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Paludisme et pratique sportive |
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Le
paludisme représente une
source de contamination mortelle
responsable de plus
d’un million de décès
par an dans le monde.
En France, il existe ce que l’on
appelle un paludisme d’importation
qui touche environ 8.000 voyageurs
chaque année. |
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La
santé du voyageur doit
être préservée,
si l’on connaît parfaitement
les vaccinations obligatoires
contrôlées d’ailleurs
souvent en Douane, on a moins
conscience de la protection contre
ce fléau qu’est le
paludisme.
Le sportif, le
pratiquant d’activités
physiques, ou le participant à
un raid nature,
s’expose plus que quiconque
au paludisme. En effet, les raisons
essentielles sont liées
au lieu de pratique.
Si dans les grandes villes, et
les hôtels aseptisés
protégés par l’air
conditionné, le voyageur
s’expose, cela n’a
rien à voir avec les lieux
de pratique en campagne,
au milieu de la nature, près
de zones d’eau,
qui sont des foyers infectieux
potentiels.
Par ailleurs, le sportif par aisance,
est souvent peu habillé,
laissant une grande surface de
sa peau exposée aux piqûres
de nos « amis » les
moustiques. Etat
des lieux sommaire du paludisme
Les pays d’Afrique, sub-sahariens
sont sources de très fortes
contaminations, surtout dans le
plasmodium falciparum à
l’origine de plus de 80%
des infections dont quelques cas
sont mortels.
L’Afrique vient
en première ligne
concernant l’incidence annuelle
du paludisme, avec des zones de
haute résistance à
la chloroquinine. Les seuils critiques
sont dépassés au
Sénégal, en Côte
d’Ivoire, mais également
au Bénin, Togo, Ghana.
En définitive, le continent
africain présente globalement
un facteur de risques majeur. |
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Biodiversité
du paludisme
dans le monde.
Ed. : J.-L.
Eurotext |
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L’Amérique
du Sud vient se positionner
en seconde position. Enfin l’Asie
représente un dernier foyer
infectieux qui est d’ailleurs
plus connu par le voyageur potentiel.
Il est curieux de constater que la
France enregistre un cas
non négligeable de paludisme
d’importation, dont on peut
retrouver et recenser une vingtaine
de décès annuels.
La prophylaxie
d’exposition
On comprend aisément que le
sportif pratiquant un raid nature
en short et en tee-shirt, protégé
d’un simple chapeau et de lunettes
de soleil, expose une grande partie
de sa surface aux piqûres de
moustiques.
Un répulsif est donc
indispensable pour se protéger
de la piqûre. Il faut accorder
une place primordiale au choix de
ce répulsif et s’en imprégner
la peau ainsi que les vêtements
lors de la pratique du sport, et surtout
au moment où les piqûres
sont les plus fréquentes, à
la tombée de la nuit, ou pendant
la phase de récupération.
En complément, il faut donc
également dormir dans un lit
à l’hôtel, en chambre
d’hôte ou en camping,
sous une moustiquaire imprégnée
du répulsif. La fin
de soirée représente
un facteur à haut risque.
Certains pays représentent
un pic entre 21 et 23 heures, d’autres
au contraire se situent aux alentours
de 1 heure du matin avec une recrudescence
vers cinq ou six heures du matin.
Si en France les répulsifs
n’avaient pas la côte
chez le sportif, cela était
dû d’abord à un
manque d’information du public
sportif, mais également à
leur odeur, qui pouvait gêner
plus le sportif que les moustiques
eux-mêmes.
De nombreux répulsifs actifs
sont présents sur le marché.
Il faut toutefois être vigilants
car leur efficacité peut être
également anéantie par
des résistances produites sur
le terrain.
Les conditions d’utilisation,
les quantités appliquées
sur la peau, l’imprégnation
des vêtements, l’imprégnation
de la moustiquaire, conditionnent
bien entendu la réelle efficacité
de ces répulsifs. En tout état
de cause, il faut favoriser les moustiquaires
imprégnées
longue durée, associer les
répulsifs, mettre en place
des insecticides et utiliser au minimum
le D.E.E.T. (Diétyl Tholuamil),
associé aux répulsifs
modernes, dont en particulier ceux
dérivés de la pipéridine.
Que penser
des répulsifs à sonde,
ultrasons, électroniques ou
autres appareils pouvant écarter
le moustique ?
