Les effets
recherchés par les sportifs
et les cyclistes en particulier reposent
sur le principe même de ce cocktail,
basé sur un mélange
de drogues, d'amphétamines
et d'antalgiques, provoquant
un effet euphorisant, faisant disparaître
la fatigue, et permettant
sans jeu de mots à ces sportifs
de retrouver un vrai coup de pédale.
Les effets pervers sont liés
à l'ensemble des substances
et à la composition du pot
qui peut varier. Toutefois, le pot
belge présenté dans
une fiole est administré par
injection. Douleurs sous les points
d'injection, infections locales font
partie des petits inconvénients.
On retrouve également de violents
maux de tête dans les suites
immédiates de l'injection (d’où
le nom de « pot des fous »).
Les effets
secondaires sont eux directement
liés à la présence
de différents produits mais
le danger le plus réel est
le risque de dépendance et
de toxicomanie.
Le pot belge dépasse largement
les limites du dopage et fait entrer
le milieu sportif dans le trafic de
l'usage des drogues. Son prix dépend
des circonstances ; il varie entre
50 et 500 euros.
On peut citer Willy Voet qui déclare
: « la dope ne sert
pas exclusivement à s'imposer
; elle peut aussi aider à ne
pas craquer ».
Dépistage
L'ensemble des produits composant
le pot belge sont facilement détectés
dans les urines par la présence
entre autres d'amphétamines
et de cocaïne. Il s'agit donc
surtout d’un pot utilisé
lorsque les coureurs sont à
l'abri de tout contrôle, ce
qui devient très rare à
notre époque.
Législation
La liste
des produits interdits, publiée
par l'Agence Mondiale Antidopage (A.M.A.)
et par l'agence française de
lutte contre le dopage, ainsi que
l’Union Cycliste Internationale
(U.C.I.), reprend la quasi-totalité
des substances présentes dans
le pot belge. Son utilisation expose
donc à un contrôle positif.
Le cas particulier de la caféine
qui ne fait plus partie des substances
des méthodes interdites par
l’AMA reste toutefois une substance
soumise à un seuil de tolérance
par l’U.C.I.
Apport scientifique
Le “
Pot Belge ” : Compositions,
contextes et finalités d'usage.
Patrick Mura et Yves Papet
: Laboratoire de Biochimie
et Toxicologie, CHU - BP 577 - 86021
POITIERS Cedex Pierre
Marquet et Gérard Lachâtre
: Service de Pharmacologie
et Toxicologie, CHU Dupuytren, 2,
avenue Martin Luther-King - 87042
LIMOGES. Claude Goubault :
Service d'Explorations fonctionnelles,
Physiologie respiratoire et de l'Exercice,
CHU - BP 577 - 86021 POITIERS Cedex.
http://www.ata-journal.org/index.php?option=article&access=doi&doi=10.1051/ata/2002022
Cet article rapporte le bilan de deux
années d'analyses de produits
de saisies consécutives à
la découverte du “pot
belge”, un produit dopant largement
utilisé dans le monde sportif,
et en particulier dans le milieu du
cyclisme. Cette pratique, qui existe
depuis le début des années
1980, consiste à s'injecter
en intramusculaire 0,5 ml de “pot
belge”, avant, puis pendant
la compétition. Les analyses
ont été réalisées
par chromatographic gazeuse couplée
à la spectrométrie de
masse, par chromatographic liquide
haute performance avec détection
à barrette de diodes et par
chromatographic liquide couplée
à la spectrométrie de
masse. Cinq types différents
de “pot belge” ont ainsi
pu être identifiés. La
caractéristique commune consistait
en une très forte concentration
d'amphétamine (14 à
52 mg/ml). Selon les échantillons,
elle était associée
à tout ou partie des substances
suivantes : héroïne (12,5
µg/ml), cocaïne (2,3 à
9 µg/ml), éthanol, acide
acétylsalicylique, carbasalate
calcique, phénacétine,
éthenzamide, butanamides et
caféine. Les auteurs rapportent
les circonstances dans lesquelles
les sportifs peuvent être amenés
à utiliser ce moyen de dopage,
ainsi que les risques engendrés
par une telle pratique compte tenu
des concentrations observées
pour chacun de ces produits.
Conclusion
Le pot belge a fait rentrer le monde
du sport dans le milieu de la toxicomanie.
S'en procurer ou le revendre, c'est
un trafic qui rentre dans le cadre
des affaires de stupéfiants.
La prise régulière du
pot belge peut entraîner une
dépendance et une addiction
transformant le sportif en toxicomane.
Quel
que soit le nom donné à
ce type de cocktail, sa composition
en fait une bombe à retardement,
hautement néfaste pour la santé.
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