| Certains sportifs
relatent l'impression d'être dans
un autre monde, de marcher à
un mètre du sol comme s'ils flottaient.
Cet état de flow se retrouve
également dans les sports collectifs.
C'est alors tout un groupe qui agit
à l'unisson, les gestes sont
précis, les erreurs presque
inexistantes et les choix tant techniques
que tactiques les meilleurs. Se dégage
alors de l'ensemble du groupe un sentiment
d'harmonie et d’invincibilité.
C'est ce qu’exprime Laurent
Sciarra, meneur de jeu de l'équipe
de baskets à Sydney,
« Si on prend
le temps d’être en harmonie,
on peut renverser des montagnes. »
(extrait de l'ouvrage de Heuzet dans
préparation psychologique dans
les sports collectifs, I.N.S.E.P., Paris
2001).
Mais cette une notion de flow s'exprime
davantage encore dans les propos du
capitaine de l'équipe de hockey
sur glace a championne olympique à
Nagano : « oui, il y avait une
alchimie. Je ne sais pas comment exprimer.
On pouvait la sentir dans le vestiaire,
presque la toucher. Tout le monde
allait dans le même sens. Je
ne saurais dire d’où
ça venais mais c'était
la. » (L'Equipe du 10 février
2002).
Les exemples sont nombreux mais il
semble qu'il soit parfois difficile
de décrire cet état.
Pourtant ces caractéristiques
sont presque toujours les mêmes.
Certains auteurs nous en offrent un
descriptif.
Wienberg-Gould proposeà partir
d'interviews d'athlète (Athlètes
in flow, Journal of Applied Sport
Psychologie, 1992) plusieurs caractéristiques
de la fluidité, caractéristiques
complétées par Christian
Target dans son ouvrage manuel de
préparation mentale aux éditions
Chiron.
• « Une immersion complète
dans l’activité »,
qui « isole du reste du monde
». La concentration est maximale
et reste focalisée sur l'action
à venir.
• « Une sensation de contrôle,
de perfection et d'efficacité
maximale ». Seules les informations
pertinentes sont traitées par
le sportif. Bien qu'ils évoquent
l'impression d'un pilotage automatique,
paradoxalement, c'est un traitement
stratégique de l'information
qui s'opère à cet instant-là.
• «Fixation d’objectifs
ou récompense extérieure
à l'activité »
ce qui veut dire que le sportif ne
se focalise pas uniquement sur le
résultat. La notion d'échec
ou de réussite est ici absente.
• « Une impression de
faciliter ». L'athlète
est détendu et relâché.
• « Une impression de
plaisir. » Le plaisir est au
centre de la préoccupation
du sportif.
• Le problème de la confiance
ne se pose pas.
Daniel Goleman dans son ouvrage «
l'intelligence émotionnelle
» aux éditions Laffont,
observe qu'en état de fluidité
« le paradoxe est que les choses
les plus difficiles sont faciles,
les performances exceptionnelles sont
tout à fait naturelles. À
l'intérieur même du cerveau,
on observe un paradoxe similaire,
les tâches les plus compliquées
sont accomplies avec une dépense
d'énergie minimale ».
Dans cet état, plus les individus
sont concentrés sur la tâche
à accomplir, plus leur cerveau
«se calme, c'est-à-dire
que l'excitation corticale diminue».
Il résuma ses propos en en
parlant « d'un oasis d'efficacité
corticale ».
Certains auteurs
ont fournis d’autres descriptions
de cet état de fluidité.
Christine LE SCANFF
• Une certaine amnésie
qui amène le sportif à
jouer de manière quasi automatique,
instinctive, rendant difficile la
description de la compétition.
• Une composante concentration/dissociation
qui signifie que l’athlète
est totalement centré, focalisé
sur sa compétition, en faisant
abstraction de tout ce qui extérieur.
Certaines expressions reviennent comme
« j’avais l’impression
d’être dans un autre monde,
comme dans un rêve ».
• Un détachement de la
douleur qui amène l’athlète
à accroître sa tolérance
à la douleur, n’éprouvant
pas de sensations de fatigue, de lassitude
ou d’épuisement.
• Un changement perceptif qui
se définit par des manifestations
de transe, de distorsion du temps,
de déformation de la réalité,
l’impression de jouer au ralenti.
• Un grand sentiment de puissance
et de contrôle.
==> Disponibilité
physique, une faible anxiété,
une grande énergie, de l’optimiste,
un sentiment de calme, de focalisation,
de confiance, et est extrêmement
lié aux exigences de la compétition.
Les 12 points de James LOEHR
:
• Les muscles sont relâchés
et souples.
