Les Blessures spécifiques :
Le Cyclisme
 
 
 
SYNDROME DE L’ESSUIE-GLACE
Sous ce terme original se cache une dénomination plus scientifique de Syndrome de la bandelette ilio-tibiale.

a) Rappels anatomiques

D’une façon simplifiée, cette bandelette ilio tibiale est une large bande fibreuse qui descend le long de la face externe de la cuisse. En haut, au niveau du bassin, elle correspond à la prolongation d’un muscle (Tenseur du fascia Lata), mais également d’une membrane (aponévrose fémorale superficielle) directement en relation avec les muscles fessiers.
Cette bandelette est perceptible sous la peau. Elle descend vers le genou pour contourner sa face externe et aller s’insérer sur un relief osseux sur le tibia (tubérosité de Gerdy). Le rôle de cette bandelette est de stabiliser et renforcer le compartiment externe du genou.
Lors des mouvements de flexion extension du genou, l’insertion basse pivote d’avant en arrière sur la face externe du tibia, et frotte contre la tubérosité osseuse, source d’inflammation du tendon.

b) Description

Le début est souvent insidieux, sous forme d’une douleur modérée sur la face externe du genou, n’apparaissant qu’au cours des longues sorties, lors d’une fatigue importante, des sollicitations soutenues, mais ne laissant aucune trace dès l’entraînement fini. Puis la douleur survient pour des kilométrages de plus en plus faibles, et persiste après l’effort. La douleur peut parfois réapparaître lors de la marche ou la montée des escaliers.

 
Les blessures spécifiques : le cyclisme
 
  Références de l'article
  Auteur(s) :

Dr F. Maton

  Publié le : 30.06.07
  Lecture : Tout Public
  Document(s) associé(s)
   
  Lire aussi
  Dossier : Le Cyclisme
 
 
 
 
 
Cette douleur est souvent évoquée comme étant inconstante et déconcertante, car elle est perçue suffisamment vive pour limiter l’entraînement, mais disparaît presque spontanément, autorisant dès le lendemain une séance difficile sans qu’elle ne réapparaisse !

L’examen médical recherchera dans un premier temps l’absence de signe ligamentaire ou méniscal. Différentes manipulations permettent d’évoquer le diagnostic, dont le test de Renne qui consiste à réveiller la douleur par un appui unipodal genou fléchi à 30/40°.

Certaines anomalies morphologiques telles que le genu varum/valgum représentent des facteurs de risque, et devront être identifiées pour envisager une correction orthopédique.
 

 

 

 

 
     
  c) Traitement et prévention

Comme toutes les tendinites, ce syndrome est sensible à la physiothérapie et anti-inflammatoires, associés à un repos sportif relatif, parfois une simple diminution du kilométrage dans les stades précoces.

Comment prévenir ?
Cette bandelette est le lieu de convergence de plusieurs tensions musculaires, que ce soit lors des efforts ou pour le maintien de l’équilibre.
Il faut assurer une bonne souplesse de l’aponévrose fémorale superficielle, par des étirements adaptés du quadriceps, sans oublier le grand fessier qui s’insère aussi sur cette aponévrose et contribue ainsi à sa plasticité.

Ce syndrome peut être aussi révélateur d’une technopathie, en rapport par exemple avec une position ou une hauteur inadaptée de la selle qui accentue l’angle de fermeture du genou en flexion. Il peut s’agir également d’une rotation exagérée du tibia sous le genou par des cale-pieds mal réglés.

LES NEVRALGIES

a) Au niveau de la main

Il s’agit le plus souvent d’une compression du nerf Médian, plus rarement du nerf Cubital. Ces deux nerfs cheminent sur la face antérieure du poignet, pour se diriger vers la main. Ils sont fléchisseurs du poignet et des doigts, et donnent la sensibilité cutanée de la face palmaire de la main.
Le nerf Médian chemine au niveau du poignet dans un canal inextensible, fermé entre des reliefs osseux et un large ligament fibreux (ligament annulaire du carpe).

- Description
La compression du nerf va se manifester par une sensation de fourmillement et d’engourdissement dans les doigts, parfois d’anesthésie. Ces signes disparaissent spontanément, ou grâce à des manoeuvres simples comme « se secouer la main » ou changer de position. Ils réapparaîtront quelques minutes plus tard, et lors de la sortie suivante.

