Bronco-pneumopathie chronique obstructive
(BPCO)
 
La BPCO (anciennement bronchite chronique) est une maladie respiratoire des poumons et des bronches due à une inflammation chronique, essentiellement liée au tabac.
 
C’est une maladie grave qui touche 3,5 millions de Français, soit 6 à 8% de la population adulte avec les signes cliniques suivants :

- Encombrement chronique des voies aériennes
avec la présence une toux qui ramène des crachats.
- Essoufflement progressif à l’effort puis au repos
dès que l’obstruction s’aggrave par diminution du diamètre
des bronches.
- Dyspnée invalidante permanente
- Toux fréquente productrice et grasse


Définition : La BPCO est une maladie respiratoire chronique et lentement progressive caractérisée par une diminution non réversible des débits respiratoires malgré l’arrêt du tabac et une bonne prise en charge.


Le principal responsable de cette pathologie :


Le tabagisme (15% des fumeurs développeront une BPCO) qui banalise la toux du fumeur qui lui-même est peu actif. L’âge, l’inactivité, le surplus de travail l’augmentation du nombre de cigarettes/jour sont autant d’alibis pour «excuser» cette toux et cette difficulté de bouger.

C’est l’une des causes du diagnostic tardif de la BPCO qui touche les adultes après 45 ans hommes mais aussi femmes qui habitent en ville et pratiquent peu d’activités physiques.
Le diagnostic précoce permet de recommander l’arrêt du tabac qui aura pour effet de diminuer fortement les effets néfastes de la BPCO.
Il est donc recommandé de créer des circuit de dépistage des facteurs de risque incluant l’étude de la spiromètre réalisé en étroite collaboration avec le corps médical en dehors de toute évaluation d’un niveau de forme qui ne dépistera pas une BPCO débutante.
Mais aussi en association la pollution atmosphérique ou domestique due aux voitures, aux émissions de fumées produites par les usines mais aussi par les solvants, gaz toxiques, ciments, poussières de silice, insecticides, engrais… au travail.
Et si expositions croisées tabac et pollution évolution dramatique.

Les symptômes
• la toux ,
• la dyspnée,
• les crachats
• la diminution progressive de la capacité
physique et de la forme.

Le diagnostic
Les stades évolutifs : de léger... à très sévère.

Léger
Les crachats et la toux sont présents mais le souffle est encore normal. C’est le stade débutant de la broncho-pneumopathie chronique obstructive. Pas de répercussion sur la qualité de vie

Inquiétant
Le malade crache, tousse et la dyspnée s’installe progressivement à l’effort sans trop de répercussion sur l’activité quotidienne puis le malade se rend compte de son handicap respiratoire. Limitation de la qualité de vie

Préoccupant à sévère
La dyspnée gagne même pour des efforts minimes. On parle de broncho-pneumopathie chronique obstructive sévère, responsable d’un handicap respiratoire et d’un début de désocialisation. Dégradation de la qualité de vie

Très sévère
De la maladie est l’insuffisance respiratoire sévère avec mise en place de l’oxygénothérapie de longue durée (OLD) Altération de la qualité de vie .

Les tests de dépistage

• La mesure du souffle avec la réalisation
d’une spiromètrie.
• Débit-mètre ou peak flow.
• Capacité vitale et courbe débit volume et VEMS.
• Epreuves fonctionnelles respiratoires au repos.
• EFR à l’effort.
• VO2 max couplée à un ECG d’effort.
• La radiologie et l’imagerie médicale dont scanner.
• Mesure des gaz du sang.
• Fibroscopie bronchique.

Prise en charge

La BPCO nécessite une prise en charge aussi bien médicamenteuse que comportementale et physique avec l’arrêt du tabac. Ce sevrage tabagique est un des éléments de la prise en charge mais il reste le principal.

Tabac info service : composez le : 3989

Le saviez-vous : l’important est aussi
de modifier son hygiène de vie


•Reprise de la pratique d’une activité physique régulière, adaptée et sécurisée, afin de réentraîner ses performances physiques (cardio-pulmonaires et musculaires).

•Contrôle du surpoids car il gêne les mouvements respiratoires et complique la mobilité indispensable pour combattre la maladie.

•En cas de crachats abondants, la pratique quotidienne du drainage bronchique avec une kinési respiratoire permet de s’en débarrasser pour limiter la dyspnée, mieux se déplacer, améliorer la socialisation, prévenir les surinfections.