Ils ont l’intérêt
d’exister. Ils peuvent être
utilisés en complémentarité
mais jamais seuls.
Il est également intéressant
d’analyser la toxicité
de ces répulsifs, en particulier
chez l’enfant et les femmes
enceintes.
Le port de vêtements imprégnés
est également intéressant,
mais la toxicité doit être
analysée. Chez l’enfant,
cela est déconseillé,
ou conseillé sur des durées
brèves.
Comme toute lutte contre le paludisme,
le réel risque des répulsifs
est l’arrivée de résistances.
Il est donc conseillé d’utiliser
plusieurs armes complémentaires.
Toutefois, il ne faut pas oublier
que lors de la pratique de raid nature
à la tombée de la nuit,
dans des lieux plutôt humides,
la grande concentration d’anophèles
rendra peu efficace l’utilisation
de crèmes répulsives.
La fréquentation de marché
de nuit en Thaïlande permet de
constater des nuées de bestioles
sur nos membres. Les répulsifs
ont alors un intérêt
moindre, mais ils méritent
d’exister.
Lors de la pratique du sport, il faut
noter également que le répulsif
mis directement sur la peau comme
cela doit être diminue l’efficacité
du filtre solaire. Il est donc conseillé
d’augmenter d’au
moins 20% l’indice de protection
du produit solaire utilisé.
Prévention
du paludisme
Aucun vaccin ne peut aujourd’hui
être employé dans le
cadre de la prévention contre
le vecteur qui sévit dans les
pays infectés.
La prévention passe par la
connaissance des zones de chimio-résistance.
Mieux connaître les zones de
chimio-résistance permet d’adapter
régulièrement la prévention
et de limiter l’épidémiologie
du paludisme.
Pour en savoir plus, il est nécessaire
de consulter régulièrement
les recommandations préconisées
par les organismes officiels, en particulier
le site du Ministère
des Affaires Etrangères,
ou le site de l’Institut
Pasteur. A voir également
le site de l’Organisme
Mondial de la Santé.
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EFFETS
SECONDAIRES
ET SPORT |
Il est toujours important de
considérer que la prophylaxie
du paludisme, avec l’utilisation
de classes thérapeutiques
rentrant dans le cadre des chimio-résistances
apportent des effets secondaires
non négligeables.
Toutefois, cette chimio-prophylaxie
est indispensable dans la mesure
où le paludisme tue régulièrement
en France et hors de France.
Les principaux effets secondaires
sont représentés
par des nausées,
vomissements, troubles
digestifs. Toutefois,
certains médicaments comme
le Lariam peuvent également
apporter des troubles neuro-psychiques
rares mais avec une potentialité
suffisamment grave pour être
contrôlée.
En ce qui concerne la cardio-toxicité
de l’Halfan, elle
doit
retenir toute notre attention.
En tout état de cause,
il faut respecter les posologies
et les intervalles de prises,
ainsi que les conditions de prise
du médicament.
L’efficacité est
reconnue. L’intolérance
existe et peut gêner une
pratique sportive. Le rapport
bénéfice/risque
est toujours toutefois favorable
à une prise
en charge préventive adaptée.
Pour une compétition à
enjeu important, un stage préalable
et un essai sur le terrain semblent
être souhaitables.
En ce qui concerne la législation
par rapport au dopage,
ces médicaments ne rentrent
pas
dans la
liste des produits interdits.
Important
La pratique d’un sport ou
d’une activité physique,
ou la participation aux raids
nature à l’étranger
peut présenter certains
dangers.
Certes, le paludisme en fait partie,
mais une bonne prévention
permet d’en limiter les
risques. Il n’en est pas
de même pour tous les autres
incidents qui guettent le voyageur.
Il est donc recommandé
au médecin ou au voyageur
potentiel de faire le point sur
la couverture médicale
sur le site de pratique, sur la
trousse d’urgence élémentaire
à embarquer dans ses bagages,
et enfin sur les assurances diverses
soins/ hospitalisation à
l’étranger ou rapatriement.
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Quatre
zones ont été définies
dans le monde,
représentant une graduation du
risque. |
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Les pays de la zone 0
Il s’agit des zones à priori
sans paludisme, hors paludisme importé
; encore que l’évolution
constante des facteurs de risque demande
une prudence dans des pays proches des
zones de risque.
