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| LE DERNIER
STADE, film de Christian
ZERBIB (1994). |
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| Synopsis :
Peu lui importe les honneurs et
la gloire, Catherine est une athlète
qui ne court que pour son plaisir,
et elle aime ça. Elle y
met toute sa fougue, tout son
coeur, et ne fait d'entorses à
sa passion que pour Olivier, un
vrai fou du micro, avec qui elle
partage vie et amour. Pourtant
un jour, cette passion se fait
obsession. Cr il lui faut prouver
qu'elle mérite ce titre
de Championne Nationale du 800
mètres qu'Agnès
lui a volé l'année
précédente. Agnès
la dopée, la paria, la
tricheuse, suspendue et destituée.
Et l'obsession tourne à
l'aveuglement lorsque l'injustice
d'une blessure, quelques semaines
avant le jour "J",
fait accepter à Catherine
ce qu'elle a toujours refusé
: "une médication
qui cache la douleur pour pouvoir
continuer à courir, interdite
par le règlement sportif..."
Mais le mot "dopage"
est oublié, ignoré
lorsque le succès récompense
la jeune femme : elle est championne
nationale.
Ô griserie de la victoire,
reconnaissance sociale, privilèges,
envie de toujours plus !
L'engrenage, Catherine ne peut
l'éviter. Elle file vers
le championnat d'Europe et les
Jeux Olympiques. Elle oublie
les risques de sanctions et
les risques physiques.
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| LE
DERNIER STADE |
Film réalisé
par Christian Zerbib,
d'une durée
de 97 minutes.
Acteurs :
Anne Richard, Philippe
Volter, Siemen Rühaak,
Martine Sarcey, Charles
Berling, Christian
Bouilette, Daniel
Langlet, Nathalie
Dorval, Alain Floret,
Lucien Melki Sortie
: Septembre
1994
Film parrainé
par le Comité
International Olympique
et le Ministère
de la Jeunesse
et des Sports. |
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| Consulter
sur IMDB |
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Elle repousse
Olivier et ses mises en garde et fonce vers
sa destruction, aveuglément mais passionnément.
Elle accepte des médications qui la
rendent plus puissante, plus résistante
mais plus dépendante. Elle accepte
des médications qui la transforment
mais la déforment. Elle veut courir
à tout prix, gagner à tout prix.
Ni les tentatives d'Olivier, ni les souffrances
physiques ne l'arrêteront. Elle court
toujours plus vite, toujours plus fort, toujours
plus loin. Pourtant elle s'arrêtera
en pleine course, brisée dans son élan,
perdant l'enfant d'Olivier. Elle espérait
encore rattraper l'amour au vol. Mais dans
cet envol, est-ce la mort qui devait la rattraper
?
Avis :
Ce film qui date de 1994 n'a pas pris une
ride, tant la réalité est décrite
en phase avec ce qui peut se passer encore
de nos jours dans les stades ou autour de
ceux-ci.
Ce film, ecellent support audiovisuel a eu
le mérite d'exister et d'être
réalisé à une époque
où peu d'acteurs sportifs étaient
sensibles à la réalité
du dopage, dénonçant les médecins
comme des "empêcheurs de tourner
en rond".
Aujourd'hui, alors que l'A.M.A. et les Agences
Mondiales de Lutte contre le Dopage existent,
il est curieux de réfléchir
aux projets que nous avons réalisés
pour la lutte contre le dopage.
Ainsi, le "Dernier Stade" est encore
d'actualité !
Notes d'intention de Christian ZERBIB :
Morte un jour de douleurs. Morte victime du
dopage. Quelle absurdité !
Tout a commencé à l'annonce
de cette mort de Brigit Dressel, une jeune
athlète de 25 ans. Jai voulu crier
ma révolte, mon incompréhension,
mon indignation, est né mon amour.
J'ai écrit ce film pour exprimer et
partager ces sentiments qui m'ont débordé.
