympique décida d’instaurer
un contrôle antidopage.
Guerre sournoise
entre les médecins et chercheurs
Dès lors commença une
guerre sournoise entre les médecins
et chercheurs qui mettaient an point
de nouveaux tests antidopage,
tandis que d’autres s’efforçaient
de mettre au point de nouvelles substances
non détectables. Malgré
tout, pendant le tour de France 1967
Tom SIMPSON devait payer de sa vie lors
de l’étape du Mont VENTOUX,
sans doute un excès d’amphétamines.
Les anabolisants
fort prisés par les athlètes
lourds (lanceurs, haltérophilies)
aidaient également d’autres
athlètes (nageurs, sprinteurs).
Le marché des anabolisants constitue
une source de rapport considérable
et les place en tête du trafic
des dopants (420 millions de N.F. pour
une seule filière entre Mexique
et U.S.A. en 1987). Les anabolisants
furent à l ‘origine,
lors des jeux de SEOUL en 1988
du plus grand scandale des jeux olympiques.
Chacun se souvient de Ben
JOHNSON abattant le 100 mètres
en 9 secondes 79, comme de l’image
quelques jours plus tard du champion
déchu.
« La drogue a transformé
la médaille de JOHNSON en monnaie
» devait titrer le Baltimore Sun.
Au-delà du délit individuel,
des nations n’hésitent
pas à créer de véritables
laboratoires où sont créés,
cultivés des champions parfois
éphémères, à
l’avenir physique et moral compromis.
Nous avons l’impression de rêver
à la vision de nageuses
androïdes, boursouflées
d’hormones, de gymnastes
adolescentes dont la croissance
est freinée artificiellement
pour leur garder agilité et souplesse.
Quel sera leur avenir de femmes ? Que
devient l’épanouissement
par le sport ? Quel exemple pour les
jeunes ?
L’honneur d’une
nation ne peut dépendre de victoires
acquises au prix de la santé
d’athlètes sacrifiés. |
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