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Performances sportives, les inégalités femmes-hommes

Marathon féminin, les performances sportives

Les femmes revendiquent à juste titre une place à part entière dans le sport et une reconnaissance médiatique à la hauteur de leurs exploits.

Pourtant, de tous temps certains sports ont fait la part belle aux femmes ou aussi aux adolescentes. Pour ces dernières on se souviendra de Nadia Comăneci, gymnaste Roumaine qui est la première à réaliser un « 10 » aux Jeux Olympiques de Montréal (1976) à l’âge de quatorze ans et huit mois, et plus récemment d’Alina Zagitova, née le 18 mai 2002, une patineuse Russe devenue Championne Olympique en individuel aux JO de Pyeongchang en 2018.

Que dire aussi des performances sportives réalisées par « la divine » du tennis Suzanne Lenglen, Florence Griffith-Joyner (athlétisme) née le 21 décembre 1959 à Los Angeles et décédée le 21 septembre 1998, Marie-Josée Pérec triple Championne Olympique (200 et 400 m), Jeannie Longo la cycliste la plus titrée au monde avec 30 médailles aux Jeux Olympiques et aux Championnats du Monde de cyclisme, un titre olympique…, Merlene Ottey, une athlète jamaïcaine naturalisée slovène en 2002, spécialiste des épreuves de sprint, Laure Manaudou, la plus grande nageuse française de tous les temps, et bien d’autres…

Le marathon, véritable miroir de la physiologie humaine (hors dopage !)

Le 17 avril 2005, la Britannique Paula Radcliffe, alors détentrice de deux records du monde (course mixte et course féminine), établit à Londres la meilleure performance dans une course exclusivement féminine, en 2 h 17 min 42 s (soit une vitesse moyenne de 18,50km/h).

Le 23 avril 2017, au cours du marathon de Londres toujours, la Kényane Mary Keitany améliore le record du monde établi dans une course exclusivement féminine, en parcourant la distance en 2 h 17 min 1 s. A noter que le record masculin est de 2 h 02 min 57 s, soit une vitesse moyenne de 20,60km/h).

Pourquoi des écarts hommes versus femmes ?

Des facteurs physiologiques semblent être à l’origine de cet écart de performance. En effet, la concentration de l’hémoglobine est plus faible chez la femme !!!

1 / La consommation maximale d’oxygène : VO2max

Astrand (Précis de physiologie de l’exercice musculaire, Masson 1980) a toujours démontré l’inégalité des sexes pour les valeurs de consommation d’oxygène approximativement égales rapportée à la masse maigre. Ainsi la VO2max qui est considérée depuis les années 1960 comme le meilleur indicateur du niveau potentiel d’endurance était calculée selon des abaques prenant en compte le sexe et l’âge. Par exemple pour une fréquence cardiaque de 140 pour un effort identique de 900kpm/mm la VO2max est évaluée à 3,6 l/mn pour les hommes et 4 l/mm pour les femmes soit un décalage de 10 à 15%.

A noter que plus la VO2max est élevée, plus on est potentiellement performant en endurance.
Le décalage entre femmes et hommes : âge de plus de 14 ans et poids de plus de 40 kg (Astrand).

Si on calcule la VO2max des hommes et des femmes une différence est toujours présente ce qui peut s’expliquer par la fixation de l’oxygène et son transport grâce à l’hémoglobine (taux plus faible chez la femme).

Pour en savoir plus, lire : La Capacité Aérobie

 

L’épreuve d’effort à visée sportive :
Pour en savoir plus, lire : La VO2MAX, calculez vos performances

2 / Le Volume d’éjection Systolique et le débit cardiaque

Le débit cardiaque c’est le volume de sang éjecté dépendant du volume des cavités cardiaques et de la fréquence cardiaque.

Or le débit cardiaque est plus faible chez la femme en raison :

Ce débit cardiaque plus faible entraine donc une valeur plus basse de la consommation d’oxygène.

Pour en savoir plus, lire : Le Cœur du sportif

3 / Le seuil anaérobie

Le seuil anaérobie est une zone de transition entre confort « sans déchets » et efforts produisant des lactates.

En résumé plus ce seuil est situé à un haut pourcentage de VO2max plus la sportive peut soutenir une forte intensité d’effort. Or ce seuil qui se situe à 80% de la VO2max est atteint plus rapidement par la femme donc elle est plus vite en anaérobie que l’homme.

Pour en savoir plus : Les filières énergétiques et Les Dépenses Énergétiques
Les dangers du surentrainement

4 / La puissance musculaire

Comme pour la VO2max nous pouvons en valeur absolue estimer que l’homme est plus fort que la femme et que cette différence est de +10% à puissance maximale.
Cependant à un % de puissance musculaire moyenne les femmes seraient plus endurante que les hommes en raison de plusieurs facteurs dont la motivation.
On peut aussi se poser la question sur l’« endurance » psychologique légendaire de la femme lui permettant une meilleure gestion de son effort.

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Pour conclure, de quelles différences parle-t-on ?

Lors du forum européen « Cœur, Exercice et Prévention » qui s’est tenu à Paris en mars 2011, le Professeur Laurent Bosquet a évoqué qu’il existerait une différence insurmontable comprise entre 10 et 15% entre les performances des hommes et des femmes sur des épreuves d’endurance. Cette différence pourrait être due à plusieurs causes.

Il existe des différences physiologiques qui expliquent cet écart de performance entre les hommes et les femmes, même si des femmes sportives et entrainées peuvent être plus performantes que des hommes sédentaires et obèses !!! Bougez c’est la santé !

Mais le mot de la fin revient au bon sens. Qu’importe si les records en sport masculin sont plus haut que dans le sport féminin, de nombreuses performances et records féminins font rêver beaucoup d’hommes qui ne pourront jamais atteindre ces sommets de performances…

Bravos mesdames et mesdemoiselles ! Mais soyez raisonnables car votre corps et votre système hormonal est très sensible au surentrainement et sur ce point vous êtes aussi plus pénalisées que les hommes !