La Scoliose

La scoliose
Définition

La scoliose est une déformation
dans les trois plans
de
l’espace de toute partie de la
colonne vertébrale, de
la courbure cervicale, thoracique
ou lombo-sacrée, entraînant
une torsion d’une ou plusieurs
vertèbres sur elle(s)-même(s),
et provoquant ainsi une déformation
du thorax, de l’abdomen, et des
parties para-vertébrales.

Les scolioses juvéniles
sont le plus souvent de types
idiopathiques, sans cause retrouvée,
touchant essentiellement les filles
(5 filles pour 1 garçon),
évoluant dans 10 à
20% des cas vers une aggravation.
Il existe par ailleurs une certaine
prédisposition familiale
nécessitant la mise en
place d’un dépistage particulier.

Il faut pouvoir différencier
la scoliose
qui est une
déformation du
rachis
, de l’attitude
scoliotique
qui correspond
à une inflexion latérale
du rachis dans le plan frontal,
sans véritable torsion
et surtout sans déformation
du tronc.

Interrogatoire


Il est indispensable de rechercher
:

-les antécédents
familiaux de scoliose
-
l’existence ou non de douleurs
rachidiennes
- les habitudes
de pratique sportive
-
les antécédents
médicaux et chirurgicaux

- les anomalies de la courbe
staturo-pondérale

La scoliose idiopathique
est le plus souvent découverte
par le médecin traitant
ou le médecin scolaire.
Le médecin
du sport
doit jouer un rôle
dans cette prévention.

L’âge de l’enfant donne
une idée potentielle du
facteur de croissance et du facteur
évolutif de cette scoliose.

Le risque d’aggravation de scoliose
est d’autant plus important qu’elle
est apparue précocement.

Il est nécessaire d’éliminer
les autres scolioses d’origine
neurologique ou neuro-musculaire.

Chez la jeune fille, il faudra
préciser la date des premières
règles puisque l’évolution
d’une scoliose ou d’une courbe
scoliotique se termine généralement
de 16 à 24 mois après
le début de ses premières
règles.

Les
différents types de scoliose
:

-scoliose
idiopathique :

80% des cas de scolioses dont
10 à 15% évoluent
vers une aggravation, 5 filles
pour 1 garçon, avec prédisposition
familiale.

- scoliose
secondaire :
due
aux affections pouvant entraîner
des déviations : myopathies,
IMC, encéphalite, vieillissement,
troubles de la statique, fragilisation
osseuse

- scoliose
fonctionnelle

Les
différentes étiologies
:

- scoliose
idiopathique : pas d’étiologie

- scoliose congénitale
: malformation costale ou vertébrale

- scoliose neuro-musculaire
: polio, IMC, myopathie
-
autres scolioses : tumeurs rachidiennes,
Marfan, Syringomyélie

Age
d’apparition
de la scoliose idiopathique :

- nourrisson
:
dès la
naissance, dépistage précoce,

prise en charge particulière

-
infantile :
dépistage
entre 1 et 3 ans
-
juvénile 1 :

dépistage entre 3 et 6
ans
- juvénile
2 :
dépistage
entre 6 et 9 ans
-
juvénile 3 :

dépistage entre 9 et 12
ans
- adolescence
:
après
12 ans jusqu’à
la maturation osseuse

Il est important de se
souvenir que le risque d’aggravation
est d’autant plus important que
la scoliose apparaît précocement.

Les
différents types de scolioses
idiopathiques :

Les scolioses les plus fréquemment
retrouvées sont des scolioses
thoraciques droites ou gauches
,
ou scolioses à double rayon de
courbure thoracique droit et lombaire
gauche.

Les autres cas sont des scolioses
thoraciques lombaires globales

ou à convexité thoraco-lombaire
droite ou gauche.

Les
circonstances de découverte :

Il est important pour le médecin
de pratiquer systématiquement
un examen complet du rachis sur un enfant
déshabillé, pieds nus.
On mesure sa taille debout et assise.
La taille assise donne une idée
de la croissance résiduelle restante
sur le rachis.

A titre d’information, pour les enfants
de taille normale, la taille assise
en fin de croissance sera de 88 cm pour
une fille et de 92 cm pour un garçon.
On peut s’aider également pour
vérifier le potentiel de la croissance,
des abaques habituels.
Le médecin du sport se doit de
réaliser cet examen soit sur
un sol dur, soit sur un podoscope.
Il
en profitera pour vérifier les
troubles de la statique plantaire et
les troubles d’alignement des membres
inférieurs. L’examen
au fil à plomb est indispensable.

On
retrouve :

-
une bascule du bassin
- une
hyperlordose
- une asymétrie
thoracique
- une bosse ou
gibbosité thoracique

A ce stade de l’examen, il est important
d’évaluer un diagnostic différentiel
entre scoliose et attitude scoliotique.
Dans tous les cas, la gibbosité
est absente en cas d’attitude scoliotique.

