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Tests et repères en traumatologie du sport

Tests et repères en traumatologie du sport : le genou

Le
sportif attend beaucoup du médecin.
Très inquiet quand il lui
arrive une blessure, le sportif
demande de la part du professionnel
de la santé
un diagnostic précis permettant
d’établir la durée
de repos, mais surtout les conditions
de reprise
de l’entraînement et de
la compétition.

La
traumatologie du sport s’établit
selon une anatomie bien précise.
Les membres inférieurs
sont plus souvent touchés
que les membres supérieurs
; par ailleurs le rachis peut
être atteint lors de la
pratique de sports à risques.
Enfin, le sportif pourra souffrir
aussi bien de fracture, luxation,
mais le plus souvent pathologies
tendino-musculaires.

Les dernières
statistiques
montrent
que les articulations et les
sportifs les plus souvent touchés
sont :

genou
: +/- 25%

cheville
: +/- 15%

chez les hommes : 71%

chez les 15 à
25 ans : 40%

dans
le Footbal
l : 22%

dans les sports collectifs
: 22%

en loisirs : 30%

Nous allons essayer à
travers cet article de vous
donner des repères précis
afin de répondre aux
interrogations des sportifs.

La Hanche

Le testing musculaire
de la hanche permis d’évaluer
sa mobilité. Il se fait
en flexion, extention, abduction,
adduction, rotation interne, rotation
externe.

Signe
du paillasson :

On demande aux sportifs de vouloir
s’essuyer les pieds comme sur
un paillasson. Le test est positif
lorsque le sujet peut réaliser
ce geste, cela traduit un déficit
au niveau des ischio-jambiers.

Le
Bassin

La biomécanique
de la symphyse pubienne est très
importante chez le sportif ; un
dysfonctionnement postural peut
entraîner lors de la pratique
de certains sports l’apparition
de pubalgies ou de maladie des
adducteurs.

En dehors des traumatismes spontanés
que l’on peut retrouver chez l’adolescent
par arrachement des cartilages
de croissance, c’est en effet
la pubalgie qui peut retenir l’attention
du médecin du sport.

La palpation des orifices inguinaux
en position debout et couché
est obligatoire.

Le signe de Malgaigne permet d’établir
une forte suspicion de présence
d’une pubalgie. Il s’agit
d’une voussure douloureuse
de la région inguinale
quand le sportif se penche en
arrière.

Sacro-iliaque

Le sportif qui
présente une douleur chronique
uni- ou bilatérale sacro-iliaque
peut présenter l’évolution
d’une polyarthropatie.
Toutefois, quelques signes et
manoeuvres permettent de reproduire
les phénomènes douloureux.

Manoeuvre
du trépied d’Illouz
et Costes

Le sujet est allongé
sur le ventre, l’examinateur
exerce sur le sacrum une forte
pression dirigée obliquement
vers la table et les membres
inférieurs grâce
à un croisement de ses
mains.
Cette manoeuvre permet de mettre
en tension l’articulation et
de réveiller la douleur.

Manœuvre
de Rotes-Querel

Le sportif est debout en position
monopodale, du côté
de la Sacro-iliaque douloureuse.
Le médecin appuie fortement
sur l’épaule opposée,
pour créer un cisaillement
de la sacro-iliaque et un réveil
douloureux.

Le
Genou

Articulation très
souvent touchée, surtout
dans les sports collectifs, de
nombreux signes ont été
décrits. Nous ne retiendrons
que quelques-uns de ceux-ci pour
permettre au médecin d’établir
un pré-diagnostic avant
examens complémentaires.

Test
de Slocum

Sportif en décubitus
latéral du côté
opposé au genou examiné.
Le médecin maintient
d’une main l’extrémité
supérieure de la jambe
et de l’autre main maintient
l’extrémité inférieure.
Il exerce alors une force en
valgus.
Le test est positif lorsqu’il
se lui une légère
subluxation du plateau tibial
externe. Cela traduit une forte
suspicion de rupture du ligament
croisé antérieur.

Manoeuvre
de Lachman

Sportif en décubitus
dorsal, genou en légère
flexion. Le médecin empaume
le genou, une main à
l’extrémité supérieure
du membre inférieur,
à l’extrémité
inférieure de la cuisse.
La main tibiale imprime des
mouvements de tiroirs antérieurs.
Le test est positif quand il
existe une avancée anormale
unilatérale du tibia
avec sensation d’arrêt
mou.

