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Pour un sport santé multidisciplinaire, un langage commun et une prise en charge par l’Assurance Maladie

Il est important que les acteurs de la santé et ceux du sport puissent optimiser leurs réseaux en ayant comme objectif l’appropriation de la thématique par les publics cibles.

Une activité physique régulière contribue à une bonne santé physique et mentale. Elle est bénéfique pour les personnes de tous âges et de toutes capacités, et il n’est jamais trop tard pour devenir plus actif et moins sédentaire et améliorer ainsi son état de santé.

Pourtant, 81% des adolescents et 27,5% des adultes  ont actuellement un niveau d’activité physique inférieur à celui recommandé par l’OMS, ce qui a des conséquences pour eux tout au long de leur vie et pour leur famille, mais aussi pour les services de santé de nombreux pays et la société dans son ensemble.

Selon que l’on soit médecin, professionnel de la santé, professionnel du sport, universitaire, chercheur, issu du monde associatif de la santé ou du sport, et selon la culture et le vécu de chacun on a tendance à utiliser un vocabulaire et des définitions différentes pour désigner les mêmes choses.

Or, sans un langage commun il est impossible que les acteurs de la santé et ceux du sport puissent optimiser leurs réseaux en ayant comme objectif l’appropriation de la thématique par les publics cibles.

Les définitions du langage commun

La santé

Définition de l’Office Mondial de la Santé (OMS) : « la santé n’est pas seulement l’absence de maladies ou d’infirmités, mais un état de total bien-être physique, mental et social » (Charte constitutive, 1946).

La santé est perçue comme une ressource de la vie quotidienne et non pas comme un but de la vie ; elle permet à un groupe ou à un individu d’une part de réaliser ses ambitions et satisfaire ses besoins, et d’autre part, d’évoluer avec le milieu et de s’adapter à celui-ci ; il s’agit d’un concept positif mettant en valeur les ressources sociales et individuelles, ainsi que les capacités physiques.  Charte d’Ottawa 1986.

 

Le sport santé

Le sport santé a pour objectif principal de promouvoir la pratique des activités physiques et la vie active au quotidien afin de modifier durablement les habitudes de vie pour améliorer la santé et le bien-être des populations (conformément à la définition de l’OMS).

Le sport santé c’est aussi le recours aux activités physiques comme thérapeutique non médicamenteuses.

Le sport santé représente toutes les conditions de pratiques ou activités capables de maintenir ou d’améliorer l’état de santé en prévention primaire, secondaire ou tertiaire.

Le sport santé fait appel à des professionnels de l’activité physique adaptée ou à des éducateurs sportifs formés, selon les niveaux de vulnérabilité des publics déterminant ou non des besoins spécifiques.

Les créneaux sport santé sont des activités de sport adapté à la santé pratiquées en groupe ou individualisé et organisées par les Fédérations, associations, clubs sportifs ou municipalités autour d’encadrants spécifiquement formés, utilisant un langage commun et s’appuyant la pédagogie en harmonie avec les textes législatifs

Source : Haute Autorité de Santé, Guide de promotion, consultation et prescription médicale d’activité physique et sportive pour la santé chez les adultes, 2018

  

La sédentarité

La sédentarité est définie par une situation d’éveil caractérisée par une dépense énergétique faible proche de celle de repos où les mouvements corporels sont réduits au minimum (en position assise ou allongée déplacements en véhicule automobile, position assise sans activité autre, ou à regarder la télévision, la lecture ou l’écriture en position assise, le travail de bureau sur ordinateur, toutes les activités réalisées au repos en position allongée : lire, écrire, converser par téléphone…)

La sédentarité (ou comportement sédentaire) qui se distingue de l’inactivité physique, a des effets délétères indépendants de celle-ci sur la santé.

La sédentarité a été qualifiée de « Sedentary Death Syndrome » [SeDS]. Elle touche toute personne n’effectuant pas une activité physique d’au moins 30 minutes par jour pouvant se faire par courte période de 10 minutes.

Si les effets favorables de la pratique des activités physiques et sportives étaient connus de longue date, les études statistiques appliquées à des populations importantes ont confirmé ce qui était souvent contesté au plan individuel.

Source : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, 2016

 

Prévention

Prévention primaire : qui intervient avant l’apparition de la maladie ou des facteurs de risque identifiés. Elle cible les conduites individuelles à risque et les risques en terme environnementaux ou sociétaux.

Prévention secondaire : qui intervient en tout début de la maladie ou en cas de facteur de risque identifié. Elle a pour but de s’opposer à l’évolution de la maladie ou du facteur de risque et de faire disparaître ou diminuer les complications ou co-morbidités.