On demande pour bien vérifier
cette gibbosité à l’enfant
de se pencher en avant. On en profite
par ailleurs pour constater les éventuelles
contraintes et raideurs musculo-tendineuses.

On terminera l’examen par un examen
clinique général, éliminant
par ailleurs toute étiologie
neurologique.
A ce stade de l’examen clinique, on
pourra également éliminer
une scoliose fonctionnelle par inégalité
des membres inférieurs par trouble
postural ou par contracture douloureuse.

Le diagnostic
radiologique :

Il a pour but de confirmer l’existence
de la scoliose par la mesure de l’angle
de Cobb. Il permet également
de calculer la valeur des rotations
vertébrales. Enfin il permet
d’apprécier la maturation osseuse
avec la réalisation d’un Test
de Risser.
Ce suivi est un
point capital qui apprécie les
facteurs évolutifs.

Le bilan
sera le suivant :

- rachis total de face et
de profil sur grand film, avec correction
éventuelle des inégalités
de membres inférieurs
-
bassin pour test de Risser
-
éventuellement, exploration de
l’âge osseux
- cliché
couché si nécessaire

Attention
:
on recherchera l’existence
d’une rotation pour parler de
vraie scoliose.
Il est toutefois nécessaire de
ne pas trop irradier les enfants et
de demander les bons examens permettant
la mise en place d’un traitement et
d’un suivi adapté.

Evolution
de la scoliose idiopathique

Cette évolution est imprévisible.
Seuls 10 à 20% des cas vont évoluer
vers l’aggravation, mais tous les cas
sont à prendre en considération.

Le danger ou l’alerte médicale
sera d’autant plus forte chez les filles
entre 11 et 13 ans, et chez les garçons
entre 13 et 15 ans.
Une augmentation
de taille de 7 à 10 cm sur une
année est un facteur de risque
supplémentaire.
Enfin, l’évolution radiologique
permet un pronostic évolutif,
lorsqu’on aura plus de un degré
d’évolution par mois et par an.

L’évolution
pourra être de plusieurs types
:

- esthétique
:
aggravation de la gibbosité,
asymétrie musculaire, aggravation
de l’inégalité
des membres inférieurs avec bascule
du bassin
- fonctionnelle
:
troubles respiratoires, troubles

cardiaques, dégénérescence
discopathique,
impotence fonctionnelle.
-
psychologique : répercussion
sur la socialisation
de l’enfant
Il est donc capital de pronostiquer
l’évolutivité d’une scoliose
idiopathique. La difficulté repose
sur l’absence de preuves objectives.
On retiendra que :

- plus une scoliose est précoce,

plus elle risque de s’aggraver,

- plus le Risser est proche de
0,1, plus la scoliose,
en fonction de son degré d’angulation,
aura
de chance de s’aggraver
-
la scoliose proche de 30° est une
scoliose à haut risque pour
le présent et le futur

Prise en charge
thérapeutique

Les scolioses vraies idiopathiques seront
bien entendu différenciées
des attitudes scoliotiques. On retiendra
essentiellement les angulations supérieures
à 15° et une évolution
de plus de 1° par mois.

Les
différents modes de prise en
charge sont :

-la kinésithérapie

- les activités physiques
et sportives
- la natation

- la mise en place d’un corset

- l’électrostimulation
nocturne
- la chirurgie

- l’abstention et la surveillance
simple ?


Schéma thérapeutique

Attitude scoliotique
:
-
rien ou natation, et plus

ou moins prise en charge par régulation
posturale
- plus de
15° :
kinésithérapie
+ natation
- plus
de 20° :
corset total ou
corset nocturne et week-end
-
entre 20 et 30° :
électrostimulation
externe
nocturne + corset
- plus
de 40° :
tout et surveillance
particulière, ainsi
que prise en charge psychologique de
l’enfant
et des parents
- plus
de 50° :
chirurgie

Le traitement dépendra beaucoup
de l’habitude du thérapeute,
et du type de courbure.

Une stratégie
de prise en charge peut reposer sur
:

- l’âge de découverte

- la vitesse de croissance

- la maturation sexuelle
-
la date des premières règles

- le type de courbure
-
l’angle de Cobb
- le Risser

- l’évolutivité

- le contexte familial

On retiendra en tout état de
cause que le virage dangereux se situe
entre 11 et 13 ans chez les filles et
entre 13 et 15 ans chez les garçons.
Toutefois, ceci n’est qu’une image.
Une vitesse de croissance supérieure
à 7 cm dans l’année chez
la fille et 8 cm dans l’année
chez le garçon peut modifier
la stratégie.

Une
courbure thoracique est à haut
risque.
Toutefois, les courbures
lombaires sont à surveiller particulièrement
puisqu’elles peuvent entraîner
à l’âge adulte des séquelles
invalidantes.

