| Le placage
: l'on peut différencier dans
ce type d'accident le plaqueur ou
le plaqué. Les traumatismes
cervicaux surviennent sur des erreurs
techniques, des erreurs de timing,
avec placage à retardement.
Le plaqueur à ce moment-là
voit sa tête heurter une partie
du corps de l'autre joueur, se produit
alors un cisaillement flexion-extension.
Au contraire, le joueur plaqué
qui ne s'attend plus que ce geste
technique puisque la phase du jeu
s'est déjà déroulée
est surpris par le choc. Il se produit
alors une hyper-extension brutale.
Enfin, l'on parlera également
de jeu dangereux, tels que les manchettes
et les cravates. Ces phases de jeu
doivent être sévèrement
réprimandées par l’arbitre.
Conduite
à tenir sur le terrain
Dès la survenue d'un accident
cervical, ou rachidien en général,
les dirigeants, les arbitres et les
joueurs doivent être suffisamment
informés pour réaliser
une prise en charge immédiate
afin de donner une chance positive
au sportif et éviter toute
forme d'évacuation pouvant
aggraver l'état neurologique.
Le rugbyman est conscient : en l'absence
de médecin sur le terrain,
il faut allonger le blessé,
écarter les curieux et identifier
au plus vite les signes de gravité
afin de prévenir les services
d'urgence, et d'analyser avec le régulateur
ces signes neurologiques.
Que rechercher ?
• le rugbyman respire ? bouge
ses membres ? parle ? se plaint d'une
douleur ? quelle est sa position spontanée
?
Conduites à tenir
:
• poser un collier cervical
rigide en maintenant le rachis cervical
dans son alignement sans traction
• éviter tout mouvement
de latéralité
• utilisez soit un brancard
dur, soit un matelas coquille (on
essaye de ne pas utiliser les fameux
brancards en toile)
L'évacuation
Elle est effectuée directement
vers le centre hospitalier compétent
en fonction de la gravité de
l'état du rugbyman, en évitant
tout transfert inutile et dangereux
pour le rachis cervical. Le neurochirurgien
sera consulté dans les meilleurs
délais.
Les critères
de gravité
• visualisation de l'accident
initial
• notions de craquements
• troubles sensitifs ou moteurs
des membres
• douleur rachidienne intense
• troubles cardio-respiratoires
• coma
La conduite
à ne pas tenir
• relever le rugbyman n'importe
comment
• manipuler son rachis cervical
• ne pas respecter les règles
d'évacuation
• lui administrer des médicaments
ou lui donner à boire pour
lui permettre de récupérer
Réalité
de l'accident
Les accidents graves médullaires
suite à un traumatisme du rachis
cervical sont présents sur
tous les terrains en France et à
l'étranger. Ils touchent tous
les rugbymen quel que soit leur niveau
et leur type de pratique.
La prévention passe par une
éducation globale des dirigeants,
des entraîneurs, et un respect
des règlements, une formation
des arbitres, et une information des
joueurs et des spectateurs concernant
la gravité de ses lésions.
La prévention
des accidents cervicaux
L'éducation reste la meilleure
des préventions. Le respect
du jeu et les sanctions sont nécessaires.
Un bon état physique du joueur
conditionne la gravité de l'accident.
La préparation physique généralisée,
avec une musculature adaptée,
est indispensable (testez la condition
physique, voir test de Cooper).
Le respect des compétences
et ne pas changer un joueur non habitué
à jouer en mêlée
pour remplacer un absent est également
une prévention essentielle.
Le dépistage des facteurs de
risques par la réalisation
d’un bilan médical, radiologique
et d’imagerie. Respect des textes
législatifs en vigueur.
NB de l’auteur : Ce qui est
vrai au rugby l’est forcément
pour tous les sports, qu’ils
soient à risque ou non. On
pourrait alerter pour la pratique
du judo, de la lutte, du ski nautique,
du plongeon, de la boxe française
ou thaïlandaise, du saut à
l’élastique, etc... soyez
prudent et raisonnable.
Conclusion
:
Un traumatisme du rachis cervical
ne doit jamais être traité
comme un accident anodin. Il nécessite
au minimum une évacuation adaptée
avec la mise en place d'un collier
cervical rigide. S'il n'y a pas eu
de pertes de connaissance ou de troubles
neurologiques ni de douleurs intenses,
un bilan médical doit être
effectué avec la réalisation
d'un cliché cervical de face,
de profil, de trois quarts et C1-C2
bouche ouverte.
En cas de doute et d’apparition
de symptômes permettant de suspecter
une pathologie neurologique, une hospitalisation
en service spécialisé
est nécessaire pour la mise
en place d’une exploration d'imagerie
complémentaire.
Il faut retenir l'importance du relevage
du brancardage. Sauver un rachis est
une course contre la montre effectuée
par des gens compétents, effectuant
des gestes précis et adaptés.
Evitez les cinq cas annuels de lésions
médullaires est un enjeu évidemment
important pour que l'ensemble des
pratiquants se mobilise.
Pour toute personne étant
témoin d'un accident rachidien
lors de la pratique du rugby, pour
retenir cette notion d'urgence : on
appelle le 15 ou le 112 à partir
d'un portable, on essaye de renseigner
au mieux le régulateur par
téléphone sur les signes
de gravité éventuels.
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