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Traitement des accidents musculaires

Quelque soit son niveau de pratique et l’intensité
de sa pratique, le sportif n’est pas à l’abri de la survenue d’un accident musculaire.

Tout incident mérite un diagnostic rapide afin d’éviter toute séquelle lourde en conséquence.
L’examen clinique garde toute son importance. Il sera aidé toutefois de l’échographie musculaire et évalué plus rarement par la réalisation d’un IRM.

Diagnostic clinique des différentes
lésions musculaires

L’interrogatoire permet de noter :

• intensité de la douleur initiale
• perception d’un craquement ou d’un coup de fouet
• apparition immédiate d’un oedème ou d’une ecchymose
• y a-t-il eu impotence fonctionnelle immédiate, ou au contraire poursuite de l’effort ?
• quelles sont les circonstances d’apparition de la lésion (en début, en fin d’effort) ?
• quel sport pratiqué ?
• dans quelles conditions ?

L’examen clinique

• inspection du chef musculaire atteint
• examen comparatif contre latéral
• palpations : y a-t-il une rétraction ou au contraire une déhiscence
• le testing musculaire est-il douloureux ?
• on élimine selon les cas les diagnostics différentiels comme des ruptures tendineuse ou des lésions artério-veineuses.

Classification des lesions musculaires

• accidents musculaires sans lésions anatomiques
– crampes, courbatures, contractures : il s’agit d’un muscle fatigué, riche en déchets, induré et douloureux. La durée de la douleur va de quelques minutes pour la crampe, jusque 5 à 10 jours pour la contracture. Pas d’image échographiquement significative

• accidents musculaires intermédiaires
– avec ou sans lésion anatomique, il s’agit de la contusion avec hématome. Le tissu musculaire est violemment comprimé par un choc direct ou indirect (béquille). Il existe un hématome. La complication à craindre est l’enkystement ou l’ossification de l’hématome. Le diagnostic échographique est souvent nécessaire

• accidents musculaires avec lésions anatomiques

– l’élongation : il s’agit d’une sollicitation excessive du muscle à la limite de la tolérance de son élasticité. On retrouve quelques déchirures de fibres qui saignent. La douleur est limité non exquise mais brutale. L’impotence fonctionnelle peut être limitée par la douleur. Absence d’ecchymose.
Le sportif a souvent pu continuer son activité malgré la douleur.
L’échographie peut être négative. L’on retrouver dans certains cas une zone hypoéchogène.
Repos de 10 à 15 jours.

– le claquage ou déchirure : il s’agit d’un stade plus poussé où les fibres en faisceau sont déchirées. L’incident est brutal, avec une douleur fulgurante. En aucun cas, l’accident ne passe inaperçu. L’arrêt du sport en cours est immédiat, la poursuite de l’activité physique est impossible, il s’agit du véritable motif de consultation.

La douleur est le maître symptôme, mais n’est en aucun cas fiable pour le pronostic évolutif. Dans quelques cas, l’on constate un oedème lésionnel ou périlésionnel avec hématome. La palpation réveille la douleur vive et exquise localisée dans la zone initiale. Il peut y exister une contracture réactionnelle. Le ballottement est sensible. Les mouvements actifs ou passifs sont douloureux.

Diagnostic échographique : remaniement avec zone hypo et hyper échogène et hétérogène, présence d’un hématome.

Repos : de 15 à 30 jours minimum.

– la rupture ou désinsertion : C’est l’accident le plus grave : il s’agit toujours d’un coup de poignard en plein effort avec douleur syncopale. La chute est fréquente mais non systématique. L’arrêt de l’action est immédiat. Les signes fonctionnels sont essentiellement la douleur immédiate précise, localisée, exquise et syncopale et l’impotence fonctionnelle totale à l’inspection, on observe une encoche, avec une tuméfaction globuleuse qui peut dépendre du degré de rupture.