- Mécanisme
Plusieurs causes ont été avancées. On incrimine parfois une origine micro traumatique, par la transmission des vibrations du guidon sur la main. Ce mécanisme est plus fréquent avec les cadres de vélo en carbone (qui transmettent les vibrations sans les absorber), ainsi que dans certaines régions de France où le revêtement routier est granuleux.
Il peut s’agir d’un syndrome canalaire, en rapport avec une compression du nerf en regard du poignet, lors de son passage dans une gouttière fibreuse et musculaire. Cette compression ralentit la transmission de l’influx nerveux, d’où l’apparition d’une gêne sensitive et motrice (gène déficit moteur).
Le principal facteur déclenchant reste une compression causée par une mauvaise position de la main sur le guidon, ou des appuis sur zones anatomiquement sensibles. Plusieurs positions sont délétères, comme un poignet trop cassé, en hyper extension, ou la compression directe du nerf sur le cintre lors de l’appui sur les poignées de freins.

- Prévention
Le port de gants peut permettre d’atténuer les effets vibratoires
Les compressions nerveuses peuvent être évitées en variant les points d’appui et les positions des mains sur le guidon.
Si le traitement reste essentiellement préventif, il doit être réévalué en fonction de la gêne occasionnée. Parfois, une infiltration est nécessaire, voire un traitement chirurgical pour libérer le nerf de la pression qui l’entoure.

b) Au niveau du périnée

Le mécanisme identique de névralgie existe également au niveau du périnée, en rapport avec une compression du nerf Honteux interne, suite à un appui trop soutenu sur la selle. Il s’agit souvent d’une orientation incorrecte de la selle (bec de selle par exemple). Il n’est pas rare que la perte de sensibilité cutanée intéresse l’ensemble du périnée.

FRACTURE DE CLAVICULE

a) Description et réel danger !

C’est l’une des fractures les plus fréquentes en traumatologie sportive, et plus particulièrement en cyclisme et triathlon. Elle est généralement consécutive à une chute en vélo sur l’épaule.
La douleur siége classiquement en regard de la face antérieure de l’épaule, et sera réveillée par la mobilisation du bras ou la palpation de l’épaule et de la clavicule. La gêne fonctionnelle est très variable, et dépend du caractère déplacé ou non de la fracture.
Les premiers gestes consistent à glacer la lésion, mais aussi à mettre le bras en écharpe, d’une part dans un but antalgique, et d’autre part pour immobiliser l’ensemble de la ceinture scapulaire et éviter les complications immédiates. En effet, si la fracture est déplacée, le trait fracturaire peut être saillant et blesser les tissus voisins lors d’une mobilisation (lésion des vaisseaux, des nerfs, ou de la plèvre).

b) Evolution, Traitement

L’évolution est souvent simple, la fracture consolide en trois semaines environ.
Le traitement est orthopédique pour les fractures peu ou pas déplacées, en immobilisant la clavicule par des anneaux et maintenir les surfaces fracturaires côte à côte, en exerçant une traction sur la clavicule et l’épaule vers le bas et l’arrière.
En cas de fracture déplacée, le traitement chirurgical peut devenir nécessaire par une ostéosynthèse par plaque.
Il est fréquent que le sportif reprenne son activité sans attendre la fin du repos indiqué par le médecin, ce qui l’expose à certaines complications.

c) Complications

Le cal vicieux est fréquent, généralement très bien supporté, sans aucune gène, même s’il est parfois disgracieux, visible sous la peau. Beaucoup plus rarement, s’il s’accompagne d’un raccourcissement de la clavicule. Le cal peut occasionner une raideur à la mobilisation de la ceinture scapulaire.
Une autre complication plus rare est la « pseudarthrose », qui correspond à un défaut de consolidation de la fracture, si l’immobilisation n’a pas été respectée.

