Hyperthermie maligne d'effort
 
Lorsque l’on est malade ou que l’on a un de ses enfants malade, le premier réflexe est souvent de prendre et d’évaluer sa température afin de se faire une idée sur la gravité du mal. Tout le monde connaît bien cet indicateur qui, au delà de 40°,
nous inquiète beaucoup et nous incite à appeler d’urgence son médecin.
 

Par contre, le coup de chaleur à l’effort (ou hyperthermie maligne d’effort) est beaucoup moins connu du pratiquant sportif.

Ses conséquences sont sévères car cette augmentation brutale de température à l’effort peut entraîner un décès par arrêt cardiaque. Son diagnostic doit donc être évoqué lors de la survenue d’un malaise particulier pour une prise en charge adaptée précoce et salvatrice.

L’hyperthermie maligne d’effort est une urgence médicale qui doit être connue de tous, puisqu’elle met en jeu la vie du sportif.

Les conditions de survenue

Cette hyperthermie maligne d’effort est heureusement rare, même si dans certains cas des décès inexpliqués peuvent être dus à ce grave dysfonctionnement.

Il s’agit en fait d’une désadaptation de l’organisme qui n’arrive plus à contrôler son accès de fièvre.

La triste mémoire du nombre de décès enregistré lors de la canicule de l’été 2003 nous permet de mieux comprendre les conséquences dramatiques pouvant survenir d’un excès de température. Toutefois, il s’agissait plutôt de coup de chaleur que de véritable hyperthermie d’effort.

 
 
  Références de l'article
  Auteur(s) : Dr P. Bacquaert
Dr Patrick Bacquaert,
Médecin du Sport, à Lille,
Médecin Chef de l'IRBMS
  Publié le : 31.07.07
  Lecture : Tout Public
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Quels types de sports sont concernés ?

Il s’agit le plus souvent d’effort de longue durée : semi-marathon, marathon, course d’endurance ou d’orientation, raid. Les sports nécessitant un équipement particulier utilisant des combinaisons de protection sont également concernés : moto, rallye, auto, etc…

Les sportifs imprudents pratiquant leurs sports torse nu sont également plus exposés aux hyperthermies d’effort que ceux qui portent un T-shirt en coton.

Tous ces sports bien entendu ne vont pas provoquer une hyperthermie de l’effort, les conditions météorologiques jouent un rôle important.

Il s’agit de :

> une température anormale, et surtout
une ambiance thermique anormale.

> un sport pratiqué pendant les heures
les plus chaudes du soleil l’été.

> la présence d’un vent chaud ou inversement
l’absence de vent permettant de rafraîchir
l’organisme et l’atmosphère.

> l’absence des zones d’ombre dans le parcours,
ou au contraire l’exposition constante
au soleil lors d’une longue pratique sportive.

> enfin le degré d’hygrométrie
(taux d’humidité dans l’air) joue en grand rôle
car plus il y a de chaleur humide,
moins l’organisme peut évacuer sa transpiration.

Enfin, parallèlement à la pratique sportive, des erreurs d’alimentation et d’hydratation conduisent à accentuer la survenue d’hyperthermie maligne d’effort, avec on le sait très bien, l’augmentation nécessaire de la prise de quantité d’eau en fonction de la température, et surtout ne pas « sauter » le ravitaillements. « Il faut boire avant d’avoir soif ».

La condition physique du sportif, la fatigue, le manque de sommeil, l’anxiété, la présence ou non d’une petite rhinopharyngite en complément, occasionnent bien entendu une fatigabilité qui peut provoquer un dysfonctionnement d’adaptation de l’organisme.

Enfin, la prise de médicaments peut masquer également nos bons réflexes de survie.

Comment arrive une hyperthermie
maligne d’effort ?


Il s’agit donc souvent d’un sportif en plein effort, dans des circonstances météorologiques particulières, qui commence à ne plus sentir la fatigue, il ne transpire plus, n’a plus le réflexe de boire, et commence à s’essouffler anormalement.
 

CONDUITES A TENIR
EN CAS D'URGENCE


- en l’absence de la présence de médecins, de secouristes ou de personnel médical ou paramédical compétent, il faut tout de suite refroidir le sportif. On l’asperge avec de l’eau, on le met à l’ombre, et on essaie de le ventiler en lui provoquant même un courant d’air.

- on alerte immédiatement les secours qui sont, en France le 15, le 18 et par GSM le 112, en précisant bien le motif exact de l’appel, afin que la prise en charge soit plus facile et mieux adaptée dès l’arrivée des secours.

- pendant ce temps, on continue à essayer de refroidir le sportif selon toutes les possibilités que l’on possède sur le terrain ou dans la nature.

- on parle à la victime

- si celui-ci se met à vomir, on le met en position de sécurité sur le côté, on essaie de le faire boire, on le calme, on le met à l’ombre et on éloigne tous les curieux qui vont aggraver la situation déjà très inquiétante.

- dans tous les cas, une hospitalisation pour bilan et surveillance est nécessaire.

 
 
 
 
     
  La coordination motrice est de plus en plus difficile, des troubles neurologiques peuvent s’installer.

Après quelques minutes de poursuite de son sport dans ces conditions là, il ressent un malaise brutal ou non, l’amenant à s’effondrer sur le terrain, dans un état de choc évident. Il est alors complètement désorienté.

Il serait grave de ne pas s’inquiéter immédiatement de ce malaise, d’attendre les secours patiemment en laissant le sportif en plein soleil, et de penser qu’il s’agit d’un simple « petit malaise » dû à une fatigabilité anormale. (Lire notre encadré).

Conclusion

L’hyperthermie maligne d’effort arrive le plus souvent dans des sports d’endurance ou des activités physiques de longue durée, avec des situations météorologiques un peu exceptionnelles.

C’est pour cela que si vous envisagez de participer cet été à un raid nature, une randonnée particulière, dans des conditions climatiques qui seront difficiles (chaleur, altitude, désert, pays à fort degré d’hygrométrie), consultez d’abord votre médecin pour connaître vos possibilités d’adaptation et préparez vous en vous entraînant progressivement à accepter ce type d’effort.

En tout état de cause, emmenez toujours avec vous à la fois des quantités d’eau nécessaires, mais également des compresses réfrigérantes de poche de froid instantané, qui permettent de lutter immédiatement contre les effets d’un coup de chaleur, ou d’une hyperthermie maligne d’effort.

Surtout il faut que l’un des membres du groupe, ou vous-même si vous êtes seul, emporte un GSM en n’oubliant pas que le numéro d’urgence internationale est le 112. En France, on peut également alerter le 15 ou le 18.

 
     
 
Les informations données sur ce site ne peuvent en aucun cas servir de prescription médicale.
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