La Dermatologie du Sportif
 
Parmi les problèmes médicaux dont on ne parle jamais, certaines lésions dermatologiques se rencontrent chez les sportifs, en rapport avec l’exposition à des facteurs de survenue spécifiques à chaque discipline.
 
ECZEMA DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE
C’est une infection mycobactérienne du conduit auditif externe, qui n’a donc rien à voir avec l’otite, car la caisse du tympan n’est pas infectée. L’eczéma se manifeste par des démangeaisons rapidement irritantes, agaçantes, surtout lorsqu’elles sont nocturnes. Il existe souvent une impression de surdité, en rapport avec un rétrécissement du conduit auditif enflammé. Mais contrairement à l’otite, il n’y a ni fièvre, ni écoulement de l’oreille.
Fréquent chez le nageur, cet eczéma est causé par une macération au niveau de la peau humide du conduit auditif externe, consécutive à des bains fréquents, et à un séchage insuffisant du conduit au coton-tige. La qualité des eaux de baignade (chlore, pH, bactérie…) est souvent à tort évoquée en premier lieu.
L’infection est rapidement éradiquée par l’application de gouttes auriculaires, d’une association anti inflammatoire + antibiotique local. Le traitement doit être poursuivi après disparition des symptômes afin d’éviter une récidive.

PHLYCTEMES AUX PIEDS
C’est une lésion banale, mais qui peut devenir rapidement invalidante, car elle empêche le sportif de s’entraîner comme il le souhaite.
Du simple échauffement plantaire, donnant une rougeur sensible, la lésion peut évoluer vers les phlyctènes (vésicules liquidiennes), avant d’aboutir à une véritable plaie saignante.
Ces lésions par échauffement sont accentuées par les frottements, la transpiration ou l’humidité persistante après un enchaînement d’une épreuve de natation.

 
 
  Références de l'article
  Auteur(s) :

Dr F. Maton

  Publié le : 31.07.07
  Lecture : Tout Public
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Le traitement au stade de la simple rougeur, consistera à « refroidir » la peau après l’entraînement (glace, eau froide). Dés qu’une plaie ouverte est visible, une fois les vésicules rompues, il est conseillé de désinfecter et d’appliquer un pansement colloïdal type « double peau » qui favorise la cicatrisation beaucoup plus rapidement qu’un pansement classique (cf utilisation dans chapitre suivant).

En prévention, sachez utiliser des crèmes anti frottement, et des chaussettes spéciales « course à pied ». Il existe des crèmes ou préparations pharmaceutiques qui renforcent également la consistance de la peau de la plante des pieds. Certaines d’entres elles contenant de l’alcool ou du formol sont irritantes et doivent être utilisées avec précaution.

BRULURES ET BLESSURES PAR EXCORIATIONS
Inévitables après les chutes (vélo, roller…) ces brûlures sont souvent douloureuses, et peuvent laisser des cicatrices disgracieuses.
Les soins de plaie sont ici particulièrement décisifs pour garantir une évolution favorable. On conseille l’utilisation de pansements de type « tulle gras » ou des colloïdaux. Sachez utiliser correctement ces pansements qui nécessitent d’abord une première désinfection rigoureuse, avec ablation des corps étrangers éventuels (gravillons…). Utilisez de préférence un antiseptique non coloré (risque de coloration de la cicatrice). Puis appliquez le pansement colloïdal qui pourra être laissé 48h. A chaque renouvellement de pansement, la désinfection devra être douce, par tamponnement pour ne pas abraser les bourgeons d’épiderme en formation. Après quelques jours, un simple pansement de protection suffira pour sécher la lésion cicatrisée.

FOLLICULITES ET INFECTIONS
C’est une infection banale du follicule pilo-sébacé. La lésion est classique, sous la forme d’un bouton rouge centré sur un poil. Il se collecte, se nécrose, pour évacuer le bulbe pileux infecté. Attention à l’auto contamination du germe (Staphylocoque aureus) qui entretient et dissémine les folliculites.
La surinfection peut parfois diffuser en profondeur, aboutissant à un véritable furoncle de la glande sébacée associée au poil.

LES KYSTES DU CYCLISTE
C’est un gonflement liquidien d’origine « mécanique » au niveau d’une glande sébacée ou sudoripare (excrète la sueur). Le canal excréteur étant obstrué, le liquide s’accumule et forme un kyste.
Souvent localisé au niveau du périnée, il est entretenu par la pression et les frottements de la selle.
Cette formation liquidienne prend l’aspect d’une tuméfaction plus ou moins profonde sous la peau, qui grossit par poussées successives, jusqu’à devenir gênante. Quelques adénopathies inguinales peuvent apparaître, témoignant d’une réaction immunitaire face à la surinfection du kyste par un germe.
Le port d’un cuissard avec protection graissée constitue le meilleur facteur préventif.
L’évolution se fait souvent vers la chronicité, avec des récidives régulières.
Le traitement est dans un premier temps médical, avec une antibiothérapie soit locale en pommade, soit générale en comprimé en cas de surinfection. Certaines récidives justifient parfois un recours chirurgical (soit incision du kyste, soit exérèse complète).

