Homéopathie
et Médecine du Sport
 
Quelle que soit sa conviction, son expérience ou
sa croyance, le médecin est libre de son choix. Toutefois, il pourra retenir que l’homéopathie
ne figure en aucun cas sur les listes des produits interdits, dans le cadre de la loi anti-dopage concernant la santé des sportifs.
 
Un peu d’histoire
Hippocrate avait remarqué qu’il existait souvent un parallélisme entre la toxicité d’une substance et son pouvoir thérapeutique.

C’est en 1790 qu’un médecin allemand, le Docteur Hahnemann, souhaite connaître les effets exacts des drogues employées à son époque. Il expérimente ainsi sur lui-même et sur son entourage l’utilisation de substances et en valide l’efficacité ou la nocivité. C’est à partir de ses constatations qu’il préconise de donner des doses de plus en plus faibles, pour limiter les effets toxiques des substances employées.
Le médecin publie alors ses travaux pouvant être considérés comme la bible de l’homéopathie.

Le principe de similitude
Toute substance capable à dose pondérale, de provoquer des symptômes chez un individu sain, peut, à dose infinitésimale, guérir ces mêmes symptômes chez un individu malade.

Les dilutions infinitésimales sont la conséquence du principe de similitude. La connaissance de la démarche propre à l’homéopathie est nécessaire. Cette connaissance ne dispense pas d’établir un diagnostic précis, et d’éliminer les autres diagnostics différentiels.

 
 
  Références de l'article
  Auteur(s) :

Dr P. Bacquaert

  Publié le : 31.05.07
  Lecture : Tout Public
  Document(s) associé(s)
 
  Bibliographie
 
  Lire aussi
 
 
 
 
 
         
     
  A partir de cette définition des propres symptômes de la maladie, on établira une liste des symptômes propres au malade. C’est cette analyse clinique qui s’attache à découvrir les différentes réactions de l’ensemble des fonctions du corps, qui permet une approche de type Hahnemann, fondateur de l’homéopathie.

Les différentes formes proposées sont selon le principe des décimales hahnemanniennes (Dh) ou des centésimales hahnemanniennes (Ch). Ainsi, un Ch est une partie de substance active dans 99 parties de solvant…

Généralement, les dilutions les plus fréquemment utilisées vont de 5 Ch à 30 Ch. D’une façon générale, on peut utiliser soit des dilutions en échelle, soit au contraire une haute dilution pour une symptomatologie chronique et une basse ou moyenne dilution pour une symptomatologie aiguë.

Place de l’homéopathie en médecine du sport
Il serait facile d’englober l’homéopathie au titre des médecines douces dans le cadre du suivi global du sportif quel que soit son niveau.

Dans ce cas, l’homéopathie est placée en complément des autres interventions médicales type acupuncture, ostéopathie réalisée par un médecin, physioélectrothérapie, psychothérapie, préparation mentale et autre forme de relaxation, diététique et nutrition du sportif.
Ces différentes méthodes sont mises en opposition avec l’allopathie, qui garde toute son importance mais pose des problèmes particuliers concernant les effets secondaires, les interactions médicamenteuses, voir la législation concernant les produits dopants (www.irbms.com rubrique dopage)

Il serait abusif, voire inadapté de considérer l’homéopathie avant tout comme un effet placebo. Il reste néanmoins que, en terme de stratégie thérapeutique en milieu sportif, ce sont les anti-inflammatoires non stéroïdiens qui sont le plus utilisés. Ces médicaments ont des effets iatrogènes ou toxiques, en particulier sur le tube digestif.

Il est donc séduisant de proposer d’autres approches, type cryothérapie, acupuncture, homéopathie et phytothérapie..

Nous allons entrevoir quelques matières médicales adaptées à quelques pathologies sportives les plus fréquentes. Toutefois, pour plus d’information, on peut conseiller entre autres la lecture du livre intitulé « Médecine du Sport, précaution, traitement, homéopathie et nutrition », écrit par le Docteur Jean-Marcel Ferret, ancien Médecin de l’Equipe de France de Football, et le Docteur Henri Koleckar, Médecin Fédéral de la F.F.E.S.S.M. (éditions Boiron). D’autres ouvrages sont bien entendu consultables.

Les matières médicales
Nous ne pouvons, dans le cadre de cet article, aborder l’ensemble des matières médicales existantes dans le cadre des traitements homéopathiques. Pour plus de renseignements, consultez les différents catalogues des laboratoires spécialisés en homéopathie.

Arnica Montana
Il s’agit certainement du traitement de choix dans le cadre des différents traumatismes ou micro-traumatismes du sportif. L’Arnica possède une grande affinité pour les capillaires sanguins, et les fibres musculaires. Il est donc indiqué pour tous les phénomènes hémorragiques sous toutes ses formes, rentrant dans le cadre d’un choc direct, d’une élongation, d’un claquage, ou même d’une simple fatigue musculaire.

