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Hyperthermie
Maligne d'Effort
ou Coup de Chaleur |
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Le
premier réflexe lorsque
l’on n’est pas bien
est de prendre sa température
afin de se faire une idée
sur la gravité du mal.
Tout le monde connaît bien
cet indicateur qui, au delà
de 40°, nous inquiète
beaucoup et nous incite à
appeler d’urgence son médecin. |
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En
revanche, le coup de
chaleur à l’effort
(ou hyperthermie maligne d’effort)
est beaucoup moins connu du
pratiquant sportif ou de l’actif
en général en
bricolant, jardinant…
;
Ses conséquences sont
sévères car cette
augmentation brutale de température
à l’effort peut
entraîner un décès
par arrêt cardiaque.
Son diagnostic doit donc être
évoqué lors de
la survenue d’un malaise
particulier pour une prise en
charge adaptée précoce
et salvatrice.
L’hyperthermie maligne
d’effort est une urgence
médicale qui
doit être connue de tous,
puisqu’elle met en jeu
le pronostic vital.
Définition
Elévation extrême
et brutale de la température
centrale suite à une
activité ou travail
musculaire intense
qui provoque une désadaptation
des systèmes régulateur
de l’organisme avec altération
des métabolismes cellulaires
et souffrance multi viscérales.
Epidémiologie
Initialement décrit en
milieu militaire en
France et à l’étranger
avec un taux de mortalité
importante d’autant qu’il
s’agit dans ces cas de
coup de chaleur par épuisement
avec température extérieure
peu significativement élevée
.La prévention
et l’information réduit
le nombre de cas en abaissant
le taux de mortalité.
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Quels types
de sports sont concernés ?
Il s’agit le plus souvent d’effort
de longue durée : semi-marathon,
marathon, course d’endurance ou
d’orientation, raid,
et les sports nécessitant un
équipement particulier utilisant
des combinaisons de protection chaude
et étanches sont également
concernés : moto, rallye,
auto, etc…
La pratique d’un sport en altitude
peur favoriser la survenue d’une
hyperthermie qui est alors confondue
avec le mal des montagnes.
Les sportifs imprudents pratiquant leurs
sports torse nu sont également
plus exposés aux hyperthermies
d’effort que ceux qui portent
un T-shirt en coton ou en textile aéré.
Le port d’une casquette
ou d’un chapeau protège
contre la chaleur et le soleil mais
il est illusoire de croire que cela
est suffisant en cas de grosses chaleurs.
Chercher l’ombre
et se vaporiser de l’eau sur le
visage ou le corps sont des moyens efficaces
associés à une diminution
de l’intensité de l’effort.
Tous les sports et activités
de plein air sont finalement concernés
par l’hyperthermie mais il faut
rester vigilant car même
en salle de sport la température
sous toiture et l’absence d’aération
sont d’autant plus dangereuses.
Les facteurs
prédisposants
- les conditions météorologiques
:
• une température anormale
supérieure à 25°,
et surtout
une ambiance thermique chaude anormale.
• un sport pratiqué pendant
les heures
les plus chaudes du soleil
l’été.
• la présence d’un
vent chaud ou inversement
l’absence de vent permettant de
rafraîchir
l’organisme et l’atmosphère.
• l’absence des zones d’ombre
dans le parcours,
ou au contraire l’exposition constante
au soleil lors d’une longue pratique
sportive.
• enfin le degré d’hygrométrie
(taux d’humidité dans l’air)
joue en grand rôle
car plus il y a de chaleur humide,
moins l’organisme peut évacuer
sa transpiration.
- Les erreurs d’alimentation
et d’hydratation
Il
faut boire avant d’avoir soif.
La survenue d’hyperthermie maligne
d’effort est en corrélation
avec l’état de déshydratation.
L’augmentation nécessaire
de la quantité de boisson en
fonction de la température est
une réalité.
Ne pas « sauter » les ravitaillements
et si besoin s’asperger d’eau
fraîche pendant l’effort.
- La mauvaise condition physique
du sportif
La fatigue, le manque de sommeil,
l’anxiété,
la présence ou non d’une
petite rhinopharyngite en complément,
occasionnent une fatigabilité
qui peut provoquer un dysfonctionnement
d’adaptation de l’organisme.
- prise de médicaments
et dopage
La prise de médicaments peut
masquer également nos bons réflexes
de survie en masquant les signes d’alerte
comme la transpiration ou tout simplement
la vigilance. Le dopage
en reculant les limites physiologiques
est source d’hyperthermie.
- un état fébrile
ou une maladie
Il ne faut jamais réaliser un
effort ou participer à une compétition
si l’on présente de la
température ou si l’on
sort d’un état viral (
repos au moins 8 jours).
