Publicité

Cédric Vasseur, méthode de préparation

Témoignage : Cédric Vasseur

L‘alimentation et les boissons d’effort tiennent une importance capitale, en conditionnant directement les performances et le bon déroulement de la course.

A travers sa longue carrière sportive, Cédric Vasseur, originaire du Nord, a réalisé plusieurs tests médico-sportifs au sein de l’IRBMS.

Quel est le profil du Tour de France 2006 ?

« Cette année, le Tour est plutôt fait pour les rouleurs que les grimpeurs. Le kilométrage sera vraiment la difficulté, avec en particulier lors de la première semaine, des étapes hyper longues.
C’est un profil qui va convenir à Ulrich, au regard de ses performances récentes au Tour de Suisse, et vu que la montagne a toujours été son point faible dans les Tours précédents.
Mais dans chaque Tour, il y a des surprises. Il faut d’autant plus se méfier de ce type de profil sans beaucoup de haute montagne, car les mouvements de course sont plus nombreux, ce qui sollicite beaucoup les équipiers du leader pour maintenir les positions. Il faut sans cesse cadenasser les positions sous peine de perdre facilement plusieurs minutes au classement. »

Quelle sera la pire des étapes ?

« Ce sera sans doute celle du 20 juillet, Saint Jean de Maurienne – Morzine. D’abord parce qu’on arrive en fin de Tour, après deux jours d’étapes déjà difficiles qui auront laissés des traces. De plus l’étape est longue avec 200km, 5 cols qui représentent un total d’environ 50km de montée entre 5 et 9% de déclivité. On termine l’étape par le Col de la Joux Plane qui sera l’un des plus pénible du tour (11km à 8,5%). Ce ne sera pas évident pour certains d’arriver dans les temps et de ne pas se faire éliminer à quelques jours des Champs, ce qui serait dommage. »

Quel est le point fort de l’équipe Quick Step ?

« L’équipe peut briller sur plusieurs types d’étape, que ce soit pour le maillot vert, une échappée en plaine, ou une victoire d’étape. L’objectif de l’équipe est de soutenir notre leader Boonen pour qu’il arrive avec le maillot vert sur les Champs-élysées. »

Tes objectifs personnels ?

« C’est bien sur une victoire d’étape. »

L’assiette du Tour

Répondre à quelles exigences alimentaires ?

La difficulté d’adapter l’alimentation d’un cycliste au Tour de France repose sur l’existence d’une dépense énergétique énorme (5000 à 7000 Kcal/jour), des pertes hydriques importantes, tout en n’ayant que deux repas quotidiens, étant donné la longueur et les horaires des étapes qui implique de « sauter » le déjeuner.

Satisfaire la lourde dépense énergétique implique d’une part un apport en sucres lents conséquent, qu’il faudra diversifier, et d’autre part le recours à des boissons d’effort.

Mais l’assiette du cycliste ne se limite pas à une ration de pâtes. Les légumes ne doivent pas être oubliés pour autant, pour l’apport en fibres et oligo-éléments. En effet, l’apport en minéraux, vitamines et antioxydants doit compenser les pertes (sudorales et métaboliques), et combattre le stress oxydatif important lors d’un effort long et intense.

L’apport protéiné répond à la nécessité de régénérer les fibres musculaires lésées.

L’hydratation est un réel enjeu, car une déshydratation, aussi minime qu’elle soit, entraîne une altération des performances. Ceci d’autant plus que les étapes sont longues, sous un climat chaud. Les étapes de montagne sont particulièrement éprouvantes, avec des conditions climatiques accentuées (air chaud et sec), une dépense énergétique plus intense, et des conditions d’alimentation et de digestibilité altérées par l’hyperventilation et l’intensité de l’effort.

Plusieurs types de repas sont possibles en fonction des habitudes de chacun, et de la disponibilité et modes de cuisson des aliments dans les hôtels.

