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Maladie de Lyme et morsure de tique

La morsure de tique

Les tiques agressent entre 8 heures et 19 heures, sous une température pouvant varier de 7 à 25°.

La maladie de Lyme est une maladie due à une morsure de tique. Il est donc nécessaire de se protéger contre les morsures de tiques, en particulier lors de promenade en forêt.

La randonnée en montagne, la course d’orientation, le golf, le cyclisme, le jogging, ou la simple balade, peuvent être concernés par les tiques. Il existe des précautions pour éviter la maladie de Lyme transmise par cette morsure.

Plan gouvernemental

Depuis le mois de septembre 2016, en France, le gouvernement a mis en place un « plan national » de lutte contre la maladie de Lyme pour améliorer le dépistage car plus de 33 000 personnes sont officiellement touchées par la maladie chaque année (chiffre largement sous-estimé).

Les différents points portent sur :

  • la surveillance vectorielle et mesures de lutte contre les tiques
  • la surveillance et prévention des maladies transmissibles par les tiques
  • la prise en charge des malades
  • les tests diagnostiques
  • le recherche

Lire : Communiqué de la FFMVT (pdf, 1 page, 400 Ko).

Pour en savoir plus : le site de l’Association France Lyme

Qu’est-ce que la maladie de Lyme ?

Il s’agit d’une maladie, voire d’une infection, due à une bactérie appelée Borrelia, transmise par la tique, qui entraîne des signes dermatologiques, articulaires, cardiaques, neurologiques et parfois oculaires. C’est à la suite de découverte d’articulations enflammées de type arthrite inflammatoire près de la ville du Connecticut, Lyme, que fut désignée cette maladie.

Elle est transmise à l’homme par la tique ; seules les femelles se nourrissent du sang de l’animal ou de l’homme.
Après morsures de la tique, la bactérie se diffuse dans la peau et dans le sang. En France, l’incidence de cette maladie n’est pas innocente. Des chercheurs estiment que la maladie de Lyme pourrait être transmissible sexuellement (lire notre encadré en bas de page).

Le scientifique suisse Wilhelm Burgdorfer reconnu pour avoir découvert la maladie de Lyme est mort le lundi 17 novembre 2014 aux États-Unis. Il a passé sa vie à étudier les maladies humaines causées par des morsures de puces, de tiques et de moustiques, et en 1982 il a découvert des micro-organismes appelés spirochètes, qui sont à l’origine de la maladie de Lyme.

Mieux connaître les tiques

Il existe plus de 850 espèces de tiques, tous hématophages, qui sont attirés entre autres, par l’acide lactique, les sportifs sont donc largement exposés à ce risque. Les tiques agressent entre 8 heures et 19 heures, sous une température pouvant varier de 7 à 25°. Leurs morsures étant indolores, si on ne les repère pas sur la peau, elles peuvent se gorger de sang pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours sur les animaux (chiens).

Les signes cliniques de la maladie de Lyme

  • Il existe une phase initiale localisée. Après une piqûre de tiques, au bout de 2 à 32 jours apparaît un érythème migrant chronique, centré sur le point de morsure. Cet érythème peut d’ailleurs guérir spontanément et ne pas éveiller de soupçons. Quelques signes généraux peuvent être présents comme la fièvre, une fatigue anormale, un état « de faiblesse ».
Erythème migrant assez fréquent / Crédit : GFDL Mangojuice's father

