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Les Pathologies Chroniques du Footballeur

pathologies du footballeur

Les pathologies du footballeur sont nombreuses

Saison longue, enjeu important, blessure des autres joueurs de football, coupe de France, matchs amicaux, etc. Plus on joue et plus l’organisme a besoin de récupérer surtout en fin de saison…

La pratique sportive occasionne des contraintes de plus en plus fortes en raison de l’augmentation nécessaire du volume d’entraînement et des modifications techniques et tactiques de la pratique du sport.

Chez l’enfant

Le football n’échappe pas à cette règle, demandant aux enfants, garçons ou filles, de débuter une pratique de plus en plus tôt vers des filières d’exigence de haut niveau par un entraînement intensif spécialisé précoce, nécessitant des volumes d’entraînement de plus en plus importants. Ces conditions de réalisation ne sont donc pas sans conséquence sur les articulations.

Lire :Les maladies de croissance de l’enfant dont la maladie d’Osgood

On retrouvera des phénomènes de surmenage articulaire dès l’enfance, avec l’apparition de maladies de croissance ou d’arrachement osseux, et de plus en plus tôt on retrouvera chez l’adulte des phénomènes de décompensation de type microtraumatismes pouvant ressembler à l’arthrose de la personne âgée.

Chez l’adulte

Le football sollicite en dehors du gardien de but essentiellement les membres inférieurs :

L’accélération des phases de jeu dans le football moderne a fait du tacle bien exécuté une phase de jeu importante puisqu’elle permet d’anéantir l’attaque, de récupérer le ballon et de mettre en place une relance.

C’est un geste technique magnifique qui, mal exécuté, peut conduire non seulement à des traumatismes aigues avec des fractures de jambe (réprimé par carton rouge dans le cadre du jeu dangereux manifeste), mais même avec une bonne technique d’exécution, le choc pied/pied ou ballon/pied provoque sur la cheville un microtraumatisme non négligeable.

L’apparition du « pied du footballeur »  est donc la conséquence de pratique de tacles répétés, avec la réalisation de microtraumatismes par choc, compression, cisaillement, torsion, avant-pied, arrière-pied.

Par ailleurs, la pratique de frappes instantanée, des sauts et des contre-pieds augmente les contraintes mécaniques surtout si le sportif amateur change souvent de type de terrain.

Motifs de consultations

Il s’agit essentiellement de douleurs chroniques et invalidantes au niveau de la cheville lors de la réalisation de gestes sportifs, voire dans la vie courante.

Examen clinique

La cheville est gonflée, on retrouve un petit œdème et un empâtement au niveau des malléoles surtout externes. La mobilité de la cheville est limitée, flexion, extension, varus, valgus.

On retrouve une douleur de type capsulo-synoviale, c’est-à-dire une douleur particulière lors de la pression de l’articulation.

Bilan d’imagerie médicale

La radiographie simple montrera ce que l’on appelle « le pied du footballeur », avec des images de restructuration et d’usure de type arthrose avec des petites épines, des remaniements et des ostéophytes pouvant siéger un peu partout dans le pied, mais essentiellement à la face supérieure de l’astragale.

On retrouve de véritables becs osseux avec des arrachements sous malléolaires externes et internes, pouvant ressembler à des séquelles d’entorse.

L’échographie, examen de choix,  pourra montrer la présence d’une bursite, de calcifications voir d’arrachements

Le scanner, l’ IRM ou de l’arthroscanner,  pourront montrer des lésions cartilagineuses plus profondes et plus importantes que celles que l’on peut voir sur les images radiologiques.

La scintigraphie osseuse montrera des images de lésions chroniques comme une fracture de fatigue ou une algodystrophie

Le traitement

Il est simple et compliqué à la fois car tout dépendra du niveau du sportif, de son désir de continuer le football et bien entendu de son âge.

Conclusion

Le pied du footballeur rentre dans le cadre caractéristique de lésion par microtraumatismes répétés.

Seule la prévention pourrait limiter cette pathologie avec une bonne réalisation du geste technique, mise en place de séances proprioceptives préventives et réalisation systématique de chaussures et de semelles adaptées.

Le rôle du changement de terrain n’est pas négligeable sur les facteurs de risques.

 

 

Parler du genou, c’est également prendre en compte l’âge du sportif. On éliminera tout de suite les entorses graves, avec rupture du ligament croisé antérieur.

Le genou du jeune footballeur

En début de carrière, le sportif présentera des pathologies de croissance avec surtout des maladies de Sinding Larsen, d’Osgood, voir d’ostéochondrite disséquante du genou. Puis, il peut présenter des tendinites rotuliennes répétitives, des tendinites de la patte d’oie, voire des syndromes rotuliens avec douleurs chroniques du genou.

Tout cela rentre dans le cadre d’une expression chronique de pathologies plutôt aigues.

Le genou du footballeur chevronné

Il s’agit là véritablement d’une pathologie chronique du footballeur ayant commencé tôt sa carrière et pratiquant le football sans interruption, occasionnant des lésions constantes passées inaperçues de traumatismes par choc, de traumatismes sur chute, de traumatismes par petites torsions, avec mise en tension non seulement des ménisques, mais également des ligaments.

