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Le
handball féminin :
un handball avec
des spécificités…
et non des manques ! |
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| Au
lendemain de la très belle
victoire de l’équipe
de France masculine de handball
au championnat du monde en Croatie,
les médias se font le relais
d’un sport qui peu à
peu prend une envergure à
la hauteur des exploits de son
équipe nationale. |
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Ce
troisième titre mondial
offre au handball le plus beau
palmarès du sport collectif
tricolore. Ce sport séduit
de plus en plus un public qui
ne cesse de s’élargir.
Sport spectaculaire, sport de
contact, sport aérien,
il requiert des qualités
athlétiques indéniables
et des vertus morales certaines.
Le handball féminin
connaît une popularité
moindre comme l’atteste
son nombre de licencier ou ses
retransmissions télévisées.
S’il requiert des qualités
similaires, il possède
néanmoins un certain nombre
de spécificités,
comme la plupart des pratiques
sportives féminines. Le
handball masculin diffère
du handball féminin, mais
l’inverse est vrai, et le
handball féminin ne
doit pas être appréhendé
en terme de manque mais en terme
de différences et de spécificités.
« Quand le milieu du
hand, plutôt masculin, dit
il y a le hand et le hand baballe..Je
crois que les handballeurs ne
reconnaissent pas la valeur de
leur hand. »
Christian Liénard, Président
de la ligue Nord-Pas de Calais
de handball, extrait de la Voix
des sports du 26/11/2007.
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Quelques
spécificités
de la pratique féminine :
La proposition de « jouer au plus
près » de l’adversaire
en préconisant le « un
contre un » tant en défense
qu’en attaque va à l’encontre
de la spécificité féminine.
Il est calqué sur la pratique
masculine.
• Même au plus haut
niveau, l’espace est
moins
réduit que dans le jeu masculin,
et il ne nécessite
pas forcement le "un contre un".
• Le rapport
au contact amène l’évitement
du duel,
du rapport à la force.
• « La faute »
a une connotation différente
chez les filles.
• Le jeu s’oriente
davantage vers un collectif.
• La proposition
du jeu au plus près de l’adversaire
en attaque doit être modulée
au profit du jeu
en évitement ou en esquive.
• Un jeu en attaque
basé sur le mouvement
et les enchaînements d’actions.
• Un jeu en défense
orienté vers la zone.
• Un jeu défensif basé
sur la récupération
rapide
de balle.
En conclusion
:
1. La joueuse de handball
va privilégier la maîtrise
de l’activité, du geste,
du mouvement plus que la réussite.
2. Le handball féminin
possède des spécificités
au niveau du jeu qui diffèrent
du handball masculin. |
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«
Un jeu où la feinte prendrait
le pas sur la force »
Handball au féminin, le sens
d’une évolution, Approche
du handball, Hors série janvier
2000).
Claire Apiou a menée
une expérimentation de 1988 à
1991 sur 110 joueuses, âgées
entre 15 et 17 ans, considérées
comme les meilleures de leur génération.
Elle effectue une comparaison entre
l’élite nationale et les
autres joueuses de handball.
> L’agressivité
dans le duel :
La comparaison entre les joueuses de
haut niveau et les joueuses de moindre
niveau se situe essentiellement dans
leur engagement dans le duel. Il leur
a été demandé de
répondre sur ce qu’évoque
pour elles la notion de duelle.
– Groupe Elite :
• 50% des représentations
du terme de duel se situent dans la
sphère
de l’agressivité et de
la réactivité. •
30% dans la sphère du bien-être
et « du désir d’être
».
– Groupe témoin
: • 25% dans la sphère
de l’agressivité et de
la réactivité. •
15% dans la sphère du bien-être.
Au plus le niveau d’expertise
augmente, au plus l’agressivité
dans le duel est ressentie comme positive.
Et cette différence s’observe
également dans les réponses
au mot « battre » auquel
45% du groupe élite réagit
par un désir de domination pour
seulement 17% dans l’autre groupe.
> «
La faute » –
La faute dans le jeu diffère
entre la population masculine et la
population féminine.
– La faute est rejetée
ou vécue comme une difficulté
:
> Pour 66% des filles.
> Contre 42% pour les garçons.
>>> Pour les filles, la faute
à une valeur morale et une connotation
négative et dévalorisante.
> Le
« surnombre »
Cette situation de surnombre provoque
chez les filles, des réactions
diverses qui va du rejet au bien-être
; Le rejet parce qu’elle génère
une pression importante puisque c’est
une situation qui doit générer
de la réussite.
« Notre démarche se
fondera sur l’affirmation que
le développement du handball
féminin français passe
par la définition d’un
jeu plus dynamique adapté à
une femme latino-européenne,
où seront privilégiés
le mouvement, caractérisé
par l’enchaînement d’actions
et de changements de statuts rapides,
la feint, l’évitement et
des défenses organisées
pour une récupération
active de la balle » ( Handball
au féminin, le sens d’une
évolution, revue Approche du
handball, Hors série janvier
2000)
> La
gestion des émotions :
Les situations de compétitions
génèrent chez les filles
un état affectif plus
important, à la fois
plus intense et plus négatif.
Chez l’athlète féminine,
la fluctuation de la perception de l’anxiété
est plus importante. La différence
dans la gestion des émotions
a des conséquences :
• L’éloignement familial
lors de compétitions ou de stages
peut être vécu
de façon douloureux. L’évaluation
de la capacité d’autonomie
et d’adaptation
de la joueuse peut fournir des indices
intéressants.
• La relation aux partenaires
est un déterminant du bien-être.
• La relation à l’entraîneur
est prépondérante dans
l’investissement de la handballeuse.
> L’équipe:
une motivation fondamentale dans la
pratique du handball féminin
« Je me suis très vite
rendu compte qu’il n’y avait
pas que le terrain à gérer.
Chez les garçons, on vit dans
l’instant. Il y a parfois des
situations un peu conflictuelles pendant
l’entraînement. Mais quand
la séance se termine, c’est
fini. Or, les filles peuvent se rappeler
longtemps ce qui s’est passé
auparavant. En cas d’accrochage,
mieux vaut régler ça tout
de suite avant que ça explose,
un mois et demi plus tard ! »
Fabrice Courcier, entraîneur de
basket féminin de Saint-Amand.
Ces propos de Fabrice Courcier sont
similaires aux remarques des entraineurs
en charge d’une équipe
de handball féminin et montre
toute la complexité dans la gestion
du collectif.
La relation aux autres, la solidarité,
et même les conflits >>>
Ce sont des éléments moteurs
dans la pratique du handball féminin.
En conclusion, la pratique
du handball féminin diffère
de la pratique masculine mais doit être
vue en terme de spécificité
et non de manque. S’il est évident
que les caractéristiques physiques
et athlétiques de la femme sont
moindres sur certains aspects, la complexité
de la psychologie féminine amène
certains entraîneurs à
parler de sacerdoce…Pour d’autres
de véritable bonheur !
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