| On peut retenir
parmi ces maladies de croissance une
maladie plus particulière qui
touche le rachis dorsal, appelée
« Maladie de Scheuermann ».
Celle-ci, à l’évidence,
nécessite une attention toute
particulière.
Il ne faut pas confondre maladie
de croissance et ostéochondrite
de croissance qui, à l’évidence,
évolue vers des pathologies
pouvant être beaucoup plus destructrices
pour l’articulation. Ces ostéochondrites
de croissance sont en fait des véritables
contre-indications à la pratique
du sport en loisir et en compétition.
Les troubles
de la statique rachidienne
On distingue plusieurs troubles de
statique rachidienne dont la scoliose
et la cypholordose.
La scoliose est représentée
par une déviation latérale
à ne toutefois pas confondre
avec une attitude scoliotique qui
est plutôt due à un trouble
du maintien. Cette scoliose ou cette
attitude scoliotique peuvent s’accompagner
d’une bascule du bassin, c'est-à-dire
une inégalité des membres
inférieurs, qui peut être
compensée dès lors que
l’on atteint, selon les médecins,
entre 5 et 10 mm.
La cyphose et la lordose sont des
déviations des courbures pouvant
être, tout au moins pour la
lordose, aggravées par la pratique
du sport.
Le médecin se doit de surveiller
ces déviations vertébrales,
qui peuvent apparaître dès
l’âge de 8 ans ; le plus
souvent, une scoliose mineure, une
attitude scoliotique, une cyphose
ou une hyperlordose ne contre-indiquent
en aucun cas la pratique du sport
à l’école, voire
en compétition.
Les troubles de la statique rachidienne
nécessitent une surveillance
annuelle ou biannuelle en période
pubertaire.
Toutefois, quelques scolioses graves
nécessitant une prise en charge
par le port d’un corset méritent
une adaptation certaine de pratique
sportive. Il reste néanmoins
que la pratique de la natation reste
pour la plupart du temps autorisée.
Mais d’autres sports peuvent
être pratiqués sous surveillance
médicale.
Les problèmes
de poids
Aborder les problèmes de poids
n’est pas forcément synonyme
de parler d’obésité.
Nous avons à l’inverse
un certain nombre d’adolescents
ou adolescentes qui, anorexiques,
ne veulent pas montrer lors de la
pratique sportive leur corps.
La pratique d’une activité
sportive est le meilleur traitement
contre le surpoids, puisque cela permet
de réguler une alimentation
et d’entretenir une certaine
forme de tonification musculaire avec
le plaisir d’une activité
physique et sportive.
L’obésité, ou
à l’inverse la maigreur,
ne sont donc pas des contre-indications
à retenir. Toutefois, lorsque
des problèmes psychologiques
sont sous-jacents, il se peut que
l’on soit obligé de prendre
en compte une certaine forme de pratique
afin d’aider l’enfant
ou l’adolescent. La règle
générale consiste à
promouvoir l’activité
physique ou le sport dans un esprit
de convivialité.
Bougez, c’est la santé®.
Tout le monde le comprend, mais beaucoup
de parents demandent à ce que
ça ne se passe pas dans le
cadre du sport à l’école.
C’est une grave erreur, mais
c’est vrai que les structures
ne sont pas toujours adaptées
à recevoir ce type d’enfants
ou d’adolescents.
Le médecin surveillera l’indice
de masse corporelle, avec une échelle
spéciale enfants et adolescents
afin de surveiller l’évolution
de l’obésité ou
de la maigreur.
On doit encourager en tout état
de cause la pratique de la natation,
du vélo, de la marche rapide,
voire même certaines activités
de type fitness comme le cardio-training
ou le renforcement musculaire. L’endurance
en général est bonne
pour la santé.
Bien entendu, en complément
de la pratique sportive, une prise
en charge nutritionnelle reste indispensable.
Les douleurs
de genou
Les statistiques rectorales sont à
priori toutes d’accord pour
préciser que les contre-indications
à la pratique du sport à
l’école les plus fréquentes
correspondent aux gonalgies des jeunes
filles, qui se plaignent de douleurs
surtout lors de la pratique de l’endurance.
Ces douleurs correspondent en fait
à une morphologie particulière
de la jeune fille, qui a tendance
à avoir des rotules qui se
décentrent par rapport aux
garçons qui ont plutôt
des rotules qui se recentrent.
