La santé mentale des enfants et des adolescents constitue aujourd’hui une priorité majeure de santé publique en lien avec les objectifs de la stratégie Nationale sport santé qui précise les objectifs dès la classe de 6° et tout au long de la scolarité.
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Alerte : L’enfance et l’adolescence correspondent à une période de fragilité émotionnelle. Selon l’Organisation mondiale de la santé : près d’un trouble mental sur deux débute avant l’âge de 18 ans.
Les troubles psychiques apparaissent souvent précocement :
- Anxiété
- Troubles du comportement
- Agressivité
- Dépression
- Troubles neurodéveloppementaux
- Recours aux substances ou produits addictifs
- Difficultés relationnelles
- Souffrance scolaire et isolement
Dans ce contexte, l’activité physique adaptée (APA) joue un rôle particulièrement important :
- Dans la prévention
- Dans le développement psychologique
- Dans la socialisation
- Dans l’équilibre émotionnel
- Dans la prise en charge thérapeutique
Bon à savoir : Les recommandations internationales considèrent désormais l’activité physique régulière comme un facteur essentiel du bon développement physique, cognitif et mental de l’enfant.
Alerte
En France, deux jeunes sur trois (de 6 ans à 17 ans) présentent un risque sanitaire préoccupant caractérisé par le dépassement simultané des deux seuils sanitaires : moins de 60 minutes d’AP par jour (inactif) et plus de 2 heures de temps d’écran .
Téléchargez le guide de la HAS : «Activité physique à des fins de santé chez l’enfant et l’adolescent »
Rôle de l’activité physique dans le développement de l’enfant
L’activité physique participe :
- Au développement moteur
- À la croissance
- À l’équilibre psychologique
- Au développement cognitif
- À la confiance en soi
Elle agit également sur :
- Les capacités attentionnelles
- La mémoire
- Les apprentissages
- Les relations sociales
Prévention des pathologies mentales : APA et prévention des troubles mentaux
Prévention de l’anxiété et du stress
L’activité physique :
- Réduit les tensions émotionnelles
- Améliore la gestion du stress
- Favorise un meilleur sommeil
- Diminue les manifestations anxieuses
Prévention de la dépression
Chez les adolescents :
- La pratique régulière réduit le risque dépressif
- Améliore l’image corporelle
- Favorise le sentiment de compétence
- Limite l’isolement social en luttant contre la sédentarité excessive
La sédentarité des scolaires et surtout l’inactivité physique par trop d’heures sur les réseaux sociaux ou devant les écrans constitue aujourd’hui un facteur de risque : d’obésité, de troubles anxieux, de repli social, de troubles du sommeil et de recours aux addictions
L’activité physique est une thérapie non médicamenteuse efficace quel que soit l’âge.
Téléchargez « Je bouge pour ma santé mentale »
TDAH (Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité)
L’activité physique améliore :
- L’attention
- L’impulsivité
- La concentration
- L’autorégulation
Bon à savoir :
L’augmentation des comportements sédentaires liés aux temps d’écran (ordinateur, console de jeux vidéo, smartphone…) représente un véritable risque pour la santé. Et la seule activité physique et sportive pratiquée à l’école, bien qu’importante, ne suffit pas.
Toutes les autres formes d’activité doivent être promues chez l’enfant.
Les activités les plus utiles sont les sports d’endurance, les arts martiaux, l’endurance en groupe, la natation et activités structurées ou non avec la pratique d’activités ludiques en groupe
Troubles du spectre autistique (TSA)
L’APA favorise :
- La communication
- Les interactions sociales
- Les capacités motrices
- La diminution des stéréotypies
- L’autonomie
Les activités proposées doivent être adaptées : avec des parcours moteurs, des activités aquatiques, l’ équitation adaptée, des activités sensorielles.
APA et troubles du comportement alimentaire
Chez les adolescents souffrants d’anorexie, de boulimie, l’APA peut :
- Restaurer une relation positive au corps ;
- Améliorer l’estime de soi ;
- Réduire l’anxiété.
La pratique doit cependant :
- Rester très encadrée ;
- Éviter toute logique de performance ;
- Être intégrée au suivi médical et psychologique.
Attention : Quand le poids devient un facteur de performance, la relation entre pratique sportive et trouble du comportement alimentaire se complexifie.
APA et handicap psychique chez l’enfant
Les enfants présentant :
- Déficience intellectuelle
- Troubles psychiques sévères
- Handicaps associés
bénéficient particulièrement :
- Des activités motrices
- Des jeux collectifs
- Des activités favorisant l’autonomie
Recommandations officielles
OMS
L’OMS recommande pour les 5–17 ans :
- Au moins 60 minutes d’activité physique quotidienne ;
- Principalement d’intensité modérée à soutenue ;
- Limitation du temps d’écran.
Haute Autorité de Santé (HAS)
La HAS encourage :
- L’intégration de l’activité physique dans les parcours pédiatriques ;
- Le repérage précoce de la sédentarité ;
- Les programmes sport-santé pour adolescents fragiles.
Le Sport Santé à l’école
L’école joue un rôle fondamental :
- Éducation physique ;
- Prévention ;
- Inclusion ;
- Repérage des difficultés psychologiques.
Les projets sport-santé scolaires permettent :
- De lutter contre le décrochage ;
- De favoriser le bien-être ;
- D’améliorer le climat scolaire.
Précautions et limites
L’activité physique doit :
- Respecter le développement de l’enfant ;
- Éviter le surentraînement ;
- Rester source de plaisir ;
- Être adaptée aux capacités psychologiques et non à l’age
Une vigilance particulière est nécessaire :
- En cas de souffrance psychique sévère ;
- De troubles du comportement alimentaires ;
- De harcèlement ;
- De risque suicidaire.
Perspectives d’avenir
Les politiques de santé publique tendent vers :
- Un renforcement du sport santé pédiatrique ;
- Remettre le pédiatre ou le généraliste au centre du dispositif
- Le développement des Maisons Sport-Santé ;
- L’intégration de l’APA en pédopsychiatrie ;
- Des programmes scolaires de prévention.
Conclusion
Chez les enfants et les adolescents, l’activité physique adaptée constitue :
- Un outil majeur de prévention ;
- Un facteur essentiel de développement ;
- Un soutien thérapeutique précieux en santé mentale.
Bibliographie
- IRBMS Sport chez l’enfant
- OMS – Activité physique chez les enfants et adolescents
- HAS – Activité physique chez l’enfant et l’adolescent
- Ministère des Sports – Sport Santé Jeunes
- ONAPS
- INSERM – Activité physique et développement de l’enfant
- Santé publique France – Activité physique et jeunes
- OM2S