Test
du tiroir antérieur

Le sportif est en décubitus
dorsal, avec le genou fléchi
entre 60 et 80° si non douleur.
Le pied est bloqué par
le médecin qui est assis
sur celui-ci, le médecin
prend l’extrémité
supérieure de la jambe
par les deux mains et imprime
une traction postéro-antérieure.
Le tiroir peut être recherché
en rotation neutre, rotation
interne et rotation externe.
La positivité de ce test
permet de suspecter une rupture
du ligament croisé antérieur.

Grinding
Test

Le sportif est en décubitus
ventral avec le genou fléchi
à 90° si possible.
Le médecin empoigne le
pied et exerce une pression
dans l’axe, imprimant une rotation
du pied.
Le test est positif lorsque
le sportif ressent une douleur
localisée au niveau de
l’interligne exploré
interne ou externe. Il s’agit
d’une forte suspicion de rupture
méniscale.

Choc
rotulien

Le sportif est en décubitus
dorsal, le genou en extension.
Le médecin place au-dessus
et en dessous de la rotule les
paumes de la main, en laissant
un interligne de libre. Lors
de la pression par un doigt,
la rotule s’enfonce comme
s’il y avait un glaçon
dans un verre.

Il s’agit de sensations de
choc. Ceci traduit la présence
d’un épanchement intra-articulaire.

Signe
du rabot

Expression d’une pathologie
fémoro-patellaire fréquente
chez les adolescents. Les médecins
expriment au niveau du genou
un va-et-vient au niveau de
la rotule pour le raboter. Attention,
cette manœuvre peut être
très douloureuse.

Signe
de Zohlen

Le sportif en décubitus
dorsal, genou en extension,
le médecin baisse la
rotule à partir de son
bord supérieur et demande
au sportif de contracter son
quadriceps. Attention, ceci
peut être extrêmement
douloureux, le médecin
ne doit pas trop appuyer sur
la rotule en raison de cette
forte sensibilité.

Cri
méniscal de Oudart

Le sportif en décubitus
dorsal, genou fléchi.
Le médecin imprime avec
son index dans l’interligne
fémoro-tibial interne
une pression et la maintient
fortement. Il demande alors
au sportif d’étendre
sa jambe, le test est positif
au moment où le ménisque
lésé et mis en
tension provoque une vive douleur,
que l’on appelle le cri
méniscal.

Tibio-tarsienne

Les consultations
pour pathologie chronique du pied
ou entorse tibio-tarsienne sont
fréquentes.
Le testing consiste surtout à
retrouver des laxités chroniques
ou aigues permettant d’orienter
le diagnostic.

Test
en varus ou en valgus forcé

Le sujet est en décubitus
dorsal, la tibio-tarsienne n’étant
pas trop douloureuse ni envahie
d’un œdème
trop important. Le médecin
embaume la tibio-astragalienne
et exerce soit un mouvement
de rotation externe soit un
mouvement de rotation interne.
Ceci peut se faire avec sensibilité
radiologique. On mesure alors
l’angle de bascule tibio
astragalienne dit en «
varus ».

Tendon
d’Achille

Le diagnostic différentiel
est souvent difficile à
réaliser chez un sportif
se plaignant soit d’un tennis
leg soit d’une rupture partielle
du tendon d’Achille.

Signe
de Brunet

Le sportif est en décubitus
ventral, les pieds dépassant
de la table d’examen. Le signe
est positif quand le pied a
une position spontanée
plus verticale que le pied controlatéral.
Forte présomption de
rupture d’Achille.

Signe
de Thompson

Ce signe permet également
de suspecter une rupture du
tendon d’Achille avant la réalisation
d’une échographie tendino-musculaire.
Le sujet est en décubitus
ventral les deux pieds à
nouveau dépassant de
la table d’examen ; le médecin
exerce sur le mollet une pression
des masses musculaires du mollet.

Le signe pouvant suspecter
une rupture est positif quand
le sportif n’exerce pas de flexion
plantaire suite à cette
pression.

Rachis
Lombo-Sacré

En dehors de traumatismes
survenant sur le terrain, et nécessitant
une hospitalisation d’urgence
avec prise en charge médicalisée,
le sportif peut présenter
suite à un exercice ou
un choc, une douleur du membre
inférieur permettant de
suspecter une sciatique.

