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Les
Risques sanitaires
des sports d'eau |
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saison estivale fait l’objet
chaque année d’une
préoccupation des pouvoirs
publics vis-à-vis de la
qualité des eaux de baignade.
Les sports nautiques sont exposés
à ce genre de problème,
mais peu d’information circule
à ce sujet, alors que les
risques semblent bien présents.
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Certaines
fédérations comme
le canoë kayak
ont pris le problème au
sérieux, donnant lieu à
plusieurs publications.
Nous vous proposons une information
sur les risques encourus lors
de la pratique de sports ou jeux
dans l’eau.
QUELS
RISQUES ?
La couleur de l’eau de certains
bassins extérieurs laisse
parfois planer des doutes sur
la propreté de l’eau
même si elle n’est
pas forcément un indice
de qualité bactériologique.
La couleur est certes un indice
mais méfiez-vous également
d’une eau claire et bleue.
Les canicules font ressurgir certaines
maladies secondaires aux baignades,
telles que les
gastroentérites, la
Leptospirose.
(Lire notre encadré).
LA LEPTOSPIROSE…
COMMENT LA DIAGNOSTIQUER ?
a)
Mode de contamination :
Le réservoir naturel de
germes est représenté
par les rongeurs, les animaux
domestiques, qui éliminent
des quantités importantes
de bactéries dans leurs
urines, et contaminent ainsi les
bassins. Ces bactéries
survivent longtemps hors des organismes
animaux dans les sols, les eaux,
les boues.
La contamination à l’homme
se fait soit pas contact
direct, soit par les urines des
animaux infectés.
A partir d’une « porte
d’entrée »
située au niveau de la
peau ou des muqueuses, par inhalation
d’eau contaminée
par exemple, les bactéries
se disséminent dans l’organisme
par voie sanguine. |
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* Outbreak
of leptospirosis
among triathlon
participants
and community
residents
in Springfield.
Collectif
d'auteurs,
Illinois,
1998.
** Approche
de la pathologie
rencontrée
au cours du
kayak.
Thèse Médecine.
F. Dubois,
1987, Caen.
** Leptospirose
et canoë kayak.
Canoë kayak
Magasine.
O. Stouvenel,
1986 - 75
- 39 |
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b)
Signes cliniques :
On distingue plusieurs formes cliniques
d’infection, en fonction du type
de bactérie (plus de 130 sérotypes
différents).
La forme la plus grave, et heureusement
exceptionnelle, évolue vers une
insuffisance rénale et hépatique,
des hémorragies multiples, des
troubles neurologiques. La convalescence
est souvent longue, et le pronostic
vital parfois mis en jeu (environ 5%
des cas).
Les formes « bénignes »
sont celles que l’on rencontre
habituellement. L’incubation
est silencieuse, pendant 1
à 2 semaines. Tout commence par
une 1ére phase « d’invasion
», marquée en général
par une fatigue, un syndrome grippal
avec fièvre et frissons, douleurs
musculaires et articulaires, et …
souvent rien d’autre. Bref, rien
de bien caractéristique.
Ceci d’autant plus, que vu les
circonstances, le sportif a toutes les
raisons d’être «
fatigué » à
l’issue d’une compétition
ou le baigneur « légèrement
grippé ». Ceci
l’amènera à ne pas
consulter de façon systématique
devant l’apparition de ces signes
cliniques, attribués à
une difficulté de récupération
de l’effort sportif, plutôt
qu’à une réelle
infection.
Les symptômes disparaissent rapidement
pour réapparaître après
quelques jours, accompagnés de
douleurs abdominales, et éventuellement
de signes neurologiques, oculaires (rougeur)
ou rénaux. C’est au cours
de cette 2éme phase que sont
fabriquées les défenses
immunitaires de l’organisme (anticorps
spécifiques).
La biologie permettra d’affirmer
le diagnostic (sérologie et mise
en culture dès le 5ème
jour).
Le traitement consiste
à prescrire un antibiotique,
qui est d’autant plus efficace
qu’il est administré précocement.
