Traumatisme du Coude
 
Le traumatisme du coude est un accident fréquent lors de la pratique du sport. De plus en plus fréquent actuellement avec la mode de la pratique du roller, touchant donc autant le sportif de compétition que le véritable sportif de loisir.
 
Nombreux sports sont par ailleurs concernés : judo, cyclisme, équitation, gymnastique, football, ski, rugby, etc…

Le traumatisme du coude pose un problème de diagnostic initial, mais nécessite également une bonne prise en charge en cas d’urgence sur le terrain.

Rappel anatomo-physiologique
Le coude est composé de trois articulations :
• l’articulation huméro-cubitale
• l’articulation huméro-radiale
• l’articulation radio-cubitale supérieure

La stabilité du coude est assurée par deux processus :
• l’un passif avec le rôle des tendons des muscles extenseurs et fléchisseurs du coude, ainsi que les ligaments latéraux, la capsule articulaire assurant par ailleurs une stabilité globale.
• l’autre actif, assuré par l’activation des muscles fléchisseurs extenseurs, ainsi que la stabilité assurée latéralement par les muscles épicondyliens.

Tableau clinique rencontré
Ils sont nombreux, peuvent être trompeurs, les signes de gravité ne sont pas évidents, il faut systématiquement les rechercher.

Il s’agit (et cette liste n’est pas limitative) de
• fracture de l’extrémité inférieure de l’humérus
• fracture de la tête radiale
• fracture de l’olécrane
• luxation du coude
• fracture luxation du coude
• lésion ostéoteninomusculaire
• lésion ligamentaire seule
• lésion osseuse partielle et segmentaire
• fracture intra-articulaire

Toutes ces lésions non limitatives peuvent être associées également et provoquer par ailleurs des lésions vasculo-nerveuses.

 
 
  Références de l'article
  Auteur(s) :

Dr P. Bacquaert

  Publié le : 30.08.07
  Lecture : Tout Public
  Document(s) associé(s)
 
  Bibliographie
 
  Lire aussi
 
 
 
 
 
         
  Tableau clinique  
 

Nous retiendrons la lésion la plus fréquemment retrouvée : celle de la luxation isolée du coude, qui se produit sur une chute classique lors de la pratique sportive.

la douleur
Elle est très vive, voire syncopale, immédiatement déclenchée lors de la chute. Elle provoque une impotence fonctionnelle majeure du coude. Elle est augmentée par des mécanismes de mise en tension du coude, qu’il ne faut absolument pas réaliser sans diagnostic précis.

• la palpation
On constate une déformation du coude. L’olécrane est saillant en arrière de l’humérus. Il y a peu d’hématome ou d’ecchymose, l’avant-bras est souvent en pro ou sous-pination.

examen clinique
On recherche immédiatement une lésion artérielle par la palpation des pouls radial et cubital. Bien entendu, le sportif a été relevé, en prenant soin de maintenir le bras et l’avant-bras, sans réveiller la douleur, le moindre mouvement du coude est hyper-douloureux.
On recherche une lésion nerveuse, trouble de la sensibilité, trouble moteur, trouble parasthésiste, en faisant réaliser successivement l’extension du poignet (nerf radial), l’opposition du pouce (nerf médiant), l’adduction et l’abduction des doigts (nerf cubital).
Il faut particulièrement retenir la possibilité d’atteinte du nerf cubital en raison de sa situation superficielle.

Conduites à tenir
Comme dans toute traumatologie sportive, l’essentiel est toujours de calmer, de mettre au repos, et de rassurer. Toutefois, la réduction immédiate du coude peut être envisagée.

Réduction sur le terrain
Une réduction du coude doit être pratiquée par des médecins ayant une habitude de réaliser ce type de manœuvre, en s’étant assuré qu’il n’y a aucune contre-indication.
Le patient doit être calme, détendu, sans contracture.
La réduction doit se faire de façon prudente, elle n’est jamais facile.
Le patient est allongé sur le sol, le médecin doit prendre le coude à deux mains au niveau de la moitié proximale de l’avant bras. Il place l’avant-bras en supination, en posant ses doigts sur l’olécrane, et les pouces sur la face antérieure de l’avant-bras.
La manœuvre de réduction doit associer de façon très progressive une flexion du coude, une traction dans l’axe de l’humérus, et une pression descendante sur l’olécrane et la tête radiale.
Toutes ces actions doivent être faites progressivement, de façon continue, sans à-coup et dans le plus grand relâchement possible.
En cas de résistance, la manœuvre doit être abandonnée.
La réduction du coude se manifeste par un claquement ressenti avec une restitution anatomique des surfaces articulaires.
La douleur est nettement et spontanément diminuée.

Attention : après la réduction, l’on doit refaire un bilan clinique complet et de nouveau vérifier l’apparition éventuelle de complications vasculo-nerveuses.

Une fois la réduction réalisée, le médecin effectuera le protocole habituel de prise en charge du sportif, le membre supérieur étant immobilisé avec tout mode de contention disponible sur le terrain ou à proximité de l’accident. Le sportif sera dirigé vers un service d’urgences pour une radiographie du coude.