Les traitements médicamenteux

But : diminuer les symptômes de la maladie :
• Les bronchodilatateurs
• Les antibiotiques
• Les bêta2 agonistes
• Les anti inflammatoires
• Corticothérapie
• Etc.
• Les vaccins

La kinésithérapie respiratoire

Drainage, Ventilation, Respiration et relaxation.


 
Bronchite chronique et tabac
 
  Références de l'article
  Auteur(s) : Dr P. Bacquaert
Dr Patrick Bacquaert,
Médecin du Sport, à Lille,
Médecin Chef de l'IRBMS
  Publié le : 28.03.11
  Lecture : Tout Public
  Lire aussi
  + Sport et tabac.
  + Arrêt du Tabac...
Manger autrement !
 
 
 
 
 
 
Pour en savoir plus :
 
+ GSK : BPCO, examens expliqués.
+ AstraZeneca : Ce qu'il faut savoir sur la BPCO.
+ Capital souffle :
Qu'est-ce que la BPCO ?
+ FFAAIR : Fédération française des associations et amicales des malades, insuffisants ou handicapés respiratoires.
+ Association BPCO
+ Boehringer Ingelheim : Chronic obstructive pulmonary disease (COPD).

Document de la Haute autorité
de santé HAS
:
+ Prise en charge de la BPCO

Sites Internet sur la BPCO
+ www.bpco-asso.com
+ www.lesouffle.org

Recommandation :

+ www.splf.org
+ www.irbms.com

VQ11 questionnaire recommandé lors du 15° congrès de pneumo-logie à Lille 2011 par le Docteur Thierry Perez (CHRU de Lille).

• Mesure : qualité de vie liée à
la santé spécifique à la Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO), 1 score total
et 3 scores (fonctionnel, psychologique et relationnel)
• Validation : Ninot et al. (2010)
• Type : auto-questionnaire
en 11 items et Likert
• Public : personne souffrant
d’une BPCO.
• Utilisation : suivi individuel
et comparaison de groupes
• Passation : 5 minutes

1. Je souffre de mon
essoufflement
2. Je me fais du souci pour
mon état respiratoire
3. Je me sens incompris(e)
par mon entourage
4. Mon état respiratoire
m’empêche de me déplacer
comme je le voudrais
5. Je suis somnolent(e)
dans la journée
6. Je me sens incapable
de réaliser mes projets
7. Je me fatigue rapidement dans
les activités de la vie quotidienne
8. Physiquement, je suis insa-tisfait(e) de ce que je peux faire
9. Ma maladie respiratoire perturbe
ma vie sociale
10. Je me sens triste
11. Mon état respiratoire limite
ma vie affective

VQ11 : www.lab-epsylon.fr

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La réhabilitation à l’effort ou réentraînement à l’effort

La réhabilitation cardio respiratoire est un élément majeur de la prise en charge de la BPCO.
Limiter ses efforts en raison d’un essoufflement n’est pas une bonne attitude il faut au contraire continuer à faire des efforts pour entretenir ses capacités respiratoires.

Les contres indications
• Angor instable, troubles du rythme, infarctus récent.
• Rétrécissement aortique serré.
• Insuffisance cardiaque instable et HTA mal contrôlée.
• Péricardite, myocardite, endocardite.
• Maladie thromboembolique évolutive.
• Troubles du rythme non contrôlé,
etc.

Le médecin doit donner une autorisation de pratique aux APA

Objectifs

• Diminution de la dyspnée.
Sevrage tabagique.
• Augmentation de la capacité physique.
• Rétablir un bien être physique et mental par une resocialisation et l’amélioration de la qualité de vie.

Une grande partie du travail musculaire est dédiée pour la respiration qui devient en elle-même un véritable travail musculaire mobilisant ainsi le peu d’oxygène disponible en raison de l’insuffisance respiratoire et la dyspnée. La réhabilitation réalisée par un professionnel de la santé va avoir pour but de mobiliser cet oxygène pour l’effort et « automatiser » la respiration en augmentant aussi la capacité vitale à l’effort et améliorer la vo2 max. De ce fait il sera peu à peu possible de proposer des efforts physiques de plus en plus longs et intenses.


Programme d’activités physiques rééducatives


Evaluation de la répercussion de la maladie.


