•
l’interrogatoire
Il reste précis, sur
les antécédents familiaux
et personnels de l’enfant. On
s’aide du carnet de santé,
et de la présence des parents.
On retiendra la plainte douloureuse,
son type, la date d’apparition,
ses fréquences et les facteurs
qui influencent celle-ci.
• l’examen clinique
L’axe rachidien est
examiné, couché et debout.
• étude de la
statique du rachis
Celle-ci se fait avec un
fil à plomb, debout, l’enfant
dénudé. En position
verticale, on mesure les symétries
et asymétries, les gibbosités,
les inégalités de courbure,
la bascule du bassin, les cyphoses
et lordoses.
L’examen peut se faire sur un
podoscope afin de vérifier
également les axes des membres
inférieurs.
• étude de la
mobilité du rachis
La mobilité fonctionnelle
du rachis est étudiée
selon les mêmes critères
que chez l’adulte. Les mobilités
antérieures et postérieures,
en rotation et en flexion, sont mesurées.
On examine également l’intensité
de la gibbosité par flexion
antérieure.
On peut sensibiliser l’examen
par la même étude en
position assise.
• palpation
On recherche des contractures
paravertébrales, un point douloureux,
une douleur exquise plus localisée
ou une douleur projetée, et
on vérifie également
toute anomalie de la peau.
• examen clinique général
Il est fondamental avec une
prise en compte toute particulière
des antécédents et des
facteurs asoociés. On recherche
des troubles neurologiques, d’autres
anomalies viscérales cutanées,
les troubles de la croissance autres
sont à intégrer dans
l’examen, ou les antécédents
type Osgood, Sever, etc…
• bilan radiologique
Ce bilan de démarrage
peut nous suffire en demandant un
rachis total de face et de profil,
debout pieds nus pour examen de la
statique. On en profitera pour demander
un test de Risser.
En fonction de ce bilan, on pourra
s’aider de radiographies segmentaires
complémentaires, d’un
scanner ou d’un IRM.
En cas de visualisation d’une
tuméfaction anormale, une échographie
sera réalisée.
La scintigraphie osseuse peut être
utile et fait preuve d’un grand
intérêt chez l’enfant
sportif pour le dépistage de
lyse unilatérale récente.
Le diagnostic
des rachialgies de l’enfant
Chez l’enfant sportif, on retiendra
essentiellement dans un premier temps
toutes les pathologies liées
au surentraînement.
• les maladies de croissance
Il s’agit essentiellement
de la Maladie de Sheuerman, touchant
l’axe rachidien dans son ensemble,
mais souvent localisé au niveau
du rachis dorsal avec une hypercyphose,
et un niveau du rachis lombaire avec
une hyperlordose.
• les scolioses et
déformations de l’axe
rachidien
Ces scolioses ou cyphoses idiopathiques
ou non sont à évaluer.
Elles peuvent provoquer des douleurs,
mais sont souvent asymptomatiques.
• les tumeurs
Ne jamais oublier qu’un enfant
sportif est également avant
tout un enfant. Les tumeurs malignes
ou bénignes peuvent être
présentes et occasionner une
plainte douloureuse.
Ne pas oublier que chez l’enfant,
le sarcome d’Ewing n’est
confirmé que par l’histologie.
Il existe par ailleurs un certain
nombre d’autres possibilités
tumorales qui peuvent être aussi
variées que les kystes, les
angiomes, etc…
• les anomalies de
charnière
Chez l’enfant sportif, ce sont
les plus fréquemment retenues.
Le diagnostic est essentiellement
radiologique réalisé
sur des clichés de débrouillage,
mais également sur des clichés
segmentaires. Il s’agit des
spondilolyses avec spondilolysthésis
dont le diagnostic est facile, le
grade conditionne également
le traitement.
Les lyses isthmiques bilatérales
sont faciles à diagnostiquer,
les lyses isthmiques unilatérales
sont plus isolées et difficiles.
On s’aidera de l’IRM et
de la scintigraphie osseuse.
Le traitement variera en fonction
de la gravité du glissement,
de la répercussion fonctionnelle
et de l’intensité sportive,
ainsi que du stade de maturation osseuse.
• les causes non vertébrales
On recherchera des déficits
musculaires, des asymétries
musculaires, des contractures ou des
déchirures musculaires, liées
aux gestes sportifs.
Les autres origines sont rares et
d’exploration complexe.
• les causes nerveuses
Les tumeurs bénignes du système
nerveux peuvent provoquer des lombalgies
sans irradiation particulière.
Les différents diagnostics
seront évoqués par le
scanner ou l’IRM.
• diagnostic différentiel
Ne pas oublier qu’un enfant
sportif peut également présenter
des indices et des signes de surentraînement
psychologique, qui conduisent à
des douleurs fonctionnelles dont l’axe
rachidien sera prioritairement exprimé.
Un soutien psychologique dans ce cas
sera indispensable.
Les traitements
préconisés
Ils dépendent bien évidemment
des étiologies. La plupart
du temps, le sport sera adapté
en terme de pratique ou en terme de
technique.
Le volume horaire sera également
adapté dans sa durée,
en fonction des pathologies retrouvées.
Une kinésithérapie
est souvent conseillée. La
pratique complémentaire de
la natation nage sur le dos reste
une très bonne indication.
Le prise en charge médicamenteuse
est rare et souvent déconseillée.
Masquer une douleur peut entraîner
une aggravation de la symptomatologie
mécanique.
Le corset peut être proposé
en plus d’une pratique sportive
adaptée.
Conclusion
Dans la majorité des cas, l’enfant
sportif qui présente une rachialgie
nécessite une prise en charge
médicale adaptée et
bénigne. Les véritables
enjeux sont soit une contre-indication
à la pratique sportive chez
les enfants non motivés ou
à l’inverse une réduction
des pratiques chez un enfant trop
motivé.
Les parents ou l’entourage
jouent un grand rôle dans ce
type de demande. En tout état
de cause, on ne peut pas se permettre
de se priver d’un bilan radiologique
initial afin d’évoquer
un diagnostic précis. Une surveillance
attentive est nécessaire. Une
liaison avec l’entraîneur
ou le professeur d’Education
Physique et Sportive est souhaitable
voire indispensable.
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