Tout savoir sur les lésions méniscales

Tout le système de jeu qui repose sur la rapidité du pivot et l’instantanéité de la frappe est générateur de traumatismes répétitifs au niveau du genou.

Type de consultations

Le sportif vient car il a mal ou au contraire présente un déficit de flexion ou extension du genou, ou présente un gonflement répétitif inexpliqué.

Examen clinique

L’examen clinique du genou doit être minutieux, long et comparatif. Le médecin éliminera une lésion aigue, une instabilité chronique, et s’aidera bien entendu d’un certain nombre de manœuvres pour réveiller les douleurs.

Imagerie médicale

Le bilan radiologique permettra de visionner une décalcification ou l’apparition précoce d’une arthrose précoce fémoro-tibiale, avec pincement de l’interligne. Ce pincement est plus visible au niveau du compartiment interne, il sera d’autant plus présent que le footballeur aura eu précocement dans sa carrière une opération sur un ménisque ( les opérations actuelles minimisent ces risques).

La radiographie permettra également de voir des restructurations au niveau des rotules ou des micro-calcifications suites à des tendinites chroniques.

L’imagerie complémentaire sera demandée avec la réalisation d’une échographie, d’un IRM, scanner, voire arthro-scanner pour visualiser les lésions plus profondes du cartilage

On retrouvera en définitive quelquefois des images de genou usé, dont l’âge articulaire est supérieur à l’âge du sportif.

Le traitement

On préconisera un traitement simple ou chirurgical selon les lésions retrouvées, l’étendue de la plainte, la gêne fonctionnelle. Il dépendra également de l’âge du sportif, et de son désir ou non de continuer la pratique du foot.

Comme pour la cheville, seront utilisés les moyens les plus faciles et dans ce cas la visco-supplémentation sera remboursée par la Sécurité Sociale.

Le traitement chirurgical

Il s’agit souvent d’une indication obligatoire afin de prévenir une évolution vers une arthrose définitive pouvant être plus ou moins importante pour préconiser au sportif la mise en place d’une prothèse totale de genou.

Le traitement préventif : la musculation et la proprioception

Il s’agit véritablement de la meilleure façon d’aborder les lésions dégénératives du football, avec un véritable travail physique, un travail technique adapté à la morphologie et enfin un rééquilibrage des troubles de la posture et de la statique par la prise en charge globale de ces anomalies dans le cadre d’une rééducation adaptée ou d’un travail préventif avec préparateur physique.

La prévention des agressions par des gestes techniques mal exécutés est également l’une des clés de la prévention.

 

Le ménisque

La hanche est une grosse articulation très bien protégée, les lésions de microtraumatismes ou de surmenage sont donc rares.

Par contre, on retrouvera au niveau de la hanche une symptomatologie plutôt de type tendinopathie chronique avec, chez le footballeur, l’apparition de pubalgie, qui est en fait une pathologie pubienne type ostéo-arthropathie dont l’expression peut se faire ressentir au niveau de la hanche par une atteinte des adducteurs.

Le tableau clinique chronique

La pratique du football donne deux pathologies précoces, mais la coxarthrose est dix fois plus fréquente chez le sportif que chez le non-sportif.

Celle-ci peut s’exprimer chez le footballeur à un âge relativement tôt puisque l’on peut retrouver des signes d’alerte dès 40 ans.

L’examen médical

Le sportif vient consulter pour une douleur, une boiterie, une limitation de la marche ou une douleur en montée/descente de voiture. Le médecin retrouvera une limitation des rotations de la hanche. L’aspect radiographique va montrer de façon significative une limitation de l’interligne articulaire avec une apparition d’un pincement.
Ces radiographies seront nécessaires pour suivre l’évolution dans le temps.

La conduite à tenir est simple : lorsque l’on découvre chez un sportif jeune une coxarthrose débutante, la prise en charge est essentiellement clinique et kinésithérapique, avec des mesures d’hygiène sportive conseillée.

Tout doit être fait pour retarder la prise en charge chirurgicale et la mise en place d’une prothèse totale de hanche.

Nouveau : Retour à la course ou au football possible après resurfaçage de la hanche 

Comme pour les autres articulations, la visco-supplémentation peut être conseillée mais elle n’est pas remboursée par la Sécurité Sociale. On demandera au sportif de limiter les sports à risques pour cette hanche et de surveiller son poids.

Conclusion générale

La description des lésions aiguës ou chroniques de la pratique du football peut mener à s’interroger sur la bonne prévalence d’une pratique sportive pour la santé.

Nous conseillons, au-delà de la prévention des traumatismes l’association d’une bonne alimentation, d’une bonne hygiène de vie, de respect de l’adversaire, sans faire d’agression inutile qui pourrait avoir de graves conséquences sur la santé.

Ce type de pratique est forcément, plus génératrice d’incident ou d’accident à plus ou moins longue échéance qu’une pratique de loisir qui ne génère que quelques accidents aigus.