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| Se
fixer des objectifs sportifs… |
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Se
fixer des objectifs sportifs semble
paraître
pour chaque sportif et entraîneur
d’une facilité déconcertante.
Rien de plus simple ! Et pourtant… |
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| Fiche
technique : |
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Prenons
l’exemple des résolutions
de début d’année.
Combien parmi nous ne s’est
pas un jour fixé comme
objectif d’arrêter
de fumer, de perdre du poids,
de faire plus de sport ?
Et combien de ces vœux pieux,
pourtant affirmés avec
beaucoup de conviction et de fermeté
se sont vu exhaussés ?
Souvent très peu.. Alors
d’où provient ce
hiatus ?
Se fixer des objectifs,
sportifs ou non sportifs,
si nous voulons que ces objectifs
soient atteints, doit répondre
à une certaine méthodologie
et des règles de
bases. «
Le comportement humain est fondamentalement
régulé par un but
à atteindre et donc orienté
vers le futur » FAMOSE 2001.
Axé
sur le résultat
L’objectif que l‘on
se fixe principalement dans le
domaine sportif est de gagner.
C’est ce qui se réfère
aux buts de résultat. Ce
type d’objectif est axé
sur le résultat d’un
évènement sportif
comme gagner un match ou finir
premier d’une compétition.
Il implique donc généralement
une comparaison à
d’autres. Il est
donc tributaire des performances
de l’adversaire. Si cet
objectif est fortement prisé
par les sportifs, il l’est
tout autant par les entraineurs. |
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But de performance
Un autre type d’objectif est le
but de performance, qui comprend une
performance finale à atteindre
relativement indépendante des
performances des autres concurrents.
Par exemple, cadrer 10 tirs sur 15 tirs,
ou encore réussir 6 aces sur
un match.
Ce type d’objectif possède
à bien des égards des
avantages. D’une part, nous pouvons
supposer que si le sportif atteint ces
buts de performance, l’objectif
de résultat a de grande chance
de l’être aussi. D’autre
part, il offre l’avantage de pouvoir
maintenir une confiance en soi
et une satisfaction importante si le
sportif atteint ses objectifs de performance
sans pour autant avoir le résultat.
Comportements
spécifiques à adopter
Enfin, le dernier type d’objectif
correspond aux processus, qui sont centrés
sur les comportements spécifiques
à adopter.
Par exemple, en football, orienter les
épaules au moment de la frappe
vers la direction souhaitée.
Tous ces comportements et actions permettent
d’exécuter avec
efficacité le geste technique.
Ils participent à l’apprentissage
des gestes techniques nécessaires
à la pratique sportive, focalisent
l’attention sur les éléments
spécifiques à maîtriser
et fournissent des repères dans
la progression de l’athlète.
Se pose alors la question de l’efficacité
des différents types d’objectifs.
Différentes études montrent
d’une part que la progression
est supérieure lorsque des objectifs
sont fixés par rapport à
un groupe de sportifs sans objectif
clairement posés.
D’autre part, l’efficacité
est moindre avec l’objectif de
résultat, par rapport aux deux
autres types d’objectifs. C’est
la stratégie des objectifs multiples
qui s’avère la plus efficiente.
" Filby, Maynard et Graydon
(1999) ont réalisé une
expérience avec des joueurs de
football universitaire qu’ils
ont répartis en cinq groupes
pour un exercice de précision
consistant à réaliser
des reprises de volée contre
un mur, l’objectif étant,
pendant un temps donné, de placer
le ballon le maximum de fois à
l’intérieur d’une
cible tracée sur le mur. Ces
cinq groupes étaient les suivants
: (a) pas de but (groupe contrôle),
(b) buts de résultat, (c) buts
de processus, (d) buts de résultats
et de processus, (e), buts de résultat,
de performance et de processus.
Après cinq semaines d’entraînement,
les résultats ont montré
que les deux groupes appliquant une
stratégie à buts multiples
ont été plus performants
que les trois autres groupes. Comparativement,
le groupe ayant réalisé
le moins de progrès a été
le groupe « buts de résultat
»."
- Extrait de l’ouvrage «
Psychologie du sport » de Richard
H.Cox edition de boeck, 2005.
Cependant, pour que ces objectifs soient
efficaces et améliorent la performance,
un certain nombre de principes
et de règles doivent être
respectées (Lire notre
encadré).
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Principes fondamentaux
dans la fixation d’objectif.
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• Formuler des objectifs
précis.
• Fixer des objectifs difficiles
mais réalistes.
• Fixer des objectifs à
court,
moyen et long terme.
• Consigner vos objectifs
par écrit.
• Fixer des objectifs
de façon positive.
• Fixer des objectifs de
performance et de processus
et pas seulement de résultats.
• Les objectifs doivent
être
formulés avec le sportif.
• Metter au point des stratégies
d’atteinte des objectifs.
• Se fixer des buts de compétition
mais aussi d’entraînement.
• Favoriser l’évaluation
de ces objectifs.
• Fixer des objectifs qui
prennent
en compte les différentes
dimensions de l’athlète.
• Prévoir la réévaluation
des objectifs.
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Premier
principe
Le premier principe est la formulation
d’objectifs précis et claire.
Par exemple, dans les sports collectifs,
un des objectifs formulés en
début de saison, peut être
d’améliorer le jeu collectif.