Les rotules moins bien centrées
glissent donc ver l’extérieur
en enflammant le cartilage et en provoquant
une douleur. C’est pour cela
que lorsqu’on n’est pas
habitué à pratiquer
un sport, ces douleurs dont directement
mises en relation avec la pratique
du sport, et l’enfant ou l’adolescente
demande de ne plus pratiquer ce sport.
En définitive, il s’agit
d’une grande erreur, puisque
améliorer la force musculaire,
travailler l’endurance, travailler
la coordination des muscles du quadriceps
permet de mieux centrer la rotule
et d’éviter les douleurs
futures.
Le médecin doit remplir son
rôle éducateur et s’efforcer
de ne pas proposer de certificat contre-indiquant
le sport à l’école.
Il doit au contraire faire comprendre
qu’une pratique sportive progressive
avec course à pied en ligne,
palmage en piscine, voire vélo
dans certaines conditions, est un
bon traitement pour ces douleurs de
rotule.
Il suffit d’éviter quelques
exercices simples comme la marche
en canard, les efforts d’accroupissement
ou se mettre à genou.
Le diagnostic de ces syndromes fémoro-patellaires
est relativement facile ; le médecin
peut s’aider d’examens
radiologiques, voire de la réalisation
d’un scanner avec étude
des pentes rotuliennes.
Le port de genouillères peut
solutionner ce problème et
aider à la pratique du sport.
Les contre-indications
cardiaques
Il est souvent détecté,
lors d’un examen de médecine
scolaire ou de médecine sportive,
l’apparition d’un souffle.
Souvent, ce souffle est anodin, et
correspond à une simple désadaptation
provisoire due souvent à des
turbulences dans les vaisseaux cardiaques,
en rapport à une mauvaise adaptation
de la taille des vaissaux par rapport
aux cavités cardiaques pendant
la croissance.
Ces souffles dits anorganiques ou
non pathologiques, sont très
facilement différenciés
des autres souffles cardiaques qui
méritent bien entendu un traitement
beaucoup plus spécifique avec
l’aide d’un spécialiste.
Quand le souffle est bénin
ou anodin, il n’y a aucune raison
de contre-indiquer le sport à
l’école ni d’ailleurs
en compétition.
On peut se rassurer en réalisant
un bilan cardiaque complet et une
échographie cardiaque qui permettra
de voir non seulement le bon fonctionnement
du cœur mais également
la taille des cavités cardiaques.
Cet examen permettra de rassurer totalement
les parents et les enfants. Il est
d’ailleurs obligatoire lorsque
l’enfant entre en filière
de pratique sportive de haut niveau.
Diabète
et sport
Un diabète bien équilibré
ne contre-indique en aucun cas la
pratique du sport loisir ou compétition.
Bien entendu, une alimentation adaptée
sera proposée, ainsi qu’une
surveillance attentive de l’équilibre
de ce diabète et de la régulation
du traitement.
Les enfants diabétiques semblent
pratiquer eux-mêmes l’auto
surveillance avant et après
l’effort. L’enfant connaît
également le problème
de la pratique sportive puisqu’il
sait que sa glycémie va diminuer
par la consommation d’énergie
pendant l’effort.
Il n’existe donc pas de contre-indication
particulière pour les diabétiques
équilibrés. On rappellera
simplement qu’un enfant sportif
diabétique peut pratiquer toutes
les compétitions même
celles de très haut niveau.
De simples précautions de surveillance
sont à prendre, avec une éducation
alimentaire particulière. Dans
le cadre d’une pratique sportive
de compétition, il sera toutefois
nécessaire de consulter un
médecin du sport pour se mettre
en conformité par rapport à
la loi dopage.
L’asthme
et le sport
Il est difficile de détecter
les équivalents de l’asthme
chez l’enfant. Il sera même
statistiquement prouvé qu’il
y a beaucoup d’enfants asthmatiques
qui s’ignorent. Dans la majorité
des cas, l’asthme n’est
pas une contre-indication à
la pratique du sport à l’école
ou en compétition. Bien au
contraire, le sport est conseillé,
sauf dans le cas très rare
d’asthme d’effort.
On peut toutefois constater l’apparition
de crises d’asthme lorsque la
pratique sportive est réalisée
dans certaines conditions atmosphériques.