China Rubra
Indiquée dans les symptômes ou symptômes hémorragiques de faible importance, les états d’épuisement et les fatigues importantes.
Action possible sur les symptômes avec diarrhée.

Croton Tiglium
Action sur les muqueuses intestinales et respiratoires. Action complémentaire sur la peau lors d’éruption dont herpès.

Cuprum Metallicum
Il s’agit du cuivre métallique ayant une action anti-douleur sur les manifestations spasmodiques type crampe.
Peut agir également sur les spasmes intestinaux et les tous spasmodiques.

Ferrum Metallicum
Le fer garde toute son importance chez les sportifs et les sportives.

Gelsemium Sempevirens
Utilisé essentiellement chez le sportif contre le trac en terme de prévention. Il peut être utilisé dans des syndrômes fébriles, avec contractures. Utilisé également en traitement de l’anxiété avec excitation, insomnie.

Hamamelis Virginiana
Chez le sportif, on peut l’utiliser dans les sensations de jambes lourdes, puisqu’il agit sur le système veineux, utile dans les varices sous toutes ses formes.

Ignatia Amara
Utilisé chez le sportif en prévention de l’anxiété. Utilisé en général dans toutes les symptomatologies hyperactives, avec hypersensibilité émotionnelle.

Magnesia phosphorica
Utilisé pour des douleurs spasmodiques, névralgies, et les crampes chez le sportif.

Millefolium
L’indication privilégiée est celle de l’épistaxis et dans toute hémorragie non durable.

Nux Vomica
Dans le cas des douleurs gastriques, de la diarrhée saisonnière ou du voyageur. Utilisé également dans les symptômes de type crampe. En général, pour tout ce qui est spasmodique ou lié à des excès ou des erreurs alimentaires.

Rhus toxicodendron
Largement utilisé chez le sportif dans les problèmes des tissus conjonctifs, et des tendons et muscles : entorses, luxation, raideur articulaire, contracture, etc…
C’est un très grand médicament en médecine du sport.
Utilisé également dans les technopathies du sport.

Ruta Graveolens
Largement utilisé dans les indications de médecine du sport, technopathies du sport, traumatismes dus à un choc direct, périostite, entorse, douleur rachidienne, voire simple courbature ou crampe.

Silicea
Très largement utilisé en prévention et en curatif en pathologie sportive, pour prévenir et consolider fracture, entorse, déchirure musculaire.
Utilisé également dans les phénomènes de surentraînement.

Urtica Urens
Peut être utile chez les sportifs allergiques. Utilisé dans les symptômes avec urticaire ou allergies, quelles que soient leurs origines.
Peut être utilisé lors de voyages à l’étranger, pour combattre une turista dont l’origine iatrogène ne serait pas définie.

Cette liste, non limitative, n’a pas la prétention de remplacer un véritable cours d’homéopathie, mais de montrer l’utilité de certaines substances dans les pathologies sportives au quotidien.

Pratique sportive et homéopathie
Tous les sports sont concernés par ce type de traitement qui n'est pas inscrit sur les listes des produits interdits.
Le football, le rugby, le handball, le volley-ball, et bien d'autres sports d'équipe provoquent des contusions pouvant être contrôlées par l'homéopathie.
Le judo, la boxe, la lutte, le taekwondo, sont également pourvoyeurs de chocs et de plaies. N'oublions pas l'escrime, la voile, le roller, le ski, l'équitation, la gymnastique, la GRS et bien d'autres également qui, par le type même de leur pratique, peuvent occasionner des contusions traitées par homéopathie.

Traumatologie et homéopathie

Les lésions tendineuses
Après un diagnostic, traitement étiologique et traitement sportif, on peut conseiller : arnica montana, rhus Toxicodendron, apis mellefica

Maladies de croissance
Après vérification des facteurs de risque, et adaptation du type et de la durée de l’effort, on peut proposer une alimentation riche en calcium. On complète par une polyvitaminothérapie si nécessaire, avec Arnica Ruta, et China si fatigue associée.