Il existe un vaccin, qui reste réservé
aux professionnels exposés, et
qui ne protége que contre la
forme la plus sévère,
et n’empêche donc pas les
symptômes d’une contamination
bénigne.
c) Ampleur du problème ?
Une étude américaine a
permis de préciser l’ampleur
du problème en triathlon, sur
un échantillon de 876 triathlètes
(*). 12% ont déclaré avoir
été malades sans que la
relation de cause à effet ne
soit clairement établie. Par
contre, sur les 474 prélèvements
sanguins réalisés, 11%
sont revenus positifs à la leptospirose,
apportant une preuve irréfutable
d’une contamination. Ce qui démontre
que 11% des triathlètes ont contracté
la maladie, sans pour autant avoir eu
des symptômes majeurs.
Cette étude apporte la preuve
que le risque infectieux consécutif
à l’épreuve natation
dans des bassins extérieurs existe
bien, et justifie des mesures de prévention.
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LA
LEPTOSPIROSE
EN FRANCE |
Même si l’incidence
de la Leptospirose est faible
en France, elle a été
en 2000 (534 cas déclarés)
l’une des plus élevées
d’Europe occidentale (Centre
National de Référence
des Leptospires).
Ces chiffres
sont largement
sous-estimés,
car de nombreux cas ne sont pas
déclarés (symptômes
peu spécifiques, attribués
à une autre maladie).
La répartition géographique
est très irrégulière.
Les régions les
plus touchées
sont l’île de France,
l’aquitaine, les pays de
Loire, le Nord/Pas-de-Calais,
les Dom Tom.
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CIRCONSTANCES
AGGRAVANTES |
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Le climat chaud favorise la prolifération
bactérienne, ceci d’autant
plus que la sécheresse associée,
accentue la concentration des bassins
fermés, et empêche un renouvellement
des eaux par le flux naturel.
Le risque est également accentué
dans les bassins fermés (lac
étang), beaucoup plus accidentel
au niveau des plages.
MESURES DE
PREVENTION
L’analyse bactériologique
de l’eau est imposée
par le cahier des charges dans le
cadre de l’organisation de certaines
compétitions, ainsi que pour
les bassins ouverts au public. Elle
est orientée vers la recherche
des germes fécaux les plus
fréquents, et vérifiera
l’absence d’infectiosité
majeure du bassin.
L’une des préventions
efficaces consiste d’une
part, à éviter «
les portes d’entrée »
des germes, à commencer par
soigner et désinfecter les
plaies, même bénignes
qui constituent une source de contamination.
Bien sûr, ceci n’empêche
pas la contamination par les muqueuses
lors d’une ingestion d’eau.
D’autre part, il est important
de se garantir d’une bonne immunité,
pour favoriser une défense immunitaire
rapide et spécifique de l’organisme
face aux bactéries. Un facteur
essentiel est d’éviter
les phases de surentraînement,
de fatigue, ou d’infection bénigne
passagère (rhume, angine) qui
affaiblissent l’organisme et fragilisent
l’immunité. Sur
le plan nutritionnel, éviter
une carence protéinée,
et favoriser la consommation
pluriquotidienne de fruits
et légumes frais. Par
leur apport vitaminique et minéral,
ces derniers participent activement
à la synthèse des défenses
anti-infectieuses de l’organisme.
Enfin, certaines études proposent
une antibiothérapie « de
principe » devant la survenue
d’une fièvre d’allure
grippale dans les 2 semaines qui suivent
une exposition à des eaux potentiellement
souillées avant même d’identifier
la bactérie responsable.
CONCLUSION
Le risque infectieux existe mais reste
très variable en fonction des
conditions climatiques et géographiques.
Etant donné l’absence de
symptôme spécifique, une
fièvre dans les 2 semaines consécutives
à une compétition
ne doit pas être prise à
la légère, et doit justifier
un avis médical. N’oubliez
surtout pas d’informer votre médecin
sur vos pratiques de sports aquatiques.
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| + Diététique et Nutrition |
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