Mais comment un joueur peut-il savoir
s’il a atteint un tel objectif
? Par exemple, sur l’amélioration
du jeu collectif, un des objectifs possible
peut être de quantifier le nombre
de passes et de phases de jeu avant
de marquer un essai.
Deuxième
principe
Le deuxième principe est la formulation
d’objectifs difficiles
mais réalistes. L’objectif
s’il est trop facile va facilement
être atteint et engendrer de l’ennui
et une diminution de la motivation.
Par ailleurs, s’il est trop difficile
il va entraîner dans un premier
temps une augmentation du stress (la
demande faite au sportif étant
supérieure à ses ressources
et ses capacités), puis très
vite un découragement et un désinvestissement
de l’activité.
Troisième
principe
Le troisième principe permet
de mettre des repères
et des jalons dans le parcours
de l’athlète. Ces repères
lui permettent à la fois de se
projeter vers l’avenir avec une
vision claire de son parcours mais aussi
d’évaluer et de réajuster
périodiquement ses objectifs.
Un autre principe, peut être le
plus important pour accroître
la performance, est la formulation
et l’acceptation par le sportif
des buts à atteindre.
Si nous observons dans le milieu sportif,
la majorité des objectifs est
fixée par l’encadrement
du sportif, qu’il soit par l’entraîneur
ou par l’encadrement sportif.
Ces objectifs constituent des injonctions
à réussir.
Or, toutes les études et recherches
en psychologie montrent qu’un
objectif a d’autant plus de chance
d’être atteint qu’il
est formulé et internalisé
par le sportif. Que ce soit dans le
domaine sportif, dans le domaine professionnel
ou dans le domaine personnel, un
individu adhère d’autant
plus à une décision qu’il
a l’impression qu’elle est
librement consentie et qu’il participe
à cette décision.
Ce processus est largement utilisé
dans le monde de l’entreprise.
Si je veux qu’une décision
soit acceptée facilement, il
faut que je donne l’impression
que cette décision émane
des personnes concernées.
Fournir les
éléments et stratégies
nécessaires
Il ne suffit pas de fixer des objectifs,
comme par exemple améliorer son
revers au tennis, faut-il encore fournir
les éléments et stratégies
nécessaires pour atteindre cet
objectif. Par exemple, pour améliorer
le revers, il faut exécuter le
geste avec un poignet solide. C’est
offrir au sportif les clés de
la réussite dans l’objectif
fixé.
L’objectif se doit d’être
fixé de façon positive,
parce qu’il facilite la réussite
en augmentant la confiance en soi. Par
exemple, la formulation «
tu ne dois pas rater tes un contre un
face au gardien » implique
qu’il est possible qu’il
rate et accroît alors le doute
dans une telle situation. Il est préférable
d’utiliser la formulation : «
réussir 4 un contre un sur 5
face au gardien ».
L’objectif doit être évaluable
et vérifiable. Où j’en
suis par rapport à l’objectif
fixé ? Pour cela, la formulation
par écrit est un outil
qui permet de garder une trace précise
de l’objectif, mais aussi de vérifier
que cet objectif soit clair, précis
et compris.
Enfin, les objectifs ne doivent pas
se restreindre aux compétitions
mais se fixer aussi sur l’entraînement,
lieu privilégié de l’apprentissage.
Ces principes sont rarement appliqués
même au plus haut niveau, et leur
non respect réduit l’efficacité
d’un outil pourtant d’une
grande puissance, parce qu’il
accroît la motivation et la confiance
en soi et guide les apprentissages.
Football et
jeux olympiques
Pourtant, certains entraîneurs,
de très haut niveau, énoncent
des objectifs qui peuvent paraître
minimalistes d’un œil extérieur.
Prenons par exemple Guy Roux,
qui très longtemps fut l’entraîneur
mythique de l’équipe de
football d’Auxerre. Quelque soit
la qualité de son effectif, l’objectif
inlassablement formulé est le
maintien en ligue 1.
Alors pourquoi une telle stratégie
d’un entraîneur aussi chevronné
? Simplement parce que si les objectifs
clairement exprimés sont le maintien,
il diminue la pression sur les épaules
de ses joueurs, et tout autre résultat
constitue alors un exploit. Dans le
même temps, il est bien évident
qu’entre l’objectif formulé
à la presse et l’objectif
réellement poursuivit par Guy
Roux, l’écart est grand….
Revenons sur une émission diffusée
sur Europe1 le mardi 12 août 2008
et la polémique entre les consultants
sur les motifs possibles des sept médailles
d’argent aux jeux olympiques
de Pékin…mais
aucune en or.
Une des consultantes avance l’hypothèse
d’un état d’esprit
différent entre les athlètes
de la délégation française
et les athlètes de la délégation
américaine. Selon elle,
les athlètes viennent avec un
seul objectif : gagner !
Alors que l’on entend fréquemment
les sportifs français lors d’interview
rechercher d’avantage la notion
de plaisir.
Peut-on raisonnablement penser que l’on
peut venir aux jeux avec comme seul
objectif de se faire plaisir et ne pas
rechercher la victoire, le tout après
des années de travail intensif
et de sacrifices ? Mais surtout, ces
deux objectifs sont-ils contradictoires
? Peut-être une question de priorité. |
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