Anorexie – Aménorrhée
– Amaigrissement
Anorexie : Le comportement
anorexique commence par une diminution
ou une perte de la sensation de faim,
évoluant secondairement vers
un refus volontaire de s’alimenter.
Cette perte de sensation de faim peut
être déniée par
la patiente, ou reconnue.
Aménorrhées
: L’aménorrhée
se définit comme une absence
d’au moins 3 cycles sexuels.
Elle est consécutive à
la restriction alimentaire, aussi
bien quantitative que qualitative.
Amaigrissement :
La perte pondérale est secondaire
à la restriction des apports
caloriques. Cet amaigrissement est
souvent important et impressionnant,
pouvant atteindre 50% du poids corporel
pour l’âge.
Il est souvent banalisé par
la patiente, et parfois dissimulé.
Le regard des autres et l’attention
de l’entourage entretiennent
la perte de poids.
Le recours aux laxatifs ou diurétiques
est fréquent et ne fait que
l’aggraver.
Signes psychologiques
:
On observe une attitude incohérente
vis-à-vis de la nourriture,
caractérisée par une
restriction alimentaire sévère
associée à des attitudes
actives de désordre alimentaire
:
Ces attitudes actives de désordre
alimentaire se manifestent par une
restriction exagérée
et volontaire des repas, une sélection
des aliments, le recours aux vomissements
ou prises de laxatifs…
Le trouble de l’image corporelle
s’exprime par une préoccupation
excessive vis-à-vis du poids
et de la nourriture.
Dysmorphophobie :
La dysmorphophobie témoigne
d’une altération de la
perception de l’image corporelle.
La peur permanente de grossir, même
si l’apparence est déjà
très maigre, est à l’origine
de régimes hypocaloriques sévères,
répondant à un idéal
de minceur. L’anorexique reste
toujours insatisfaite de son image
corporelle, se trouve toujours trop
grosse.
Ce comportement se manifeste par des
contrôles biométriques
fréquents, des pesées
successives notamment post prandiales,
ou chaque prise alimentaire.
Anosognosie :
L’anorexique nie les faits,
et se complait dans sa maigreur, s’en
réjouit, donnant à son
entourage l’impression d’une
certaine assurance et maîtrise
de soi, associée à une
indifférence vis-à-vis
de sa santé.
Hyperactivité :
L’anorexique est plutôt
hyperactive, avec participation à
des activités physiques, ce
qui contraste avec son état
de maigreur extrême. La fatigue
est généralement déniée.
Affectivité bloquée
:
La vie sexuelle est souvent inexistante,
les contacts sociaux pauvres, avec
une faible extériorisation
en société.
Le comportement de l’anorexique
s’inscrit dans une routine,
évitant tout facteur de stress,
tout conflit, fuyant les problèmes.
Surinvestissement intellectuel
:
Le surinvestissement intellectuel
rejoint l’hyperactivité.
Il se manifeste par un engouement
dans les tâches scolaires ou
universitaires, mais la créativité
reste bloquée.
Signes somatiques
de carence
- Signes cutanés et phanères:
blancheur de la peau, perte de cheveux,
ongles cassants, hypertrichose et
lunago (duvet cutané).
- Déminéralisation osseuse
exposant au risque de fracture.
- Troubles de dentition, déminéralisation,
dents déchaussées et
chute de dents.
- Troubles cardiovasculaires : Bradycardie,
hypotension, hypo volémie,
peau violacée, moite, oedème
de carence autour des articulations
(chevilles)
- Yeux enfoncés dans les orbites
- Fonte musculaire
- Hypothermie
Signes de gravité
:
- Forme masculine est plus rare mais
plus grave
- Existence d’épisodes
associés de boulimie
- Forme pré pubertaire expose
à un retard de croissance important
et souvent irréversible
- Forme de l’adulte présente
un risque d’évolution
vers la chronicité
- Dénie du trouble est un facteur
aggravant
Signes de gravité
imposant l’hospitalisation :
- IMC
< 14
- Amaigrissement rapide et important
- Epuisement physique de la patiente
- Trouble de la conscience et de la
vigilance
- Pression artérielle PAS<80mmHg,
PAD<50mmHg
- Bradycardie <50Btt/min
- Température corporelle <35.5°
- Biologie sanguine : Leucocytes <1500/mm3,
Neutrophiles < 1000/mm3, Plaquettes
< 50 000/mm3
Hypokaliémie < 3mmol/l (malgré
apport per os de K+), Natrémie
< 125mmol/l ou >150mmol/l, Hypophosphorémie
; Créatinémie
>100?mol/l, Urée >15mmol/l
; Taux de Prothrombine <50%
; Elévation des Transaminases.