Signe
de Lasegue

Le sportif est en décubitus
dorsal, le membre levé
avec la jambe tendue du côté
non douloureux, ceci peut s’effectuer
facilement jusque 60-80°,
du côté controlatéral
on retrouve une douleur. Le
signe est positif si une douleur
irradiante le long du territoire
du sciatique est exprimée
dès les premiers degrés
de tensions jusque 60°.

Chez l’enfant et l’adolescent,
on pourra en présence
d’une lombalgie rechercher l’apparition
soit une fracture
de stress ou de fatigue

sur une lyse unilatérale,
soit suspecté la présence
d’une lyse isthmique bilatérale
avec un spondylolystésis
pouvant conduire à une
pathologie de la charnière.

Rachis
cervical

La prise en charge
d’une pathologie aigue du rachis
cervical est du ressort des services
d’urgence avec relevé du
sportif selon toutes les précautions
d’usage. Toutefois, il arrive
qu’un sportif puisse venir consulter
avec une cervicalgie aiguë
suite à la pratique d’un
sport ou d’un choc dans la réalisation
de son sport.

Le dépistage d’une entorse
bénigne voire grave garde
toute son importance. Le testing
musculaire et ostéoarticulaire
doit être réalisé
avec prudence, on recherchera
essentiellement des signes de
compressions avec un déficit
sensito-moteur au niveau périphérique.

Dans ce cas, une immobilisation
est conseillée avec un
bilan d’imagerie. Dans le cas
contraire, on pourra se permettre
de réaliser un bilan
radiologique complémentaire.

Radiographie
du rachis

On réalise des clichés
comparatifs profil neutre et
en profil flexion extension.
Ceci permet de constater un
dysfonctionnement rachidien
localisé avec ou sans
rupture du mur postérieur
du rachis.

L’Epaule

L’articulation
de l’épaule est complexe,
puisqu’elle est constituée
de cinq articulations, muscles
scapulaires, huit muscles scapulo-huméraux
et trois bourses séreuses.

De nombreuses manoeuvres et
tests permettent d’orienter
les médecins vers une
ébauche de diagnostic.
Il est difficile de tous les
évoquer, nous ne reprendrons
que quelques tests ou manoeuvres
essentiels pour l’orienter
vers un diagnostic précis.

Test
de Jobe

Le médecin se place devant
le sportif, et appuie fortement
sur ses bras tendus placés
à 90°, coudes tendus,
pouces vers le bas.

Le test est positif quand le
sportif ne peut résister
à l’abaissement.
Ceci traduit souvent une pathologie
du sus-épineux.

Palm
Up test

Le médecin empêche
l’élévation
antérieure du bras, positionné
en élévation à
90°, avant-bras en extension
et mains en supination. Le test
est positif quand le sujet présente
une douleur sur le trajet du
long biceps. Il s’agit souvent
d’une tendinite.

Manœuvre
de Rodineau

Elle permet de dépister
une laxité postérieure.
Le sportif est légèrement
penché en avant les bras
ballants, le médecin
empoigne le moignon de l’épaule
et mobilise la tête humérale
d’avant en arrière. Cette
manoeuvre est positive quand
il existe une mobilité
augmentée significative
par rapport au côté
controlatéral.

Test
de la touche de piano

Le médecin appuie vers
le bas sur l’extrémité
distale de la clavicule. Cette
manoeuvre est positive quand
elle permet de réduire
le diastasis. Elle permet de
confirmer une lésion
des ligaments acromio-claviculaires
et coraco-claviculaires.

Impingement
Passing Syndrom de Neer

Ce test permet de retrouver
un conflit antéro-supérieur
souvent à l’origine de
douleurs chroniques. Le médecin
est placé derrière
le sportif, il fixe l’omoplate
et la ceinture scapulaire avec
une main, et avec l’autre main
effectue une élévation
passive du bras, dans un plan
situé entre l’élévation
antérieure et l’élévation
latérale. La main du
sportif doit être en pronation.

Le signe est positif lorsque
l’on reproduit des douleurs
au passage 80-100° d’élévation.

Test
de Yocum

Le sportif repose la main de
l’épaule à
examiner, sur l’épaule
controlatérale. Le médecin
s’oppose à l’élévation
du coude ou dessus de l’horizontale.
Le test est positif quand il
reproduit des douleurs antérieures.
Ceci confirme la possibilité
d’un conflit antéro-interne.