Plaintes musculaires
Après définition du type de lésion, l’indication d’un repos, avec ou non immobilisation, on pourra en plus de la cryothérapie, Arnica, Cuprum metallicum, Ruta Graveolens, Magnesia phosphorica …

Rachialgies
Après diagnostic établi, les mesures hygiéno-diététiques étant faites, les conseils de renforcement musculaire avec ou sans kinésithérapie étant mis en place, on peut proposer : Arnica, Ruta, Rhus Toxicodendron, avec en complément Gelsemium et Ignatia

Trac, anxiété, troubles neurovégétatifs
Après une prise en charge psychologique adaptée, et un suivi basé essentiellement sur la prise de confiance en soi, on peut proposer : Gelsemium, Ignatia, Nux Vomica, avec en complément Arnica et Rhus Toxicodendron

Asthénie, surentraînement, récupération difficile
Une approche des facteurs de risque sera effectuée, avec un suivi médical, une diététique adaptée, une hydratation correctement suivie, des étirements réalisés régulièrement avant et après effort, le respect d’un bon sommeil, le port éventuel de chaussettes de récupération, avec la réalisation de massages despasmant sous chaleur. On proposera : Arnica, Ruta, China, Serum Metallicum, Silicea, etc…

Pathologies infectieuses
Après évaluation étiologique, et prise en charge spécifique, on pourra proposer : Arnica, Ruta, Oscillo-Coccinum, Cuprum, etc…

Conclusion
La prise en charge homéopathique du sportif ne dispense pas le médecin du sport à réaliser un diagnostic après véritable enquête sémiologique. Le médecin de terrain, après application du principe « GREC » (Glace Repos Elevation Compression), pourra utiliser au nom de son expérience personnelle homéopathie ou allopathie.

Dans ce cas, Arnica, Apis, Cuprum, Ruta font partie de la trousse d’urgence.

Le médecin consulté plus tardivement ou dans son cabinet, dans le cadre d’une prise en charge d’une pathologie médico-sportive, pourra compléter l’enquête sémiologique, avec la réalisation de bilans complémentaires et proposer un traitement adapté dont l’homéopathie sera l’une des composantes.

Quelle que soit sa conviction, son expérience ou sa croyance, le médecin est libre de son choix. Toutefois, il pourra retenir que l’homéopathie ne figure en aucun cas sur les listes des produits interdits, dans le cadre de la loi anti-dopage concernant la santé des sportifs.

 
     
 
Les informations données sur ce site ne peuvent en aucun cas servir de prescription médicale.
______________________________________________________________________________
Vous êtes médecin du sport et vous souhaitez publier un article sur notre site : contactez-nous.
 
 
 
Congrès IRBMS ARFORMES du Samedi 29 novembre 2008
 
 
 
 
 
+ MIEUX NOUS CONNAîTRE : téléchargez notre plaquette de présentation (370 Ko).
+ DEVENEZ MEMBRE de notre association
et bénéficiez de nombreux avantages.
+ RENCONTREZ NOUS lors des manifestations auxquelles nous participons.
 
 
Congrès ARFORMES IRBMS 2008
+ Tout l'Agenda
 
 
Articles
 
+ Réveillon « diététiquement correct », tout en conservant la convivialité... Diététique du sport et fête
 
+ RED BULL : Les boissons énergisantes sont-elles dangereuses pour la santé des sportifs ?
+ Sport et grossesse : quels types d'activités préconiser ?
+ Podomètre : Comment l'utiliser correctement ?
+ Piercings, Tatoos : Quelles
répercussions chez le sportif ?
 
+ WII FITNESS : Après le sport dans un club, le sport nature, le sport dans des salles de fitness, voici le sport chez soi : le « sport en boite ». WIIFIT : precautions d'usage
 
Document
 
+ CERTIFICAT MEDICAL préalable de non contre-indication à la pratique du sport (50 Ko).
 
 
Correspondance medicale
 
Nous adhérons aux principes de la charte HONcode de HON Nous adhérons aux principes
de la Charte Honcode.

- Vérifiez ici -
 
Du 15.09.08 au 15.10.08
 
Articles les plus consultés
 
+ test de ruffier-dickson : Variations de la fréquence cardiaque à l' effort.
+ VO2max : Votre entraînement est-il efficace ? Comment connaître son niveau de performance ?
+ Test navette de Luc Léger : Conçu pour les enfants de 6 à 18 ans, quel que soit leur niveau de pratique sportive.
+ Votre poids idéal : La détermination d’un poids idéal doit prendre en considération la taille du sujet, son âge.
 
Documents les plus téléchargés
 
+ La Musculation : définitions, généralités et méthodes, par le Dr C. Paulo Fernandes (Document, 500 Ko).
+ Les ménisques : Article rédigé par le Dr Letartre, chirurgien, membre du collège des chirurgiens orthopédistes et traumatologue (Document, 1 Mo).
+ PUBALGIES : du diagnostic au traitement, par le Dr Decoopman (Diaporama, 1,5 Mo).
+ LYSE ISTHMIQUE : Quels sports sont incriminés ? Risque évolutif du SPL du sportif ?, par le Pr. B. Herbaux (Diaporama, 1,3 Mo).
 
 
 
+ Urgences Médicales
+ Liens Pratiques
+ Centres médico-sportifs 59/62