Prévention tertiaire : qui intervient quand la maladie est déclarée et installée. Elle contribue à faire diminuer la prévalence des incapacités chroniques et de réduire les complications, invalidités ou rechutes. Elle vise aussi la réadaptation du malade sous la triple dimension médicale, sociale et psychologique.

 

 L’inactivité physique

L’inactivité physique est définie comme une pratique d’activité physique d’intensité modérée à élevée inférieure à un seuil recommandé.

Les seuils référentiels définis par l’OMS (2010) sont de 30 min 5 fois par semaine pour les adultes

60 min/jour pour les enfants, les adolescents et  les seniors en associant diverses formes de pratiques

 sources : OM2S Observatoire,Médical du Sport Santé

 

 Activité physique (AP)

L’OMS entend par activité physique (AP) tout mouvement corporel produit par la contraction des muscles squelettiques, responsable d’une augmentation de la dépense énergétique.

Les principaux contextes de pratique d’activité physique sont le travail, les transports, les activités domestiques et les loisirs.

Toute activité physique a des effets bénéfiques sur la santé. Un minimum d’activité est ainsi recommandé par l’OMS pour maintenir ou améliorer les capacités cardiorespiratoires et fonctionnelles et limiter les risques de maladies chroniques non transmissibles.

L’activité physique se définit en intensité de faible à très élevée.

Pour déterminer la relation dose-effet entre l’activité physique et ses bénéfices sur la santé, des déterminants sont définis : la fréquence, la durée, l’intensité, le type et la quantité.

Source : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), 2016

Forme particulière d’AP où les participants adhèrent à un ensemble commun de règles et d’objectifs bien définis. La pratique sportive comprend : le sport de haut niveau (en compétition) en club, la pratique de masse avec parfois une composante « sport santé », le sport scolaire, et les pratiques sportives de loisir ou en compétition, pratiquées en individuel ou en groupe non affiliées à une association.

 Source : Haute Autorité de Santé (HAS), Guide de promotion, consultation et prescription médicale d’activité physique et sportive pour la santé chez les adultes, 2018

Activité physique adaptée

Pratique dans un contexte d’activité du quotidien, de loisir, de sport ou d’exercices programmés, des mouvements corporels produits par les muscles squelettiques, basée sur les aptitudes et les motivations des personnes ayant des besoins spécifiques qui les empêchent de pratiquer dans des conditions ordinaires.

La dispensation d’une activité physique adaptée (APA) a pour but de permettre à une personne d’adopter un mode de vie physiquement actif sur une base régulière afin de réduire les facteurs de risques et les limitations fonctionnelles liées à l’affection chronique ou transitoire dont elle est atteinte.

Pratique d’activités physiques programmée et encadrée par des intervenants formés, qui tient compte de la condition médicale et physique, des limitations fonctionnelles (locomotrices, cognitives, sensorielles) et des motivations de ses bénéficiaires.

Les techniques mobilisées relèvent des activités physiques et sportives (APS) et se distinguent des actes de rééducation qui sont réservés aux professionnels de santé, dans le respect de leurs compétences respectives.

Source : Décret n° 2016-1990 du 30 décembre 2016 relatif aux conditions de dispensation de l’activité physique adaptée prescrite par le médecin traitant à des patients atteints d’une affection de longue durée

 

Exercice physique

L’exercice physique peut prendre des formes diverses : endurance, force, assouplissement, équilibre, être pratiqué seule, en groupe avec ou sans surveillance dont l’objectif est le maintien ou l’amélioration d’une des composantes de la forme physique.

Pour déterminer la relation dose-effet entre l’exercice physique et ses bénéfices sur la santé, des déterminants sont définis : la fréquence, la durée, l’intensité, le type et la quantité.

Elle est définie par (FITT)

Par ailleurs, le volume est le produit des caractéristiques de l’activité physique : l’intensité, la fréquence, la durée de la période et la longueur du programme.

Exemple :

 

Sport

Toutes formes d’activités physiques qui, à travers une participation organisée ou non, ont pour objectif l’expression ou l’amélioration de la condition physique et psychique, le développement des relations sociales ou l’obtention de résultats en compétition de tous niveaux.

(Charte européenne du sport révisée en 2001. Conseil de l’Europe, Comité des Ministres )

 

Condition physique

Ensemble des caractéristiques physiques permettant la bonne réalisation de diverses taches motrices. Un des principaux déterminants de la relation entre activité physique et santé. Quantifiable par des tests d’évaluation reproductibles, analysables, codifiés et adaptés aux différentes situations.