- une pratique mal adaptée
Equipement non adapté, vêtements
trop lourds et non aérés,
matériel sportif mal réglé,
effort trop long, sac à dos créant
un écran anti aération,
repos et hydratation non respectés,
etc.
Comment survient
une hyperthermie
maligne d’effort ?
Chez un sportif en plein effort,
lors de circonstances météorologiques
particulières, qui commence à
ne plus ressentir la fatigue, ne transpire
plus, n’a plus le réflexe
de boire, et commence à
s’essouffler anormalement.
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CONDUITES
A TENIR
EN CAS D'URGENCE
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1)
Refroidissement
En l’absence
de la présence de médecins,
de secouristes ou de personnel
médical ou paramédical
compétent, il faut
tout de suite refroidir le sportif.
On l’asperge avec de l’eau,
on le met à l’ombre,
et on essaie de le ventiler en
lui provoquant même un courant
d’air. 2)
Pas de médicament
Il serait dangereux
d’utiliser des médicaments
antipyrétiques comme le
paracétamol.
3)
Appel des secours
On alerte immédiatement
les secours qui sont,
en France le 15, le 18 et par
GSM le 112, en précisant
bien le motif exact de l’appel,
afin que la prise en charge soit
plus facile et mieux adaptée
dès l’arrivée
des secours. 4)
Surveillance
Pendant ce temps, on continue
à essayer de refroidir
le sportif selon toutes
les possibilités que l’on
possède sur le terrain
ou dans la nature. On
parle à la victime.
Si celui-ci se met à vomir,
on le met en position
de sécurité sur
le côté,
on essaie de le faire boire, on
le calme, on le met à l’ombre
et on éloigne tous les
curieux qui vont aggraver la situation
déjà très
inquiétante. 5)
On aide les secours
Dans tous les cas, une
hospitalisation pour bilan
et surveillance est nécessaire.
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La coordination
motrice est de plus en plus difficile,
des troubles neurologiques peuvent s’installer.
Le systéme nerveux central ne
joue plus son rôle régulateur,
il se produit une inversion
de la balance énergétique
avec une rétention de calories
par "imperméabilisation"
de la peau qui ne joue plus son rôle
de convection (sudation).
Après quelques minutes de poursuite
de son sport dans ces conditions là,
il ressent un malaise brutal
ou non, l’amenant à s’effondrer
sur le terrain, dans un état
de choc évident avec destruction
musculaire (rhabdomyolise) Il est alors
complètement désorienté.(on
peut confondre ce malaise avec une mort
subite mais les circonstances d’apparition
sont différentes)
Il serait grave de ne pas s’inquiéter
immédiatement de ce malaise,
d’attendre les secours patiemment
en laissant le sportif en plein soleil,
et de penser qu’il s’agit
d’un simple « petit malaise
» dû à une fatigabilité
anormale.
(Lire notre encadré).
Signes avant coureurs
Hébétude
Fatigue brutale
Vomissements
Soif intense
Crampes
Comportement inhabituel (agressivité,
désorientation…)
Loges musculaires tendues Cas
d’hyperthermie en compétition
de masse : le Marathon de Chicago, Octobre
2007
Température : +/- 25°
à 30°
Taux d’humidité : 86%
36.000 participants
Temps du vainqueur : 2h11min11 sec
Ordre d’interruption de l’épreuve
à mi-course, mais beaucoup de
participants ont continué (25.000
sur les 36.000). Résultat
: 1 mort par hyperthermie d’effort
et 350 coureurs hospitalisés,
malgré 200.000 unités
d’eau distribuées et l’ouverture
des bouches d’incendie.
C’est sans doute la seule course
de l’histoire de cette importance
qui a été interrompue
partiellement pour raison de chaleur
et risque d’hyperthermie d’effort.
Conclusion
L’hyperthermie maligne d’effort
arrive le plus souvent dans des sports
d’endurance ou des activités
physiques de longue durée,
avec des situations météorologiques
un peu exceptionnelles. Les
mesures préventives sont capitales
: c’est pour cela que
si vous envisagez de participer cet
été à un raid nature,
une randonnée particulière,
dans des conditions climatiques qui
seront difficiles (chaleur, altitude,
désert, pays à fort degré
d’hygrométrie), consultez
d’abord votre médecin pour
connaître vos possibilités
d’adaptation et préparez
vous en vous entraînant progressivement
à accepter ce type d’effort.
En tout état de cause, emmenez
toujours avec vous à la fois
des quantités d’eau nécessaires,
mais également des compresses
réfrigérantes de poche
de froid instantané, qui permettent
de lutter immédiatement contre
les effets d’un coup de chaleur,
ou d’une hyperthermie maligne
d’effort.
Surtout il faut que l’un des membres
du groupe, ou vous-même si vous
êtes seul, emporte un GSM en n’oubliant
pas que le numéro
d’urgence internationale
est le 112.
En France, on peut également
alerter le
15 ou le
18. |
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