Il s’agit d’efforts intenses,
lorsque l’air est trop sec,
ou lors de situations de pollution
atmosphérique particulière.
En tout état de cause, il
est possible de prendre médicalement
en charge cet asthme pour permettre
une pratique sportive. On sait toutefois
que la plupart des traitements pour
l’asthme fait partie des produits
dopants interdits. Dans ces conditions,
le spécialiste doit réaliser
ce qu’on appelle un A.U.T (autorisation
d’utilisation thérapeutique)
simplifié pour permettre à
l’enfant de pratiquer le sport
en compétition.
On conseille à tous les enfants
sportifs de garder sur lui ou dans
son sac de sport le médicament
à prendre en inhalation en
cas de crise. Bien entendu, l’entourage
ou le professeur de gymnastique doit
être averti de cette possibilité.
L’échauffement doit
être plus long, progressif,
et discontinu, en continuant par le
nez, pour réchauffer et humidifier
l’air respiré.
Croissance
et sport
La question la plus souvent posée
est celle du décalage ou de
la limitation de la croissance dans
la pratique sportive. A ce jour, aucune
étude scientifique n’a
prouvé que le sport, même
pratiqué à haut volume
n’a une répercussion
sur la taille future de votre enfant.
Toutefois, il a été
prouvé que dans certaines conditions
de pratique, la croissance pouvait
être décalée de
plusieurs mois voire de plusieurs
années. Il s’agit donc
d’enfants qui auront une taille
adulte normale mais qui possèdent
par rapport aux autres enfants un
retard de l’âge osseux.
Le problème posé est
également celui de la puberté.
Est-ce que la pratique sportive modifie
l’apparition de la puberté
? On peut s’interroger sur cette
question et rester très vigilant.
Enfin, chez la fille, il est certain
qu’un haut volume de pratique
modifie l’apparition des règles
et peut provoquer des aménorrhées
pouvant conduire à des incidents
gravissimes non seulement sur l’équilibre
hormonal, sur les futures grossesses
mais également sur la solidité
du squelette.
Les sports d’endurance sont
les plus exposés à ce
phénomène de troubles
hormonaux.
Le sport possède beaucoup
de vertus mais l’excès
est toujours nuisible.
Les autres
contre-indications
Un enfant souvent enrhumé ou
ayant à répétition
des problèmes O.R.L. peut éventuellement
être contraint de temps à
autre à ne pas pratiquer de
sport. Globalement, ces phénomènes
infectieux répétitifs
ne sont pas des contre-indications
à la pratique du sport loisir
ou compétition ; mais le sport
peut à haute dose diminuer
les défenses immunitaires de
l’organisme.
Les problèmes de vision représentent
des conditions de pratique pouvant
être adaptées avec lunettes,
lentilles de contact, intervention
correctrice, mais il n’existe
pas fondamentalement de contre-indication
réelle. Seuls certains sports
nécessitent une attention particulière.
Les eczémas peuvent être
également une gêne à
la pratique sportive. Un cas particulier
peut être représenté
par l’excès de transpiration.
Dans ce cas effectivement, un traitement
spécifique devra être
donné, une évaluation
sera faite au cas par cas.
Les enfants présentant un
handicap ne doivent pas être
privés de pratique sportive,
loisir ou compétition. Il faut
pouvoir les intégrer dans le
groupe, et adapter des propositions
de pratique à leur handicap.
La pratique sportive chez la jeune
fille peut être adaptée
en raison de problèmes gynécologiques
ou de règles douloureuses.
Un spécialiste doit toujours
être consulté.
Conclusion
La pratique d’activités
physiques loisir ou sportive est utile
au développement physiologique
et psychologique de l’enfant.
Il est donc nécessaire de respecter
les différentes étapes
de la croissance, sans imposer à
l’enfant un sport compétitif
trop précoce et nocif pour
la santé.
Le sport à l’école
reste pour la plupart de nos enfants
une activité autorisée
qui souffre malheureusement de trop
nombreux certificats de contre-indication
de bienveillance.
Bougez, c’est la santé®,
faire du sport à l’école,
c’est participer avec les autres
à l’éveil de son
corps, et la meilleure façon
d’être bien dans sa tête,
c’est également d’être
bien dans son corps.
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