Erythème migrant assez fréquent / Crédit : GFDL Mangojuice’s father

Erythème migrant moins fréquent / Crédit : James Gathany

Erythème migrant moins fréquent / Crédit : James Gathany

  • La phase secondaire et celles où apparaissent des manifestations diverses. Elle est due à l’invasion de la bactérie. Une fièvre est alors constatée.
  • Cutanées : Il s’agit d’un érythème migrant multiple qui siège sur une grande partie du corps.
  • Cardiaques : Elles ont été décrites aux USA mais il s’agit souvent de troubles de la conduction cardiaque qui doivent être dépistés par la réalisation d’un électrocardiogramme.
  • Rhumatologiques : Il s’agit avant tout du signe clinique d’appel amenant très souvent le sportif vers le rhumatologue. Il se plaint alors depuis quelque temps d’une douleur articulaire isolée ou de plusieurs douleurs articulaires avec gonflement, chaleur… Le genou et le plus souvent atteint mais l’on rencontre également des douleurs au niveau du coude, de l’épaule et des tarses.
  • Neurologiques : Elles doivent être également celles qui révèlent la maladie passée jusqu’alors inaperçue. Il s’agit de paralysie, de déficit neurologique, de myélite, d’atteintes méningées, etc.
  • Oculaires : Elles ne sont pas les plus fréquentes ; il s’agit des manifestations diverses qui nécessitent une consultation en ophtalmologie.

Le diagnostic

Le diagnostic de borréliose de Lyme est évoqué sur la notion d’une exposition possible aux morsures de tiques dans une région infestée associée à des manifestations cliniques. Ces dernières varient en fonction de l’histoire naturelle de la maladie. Elles ont une valeur diagnostique très diverse. L’érythème migrant (EM) est la manifestation la plus fréquente (40 à 77 %) et la plus évocatrice au début puis différentes manifestations cliniques peuvent la révéler.

Les formes neurologiques et rhumatologiques sont les plus fréquentes, les atteintes dermatologiques, cardiaques ou ophtalmologiques plus rares. La présence de l’une de ces manifestations implique la recherche systématique et exhaustive des symptômes et signes cliniques pouvant correspondre aux autres localisations.

Le dépistage

Le diagnostic biologique repose sur l’utilisation de techniques de recherche directe de la bactérie réservée à des laboratoires spécialisés et de techniques indirectes reposant sur la recherche d’anticorps spécifiques.

La sérologie a une bonne valeur prédictive même si des améliorations sont à l’étude. La sensibilité est semble-t-il proche de 90%. En cas de doute la PCR (Polymerase Chain Reaction ou Réaction de Polymérisation en Chaîne) peut être recherchée lors de biopsies cutanées ou du tissu synovial.

Prise en charge et traitement

L’antibiotique est essentiellement la Doxycycline pour une durée de 28 jours au moins sans dépasser 90 jours. En cas de forme compliquée un spécialiste de maladies infectieuses pourra proposer la Cefriaxone par exemple.

La prévention de la maladie de Lyme

La première prévention est d’essayer de ne pas se faire mordre (ou piquer) par une tique !

Il convient donc :
  • de porter des vêtements couvrants et ajustés au niveau des jambes et des bras mais aussi du cou. Les vêtements de couleur claire permettent de mieux repérer les tiques sur ceux-ci. Le port d’un chapeau est recommandé, surtout en forêt.
  • d’utiliser un répulsif de synthèse (D.E.E.T.) sur les parties découvertes. Ces répulsifs sont ceux que l’on utilise contre les moustiques. On peut également imprégner les vêtements avec des produits spéciaux utilisés lors des lavages (attention aux contre-indications enfants et femmes enceintes).
  • de s’observer et de se faire observer minutieusement et régulièrement lorsque l’on pratique un sport-nature et à la fin de la pratique de ce sport. Les tiques peuvent se loger dans tout le corps et surtout au niveau du cuir chevelu. Plus la tique est fixée sur le corps, plus la contamination peut être importante. Les petits conseils lors de la pratique d’un sport restent évidents : il ne faut pas trop se promener dans les herbes hautes, il faut se méfier des animaux en sachant que les animaux familiers (chiens, chats, chevaux…) peuvent présenter une infection.

La vaccination (Ticovac)

En France et en Europe il n’existe pas de vaccin contre la maladie de Lyme.

Le Ticovac contient des virus inactivés (tués). Il ne contient aucun germe vivant. Il est utilisé dans la prévention de la méningo-encéphalite transmise par les tiques et non contre la maladie de Lyme.
Toutefois, il faut savoir que pour ceux qui vont pratiquer un sport (golf ou randonnée) aux Etats-Unis, il existe un vaccin présent dans ce pays dont l’efficacité peut être après trois injections. Les professionnels sportifs éducateurs ou professionnels travaillant sur la mise en place de balisage de terrains dans les hautes herbes, peuvent avoir un intérêt à se faire vacciner dans le but d’éviter la complication gravissime de la méningo-encéphalite à tiques.

