| Malgré
tous les efforts de tous les acteurs,
réunis au sein des différentes
structures créées et
mises en place dont les antennes régionales
de lutte contre le dopage, il semble
que le résultat ne fut pas
à la hauteur des espérances.
Il est vrai que de nombreux professionnels
ont découvert le dopage à
cette époque !!!
La question récurrente qui
se pose est celle de savoir si les
chimistes et autres tricheurs du sport
n’ont pas toujours un train
d’avance sur le législateur.
Pour remettre de l’ordre et
renforcer la lutte contre le dopage,
une nouvelle loi votée au Parlement,
celle du 5 avril 2006.
La loi 2006/405 du 5 avril 2006 codifiés
dans le livre 2 (titre 3) du Code
du Sport, donne la définition
suivante en son article L232-9 du
dopage :
Utilisation de substances
ou de procédés de nature
à modifier artificiellement
les capacités d’un sportif
ou à masquer l’emploi
de substances ou procédés
ayant cette propriété.
Cette définition renvoie
comme les autres définitions
à une liste de substances très
détaillée qui est régulièrement
publié au Journal Officiel
de la République Française.
Toutefois, pour que cette lutte soit
renforcée, indépendante
et efficace, l’Agence Française
de Lutte contre le Dopage (A.F.L.D.)
a été créée.
Entre-temps, les autorités
mondiales du sport, sensibles à
ce fléau, avec des objectifs
quelquefois convergents voir de temps
à autres divergents avec ceux
de la France, ont créé
l’Agence Mondiale Antidopage
(A.M.A.).
La réalisation à Paris
d’une conférence multidisciplinaire
des différents acteurs de la
lutte contre le dopage a semble-t-il
entériné pour les cyclistes
la création d’un passeport
biologique qui aura comme vertu première
la traçabilité des éléments
biologiques.
En effet, en dehors de toute traçabilité,
il n’y a pas de salut dans la
lutte contre le dopage puisque des
anomalies ponctuelles peuvent être
masquées, voire incompréhensibles
tant le corps humain peut naturellement
être biologiquement inconstant.
C’est l’usage de produits
ou substances interdites qui peut
au long cours provoquer des modifications
biologiques dont la traçabilité
sera retrouvée sur le passeport
créé à cet effet.
Mais la vérité est autre.
(Lire la Lettre
du Docteur Armand MEGRET).
Si l’on peut regretter une nouvelle
fois le cyclisme est montré
du doigt, faisant craindre que ce
sont les seuls sportifs à utiliser
ou à abuser de produits interdits,
l’on peut se féliciter
que la traçabilité a
été acceptée
comme système de prévention
et de répression. Il faut reconnaître
que depuis plus de 10 ans, le professeur
Gerard Dine milite pour mettre en
place ce protocole.
Alors, avancée
exceptionnelle ou coup d’épée
dans l’eau médiatique
?
Il ne faut pas oublier que le dopage
est l’affaire de tous, et de
tous les sports. Nous pouvons donc
légitimement espérer
que l’expérience faite
dans le cyclisme pourra être
déclinée dans d’autres
sports, ouverte un certain nombre
de sportifs de haut niveau préparant
des objectifs suffisamment importants
comme les jeux olympiques ou les championnats
du monde pour bénéficier
d’un tel passeport. Encore faut-il
que le résultat soit à
la hauteur des coûts entraînés
par la mise en place de ce dispositif.
Avons-nous oublié les médecins
d’équipe ? Pensons-nous
encore aux moyens à remettre
dans les circuits de suivi médico-sportif
?
Remettre le médecin au centre
du dispositif de la lutte contre le
dopage est une initiative que l’ensemble
des médecins du sport ne peut
qu’approuver car il ne faut
pas oublier que la meilleure des alternatives
au dopage est la mise en place d’un
très large suivi médico-sportif
obligatoire et pluridisciplinaire,
prenant en compte les particularités
de chaque sport ou de chaque pratique.
La lutte contre le dopage passe par
des actions de prévention,
l’explication des dangers du
dopage fait partie de cette initiative
pédagogique.
Le dopage est l’affaire de
toute la médecine du sport
et des médecins, car on a l’impression
actuellement qu’il ne concerne
qu’une petite partie de scientifiques
intéressés.
Il ne faut pas oublier par ailleurs
la promotion des bonnes conditions
d’entraînement, la réalisation
de bonnes pratiques sportives, associant
diététique, récupération,
soutien psychologique, étirements,
échauffement, etc..
Le sport de haut niveau, par ses
contraintes physiologiques, médiatiques,
financières et politique qu’il
apporte, est de toutes les façons
un sport à haut risque.
Du doping
au dopage
Le terme anglo-saxon de « doping
» peut se rapprocher plus facilement
de « Dope ».
En 1963, la définition était
la suivante : Le doping est considéré
comme l’utilisation de substances
ou de tous moyens destinés
à augmenter artificiellement
le rendement, en vue ou à l’occasion
de la compétition, et qui peut
porter préjudice à l’éthique
sportive et à l’intégrité
physique de l’athlète.
Puis une nouvelle définition
fut adoptée quelques mois plus
tard à Strasbourg : le doping
est l’administration à
un sujet sain, ou l’utilisation
par lui-même, ou par quelque
moyen que ce soit, d’une substance
étrangère à l’organisme,
de substances physiologiques en quantité
ou par voies anormales, et ce, dans
le seul but d’augmenter artificiellement
et de façon déloyale
la performance du sujet à l’occasion
de sa participation à une compétition.
Certains procédés physiologiques
créés afin d’augmenter
la performance du sujet peuvent être
considérés comme du
doping.
Enfin, dans l’un de ses ouvrages,
Jean-Paul Rapp apporte sa propre définition
comme suit : le doping est l’utilisation
de tout procédé destiné
à augmenter le rendement d’un
individu et susceptible de nuire à
sa santé. Et pour les sportifs,
bien sûr, tout procédé
contraire à l’éthique
du sport. Ainsi, le doping sportif
est l’utilisation de tout procédé
déloyal destiné à
augmenter le rendement des athlètes
et susceptible de nuire à leur
santé.
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