- ECG : anomalies électrocardiographiques
- Effort physique intense
- Diarrhée
- Maladie infectieuse, péricardite…
- Prise de psychotrope
(*Steinhausen 1997, Apa 2000).
Complications :
Cardiovasculaires :
Hypotension artérielle –
Bradycardie – Tachycardie –
Acrocyanose – Adaptation à
l’effort altérée.
ECG : Micro voltage de l’onde
P - Axe dévié vers la
droite - Onde T aplatie ou inversée
- PR allongé ou raccourci -
Hémi bloc droit – ESV
- Pause sinusale - Flutter auriculaire.
Echographie : Prolapsus valvulaire
- Epanchement péricardique
- Prolapsus tricuspide - Diminution
de la masse ventriculaire.
Osseuses et dentaires :
Déminéralisation osseuse
– Fracture - Déminéralisation
de l’émail dentaire -
Hypertrophie parotidienne.
Digestives :
Oesophagite – Achalasie - Dilatation
de l’estomac – Médiastinite
- Diarrhées aigues - Syndrome
de l’artère mésentérique
supérieure - Mélanose
colique - Constipation sévère
- Elévation des transaminases
- Insuffisance hépatocellulaire
- Pancréatite
Pulmonaires :
Pleurésie - Pneumo médiastin
Rénales :
Insuffisance rénale fonctionnelle
– Néphrolytiase - Néphropathie
tubulo-interstitielle avec acidose
tubulaire - Diabète insipide
Urologiques :
Pollakiurie - Incontinence urinaire
- Infections urinaires
Hématologiques :
Leucopénie – Thrombopénie
- Anémie normocytaire - Pancytopénie
avec hypoplasie médullaire
- Hyperagrégabilité
plaquettaire - Schizocytose des globules
rouges
Hydro électrolytiques
:
Hypokaliémie – Hyponatrémie
– Hypoglycémie –
Hypophosphorémie - Alcalose
hypochlorémique,
Evolution
:
L’anorexie reste une maladie
mortelle avec 8% de décès,
survenant par complications métaboliques,
trouble du rythme ou arrêt cardiovasculaire.
La guérison de la triade clinique
s’observe dans la majorité
des cas (60%), mais la guérison
des troubles psychologiques est moins
constante (30% des cas). Les rechutes
restent fréquentes (50%).
Le pronostic clinique et évolutif
dépend de la rapidité
du diagnostic et de la prise en charge.
Tests cliniques
:
Le test EAT40 (ou sa version simplifiée)
est validé pour dépister
les troubles du comportement anorexique.
Traitement
:
La prise en charge doit être
pluridisciplinaire, psychologique
ou psychiatrique, diététique,
et médicale.
L’instauration du traitement
débute souvent par une hospitalisation
pour instaurer un isolement. Cet éloignement
agit comme une « cassure »,
et va permettre d’éliminer
le cercle vicieux et les facteurs
de survenue d’ordre familial.
La réalimentation sera progressive,
en accord avec la patiente.
La correction des désordres
métaboliques justifiera un
traitement médical, pouvant
parfois tenir de la réanimation
selon l’état de santé
de la patiente.
Une thérapie familiale peut
ensuite s’envisager pour établir
la base de nouveaux rapports.
Rôle
d’une activité physique
dans la prise en charge :
La restructuration du corps passe
par une prise de conscience de l’utilité
de « réutiliser »
son corps.
La socialisation que représente
la pratique d’une activité
physique en groupe est bénéfique.
Le réflexe alimentaire que
cela doit représenter va dans
le sens de la thérapie enfin
la tonification des muscles agonistes
et antagonistes renforce la fonctionnalité
et permet une remise en route des
régulateurs du métabolisme.
Il faut également signaler
que l’activité physique
renforcera la fixation
du calcium afin de lutter contre
l’ostéopénie induite
par la longue période d’anorexie.
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