L’échelle MRC (Medical Research
Council) inclut 5 stades :


• stade 0 : dyspnée pour des efforts soutenus (montée 2 étages) ;
• stade 1 : dyspnée lors de la marche rapide ou en pente ;
• stade 2 : dyspnée à la marche sur terrain plat
marche plus lentement que des personnes du même âge ou doit faire des pauses à cause de sa dyspnée en suivant quelqu’un de son âge ;
• stade 3 : dyspnée obligeant à s’arrêter pour reprendre son souffle après quelques minutes ou une centaine de mètres sur terrain plat ;
• stade4 : dyspnée au moindre effort. Est trop essoufflé pour sortir de chez lui ou est essoufflé en s’habillant ou se déshabillant.



Les activités conseillées

• L’endurance de 50 à 70% de la puissance maximale aérobie ou à la fréquence cardiaque évaluée comme cible lors de l’évaluation de la VO2 max.
• Durée de 30 à 45 minutes par séance trois à cinq fois par semaine.
• Le niveau d’endurance sera adapté au fur et à mesure des progrès du patient sous surveillance de la fréquence cardiaque avec cardio-fréquencemètre.
• Surveillance nutritionnelle complémentaire.
• La marche de légère à rapide avec ou sans sac à dos et avec ou sans bâtons selon le degré de dyspnée.
• La course à pieds selon le degré évolutif de la maladie.
• Le vélo d’appartement puis en sorties encadrées ou vélos elliptique qui fait travailler membres supérieurs et inférieurs.
• Le steppeurs puis la montée d’escaliers en situation réelle (on peut contrôler aussi le Fc).
• Gymnastique respiratoire adaptée.

Pour se tester : le test de la marche de 6 minutes

Ce n’est pas un test diagnostic d’évaluation de la capacité respiratoire mais une épreuve d’évaluation des possibilités physiologiques pré et post réhabilitation à l’effort.

Le test de marche de 6 minutes est un test de terrain, validé et couramment utilisé pour évaluer la capacité fonctionnelle à un niveau sous maximal et /ou les effets du réentraînement à l’effort des patients cardiaques et pulmonaires.

Après un échauffement préalable :
Marcher le plus rapidement possible d’un pas égal.
On peut s’arrêter et repartir.
Franchir la plus grande distance possible
dans le temps de 6 minutes.
Repos jusqu’au retour de la fréquence cardiaque
à sa valeur de base (10 à 20 min.).
Avec ou sans encouragements : il est important
de le préciser sur le recueil de données.

Matériel nécessaire :
Bilan médical initial, Chronomètre ou timer, Défibrillateur, Tensiomètre
Oxymétre de pouls, Cardiofréquencemètre, Podomètre, Oxygène

Pour en savoir plus :http://ajrccm.atsjournals.org



L’oxygénothérapie de longue durée (OLD)

C’est la prise en charge médicale de l’échec évolutif : Une oxygénothérapie de longue durée (OLD) est indiquée chez les patients lorsque, à distance d’un épisode aigu et sous réserve d’un traitement optimal (arrêt du tabagisme, traitement broncho-dilatateur et kinésithérapie), 2 mesures des gaz du sang artériel en air ambiant à au moins 3 semaines d’intervalle ont montré une paO2 diurne inférieure ou égale à 55 mmHg. Attention aux accidents dus au tabac chez les personnes sous OLD qui continuent malgré tout de fumer. Puis si besoin chirurgie et transplantation pulmonaire.


CONCLUSION

Le maître mot est l’arrêt du tabac avec un dépistage précoce pour satisfaire à une qualité de vie associant : exercices musculaires et activités physiques, bon sommeil, vie sociale et sexuelle normales, loisirs voyages et déplacements en avion... en limitant au maximum le traitement.

Mes N° d’urgences :
Le 15 ou le 18 et sur portable le 112

En cas de crise gardez votre calme, inspirez lentement par le nez ou la bouche puis pincez les lèvres pour souffler comme pour éteindre une bougie, ne forcez pas puis asseyez vous calmement pour continuer à respirer lentement penchez en avant les coudes posés sur la table et votre tête légèrement appuyée sur un coussin. Relaxez-vous avec une pensée positive ne prenez de l’oxygène que si votre médecin l’a prescrit. Restez calme est le mettre mot.


 
 

 

     
         
 
 
 
         
         
     
 
 
     
 
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