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Madame Marie-George BUFFET, Ministre
de la Jeunesse et des Sports a voulu,
dès son arrivée au Ministère,
non seulement combattre le dopage,
mais également mettre en place
un vaste dispositif de protection
de la santé du sportif rentrant
dans le cadre d’une véritable
action de santé publique. La
loi adoptée définitivement
par le législateur le 23 mars
1999, intitulée : Loi relative
à la protection de la santé
des sportifs et à la lutte
contre le dopage » certes à
ce jour isole la France mais honore
ceux qui ont le courage de la mettre
en chantier.
Il ne peut pas y avoir de véritable
lutte contre le dopage sans une bonne
évaluation des facteurs de
risques. Il ne peut pas y avoir de
résultats concrets sans la
mise en place d’une véritable
politique pédagogique de prévention.
Le dispositif de prévention
est en place grâce à
la collaboration du Ministère
de la Jeunesse et des Sports et du
Comité National Olympique et
Sportif Français, à
travers la création d’une
agence de prévention sportive
et la mise en place progressive des
agences régionales de Lutte
contre le Dopage.
La Direction Régionale de
la Jeunesse et des Sports, l’Institut
Régional de Biologie et de
Médecine du Sport, le Comité
Régional Olympique et Sportif,
l’ensemble des médecins
du sport de la région Nord/Pas-de-Calais
s’associent en liaison avec
les collectivités territoriales
Conseil Régional Nord/Pas-de-Calais,
Conseil Général du Nord,
Conseil Général du Pas-de-Calais,
pour mettre en place un véritable
réseau de prévention
sportive et Lutte contre le Dopage.
Nous remercions tout particulièrement
Monsieur Michel DUCLOUX, Président
Départemental de l’Ordre
des Médecins, pour l’aide
efficace et précieuse qu’il
nous apporte à la mise en place
de cette campagne de prévention.
LES POINTS
FORTS ET LES POINTS FAIBLES DE LA
LOI
Les points positifs :
- maintien du certificat médical
de non contre indication à
la pratique du sport préalable
à toute délivrance de
licence
- mise en place d’un suivi longitudinal
au sportifs de haut niveau avec la
création d’un livret
médico-sportif
- renforcement du dispositif de formation
spécifique des médecins
du sport
- création du conseil de prévention
et de lutte contre le dopage indépendant
et à pouvoir étendu
- renforcement des conditions de contrôle
centrées sur le rôle
des médecins du sport assermentés
- officialisation d’une collaboration
étroite entre médecins,
agents Jeunesse et Sports, agents
des Douanes, Répression des
Fraudes, Police …
- tout sportif licencié ou
non peut être désormais
contrôlé
- renforcement des sanctions pénales
:
- opposition aux contrôles :
6 mois de prison, 50.000 F D’amende
- prescription de produits ou fourniture
: 5 ans de prison, 500.000 F d’amende
- si bande organisée ou faits
sur mineur : 7 ans de prison, 1.000.000
d’amende
· les points négatifs
:
- l’obligation d’alerte
médicale : explication :
La loi intitulée « Pour
la Protection de la santé des
sportifs et la Lutte contre le Dopage
» précise dans son titre
1) de la surveillance médicale
des sportifs
article 7 :
tout médecin qui est amené
à déceler des signes
évoquant une pratique de dopage
- est tenu de refuser la délivrance
d’un des certificats médicaux
définis aux articles 5 et 6
(certificat médical obligatoire
préalable à la pratique
du sport en compétition)
- informe son patient des risques
qu’il court et lui propose soit
de le diriger vers l’une des
antennes médicales mentionnées
à l’article 2) (antenne
régionale de suivi médical)
soit, en liaison avec celle-ci et
en fonction des nécessités,
de lui prescrire des examens, un traitement
ou un suivi médical
- transmet obligatoirement au médecin
responsable de l’antenne médicale
mentionnée à l’article
2) les constatations qu’il a
faites et informe son patient de cette
obligation de transmission, cette
transmission étant couverte
par le secret médical
article 8 :
la méconnaissance par le médecin
de l’obligation de transmission
prévue à l’article
7 ou des prohibitions mentionnées
à l’article 19 (prescriptions
de substances ou procédés
interdits) est passive de sanctions
disciplinaires devant les instances
compétentes de l’Ordre
des Médecins. »
Cet article de Loi, voulu initialement
par la commission interministérielle
créé pour la mise en
place de la Loi, semble soulever de
nombreux problèmes.