Si la tentative de réduction n’a pas été possible, il s’agit d’une véritable urgence puisque celle-ci se fera en secteur hospitalier soit de nouveau spontanément soit sous anesthésie générale. Le diagnostic radiologique sera alors posé avant la réduction. L’évacuation par les services d’urgences est donc nécessaire.

On rappelle toujours que sur le GSM, le service d’urgences peut être appelé par le 112.

Aspect médico-légal
Le médecin présent sur un terrain de sport pendant une compétition doit non seulement être inscrit au Tableau de l’ordre départemental des médecins du lieu de la compétition. Il doit par ailleurs posséder une assurance spécifique pour l’exercice de la médecine du sport sur le terrain. Par ailleurs, il doit posséder au minimum une lettre de mission ou un engagement du responsable de la compétition, un contrat de travail est souvent nécessaire.

Pour en savoir plus sur les contrats d’exercice dans la médecine du sport
http://www.ordre-medecin-nord.org/ConseilOrdre/index.php

Le médecin devra effectuer la réduction selon ses compétences et en respectant bien entendu la déontologie, qui s’applique pour l’exercice de son art.

Bien souvent, il est difficile de prendre toutes ces précautions en urgence pour ne pas inversement être attaqué pour non-assistance à personne en danger. Toutefois, en cas de doute, l’appel au service d’urgences permet d’éviter tout problème juridique.

Enfin, reste l’épineux problème posé par une réduction chez un sportif mineur. L’accord des parents pourrait être jugé nécessaire tout comme pour un sportif majeur où le consentement de la victime pourrait être demandé. Cela, bien entendu, reste théorique, mais l’évolution des pratiques doit nous faire redoubler de prudence.

Conclusion
La luxation du coude est l’accident le plus fréquent que l’on rencontre lors de la pratique du sport occasionnant un accident à ce niveau.

Il faut, avant de réduire, vérifier l’aspect isolé de cette luxation, sans autre complication. La réduction sur le terrain reste possible en cas d’habitude de pratique. Si ce n’est pas le cas, une évacuation par service d’urgences est nécessaire le plus rapidement possible.

Lors de prise en charge pour une compétition sportive, le médecin doit être en régle par rapport aux dispositions législatives en cours. Par contre, lors de sa présence tenant du hasard auprès d’un sportif blessé, il doit respecter en son âme et conscience les règles de déontologie et porter secours au sportif en agissant dans l’intérêt de celui-ci.

 
     
 
Brochures Sport Santé IRBMS
 
Les informations données sur ce site ne peuvent en aucun cas servir de prescription médicale.
______________________________________________________________________________
Vous êtes médecin du sport et vous souhaitez publier un article sur notre site : contactez-nous.
 
 
 
 
 
 
 
Dons, mécénat, partenariat
 
 
 
 
+ Pratiques sportives
- Votre activité étudiée à la loupe.
- Nos dossiers thématiques.
- Pourquoi un certificat médical ?
 
+ Diététique et Nutrition
- L'Equilibre alimentaire.
- Vitamines, Minéraux, Oligo-éléments.
- Gâteaux pour le sport à faire soi-même.
- Comment contrôler son poids ?
 
+ Sport Santé
- Le sport : un remède gagnant !
- Testez-vous et exercez en toute sécurité.
- Passez à l'action : créez un carnet de vitalité.
- Projet de réseau régional : donnez votre avis.
 
+ Prévention Dopage
- Actualité, produits interdits, AUT...
- Une antenne médicale à votre écoute...
 
+ Boissons énergisantes
 
Enquête Boissons énergisantes et santé
 
- Enquête IRBMS / SFNS
- Quel consommateur êtes-vous ?
 
+ Psychologie du sportif
- Découvrez notre pôle ressources.
- Actualité, documentation, évaluations...
 
+ Annuaire spécialisé
- Annuaire Francophone médical et paramé- dical de la prise en charge des sportifs.
 
+ Réglez vos commandes en ligne
- Brochures sport santé, livres, formation, cotisation, votre inscription au congrès... [Paiement sécurisé].
 
+ Mieux nous connaître
- Notre plaquette de présentation (370 Ko).
- Nos Actions et programmes de prévention (municipalités, collèges, évènements...).
- Devenez membre de notre association.
 
+ Agenda 2011
... Juin, Juillet, Août, Sept., Oct., Nov., Dec.
 
+ Revue de presse
- Presse écrite, radio, télévision.
 
+ Rechercher sur nos sites
 
 
 
 
+ Aliment du mois :
La poire, sa richesse en eau, sa teneur en fructose, et son faible apport calorique, font de la poire un fruit idéal pour une collation !
 
+ Golf : la recherche du swing idéal avec des appuis au sol parfait doit passer par une analyse posturale...
 
+ Caféine : Pour les sportifs la tachycardie induite et l’envie d’uriner restent un handicap...
 
+ Maladie de Sever : très connue des podologues, elle concerne surtout le jeune tennisman entre 8 et 15 ans...
 
 
 
 
 
 
+ Urgences Médicales
+ Liens Pratiques
+ Centres médico-sportifs 59/62