J'ai écrit ce film par désespoir
et pour l'espoir. J'ai écrit ce film
grâce à elle, mais pour tous
ceux qui ont l'espoir et la passion. Pour
que tout simplement cet espoir, cette passion
ne se transforme plus en destruction. D'abord,
il m’a fallu comprendre. Il m'a fallu
du temps pour comprendre comment on pouvait
accepter de se détruire pour quelque
chose d'aussi éphémère
que la gloire sportive.
Dès le début, une déclaration
du Docteur Olievenstein m'a troublé,
et m'a guidé : « Les sportifs
toxicomanes dont je me suis occupé
souffraient d’une immense immaturité.
C'était des grands grosses qui découvraient
la dure réalité de la vie
et avaient très peur de ne pas y
arriver, de ne pas être à la
hauteur ». Voilà, ces grands
grosses sont le sujet et le pourquoi de
ce film.
Car il est vrai que l'attrait de la gloire
de l'argent ne suffit pas à tout
expliquer. C'est sur quelque chose de plus
fort, de plus diffus aussi, que se fondent
les motivations des athlètes. Immergés
dans un microcosme social tout entier tourné
vers lui-même, ils en oublient bien
souvent le monde extérieur et l'enjeu
même de leurs engagements. Et ils
ne perçoivent plus que l'objectif
qu'ils se sont fixés avec leur entraîneur
: tel championnat, telle victoire, les jeux
olympiques, etc.
Ainsi Catherine, l'héroïne
de « Dernier Stade », ne vit-elle
que pour sa passion : elle est dans un autre
monde. Sa motivation n'est plus que de gagner,
pour elle-même, pour son entraîneur
de se surpasser, de vaincre la douleur et
le chrono. Une motivation difficilement
compréhensible tous ceux qui n'ont
pas connu cette griserie hors du temps que
procure la course, quand l'athlète
est guidé dans la victoire, porté
par les acclamations d'un public inconditionnel,
tout acquis au sacrifice de l’arène.
Là, le sport de haut niveau est
à lui tout seul – sans même
parler du dopage - une sorte de drogue.
Il agit sur le corps et sur l'esprit en
distillant ses exigences quotidiennes de
rigueur, de discipline, de volonté,
qui font oublier tout le reste, oublier
que la vie existe aussi ailleurs.
Stéphane, l'entraîneur de Catherine,
immergé de la même façon
qu'elle dans le milieu sportif, par et pour
lequel il vit, peut presque faire, par son
côté agressif et battant, figure
de monstre.
Un monstre voué à une cause
sublimée, la victoire de ses athlètes.
Et qui attend d’eux en retour leur
gratitude, et la reconnaissance de son savoir-faire.
Mais aime-t-il, profite-t-il de la vie ?
L'humain en lui semble mystérieux,
quasiment absent.
À moins qu'il ne soit aveugle ou
inconscient, d'une inconscience criminelle
? Ou bien marionnette d'un système
régi par ses propres lois ? Des lois
internes, comme secrètes, des lois
de caste.
Des lois qu'Olivier, l'ami de Catherine,
ignore lui-même alors qu'il connaît
si bien le sport. Mais il le connaît
de l'extérieur, sans le pratiquer.
Alors par son regard à la fois très
proche - il est commentateur sportif - et
lointain - il est derrière la vitre
- il se met à incarner l'éthique,
le juste, l'homme qui veut savoir. La force
d'Olivier, c'est qu'il a sur la vie, sur
le monde, un point de vue toujours en éveil.
Et son amour pour Catherine se trouve sûrement
magnifié par l'idée qu'il
se fait de la victoire du bien sur le mal,
car le succès de cet amour serait
aussi celui de sa morale.
Métaphore de toutes les activités
humaines acharnées, le film se veut
un reflux des pulsions du monde d'aujourd'hui.
Car, de la même façon que l'homme
politique qui marche aux amphétamines,
que la vedette du showbiz qui marche à
la coke, la ménagère au Lexomil,
l'ouvrier à ce qu'il peut, ou l'étudiant
au Guronsan, nous sommes tous des dopés
en puissance. Le film dit un phénomène
de société, de notre société
qui a choisi comme critères absolus
la performance, la gloire et l'argent au
détriment de l'amour et de la vie.
Il veut le dire avec force et avec rage.
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