L’hématome et l’oedème sont visibles rapidement, avec une zone plus tendue périphérique. La palpation est très pénible pour le patient. Le ballottement musculaire est totalement aboli. Les mouvements actifs et passifs sont impossibles, voire hyperalgiques. L’échographie retrouve une zone précise avec une solution de continuité .

Repos : de 30 à 60 jours ou plus

Les complications des accidents musculaires

• Les récidives : souvent dues à une reprise trop précoce des activités sportives ou à une mauvaise prise en charge initiale. Elles sont localisées à la lésion initiale. Un bilan plus complet s’impose alors.

• L’hématome compressif : important dans le cadre du diagnostic différentiel, avec un syndrome vasculo-nerveux. Il provoque des signes vasomoteurs sous-jacents. Le traitement consiste en une évacuation sous celio ou chirurgicale.

• L’hématome enkysté : par mauvaise prise en charge initiale. Les facteurs favorisants sont les massages locaux intempestifs, la négligence de la blessure et un mauvais état circulatoire prédisposant. L’évolution se fait souvent vers la chronicité. le traitement peut consister à une évacuation sous échographie musculaire, en prenant soin de respecter les règles habituelles d’asepsie. Un drainage chirurgical peut être conseillé.

• La thrombophlébite : Il s’agit d’un tableau classique de phlébites sur accidents musculaires. Diagnostic différentiel souvent difficile. On doit s’aider d’un bilan angiologique complet avec réalisation d’un Echo-Doppler.

• L’ossification post-traumatique : Les facteurs favorisants sont représentés par la mauvaise prise en charge initiale, avec des massages locaux trop appuyés. L’évolution se fait vers une gêne fonctionnelle. Le traitement est difficile. La radiothérapie peut être essayée en première intention.

Traitements des lésions musculo-tendineuses :

– Attitude pratique sur le terrain :
• arrêt de l’activité.
• Pose de glace – [ REGLE D’OR : GREC : Glaçage/ Repos/Elévation/Compression ]
• Pansement compressif
• Immobilisation

– Au cabinet médical :
• Conduite idéale : effectuer un diagnostic lésionnel afin d’évoquer une stratégie thérapeutique concernant la durée du repos imposée. Le traitement consiste à la poursuite de l’application de glace et d’anti-inflammatoires locaux sans massage. Les pansements occlusifs peuvent être conseillés en respectant les risques d’allergie .

• Le traitement général consiste :
– utilisation des toniques veineux ou anti oedémateux
– anti-inflammatoires par voie générale à partir du 4ème jour si nécessaire
– antalgiques conseillés avec prudence
– maintien d’une contention ou mise en décharge

• Peu d’indications chirurgicales en première intention en dehors des complications

• Prescription de physioélectrothérapie et rééducation précoce selon le diagnostic initial, avec une stratégie bien encadrée, en accord avec le kinésithérapeute.

• Durée de repos selon la nature de la lésion

• Réadaptation à l’effort et reprise des activités sportives : Il s’agit de la phase post-thérapeutique introduisant progressivement un réentraînement graduel. La mise en place d’une contention, dite «strapping» est souvent conseillée. Le geste sportif sera effectué dans un entraînement non spécifique, puis au bout de 3 ou 4 entraînements, reprise spécifique du geste ayant provoqué l’accident initial.

Conclusion

Le pronostic d’une lésion musculaire dépend surtout de la qualité de l’intervention initiale sur le terrain et de l’approche thérapeutique et diagnostique faite par le médecin.
En l’absence de lésion anatomique, la lésion guérit pratiquement toujours sans séquelle, voire spontanément.

En présence de lésion anatomique, l’histoire clinique est largement différente, avec la survenue possible de séquelles fibrosantes, voire de complications graves retardant la reprise sportive dans les délais.

Enfin, toute évolution atypique doit pouvoir faire suspecter une pathologie sous-jacente sans rapport avec la pratique sportive.

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