Signe
de L’Armé

On pourra rechercher un conflit
postéro-supérieur.
Le médecin se place derrière
le sportif et porte le bras
à 100° d’abduction
et à 90° de rotation
externe. Il fixe l’épaule
avec l’autre main. Le médecin
accentue alors le mouvement
de rétropulsion et de
rotation externe du bras. Le
signe est positif lorsqu’il
reproduit des douleurs postérieures.

A lire : Revue
de la littérature des
différentes techniques
de réduction de la luxation
glénohumérale
antéro-interne employée
de
l’antiquité à
nos jours.

Le
Coude

La pathologie la
plus fréquente au niveau
du coude est le Tennis-Elbow ou
tendinite des épicondyliens.
On retrouve par ailleurs des épitrochléites
chez les danseurs et les joueurs
de golf. Le testing musculaire
consiste essentiellement à
tester les épicondyliens
et les épitrochléens.

Le testing des épicondyliens
consiste à travailler
la contraction des radiaux,
du cubital postérieur,
de l’extenseur commun des doigts
et du court supinateur.

Le testing des épitrochléens
permettra de contrarier le cubital
antérieur, les palmaires,
le fléchisseur commun
superficiel et le rond pronateur.

Les manoeuvres peuvent être
comparatives et bilatérales
mais il faudra les réaliser
également le bras en
extension ou le coude en flexion.

Poignets
et mains

Les tendinites
ne sont pas rares chez le sportif
au niveau des mains et des poignets,
le médecin faisant la part
des choses entre une tendinopathie
et une pathologie dégénérative
microtraumatique.

Le
Aïe Crépitant

Ce signe est valable pour toute
tendinite ou toute ténosynovite.
Le médecin pose une main
en exerçant avec le pouce
une petite tension sur la zone
à examiner. Il demande
alors au sportif d’effectuer
plusieurs mouvements de mise
en tension. Le test est positif
si quand on reproduit une douleur,
l’on peut ressentir par un mouvement
de va-et-vient une sensation
de micro craquement que l’on
peut comparer un passage sur
du papier de verre.

La tendinite de De Quervain
est diagnostiquée de
cette façon-là
au niveau de la douleur élective
de la styloïde radiale,
en réalisant la manœuvre
de long des tendons long abducteur
et court extérieur du
poignet.

Signe
de Verneuil

Le signe est positif lorsque
le médecin exerce une
pression sur le scaphoïde
en réalisant une hyper
extension de la colonne du pouce.
La douleur permet de suspecter
une lésion du scaphoïde.


Les examens paracliniques

Lorsque l’un de ces tests est suffisamment
positif pour suspecter une pathologie,
le médecin disposera d’un certain
nombre d’options et d’orientations pour
confirmer le diagnostic. Le sportif
étant toujours pressé
de connaître celui-ci afin de
mieux mesurer son temps de repos, il
s’agit donc de demander le bon examen
pour le bon diagnostic.

On s’aidera
bien entendu de son expérience
personnelle.
Toutefois, nous disposons d’un grand
nombre d’outils :

la radiographie standard

– l’échographie tendino-musculaire

– le scanner

– l’I.R.M.

– le Pet Scan

– l’arthroscanner

– l’arthro-IRM

– la scintigraphie osseuse

– l’exploration arthroscopique

– etc…

Les délais d’attente pour
obtenir la réalisation de ces
examens imposent donc au médecin
de demander immédiatement le
bon examen afin de raccourcir les
délais de prise en charge.

Conclusion

Il est intéressant de constater
que le sportif juge souvent son médecin
du sport par rapport à la faible
durée de son immobilisation
sportive, quelle que soit d’ailleurs
la pathologie rencontrée. Par
contre, la prévention des accidents
tendino-musculaires a peu d’écho
dans le milieu sportif alors qu’il
faut rappeler qu’un bon suivi médical
associé à une bonne
prise en charge diététique,
psychologique,
podologique,
ainsi qu’une pertinence du geste
réalisé avec du bon
matériel limitent l’apparition
de pathologies, regroupées
sous le terme technopathies
du sportif
.

Guérir
avant d’être blessé est
le maître mot du sportif,
Prévenir afin de ne pas être
blessé est le maître
mot du médecin

Tout l’art du médecin du sport
est de retrouver un juste équilibre.

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chez le sportif.

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