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Maladie d’Osgood-Schlatter ou douleur de croissance du genou

La maladie d'Osgood-Schlatter : imagerie médicale

Maladie d’Osgood-Schlatter : douleur située sous le tendon rotulien associée à une voussure osseuse.

La maladie d’Osgood-Schlatter est la plus fréquente des ostéochondroses ou ostéo-dystrophies de croissance.

Cette maladie est une épiphysite de croissance, de la tubérosité tibiale antérieure du genou, sa principale expression clinique est due à des tractions musculo-tendineuses répétées par la pratique d’un geste en extension.

Il s’agit d’une douleur située sous le tendon rotulien, avec visualisation d’une excroissance ou bourse pouvant inquiéter l’entourage de l’enfant.

Cette maladie a été décrite pour la première fois en 1903 par deux auteurs, Osgood et Schlatter.

Mieux connaitre la « maladie » d’Osgood

La maladie d’Osgood-Schlatter est la principale cause de douleur antérieure du genou chez l’adolescent. Elle est facilement évocable par la reproduction de la douleur, à la palpation, au niveau de l’insertion du ligament rotulien sur la tubérosité tibiale antérieure. Cette maladie est l’une des principales causes de plaintes durant et après les activités sportives chez l’adolescent en pleine croissance et actif.

Elle touche environ 4% des adolescents (chiffre sous exprimé) et environ 20% des adolescents sportifs. Elle peut être unilatérale ou bilatérale.

Véritable sujet d’angoisse pour les parents pour une « maladie bénigne » qui en effet guérit à 98% avec le temps. Le repos sportif est souvent suffisant pour venir à bout de cette maladie qui disparaîtra naturellement pendant cette période de croissance.

Focus

La douleur d’Osgood-Schlatter chez l’adulte

Douleur de genou et gonflement devant le tibia : pensez à l’Osgood !

La protubérance visible sur le devant du genou au niveau du haut du tibia peut se révéler douloureuse à l’âge adulte. S’agit-il alors d’une tendinopathie ou du réveil de l’Osgood de l’adolescence ?

Le réveil douloureux est d’ordre mécanique par sur utilisation s’accompagnant souvent d’un phénomène inflammatoire et pourquoi pas d’un léger épanchement avec hydarthrose.

Comment effectuer le bon diagnostic ?

L’histoire de la douleur, le profil de l’ex adolescent, son type de pratique sportive associé à un bon examen clinique bilatéral et à un bilan radiologique sont dans 95% des cas suffisants pour confirmer le diagnostic. Mais chez l’adulte on peut s’aider aussi d’un bilan d’imagerie plus large avec échographie et IRM.

La prise en charge

Chez l’adulte, la chirurgie peut être indiquée, il faut éliminer la cause d’irritation et proposer un nettoyage articulaire et une l’ablation de la fragmentation. A savoir : quelques joueuses et joueurs de tennis ont souffert de douleur de genou handicapant leurs carrières en raison de douleur dues à un Osgood.

Les principales autres ostéochondroses sont :

Focus

Les douleurs de genou de l’enfant ou l’adolescent

Les statistiques rectorales sont à priori toutes d’accord pour préciser que les contre-indications à la pratique du sport à l’école les plus fréquentes correspondent aux gonalgies des jeunes filles, qui se plaignent de douleurs surtout lors de la pratique de l’endurance. Ces douleurs correspondent en fait à une morphologie particulière de la jeune fille, qui a tendance à avoir des rotules qui se décentrent par rapport aux garçons qui ont plutôt des rotules qui se recentrent.

Circonstances de survenue

Fragment libre pouvant provoquer une tendinopathie chronique et une ablation chirurgicale.

Elle se voit essentiellement chez les garçons, pratiquant un sport entre l’âge de 11 et 16 ans, par la suite d’un surmenage de l’appareil extenseur.

C’est la pathologie typique du jeune footballeur.

La maladie de croissance touche en réalité le cartilage de croissance, qui est soumis à de micro-traumatismes répétés. Les causes en sont donc toujours les mêmes :

Fragmentation complexe sans arrachement provoquant une simple tuméfaction douloureuse.

L’examen clinique permet de retrouver :

La douleur est reproduite lors d’une manœuvre de mise en extension contrariée ou par la flexion passive forcée du genou.

Le diagnostic repose sur la radiographie comparative

Les images radiologiques sont variées avec :

L’examen comparatif permet de retrouver très souvent une image d’Osgood du côté controlatéral. Très souvent, la radiographie est suffisante pour établir un diagnostic de la maladie d’Osgood-Schlatter.

IRM et Echographie ne sont pas utiles. Sauf pour évoquer un diagnostic différentiel lors d’un examen radiologique non contributif.

Les stades évolutifs

Consultez également le diaporama proposé en fin d’article.

Diagnostic différentiel

Le tableau clinique est suffisamment typique afin d’éliminer les diagnostics différentiels.

Prise en charge thérapeutique

Le repos sportif est nécessaire pendant la durée de la poussée douloureuse. L’importance des symptômes, l’importance des images radiologiques, et la présence ou non d’un décollement conditionneront le temps d’arrêt qui peut être d’un mois à six mois.

En dehors de ce repos, il faut en profiter pour :

Arbre décisionnel selon la Revue Médicale Suisse


(Source : Rev Med Suisse 2008 ; 4 : 2060-3)
N.B. : Le document complet est proposé sur le site de la RMS www.revmed.ch

 

Le Traitement médical

Seuls les antalgiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens locaux peuvent être utiles, mais le repos est suffisamment efficace dans la majorité des cas.

Prise en charge rééducative avec essentiellement travail d’extensions et d’étirements du droit antérieur.

Reprise du Sport

Traitement chirurgical

Il est exceptionnel. Il est peu souvent indiqué, surtout secondairement après l’adolescence lorsque l’arrachement ou le décollement de la tubérosité tibiale antérieure a migré dans le tendon rotulien et provoque une tendinopathie chronique.

Protection de la santé des pratiquants

Une vidéo proposée et réalisée par le Dr Patrick Bacquaert (IRBMS)