Le Professeur Jean LANGLOIS, président
national de l’Ordre des Médecins
précise que l’Ordre est
favorable au signalement dans le cas
où un sportif viendrait consulter
un médecin pour obtenir un
certificat médical ou lors
d’un examen de suivi. En revanche,
il est fermement opposé dans
le cas où le sportif viendrait
consulter son médecin pour
un problème de santé
ou même simplement pour un Conseil
Médical. En effet , le Professeur
LANGLOIS déclare : «
on ne peut pas demander à un
médecin de soigner et de signaler,
cela est totalement déraisonnable
».
Le législateur, en particulier
le député Alain NERY,
rapporteur du texte précise
que l’obligation de signalement
s’applique dans le cadre des
visites médicales, mais également
lors de toute consultation, dont les
soins et le conseil.
Cette condition d’alerte sera
ou non appliquée en fonction
de l’interprétation que
chacun en fera. S’il paraît
logique que tout médecin qui
est amené à déceler
des signes évoquant une pratique
de dopage refuse la délivrance
d’un certificat médical
en considérant que son sportif
est en danger, il peut être
également normal de penser
qu’un conseil de suivi lui soit
proposé. Dans ce cas, la rédaction
d’une lettre de liaison pour
le médecin responsable du suivi
semble être logique dans le
cadre des règles habituelles
de déontologie. Reste au sportif
d’accepter ou de refuser le
suivi spécifique.
La condition d’alerte lors
d’une consultation pour une
pathologie induite ou non par le sport
semble être beaucoup plus difficile
à accepter. Certes, la collaboration
du sportif peut être acquise
et dans ce cas, le suivi pourra être
institué. Dans le cas contraire,
les médecins du sport peuvent
avoir des craintes qu’un sportif
blessé et dopé s’éloigne
d’eux afin d’éviter
de tomber sous le coup de la loi.
La porte serait donc entrouverte vers
un suivi médical parallèle
ou la place du charlatan sera prédominante.
Nous obtiendrons alors le résultat
contraire à ce qu’à
voulu le législateur, avec
un renforcement du rôle des
soigneurs non médecins.
Cette loi de la protection de la
santé des sportifs et de la
lutte contre le dopage a le mérite
d’exister. Il serait dommage
que cet article de loi qui soulève
des polémiques puisse rendre
celle-ci caduque comme le précise
le Professeur Jean LANGLOIS, président
National de l’Ordre des Médecins,
qui déclare : « cette
loi passera à la trappe comme
les précédentes ».
Il est indispensable que les décrets
d’application, les directives
et ordonnances en tout genre qui accompagnent
la loi puissent être élaborés
à partir d’une concertation
nationale, régionale et départementale
entre toutes les parties concernées
afin que cette loi puisse montrer
au reste du monde que la France a
pris en main ce problème de
santé publique avec tout le
sérieux nécessaire vu
la part de la situation actuelle.
- Définition du dopage
:
* Utilisation de substances et procédés
de nature à modifier artificiellement
la capacité ou à
masquer l’emploi de substances
ou de procédés ayant
cette propriété
* de recourir à ceux de ces
substances ou procédés
dont l’utilisation est soumise
à des conditions restrictives
lorsque ces conditions ne sont pas
remplies
* les substances et procédés
sont déterminés par
un arrêté conjoint du
Ministère chargé des
Sports et du Ministre chargé
de la Santé
-
la liste actuelle
* substances interdites : stimulants,
anabolisants, narcotiques, diurétique,
hormones peptidiques et glycoprotéiniques
et analogues
* méthodes interdites : dopage
sanguin, manipulation pharmacologique
chimique ou physique
* substances soumises à certaines
restrictions : Alcool, marijuana,
anesthésiques locaux, corticostéroides,
bêta-bloquants.
- problèmes actuels
* utilisation de la créatine.
Définition : la créatine
est un oligopeptide à 3 acides
aminés (méthionine,
arginine,
glycine). Combinée au phosphate
sous forme de phosphocréatine
elle représente une source
énergétique anaérobie
disponible immédiatement sous
le muscle.
Aspects légaux : ce produit
n’a pas d’existence légale
en France. Ce n’est ni un médicament
ni un complément nutritionnel.