  

Vie active

C’est un mode de vie qui incorpore au moins 30 minutes d’activité physique au quotidien

Regroupe toutes les pratiques compétitives ou pour le simple plaisir, de loisirs, d’activités sportives, de sports et même de sports extrêmes, libres au cours desquelles le corps est utilisé, mis en jeu et ceci quelle que soit l’intensité de pratique.

Elle associe

 

Le bien-être

Le bien-être, qu’il soit physique ou psychique, peut être défini comme un état agréable mais transitoire, procuré par la satisfaction des besoins du corps et par la tranquillité de l’esprit, débarrassé de tout stress.

Le bien-être fait partie de la santé, du moins dans la définition qu’en donne l’OMS.

Le bien-être est souvent associé au sport santé. Il doit reposer sur la notion de plaisir pour l’amélioration individuelle ou collective d’un ressenti de vie.

L’activité physique et sportive peut contribuer à l’amélioration du bien-être quel que soit le niveau ou le type de pratique

La subjectivité de la notion de bien-être permet de modifier durablement les habitudes de vie en favorisant les ressentis positifs et en diminuant les prises de médicaments dits  « de l’humeur ».

 

Un parcours de santé

Il se définit comme la trajectoire globale des patients et usagers dans leur territoire de santé, avec une attention particulière portée à l’individu et à ses choix.

 

Un parcours sport santé

C’est un dispositif individuel de développement des ressources de santé physique, mentale et sociale permettant à chacun(e) d’accéder à un projet sportif personnalisé.

 

Education thérapeutique du patient

Vise à aider le patient à acquérir ou maintenir les compétences dont il a besoin pour gérer au mieux sa vie avec une maladie chronique. Il ne s’agit pas d’une dimension exclusive sport santé car donner des conseils de prévention ou accompagner le patient à bouger plus n’est pas un équivalent d’éducation thérapeutique, mais l’un des éléments potentiels de modification du mode de vie thérapeutique (MTMV).

 

Sport santé sur ordonnance ou prescription d’activité physique adaptée à une pathologie ou à un facteur de risque

L’activité physique est une thérapie non médicamenteuse reconnue par l’académie de médecine ; c’est un enjeu de santé publique pour la santé actuelle et future des populations à risque ou présentant une maladie chronique.

Il s’agit d’un acte médical qui doit respecter la forme et le fond des conditions de prescriptions dans le but de respecter les recommandations scientifiques en lien avec un résultat attendu.

La législation permet de garantir un sport santé sur ordonnance pluridisciplinaire répondant à un cadre légal et sécuritaire dans le but d’augmenter l’observance des recommandations et un changement de comportement du patient dont la réduction de la sédentarité.

Une Tribune a été rédigée à l’initiative de la Cami Sport et Cancer, pour le remboursement de l’activité physique thérapeutique en 2024. Le Collectif Français Sport Santé, dont l’IRBMS est Vice-Président, s’associe à cette démarche.

 

Sources complémentaires sur www.om2s.com

 

Maison sport santé

Les Maisons Sport Santé (MSS) ont pour but d’accueillir et d’orienter les personnes souhaitant pratiquer, développer ou reprendre une activité physique et sportive à des fins de santé, de bien-être, quel que soit leur âge, leur état de santé ou de fragilité.

  

Pathologies chroniques

Les pathologies chroniques sont caractérisées par :

  1. une limitation fonctionnelle des activités ou de la participation sociale,
  2. une dépendance vis-à-vis d’un médicament, d’un régime, d’une technologie médicale, d’un appareillage ou d’une assistance personnelle,
  3. la nécessité de soins médicaux ou paramédicaux, d’une aide psychologique, d’une adaptation, d’une surveillance ou d’une prévention particulière pouvant s’inscrire dans un parcours de soins médico-social.

Source : Haut Conseil de la santé publique (HCSP), La prise en charge et la protection sociale des personnes atteintes de maladie chronique, novembre 2009

 

MOOC sport santé

MOOC signifie « Massive Open Online Course » (cours en ligne ouvert et massif). Il s’agit de cours d’apprentissage à distance dispensés en ligne par de nombreuses universités du monde entier. En général, ils sont ouverts à toute personne qui s’inscrit. Un seul cours peut même accueillir des milliers d’étudiants.

Il est possible d’étudier presque tous les sujets grâce à cette méthode, et des dizaines d’universités célèbres dans le monde entier proposent désormais des MOOC. Ils peuvent être traités comme une étude autonome pour les personnes intéressées par un sujet particulier, ou comme une étude de consolidation pour un cours que vous suivez déjà.