Prévention secondaire : comment enlever une tique ?

Tire-tique / Crédit : GFDL Otom

Tire-tique / Crédit : GFDL Otom

Il  faut retirer la tique le plus vite possible à l’aide d’une pince à épiler ou d’une pince spécifique comme un tire-tique (photo), vendue en pharmacie.

  • la tirer au plus près de la peau ; utiliser éventuellement à cet effet une loupe.
  • ne jamais retirer la tique directement avec ses doigts.
  • après le retrait, appliquer un antiseptique sur la zone (type alcool ou autre).
  • surveiller pendant un mois l’apparition d’un érythème migrant.
  • A ne pas faire : application d’éther pour endormir la tique qui aurait l’effet inverse à celui attendu par une libération brutale de bactéries.
  • en cas de survenue de symptômes inhabituels (fièvre, douleurs articulaires, céphalées), consulter son médecin en l’alertant sur les conditions de pratique.

Trucs et astuces : quand la tique est bien gorgée de votre sang, vous pouvez l’enlever avec un coton imbibé d’huile. La tique glissera « doucement » de votre peau.

Focus des spécialistes de l’IRBMS

Transmission sexuelle de la maladie de Lyme ?

« Une étude Internationale réalisée en 2014 a permis de tester positif à la maladie de Lyme des couples hétérosexuels mariés ayant des rapports sexuels non protégés. Toutes les femmes avec la maladie de Lyme ont été testées positifs pour Borrelia burgdorferi dans les sécrétions vaginales, tandis qu’environ la moitié des hommes avec la maladie de Lyme a été testé positif pour le spirochète de Lyme dans les échantillons de sperme. En outre, l’un des couples hétérosexuels avec la maladie de Lyme a montré des souches identiques de la spirochète de Lyme dans leurs sécrétions génitales. La présence de la spirochète Lyme dans les sécrétions génitales et des souches identiques chez les couples mariés suggère fortement que la transmission sexuelle de la maladie se produit. » Source : Le Journal of Investigative Medicine 2014; 62: 280-281.

Lire l’article : Recent study suggests that Lyme disease can be sexually transmitted (lymedisease.org).
Borréliose de Lyme : démarches diagnostiques, thérapeutiques et préventives
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Borréliose de Lyme : démarches diagnostiques, thérapeutiques et préventives
Auteur(s) : Société de Pathologie Infectieuse / Version : Gratuite
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Licence : © Reproduction interdite / A usage personnel uniquement

Testez vos connaissances

Une morsure de tiques donne-t-elle systématiquement une maladie de Lyme ?

Non, car toutes les tiques qui piquent l’homme sont pas des vecteurs de la maladie de Lyme. Toutefois, l’on peut conserver la tique pour la faire analyser.

Y a-t-il un enjeu particulier chez les femmes enceintes ?

Le seul danger est celui de développer une maladie de Lyme. Dans le cas, le médecin mettra en place un traitement. Pas de danger particulier pour le bébé ni en cas d’allaitement.

Faut-il faire réaliser un sérodiagnostic après chaque morsure ?

Non, il n’est pas utile de réaliser un sérodiagnostic. Tout dépendra de l’apparition ou non d’un érythème migrant ou d’une fatigue anormale avec température inexpliquée.

L’usage d’un répulsif protège-t-il de la maladie de Lyme ?

Non, l’usage d’un répulsif type D.E.E.T. protège contre la morsure de la tique mais pas de la diffusion de la bactérie en cas de morsure.

Faut-il avoir un flacon d’éther sur soi lorsque l’on pratique un sport de plein air ?

Non, l’éther serait même d’un emploi dangereux.

Peut-on utiliser un « tire-tique » ?

Oui, car il ne faut pas écraser le tique qui pourrait transmettre des germes. L’extraire est donc le bon moyen.

 

 

 

 

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