ENDOFIBROSE ILIAQUE EXTERNE

a) Mécanisme

Il s’agit d’un rétrécissement du diamètre de l’artère iliaque externe au niveau du bassin.
Cette artère est mobile. Elle se courbe, se plie, à chaque mouvement de flexion de la hanche lors de l’effort de pédalage. Ces plicatures induisent progressivement un épaississement de la paroi de l’artère, dont le calibre diminue, ce qui gène la circulation sanguine.

b) Description

La gène n’apparaît classiquement qu’aux efforts intenses, maximaux (sprint, parcours en côte…), et disparaissent lors du retour au calme. Plusieurs sensations peuvent être décrites par le sportif, comme une impression de « grosse cuisse », de cuissard trop serré, une perte de puissance dans une jambe par rapport à l’autre, plus rarement une douleur décrite comme paralysante…
Par ailleurs, cette pathologie apparaît plus fréquemment chez les cyclistes ayant commencé leur activité relativement tôt, dès l’adolescence.
Des examens complémentaires (Echo Doppler, artériographie) peuvent objectiver la lésion. Le test d’effort cherchera à reproduire les symptômes.

c) Traitement

Un conseil préventif important repose sur un réglage correct de son vélo, en particulier la hauteur et l’avancée de selle. Toutes les positions qui accentuent l’angle entre le buste et les membres inférieurs sont également des facteurs prédisposants, tels que l’utilisation trop fréquente du prolongateur, ou les mains en position basse sur les cocottes.
Un suivi médical spécifique permet la détection des stades précoces, ce qui justifie une fois de plus un bilan médical rigoureux annuel. Le traitement curatif relève de la chirurgie, lorsque la gêne devient trop intense.

 
     
 
Brochures Sport Santé IRBMS
 
Les informations données sur ce site ne peuvent en aucun cas servir de prescription médicale.
______________________________________________________________________________
Vous êtes médecin du sport et vous souhaitez publier un article sur notre site : contactez-nous.
 
 
 
 
 
 
 
Dons, mécénat, partenariat
 
 
 
 
+ Pratiques sportives
- Votre activité étudiée à la loupe.
- Nos dossiers thématiques.
- Pourquoi un certificat médical ?
 
+ Diététique et Nutrition
- L'Equilibre alimentaire.
- Vitamines, Minéraux, Oligo-éléments.
- Gâteaux pour le sport à faire soi-même.
- Comment contrôler son poids ?
 
+ Sport Santé
- Le sport : un remède gagnant !
- Testez-vous et exercez en toute sécurité.
- Passez à l'action : créez un carnet de vitalité.
- Projet de réseau régional : donnez votre avis.
 
+ Prévention Dopage
- Actualité, produits interdits, AUT...
- Une antenne médicale à votre écoute...
 
+ Boissons énergisantes
 
Enquête Boissons énergisantes et santé
 
- Enquête IRBMS / SFNS
- Quel consommateur êtes-vous ?
 
+ Psychologie du sportif
- Découvrez notre pôle ressources.
- Actualité, documentation, évaluations...
 
+ Annuaire spécialisé
- Annuaire Francophone médical et paramé- dical de la prise en charge des sportifs.
 
+ Réglez vos commandes en ligne
- Brochures sport santé, livres, formation, cotisation, votre inscription au congrès... [Paiement sécurisé].
 
+ Mieux nous connaître
- Notre plaquette de présentation (370 Ko).
- Nos Actions et programmes de prévention (municipalités, collèges, évènements...).
- Devenez membre de notre association.
 
+ Agenda 2011
... Juin, Juillet, Août, Sept., Oct., Nov., Dec.
 
+ Revue de presse
- Presse écrite, radio, télévision.
 
+ Rechercher sur nos sites
 
 
 
 
+ Aliment du mois :
La poire, sa richesse en eau, sa teneur en fructose, et son faible apport calorique, font de la poire un fruit idéal pour une collation !
 
+ Golf : la recherche du swing idéal avec des appuis au sol parfait doit passer par une analyse posturale...
 
+ Caféine : Pour les sportifs la tachycardie induite et l’envie d’uriner restent un handicap...
 
+ Maladie de Sever : très connue des podologues, elle concerne surtout le jeune tennisman entre 8 et 15 ans...
 
 
 
 
 
 
+ Urgences Médicales
+ Liens Pratiques
+ Centres médico-sportifs 59/62