Sources : Qu’est-ce qu’un MOOC ? – Meilleur Mooc (meilleur-mooc.fr)

Le MOOC sport santé est donc dédié au sujet particulier du sport pour la santé que ce soit pour la protection de la santé des pratiquants ou la prévention primaire secondaire ou tertiaire des maladies induites par la sédentarité et/ou les facteurs de risque

 

Annexes : Les termes de pratiques

 Les filières énergétiques

 

Endurance ou aérobie

Elle intervient quand l’énergie utilisée par les muscles au court de l’effort est essentiellement fournie par l’oxydation des sucres et des lipides disponibles. Dans ce cas,  l’effort peut durer longtemps avec une adaptation cardiorespiratoire en plateau car ce métabolisme est rentable sur le plan énergétique et dépend individuellement de la capacité de l’endurance maximale aérobie.

La capacité maximale aérobie est la quantité maximale d‘énergie disponible à partir de l’oxydation des réserves énergétiques mobilisables à l‘exercice : glycogène musculaire et hépatique, triglycérides des muscles et du tissu adipeux et glucose de la néoglucogenèse hépatique. L’endurance maximale aérobie est le délai d’épuisement (en min) lors d’un exercice réalisé à un pourcentage donné de la puissance maximale aérobie ou de VO2max.

Les efforts sollicitant la filière aérobie sont désignés « cardiorespiratoires » ou de « relaxation » et « d’assouplissement »

Filière anaérobie alactique

Elle intervient en l’absence d’oxygène (anaérobie) et sans production de lactate (alactique). Dans le muscle, la créatine phosphate (CrP) est 3 à 4 fois plus abondante que l’ATP, ce qui est encore très faible par rapport aux besoins de l’exercice. La resynthèse de l’ADP en ATP est réalisée en présence de créatine kinase (CK) une réaction très rapide, de faible inertie, intervenant dès le début de l’exercice et lorsqu’il est très intense (arrivée au sprint).

Filière anaérobie lactique.

Elle utilise le glycogène musculaire dégradé au cours de la glycolyse anaérobie jusqu’au stade du pyruvate puis du lactate. Le délai de mise en route est bref, au plus quelques secondes, le taux de créatine phosphate musculaire diminuant suffisamment pour lever l’inhibition des enzymes allostériques de la glycolyse. Faute d’apport suffisant en O2, les corps réduits formés ne peuvent être oxydés : pour éviter leur accumulation en excès, ainsi que celle du pyruvate, un ion H+ est transféré au pyruvate, le transformant en lactate.

Ces efforts en anaérobie sont désignés « renforcement musculaire » mais pour des personnes âgées en précarité de forme ils seront de type aérobie.

Sources : https://www.irbms.com/filieres-energetiques/

FITT

Terme pour définir les principes de base de la prescription d’exercice « FITT » (fréquence, intensité, temps et type).

F comme fréquence des séances

I comme intensité des pratiques

T comme temps de pratique

T comme type d’activités physiques

 

METs

Le MET métabolicEquivalent Task est l’unité énergétique globale de l’activité physique pour un individu.

Par convention 1 MET est équivalent à une consommation d’oxygène de 3,5mL/Kg/min soit le métabolisme de repos et la valeur du METs est un multiple de celui-ci.

Le MET permet de définir l’intensité de l’activité physique de faible (1,6 à 3 Mets) et valeur de Fc cible de 40 à 55% de la Fc Max à très élevée(> 9 METs) et valeur de la Fc cible de 90% de la Fc Max.

Source : HAS Guide de promotion et prescription médicale d’activité physique et sportive chez les adultes 2018 Extrait du compendium des activités physiques de l’adulte(p91-98)

Fréquence cardiaque

Le rythme cardiaque ou fréquence cardiaque est le nombre de pulsations (battements) cardiaques par minute. Le pouls, lui, est la perception sensorielle des battements des artères périphériques au travers de la peau et permet de donner une idée de la fréquence cardiaque sans toutefois être une valeur absolue car seul l’ECG peut permettre de mesurer la fréquence cardiaque.

Le rythme cardiaque au repos d’une personne adulte est de 60 à 80 battements par minute. La fréquence cardiaque est légèrement plus rapide chez les femmes que chez les hommes.

L’activité physique accélère la fréquence cardiaque et certains médicaments peuvent ralentir celle-ci.

Fréquence cardiaque cible

Une fréquence cardiaque cible est un moyen d’évaluer indirectement l’intensité de l’effort, mais aussi de respecter des paliers de transitions énergétiques.

En sport santé, c’est un élément essentiel de la sécurisation qui permet aussi de définir la « posologie » de l’effort individuellement car elle dépend de l’âge (et aussi de la prise de certains médicaments), mais permet  aussi au médecin de définir l’intensité maximale de l’effort à ne pas dépasser par la prise de pouls.

Lire notre fiche dédiée : Le langage commun en sport santé

Toutes les sources et ressources sont libres d’accès sur www.om2s.com