L’Anémie de la Sportive
 
Il est fréquent de rencontrer lors d’un bilan biologique systématique ou en raison d’une fatigue anormale chez une sportive, quel que soit son niveau de pratique ou d’entraînement un déficit en fer nécessitant une supplémentation en dehors d’une alimentation normale.
 
Définition de l’anémie

Il existe plusieurs types d’anémie. Il s’agit d’une maladie par déficit en globules rouges ou hémoglobine dans le sang, provoquant un transport d’oxygène vers les muscles insuffisant.
L’anémie la plus répandue est l’anémie par manque de fer, appelée « anémie ferriprive ».

Taux normaux et anormaux

• Hématies < 4 ml/kg/mm3
• Baisse de l’hématocrite ? Hématocrite 37%
• Hémoglobine bas 12g/100 ml
• Ferritine sérique basse ( 0,10 rg/ml)

Les sports concernés

La carence en fer ou anémie de la sportive est d’autant plus souvent retrouvée que le sport nécessite une dépense énergétique importante et que les disciplines se pratiquent selon des filières aérobie longue durée, longue distance.
 
 
  Références de l'article
  Auteur(s) : Dr P. Bacquaert
Dr Patrick Bacquaert,
Médecin du Sport, à Lille,
Médecin Chef de l'IRBMS
  Publié le : 01.10.08
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Il existe toutefois des déficits en fer quel que soit le sport rencontré, au-delà d’un volume d’entraînement lié à des facteurs étiologiques autres.

La fatigue et la pâleur doivent alerter aussi ; devant une fatigue anormale, un déficit de récupération,une perte de rentabilité sportive ou scolaire, un bilan biologique doit être systématiquement demandé.

Les causes des anémies chez la sportive

Les règles : Le déficit en fer est fréquent chez les jeunes femmes, lié essentiellement aux pertes de fer dues aux hémorragies menstruelles. Il s’agit d’une perte normale de 25 à 30 ml de sang, ce qui équivaut à des pertes en fer d’environ 15 mg/mois pour des règles normales.

Toute anomalie de la durée et de l’intensité des règles aggravera ce déficit.

A noter toutefois que le sport d’endurance associé à des volumes d’entraînement importants à pour effet de provoquer des aménorrhées en contradiction totale avec ce qui vient d’être écrit.

Hémorragie digestive : Les sports d’endurance type course à pied, jogging sur terrain dur, pratique de marathon ou de raid-nature et les autres sports, peuvent provoquer des hémorragies digestives à bas bruits non visibles par simple augmentation du ballonnement abdomino-pelvien dû aux gestes sportifs. Cela est dû au choc entre organes et au ballottement des intestins, provoquant également des petites ischémies transitoires du tube digestif.

D’autre part, l’utilisation peut-être abusive d’anti-inflam-matoires non stéroïdiens ou d’aspirine chez les sportives augmente ces risques d’hémorragies non visibles.

Il existe par contre des rectoragies gênantes et visibles lors de la pratique des sports d’endurance, qui occasionnent certes des gênes importantes avec diminution des performances mais également pertes de sang supplémentaires.

La pratique d’un sport d’endurance par chaleur et en état de déshydratation augmente la probabilité de l’apparition d’hémorragies digestives.

Hémolyse de l’exercice : On peur retenir lors d’efforts d’endurance des hémoglobinuries et présence d’hémoglobine sérique libre provoquant une carence en fer.

La transpiration et sudation : Toute pratique sportive augmente la température du corps et par là même provoque une augmentation de la transpiration. La sueur contient du fer. Ces pertes viennent s’ajouter aux autres pertes en fer déjà décrites.

 
 

Conduites à tenir

Toute fatigue, toute pâleur, tout état physique ou psychique anormal doit conduire à la réalisation d’un bilan biologique.

S’il y a carence, celle-ci doit être contrôlée par une supplémentation en fer associant éventuellement une supplémentation alimentaire, des oligoéléments et des vitamines type vitamine C. Un schéma de modification d’alimentation doit être envisagé avec une consommation des aliments riches en fer, type viande de bœuf.

Les facteurs de risques doivent être contrôlés, avec des examens gynécologiques, digestifs, pouvant conduire à une adaptation thérapeutique, en surveillant la législation antidopage avec la demande éventuelle d’une A.U.T.

Cette supplémentation médicamenteuse en fer ne doit pas être systématique et permanente. Si nécessaire, il faut consulter son médecin qui pourra prescrire un traitement adapté à base de fer. Un nouveau bilan biologique s’impose après prise en charge de cette anémie de la sportive.





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  Blessures et plaies : Dans certains sports de combat ou sport-nature, la sportive peut se blesser et saigner abondamment. Ceci viendra augmenter les pertes en fer.

La mauvaise alimentation : Les faibles apports alimen- taires sont généralement liés à un régime mal-adapté ou à une alimentation mal conduite.
Le fait de faire un régime « Yo-Yo » aggrave ce déficit. Certains sports « à poids » imposent à la femme sportive de faire un régime draconien qui aura pour effet de diminuer fortement les apports en fer alimentaires.

La plupart des sportives comme peut-être beaucoup de pratiquantes ont une consommation en viande inférieure à la normale, alors que cet aliment est riche en fer. Par ailleurs, la consommation de certains aliments et boissons peuvent inhiber la fixation de fer : il s’agit du thé, du café, et du pain complet.

Poussées de croissance :
Lors d’une croissance particu-lièrement rapide sur un temps court avec difficulté de l’organisme de maintenir le taux de fer.

Conclusion

Un examen biologique systématique pourrait révéler beaucoup plus d’anémie ferritine chez les sportives que l’on est à même de prendre en charge. Toutefois, une surveillance des facteurs de risques associée à une bonne alimentation reste la meilleure prévention.


 
     
 
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