L’HYPODERMITE DU CYCLISTE (HYGROMA)
C’est une autre complication des frottements et de la pression exercée par la selle sur le périnée, localisée au niveau des tissus sous cutanés. Avec la répétition des entraînements, le tissu sous cutané devient inflammatoire, et secrète un liquide séreux qui finit par se collecter, pour former une « poche ». Cette collection devient de plus en plus volumineuse au point de ressembler au classique « troisième testicule » du cycliste ! Le traitement consiste à inciser l’hygroma pour évacuer le liquide, en association avec un anti-inflammatoire. En cas de récidive, un geste chirurgical plus élargi devient nécessaire.

RISQUES LIES À L’EXPOSITION SOLAIRE

a) Photosensibilisation médicamenteuse

Très fréquente chez le sportif, cette photosensibilisation cutanée se rencontre après l’utilisation de pommade ou gel anti inflammatoire ou chauffant. Il s’agit une réaction d’ordre allergique vis-à-vis du médicament ou de l’un de ses adjuvants, déclanchée par l’exposition aux UV. Elle se manifeste par une coloration des téguments, une rougeur douloureuse, en général limitée à la zone d’application.
Cette réaction est particulièrement fréquente avec le Kétoprofène, très largement utilisé dans le milieu sportif.
La difficulté du diagnostic de cette photosensibilisation, repose sur le fait qu’elle peut intervenir plusieurs mois, plusieurs années après l’exposition au médicament en cause. Des tests cutanés peuvent être proposés.
La seule méthode préventive consiste donc à protéger de l’exposition solaire, la zone d’application de pommade ou de gel.

b) Brûlure solaire

Les lésions sont très variables, du classique coup de soleil à la réelle brûlure cutanée. Face aux agressions des UV, la peau a deux moyens de se défendre: soit elle se pigmente (coup de soleil) soit elle s’épaissit.
Le risque est accentué par la transpiration ou l’humidité de la peau. Une protection solaire résistante à l’eau doit être appliquée systématiquement.
Le risque encouru est dans un premier temps une pigmentation brunâtre indélébile, disgracieuse, qui persiste après la disparition du bronzage. On ne peut négliger également le risque accru de cancer de la peau. Certaines études évoquent effectivement des doses d’UV particulièrement nocives lors des épreuves extérieures de longues durées.

LES MYCOSES PLANTAIRES

a) Pied d’athlète

Aussi appelée « intertrigo », c’est une infection due à un champignon localisé au niveau de la scissure entre les orteils. D’abord sous la forme d’une simple démangeaison, la mycose se développe pour donner des desquamations légèrement blanchâtres, qui s’étalent progressivement sur la racine des orteils, et aboutir à une fissuration de l’épiderme. L’irritation s’accentue rapidement et amène à consulter.
L’origine de cette mycose est la présence d’une macération entre les orteils, entretenue par la transpiration et le séchage insuffisant après les bains. Comme de nombreuses mycoses, l’auto contamination est très facile d’un orteil à l’autre, ou d’un pied à l’autre.
Le traitement est simple, et consiste à appliquer (au moins 2 fois/jour) un antifongique (Ex : Nitrate d’Econazole) dont il existe plusieurs présentations, soit en crème soit en poudre. La poudre peut permettre de mieux sécher les lésions et lutter ainsi contre la macération. De nombreux échecs sont dus à l’arrêt prématuré du traitement, qui doit être poursuivi une à deux semaines après disparition des lésions.
N’oubliez pas de traiter également les chaussures qui représentent un véritable réservoir de champignons pouvant entretenir la mycose. Des produits spécialisés existent en pharmacie pour éradiquer les germes.

b) Mycose de l’ongle

Une variante de cette mycose existe au niveau des ongles, sous la forme d’un ongle cassant. Il s’épaissit et se fissure, devient plus brunâtre, quelques débris blanchâtres se séparent à sa surface qui devient irrégulière. Puis, l’ongle semble se détacher et tomber. La gêne n’est au début qu’esthétique, sans douleur, puis la course à pied et les accélérations vont réveiller une douleur et facilite le décollement de l’ongle.
L’évolution longtemps asymptomatique est responsable d’un traitement souvent tardif. Le traitement est assez astreignant, car il s’étale sur une période d’environ 1mois ½ à 2 mois, consistant à appliquer un antifongique (pommade sous pansement occlusif, gel fixateur…).

 
     
 
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