Activités physiques thérapeutiques et pathologies cardiovasculaires

Activités physiques thérapeutiques : pathologies cardiovasculaires

Les maladies cardiovasculaires sont les premières causes de mortalité dans les pays développés dont la maladie coronarienne et les autres atteintes du cœur et AVC.

L’activité physique d’intensité modérée et régulière a un effet en prévention primaire, secondaire et tertiaire de la maladie coronarienne stable. Le niveau d’activité physique est un facteur prédictif indépendant de mortalité cardiovasculaire, même chez le sujet âgé. Pour garder ces effets bénéfiques sur la santé, l’activité physique régulière et adaptée doit être poursuivie toute la vie.

Les évidences

  • On estime que l’inactivité physique est responsable de 6 à 10% de la charge mondiale des principales maladies chroniques non transmissibles et de 9% des décès prématurés0
  • Les preuves de l’effet protecteur de l’activité physique dans la prévention de nombreuses maladies chroniques (comme les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 et les cancers) sont de plus en plus nombreuses corrélées au niveau élevé de la pratique.
  • La réduction de la mortalité toutes causes confondues n’est plus à démontrer.
  • Les recommandations de pratiques émises par l’OMS sont loin d’être généralisées dans la population générale.
  • Les variables du mode de vie de sédentaire à actif influent sur les indicateurs de santé avec des facteurs de risque complémentaires en lien avec un indice de masse corporelle élevé, le tabagisme et la consommation d’alcool.
  • Bouger est bon pour la santé et les effets bénéfiques sont largement supérieurs aux effets néfastes.

Le fait de prescrire de l’activité physique ne préjuge pas de son remboursement par l’assurance maladie, même si l’activité physique est aujourd’hui considérée comme une thérapeutique à part entière.

La prescription d’une activité physique lors d’une consultation par le médecin traitant a un impact démontré sur l’observance de celle-ci.

La priorité est l’adhésion de la population cible et des patients concernés

  • La motivation constitue un des paramètres fondamentaux pour le succès de la démarche et pour l’adhésion à la prise en charge.
  • Un patient démotivé a peu de chance d’atteindre l’objectif conjointement fixé avec le médecin.
  • La motivation n’est pas un trait statique mais est une variable dynamique et fluctuante. Elle se génère et se maintient sous certaines conditions et elle est dépendante de l’attitude du médecin.
  • L’entretien motivationnel est la base de la réussite.

Pour en savoir plus, suivez nos MOOC Sport Santé dont celui intitulé « Prescrire le sport santé sur ordonnance ».

Les points essentiels

  • Le risque d’accident cardiovasculaire lors d’un exercice de faible intensité à modéré est faible (pouvoir converser ou chantonner à l’effort sans gêne d’essoufflement).
  • Rappel des recommandations de l’OMS : 150 minutes d’exercices à intensité modérée réparties sur 7 jours sans dépasser 300 minutes en mixant entre endurance, puissance musculaire, étirements, postures et relaxation pour le bien être général (recommandation de la Société Européenne de Cardiologie).
  • A retenir : Le bénéfice pour le patient est optimal pour le protocole de 150 minutes /semaines et non celui de 75 minutes à intensité élevée (source : www.bmj.com).
  • Le bénéfice est souvent réel mais pour certaines pathologies il existe un risque d’aggravation c’est pour cela que la prescription doit être argumentée de recommandations et un suivi doit être institué.

 

 

Le protocole idéal

Le médecin qui rédige l’ordonnance de dispensation de l’activité physique informe son patient sur les conditions de prise en charge et des effets néfastes potentiels. Le patient « devrait » signer le consentement éclairé reprenant par exemple : arrêter l’effort et consulter en cas de gêne thoracique ou présence d’essoufflement pendant plus de 15 minutes, mais aussi le consentement sur le partage du secret médical avec l’acteur de l’activité physique thérapeutique.

 

Les points techniques

La prescription ou la recommandation de dispensation doit respecter le % de VO2 Max donc le % de Fc et la force maximale volontaire. Ainsi il est logique que l’activité physique conseillée soit réalisée après une réhabilitation cardiaque codifiée.

Les fondamentaux

  • Les principes de base de la prescription d’exercice reprennent les variables « FITT » (fréquence, intensité, temps et type).
  • L’exercice en aérobie peut être effectué en continu ou basé sur des intervalles ce qui est plus motivant.
  • L’entrainement de la force isométrique ou dynamique à 30% de la force maximale doit se faire avec répétions dont les intervalles de repos sont de 3 à 5 minutes.

 

La classification de différents sports

Modalités des activités physiques cardio respiratoires

30 minutes d’activités physique d’intensité modérée à élevée au moins 5 jours par semaine en évitant de rester 2 jours consécutifs sans bouger.

Les repères d’intensité

Les activités de la vie quotidienne

Charge cardiaque de 55 à 90% de la Fcmax

  • Marche de 4 à 6,5km/h
  • Montée des escaliers
  • Vélo de 15 à 20km/h
  • Nage
  • Course à pieds de 7 à 9km/h

 

FOCUS : accident vasculaire cérébral (AVC)

  • L’activité physique est bénéfique chez le patient, même à distance d’un accident vasculaire cérébral.
  • Pour cette prescription, le médecin s’appuie sur un avis cardiologique et sur un bilan fonctionnel préalable qui permet d’évaluer les séquelles du patient.
  • Une activité physique régulière, poursuivie tout le long de la vie, améliore l’autonomie du patient et sa condition physique. Elle permet, en association avec des règles hygiéno-diététiques et un bon contrôle des autres facteurs de risque cardiovasculaire, de réduire le risque de récidive d’AVC et la mortalité cardiovasculaire.

FOCUS : Covid-19 et maladies cardiovasculaires

  • Le sexe féminin expose moins à un risque cardiovasculaire avec atteinte du Covid mais comme pour les hommes les comorbidités sont des éléments de gravité.
  • Les événements thrombo-emboliques sont plus fréquents dans les formes sévères à graves.
  • Les séquelles cardiovasculaires sont potentiellement fréquentes même chez des sujets jeunes avec des troubles du rythme ou pathologie myocardiques. Les facteurs prédictifs sont bien connus des médecins réanimateurs qui en post Covid vont conseiller une réhabilitation cardiaque suivi d’une pratique régulière, sécurisée et pérenne de l’activité physique.

 

► Rappel des textes réglementaires pour le sport santé sur ordonnance :

  • La loi N° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé : Art. L. 1172-1. – Dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d’une affection de longue durée, le médecin traitant peut prescrire une activité physique adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical du patient. « Les activités physiques adaptées sont dispensées dans des conditions prévues par décret. »
  • Le décret n° 2016-1990 du 30 décembre 2016 : Relatif aux conditions de dispensation de l’activité physique adaptée prescrite par le médecin traitant à des patients atteints d’une affection de longue durée. Publics concernés : médecins, patients atteints d’une affection de longue durée et professionnels de la santé et du sport. Objet : Activité Physique Adaptée (APA) dans le parcours de soin.
  • L’instruction Interministérielle du 3 mars 2017 : Relative à la mise en œuvre des articles L.1172-1 et D.1172-1 à D.1172-5 du code de la santé publique et portant guide sur les conditions de dispensation de l’activité physique adaptée prescrite par le médecin traitant à des patients atteints d’une affection de longue durée.

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