Les petits déjeuners et dîners décrits par Cédric répondent à ces critères :

Petit déjeuner :

Jus d’orange pour commencer, de l’eau, un café ou thé. Puis omelette riz, suivis éventuellement de pain beurre confiture selon la faim, avant de terminer par un yaourt. Puis de l’eau pure jusqu’au départ de course, sans aucune boisson d’attente. Notre avis : Cédric préfère le riz à d’autres féculents, d’abord parce que les pâtes sont servies le soir, et aussi par goût personnel (meilleure digestion). Un tel petit déjeuner pris 3 heures avant la course ne pose aucun problème de digestibilité, tout en apportant une valeur énergétique conséquente.

Dîner vers 20h30 :

Des crudités systématiquement en hors d’œuvre, suivies de pâtes (une grosse assiette), viande et légumes. Yaourts et fruits (ou compote) en dessert. Notre avis : un repas énergétiquement riche tout en gardant un équilibre nutritionnel et un apport satisfaisant en vitamines minéraux et antioxydants (crudités, fruits, légumes, laitage…).

L’ALIMENTATION PENDANT LA COURSE

L‘alimentation et les boissons d’effort tiennent une importance capitale, en conditionnant directement les performances et le bon déroulement de la course. Les ravitaillements sont assurés par les voitures d’équipe, par la distribution des bidons et des « musettes ». Mais que contiennent elles ?

Le « bidon de l’effort » Sa composition dépend du climat et du profil de course. Pour une étape de montagne surtout s’il fait chaud : alternance entre un bidon d’eau pure, et un bidon de Malto Dextrines.

Dans les autres cas, la boisson se compose d’eau avec de la grenadine (3 càs). L’utilisation des boissons énergétiques commercialisées est exceptionnelle

Notre avis : A juste raison, Cédric préfère composer lui-même ses boissons d’effort, plutôt que d’utiliser des boissons énergétiques commercialisées, qu’il trouve plus difficiles à digérer, et parfois susceptibles de donner une sensation de soif, vu leur concentration excessive. Les sirops de fruits contiennent généralement du sirop de glucose ou un mélange glucose fructose, dont l’assimilation est adaptée aux efforts pour satisfaire un apport énergétique correct. L’alternance d’eau pure, de Malto Dextrines, et des sirops de fruits, permet de varier les boissons pendant 1 mois de courses quotidiennes.

La Musette :

Contient en général : un bidon d’eau minéralisée et un bidon de Malto Dextrines, un coca, un tube de Gel, pâtes de fruits, une pâtisserie (tarte aux pommes, gâteau de semoule ou gâteau de riz). Notre avis : Comme le reconnaît Cédric, la pâtisserie, ne se justifie pas d’un point de vue strictement diététique pour la disponibilité énergétique. C’est une fois de plus pour varier l’alimentation de l’effort. A boire des boissons sucrées pendant plusieurs heures de course, il est en effet très apprécié de « se faire plaisir ». Il en est de même pour le coca, dont les propriétés acides sont susceptibles de nuire à l’effort, mais apporte une nouvelle saveur dans une longue journée d’effort. Les autres produits sont riches en sucres rapides (index glycémique élevé) et d’une disponibilité excellente à l’effort.

 

LA RECUPERATION DE L’ETAPE

Immédiatement à l’arrivée de l’étape, la boisson de récupération est une boisson glucosée à digestion rapide, complétée d’un apport protéinée (acides aminés ramifiés). Des sandwichs sont également à la disposition des coureurs. Dès l’arrivée à l’hôtel, des pommes de terre (cuites à l’eau) sont proposées.

Notre avis : L’alimentation sucrée à index glycémique élevée permet d’initialiser la recharge en glycogène précoce. L’apport protéiné complémentaire en récupération est fortement discutable. Il semble ici justifié, étant donné l’intensité et la durée de l’effort, et l’apport protéiné juste satisfaisant des deux repas quotidiens. La présence d’acides aminés souffrés contribue à la défense antioxydante.

publicité

Fermer