• Un état mental calme
et tranquille.
• Une faible inquiétude.
• Une grande énergie.
• Des sensations positives et
optimistes.
• Un plaisir et un amusement
à jouer.
• Un jeu sans effort.
• L’action est instinctive
et automatique.
• Une grande confiance en soi.
• Un esprit vif et alerte.
• Une sensation de grand contrôle.
• Présent et concentré.
Janet Young (psychologue,
étude réalisée
sur 31 joueuses de tennis).
Etat bref, temporaire, qui se déclenche
le plus souvent à l’entraînement.
• Concentration sur l’instant
présent.
• Capacité de faire face
à la situation et de relever
un défi.
• Faculté d’associer
sans effort l’action à
la prise de conscience.
• Détachement du résultat,
du match et de soi-même.
• Sensation de maîtrise
et de contrôle de la situation.
• Feedback important et précis.
Christian Target
(op. cit.) nous propose une
formule qui résume les
caractéristiques de la fluidité
et qui nous semble corroborer notre
expérience. Cet état
de fluidité, véritable
Graal du sportif, est une quête
permanente pour l'athlète.
Weinberg-Gould nous propose des pistes
pour tenter d'accéder à
cet état.
-- être bien entraîné.
-- canaliser les énergies restait
détendu.
-- maintenir une focalisation adéquate.
-- prendre plaisir à l'activité
en cours.
Pour Christian Target, les caractéristiques
de fluidité sont celles de
la confiance, et par conséquent
passe par les mêmes voies, c'est-à-dire
l'optimisation des savoir-faire permettant
l'accès la confiance.
Pour des auteurs comme Goleman et
Csikszentmihalyi, cet état
exige des conditions particulières
: « les individus semblent se
concentrer mieux lorsque la tâche
est un peu plus exigeant que d'ordinaire
et qu'ils sont capables de donner
davantage d'eux-mêmes. Si c'est
trop facile, ils s'ennuient. Si c'est
trop difficile, ils deviennent anxieux.
La fluidité apparaît
dans ces zones délicates délimitées
par l'ennuient et l'anxiété.
»
En reprenant la formule proposée
par Christian Target,
il semble fondamental d'activer l’émostat,
d'optimiser la concentration et l'anticipation
sur les sensations. Il n'y a en effet
pas de grandes performances sans l'émotion
qui la guide. C'est émotion
qui va recruter le niveau d'énergie
adaptée aux besoins de la compétition.
Pour activer l'émostat :
-- la préparation physique
énergétique doit être
optimale.
-- il faut construire et activer les
émostats. « Le fait de
pouvoir canaliser ses émotions
vers le but donné est une aptitude
primordiale. » Chaque compétition,
quelle que soit sa nature, sa forme,
exige la mise en état émotionnel
particulier et ciblé, que ce
soit dans la phase de préparation
à la compétition ou
que ce soit pendant l'épreuve,
il est indispensable de trouver les
états mentaux qui vont permettre
de se brancher sur la réalisation
de la performance optimale.
-- chassez l'anxiété
et apprendre à aimer la pression.
Michael Johnson, cinq fois médaillées
d'or aux jeux olympiques et neuf fois
champion du monde d'athlétisme,
nous donne la réponse : «
la pression, il ne faut jamais la
haïr ; au contraire, il faut
l’aimer. » (Extrait de
de l'équipe du 6 août
2001).
-- recherchez le plaisir. «
Le plaisir est une garantie, c'est
un bon moyen d'oublier le contexte
et l'environnement » rappelle
le capitaine de l'équipe de
France de volley.
Pour cela, la pratique de l'imagerie
est absolument indispensable pour
accéder à celle des
savoir-faire. C'est un outil de base
à la portée de chacun.
La pratique de la relaxation apparaît
également importante, par la
capacité de ressourcement qu'elle
entraîne et par l'excellente
introduction qu'elle fournit à
l'imagerie. La répétition
mentale, le programme mental de correction
sont également des procédures
indispensable, nécessaire de
connaître et d’utiliser
au quotidien. Elles permettent respectivement
d’apprendre et de perfectionner
un geste ou un comportement, et de
le corriger si nécessaire sans
avoir uniquement recours à
la pratique de terrain.
Il décrit également
la nécessité de mettre
en place des objectifs clairement
définis, de contrôler
le système de croyances qui
nous gouvernent, de pratique, d’organiser
et planifier un entraînement
mental.
Par ses répercussions sur
la performance mais aussi se bien-être
qu’il procure, le flow constitue
un véritable Graal, une quête
éperdue pour le sportif.
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