Il n’existe aucune indication
médicale à ce produit
qui ne peut donc être prescrit
par un médecin. La Direction
Générale de la Concurrence,
de la Consommation et de la Répression
des Fraudes (DGCCRF) nous a informé
qu’aucune autorisation d’emploi
de la créatine, en France,
n’a été accordée
et qu’il est de ce fait interdit
de mettre en vente ou de vendre des
aliments ou des compléments
alimentaires contenant cette substance.
Aspects sanitaires : les doses actuellement
proposées aux sportifs de 20
à 25 g/jour représentent
un équivalent de consommation
de 4 à 5 kgs de viande rouge.
Les effets à long terme sont
inconnus. D’autre part, une
possible origine animale de certaines
créatines disponibles sur le
marché, n’autorise pas
à exclure totalement un risque
de contamination par le prion de l’ESB
(encephalopathie spongiforme bovine).
Un principe de précaution élémentaire
doit donc inciter quiconque à
ne pas en conseiller l’usage.
* le cannabis, dopant ou
non ?
le Cannabis est une substance psycho-active
induisant une modification de l’humeur
et
peut donc de ce point de vue être
considéré comme dopant.
La présence de ce produit au
sein de la liste interdite s’explique
du fait de ses propriétés
modifiant la performance
DU MAUVAIS
USAGE DU MEDICAMENT
Le milieu sportif considère
souvent les médicaments comme
des produits miracles, souvent détournés
de leurs indications thérapeutiques,
utilisé dans de nombreuses
circonstances. Cela a conduit à
des abus de prescription, mais également
et surtout à la mise en place
d’un véritable réseau
structuré de trafiquants commercialisant
à la fois des vrais produits
détournés de leurs circuits
habituels et des copies fabriquées
dans les laboratoires clandestins,
en France ou à l’étranger
et des « leurs » dont
les effets peuvent être encore
plus dangereux.
LES ALTERNATIVES
AU DOPAGE
Il ne suffit pas de dénoncer
les dangers du recours au dopage,
il faut proposer des solutions qui
permettent aux sportifs et à
leur entourage de réaliser
leur sport préféré
sans avoir recours au dopage.
DU BON USAGE
DE L’ENTRAINEMENT
L’alternative passe également
par l’amélioration des
capacités physiques, psychologiques,
techniques et tactiques. Cela passe
par un entraînement de qualité,
le respect d’une préparation
physique généralisée,
l’intégration de temps
de récupération et la
prise en charge d’un calendrier
sportif compatible avec les normes
physiologiques habituelles.
Cela passe également par une
surveillance particulière de
l’enfant sportif et en particulier
par le contrôle des conditions
de jeu en catégorie supérieure.
La sécurité du bon usage
de ces pratiques passe par un encadrement
de qualité, diplômé,
régulièrement réévalué.
AGENCE DE
PREVENTION SPORTIVE ET LUTTE CONTRE
LE DOPAGE
Le Ministère de la Jeunesse
et des Sports et le Comité
National Olympique et Sportif français
ont réalisé une mallette
de prévention sportive intitulée
« Pour un Sport Net ».
Cette mallette développe l’histoire
du sport dans la société
et nous permet une meilleure connaissance
de la problématique du dopage.
Elle contient :
· une bande vidéo de
10 minutes, intitulée «
le piège »
· un CD Rom diaporama pour
la Lutte contre le Dopage
· une Cassette Audio réalisée
par France Culture
· un livret d’information
« Pour un Sport Net »
· un éventail type «
Incollables » pour l’information
des jeunes
· un pin’s spécifique
s’accompagnant d’une Charte
de Lutte contre le Dopage
· pour les médecins,
un livret écrit par le Professeur
Jean-Louis GALLIEN : Le Dopage en
Questions.
Cette mallette est disponible sur
simple demande auprès de la
Direction Régionale de la Jeunesse
et des Sports de Lille ou auprès
de l’IRBMS Nord/Pas-de-Calais.
ECOUTE DOPAGE
Création d’un numéro
vert : 0800 15 2000
Ce numéro vert national gratuit
et anonyme est ouvert du lundi au
vendredi de 8 H 00 à 12 H 00
et de 14 H 00 à 20 H 00.
DOPAGE ET
FORMATION MEDICALE
La cellule régionale de lutte
contre le dopage est à la disposition
de tous les médecins désirant
organiser rencontres ou EPU ayant
pour thème : le Dopage. Pour
tout renseignement, s’adresser
directement à l’IRBMS
Nord/Pas-de-Calais (coordonnées).
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