On peut dire qu’en Europe, tous
les pays sont sans facteur de risque
de paludisme, même les Açores
et les Canaries qui pourraient être
de façon très ponctuelle
responsable de paludisme. En tout état
de cause, aucune résistance ne
serait alors mise en évidence.
Dans les pays où des grands raids
sont organisés, où des
marathons rassemblent beaucoup de monde,
comme les Etats-Unis, le Canada, Porto
Rico, il n’y a pas de risque spécifique.
Les pays qui attirent les plongeurs
sous-marins comme Les Maldives n’apportent
pas de risque spécifique vis-à-vis
du paludisme. L’Ile de la Réunion,
qui rassemble de grands raids est hors
risque, ainsi que les villes du Moyen
Orient moins usitées concernant
les pratiques sportives comme l’Israël,
la Jordanie, le Liban.
Enfin, les îles de l’Océan
Pacifique, en particulier la Polynésie
Française, sont hors paludisme.
Les pays de la zone 1
Les risques de transmission de paludisme
y sont faibles et rassemblent certains
pays d’Afrique du Nord comme l’Algérie
et le Maroc, mais également des
pays beaucoup plus fréquentés
par des touristes, comme par exemple
la Turquie.
Les pays de zone 2
Dans ces pays, il faut distinguer la
vie dans les grandes métropoles
urbaines capitales et les séjours
en zone excentrée, campagne ou
zone montagneuse. Il faut donc se renseigner
soit auprès du Tour Opérator
pour obtenir de meilleurs renseignements,
soit consulter les sites habituels pour
obtenir les zones d’endémie
ainsi que les résistances éventuelles.
Les pays de zone 3
Il s’agit essentiellement des
pays africains, forts visités
par les touristes puisque l’on
peut retenir la Côte d’Ivoire,
le Sénégal, voire les
pays à tourisme animalier comme
la Tanzanie.
Ces pays sont à risque global
pour des séjours en zone urbaine,
et en campagne, forêt ou zone
montagneuse.
Il s’agit de pays à fort
risque de contamination, avec des multi-résistances
croisées.
Conseils de
conduites à tenir
Pour les pays de groupe 0,
il n’existe pas de prophylaxie
nécessaire. On peut conseiller
de principe une prophylaxie d’exposition
et l’emploi d’insecticide.
Pour les pays du groupe 1,
il s’agit des zones sans chloro-quino-résistance,
où la nivaquine garde toute son
importance.
Pour les pays du groupe 2,
il s’agit des zones de chloro-quino-résistance,
où la nivaquine peut être
utilisée en association avec
paludrine , savarine, malarone.
Pour les pays du groupe 3,
il s’agit de pays à haute
résistance et même multi-résistance.
Le lariam, malarone, et Doxypalu doivent
être utilisés selon conseil
médical et facteur de risque.
Cas particuliers : femme enceinte
et enfant
Chez l’enfant la prophylaxie contre
le paludisme est indispensable et obligatoire.
Les posologies sont adaptées
en fonction de l’âge et
du poids de l’enfant.
Chez la femme enceinte, il n’y
a pas de risque à utiliser la
nivaquine, peu de risques à utiliser
la palvurine ou la savarine. Il est
déconseillé de se déplacer
dans les zones endémiques du
groupe 3. Toutefois, la malarone et
le Lariam peut également être
utilisée chez la femme enceinte,
sous surveillance médicale, conseils
et adaptation posologique.
Conclusion
La prophylaxie est obligatoire, chez
le sportif dès l’arrivée
en pays endémique. Il faut se
protéger avec des produits répulsifs,
garder près de soi dans sa chambre
des produits créant un écran
contre les moustiques, et se couvrir
plus que d’habitude en faisant
attention surtout au coucher du soleil,
en soirée et en deuxième
partie de nuit.
La prophylaxie commence pour beaucoup
de produits avant le départ,
et doit se poursuivre après le
retour.
La gêne la plus caractéristique
est représentée par des
troubles digestifs, pouvant anéantir
tout effort sportif.
Le bien fondé d’une prophylaxie
peut se discuter en fonction de la durée
du séjour et du lieu du séjour,
même en pays endémique.
Enfin, dans les pays du groupe 2, voire
du groupe 3, le schéma classique
de prévention est évolutif.
Il faut donc se renseigner quelques
semaines avant son départ sur
les sites appropriés ou auprès
de son Tour Operator ou pour en savoir
plus, consultez le site www.medecine-voyages.org
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