Enfin, un angle de Cobb de près
de 20° et un Risser à 1 sera
à haut risque.
On retiendra également l’importance
du contexte familial et les antécédents
familiaux.

Les
différents types de traitement
rééducatifs

De tous les temps on a essayé
de rééduquer les déformations
thoraciques. Ces traitements sont indiqués
pour les angles de 15° à
50° sauf avis contraire du médecin.

Les méthodes les plus souvent
utilisés sont :

- Méthode de Klapp

- Méthode de renforcement
et gainage
- Méthode
dans l’eau et nage adaptée

- Méthode de Van Niederrhöffer

- Méthode de Sohier

- Méthode Mérièrezs

- Méthode Schroth
-
Méthode d’auto rééducation
avec apprentissage du maintien
-
autres……

Les
différents types d’appareillage
:

Les corsets proposés sont nombreux.
Ils dépendent également
de chaque thérapeute. On peut
citer pour exemples :

-
le corset de Milwaukee
- le
corset de Boston -
pour les scolioses thoraco-lombaires
:
le corset de
Cheneau
- pour les
scolioses thoraciques et thoraco-lombaires
importantes :
le
corset Lyonnais

- pour les scolioses peu importantes mais
évolutives :
le corset plâtré, basé sur le principe d’élongation
des rotations des flexions
-
le corset 3D : corset qui s’adresse
aux scolioses évolutives

- le corset à valves :
pour les scolioses lombaires
-
autres corsets type Olympe,spine Cor,EDF,CTM,3
D, etc…..

Le
traitement chirurgical

La prise en charge de tout enfant chez
qui on va proposer un traitement chirurgical
doit avant tout être psychologique,
avec l’aide d’un environnement familial.

Il faut dédramatiser la situation

tout en expliquant parfaitement les
modalités de cette intervention
chirurgicale, les suites esthétiques
et les contraintes futures.

On retiendra essentiellement qu’une
courbure supérieure à
45° est le plus souvent chirurgicale,
en raison des conséquences futures
à l’âge adulte.
Il faut également préciser
que ce traitement chirurgical ne dispensera
pas d’une prise en charge spécifique
avec en particulier le maintien d’une
bonne proprioception.

On cherchera également
les techniques les moins agressives
permettant de répondre aux besoins
de la déformation thoracique,
mais également de pouvoir se
passer au maximum de toute immobilisation
post-opératoire.


Conclusion

La scoliose idiopathique doit être
différenciée de l’attitude
scoliotique
. Le dépistage
devra se faire systématiquement
par tout médecin du sport lors
de la surveillance médicale de
l’entraînement ou lors de l’examen
pour la délivrance d’un
certificat médical préalable
à la pratique du sport en compétition
.

Cette pathologie nécessite une
prise en charge adaptée afin
d’éviter l’évolution vers
l’aggravation qui se retrouve dans 10
à 15% des cas.

Le
sport et les activités physiques
et sportives sont rarement contre-indiqués.
Toutefois, il faut comprendre
que l’aspect psychologique du port d’un
corset est un frein en lui-même
à toute pratique collective.
La natation nage sur le
dos est toujours à conseiller.

Les autres sports sont discutés
au cas par cas.
On retiendra la motivation des enfants
et des parents vis à vis de la
pratique du sport. Certains seront à
encadrer pour éviter tout excès,
d’autres seront au contraire à
stimuler pour éviter une amyotrophie
musculaire.

En tout état de cause, la pratique
du sport dans le cadre d’une filière
d’accès au haut niveau
est à discuter avec une équipe
pluri-disciplinaire.
Le médecin du sport prendra donc
toute sa place dans le dépistage
et permettra une prise en charge et
un traitement précoce permettant
de limiter l’évolution vers le
port du corset ou la chirurgie.


La scoliose idiopathique de l'adolescent et l'activité sportive
Diaporamas Sport chez l'enfant
La scoliose idiopathique de l'adolescent et l'activité sportive
Auteur(s) : Claude Vaysse / Version : 2004
Pdf : 2.7 MB / 196 Téléchargement(s)
Licence : © Reproduction interdite / A usage personnel uniquement
La scoliose : une déformation tridimensionnelle - Inclinaison dans le plan frontal - Gibbosité dans le plan horizontal - Lordose dans le plan sagittal.

Dr. Patrick Bacquaert A propos de l'auteur

Consultant en médecine du sport et sport santé ainsi que médecin chef de l’Institut de Recherche en Bien-être, Médecine et Sport Santé (IRBMS). Le docteur Patrick Bacquaert est l'une des grandes figures de la médecine du sport. Il s'est investi dans la promotion du sport santé dans la région Nord Pas-de-Calais. Il œuvre également dans la lutte contre le dopage et s'occupe activement d'un site Internet www.irbms.com dont il est le responsable.

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