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Histoire de la médecine du sport

Georges Demenÿ (1850-1917) - Photo : Wikipédia - Atelier Nadar

C’est Georges Demenÿ (1850-1917) qui présenta une première tentative de mise en place d’une éducation physique scientifique.

Rappelons des faits sportifs importants, pouvant expliquer l’engouement de cette médecine de l’homme à l’effort.

Essayer de comprendre, connaître et ressentir l’histoire de la médecine du sport ou de la physiologie de l’homme en mouvement, voire l’histoire tout simplement de la médecine des pratiques des activités physiques et sportives, c’est connaître un certain nombre de précurseurs qui furent en leurs temps des défenseurs d’une médecine qui a aujourd’hui beaucoup de mal à survivre.

De 884 av. J.C à 393 après J.C. se déroulèrent les Jeux Olympiques Antiques. Les athlètes utilisaient déjà un dopage reconnu et naturel en mangeant par exemple de la viande de cabri, pour améliorer leur « force bondissante » (Histoire du dopage). Un raccourci nous amène très vite en 1896 pour les 1ers Jeux Olympiques Modernes, se déroulant à Athènes sous l’impulsion du français Pierre de Coubertin.

En 1928 ont été créés les premiers Instituts Régionaux d’Éducation Physique et Sportive, rattachés aux Facultés de Médecine, puis en 1936 Léo Lagrange crée le Ministère de la Jeunesse et des Sports.

Ce développement du sport a naturellement impulsé le développement d’un certain nombre de recherches et la curiosité de nombreux physiologistes.

Nous pouvons citer, en particulier les travaux de Paul Bert qui étudia le comportement humain dans des conditions difficiles, mais surtout ceux du physiologiste Etienne-Jules Marey, qui enregistra par chrono-photographie de nombreux mouvements relatifs à la course, à la marche et au mouvement.

Il s’agit certainement d’un précurseur de la physiologie du mouvement et de la création de films scientifiques.

L’armée, les guerres ont eu une grande influence sur l’éducation athlétique des écoliers. C’est ainsi que les gymnastes ont vu le jour pour former des athlètes adeptes d’ailleurs de la fameuse gymnastique suédoise.

C’est Georges Demenÿ (1850-1917) qui présenta une première tentative de mise en place d’une éducation physique scientifique. A noter que ce scientifique est né dans le Nord à Douai et a fait toutes ses études dans le Nord/Pas-de-Calais à Lille. Il publia entre autres deux ouvrages intitulés « L’éducation de l’effort » et « L’éducation physique des adolescents ».

Puis le courant sportif fit son chemin, et c’est le Baron Pierre de Frédy de Coubertin (1863-1937) qui remit le sport au centre de l’effort en créant les 1ers Jeux Olympiques de l’ère Moderne en 1896 à Athènes.

Georges De Saint Clair fut le fondateur de l’Athlétisme en France, puis l’ensemble des sports prirent place petit à petit, souvent d’ailleurs en arrivant d’Angleterre.

La méthode française de Gymnastique, sous l’influence de l’école de Joinville a été déclinée dès 1908 par la création du Degré Supérieur du Certificat d’Aptitude à l’enseignement de la gymnastique. Être fort pour être utile, repris dans le cadre d’une doctrine installant définitivement la méthode de formation des athlètes, a été impulsé par Georges Hebert (1875-1957) à l’origine de l’ensemble des courants contemporains d’évolution de l’enseignement de l’éducation physique et sportive.

Le courant sportif est donc passé de la musculation à la gymnastique, du culturisme aux écoles de danse, des jeux traditionnels aux jeux anglais, du sport à la culture du corps, et de la gymnastique suédoise à l’éducation physique à la française.

N’oublions pas que la sportive gardait toute sa place dans les différents protocoles, puisque l’éducation physique féminine était éduquée bien avant 1900 et que les premières fêtes de la sportive en France se sont déroulées le 5 juillet 1942.

Depuis, nous connaissons le monde moderne et le sport chez la femme (La femme et le sport).

Cette évolution sportive et de la pratique de l’effort s’est accompagnée d’un certain nombre de publications et d’ouvrages réalisés par des physiologistes de renom. Si nous avons déjà cité Paul Bert, Etienne-Jules Marey et Georges Déménÿ, dès 1913 s’est déroulé à Paris le Congrès International d’éducation Physique avec de nombreux médecins du sport conduisant en 1920 à la création de l’École Supérieure d’Éducation Physique de Joinville, avec le docteur Boigey, médecin du sport reconnu.

En 1921, a été créée la Société Médicale Française d’Éducation Physique et de Sport, devenue par la suite Société Française de Médecine du Sport grâce à la conviction, la compétence et l’énergie du Docteur Pierre Talbot, qui en 1968 en assura le développement.

A noter qu’en 1922, s’est déroulé le Congrès Médico-Sportif de Bordeaux avec le Professeur Fabre.

La création de la Fédération Internationale de Médecine du Sport date du 14 février 1928. Elle fut créée à Saint-Moritz. Le Docteur Philippe Encausse, en 1945, mit en place une organisation administrative du contrôle médico-sportif et publia l’un des premiers livres consacrés à la médecine du sport.

La période après-guerre moderne de la médecine du sport

Nous devons au Docteur Philippe Encausse la mise en place administrative et l’impulsion de la médecine du sport comme étant une médecine permettant à l’individu de s’épanouir pleinement.

1949 a vu la création du C.E.S. de Biologie Appliquée à l’Éducation Physique et au Sport dans les Facultés de Médecine.

En 1951, création de la première chaire de Biologie Appliquée aux Sports à Paris, confiée au Professeur Chailley-Bert, avec comme animateur principal le Docteur Fernand Place, cardiologue de renom international qui déclina les particularités du cœur du sportif.

En 1956, création du Groupement Latin de Médecine du Sport, devenu Groupement Latin et Méditerranéen de Médecine du Sport sous l’impulsion en particulier du Docteur Louis Delzenne, grand spécialiste lillois de médecine du sport, médecin du Lille Olympique Sporting Club.

En 1959, Loi définissant les aptitudes physiques et morphologiques des candidats à l’Enseignement de l’Education Physique et Sportive.

En 1961, création d’une chaire de Biologie appliquée aux Sports, confiée au Professeur Gilbert Rougier à Bordeaux.

En 1962, différents textes sur les obligations médico-légales sont créés. L’assurance sportive devient obligatoire.

Le 10 juin 1966, premier décret sur la lutte contre le dopage.

En 1968, le Professeur Henri Perrier, Médecin-Chef du Bureau Médical du Ministère de la Jeunesse et des Sports, créé un véritable service regroupant le suivi médico-sportif, le suivi des professeurs d’éducation physique et la prévention par l’impulsion et la création de C.M.S. Le Professeur Henri Perrier finit sa carrière comme Inspecteur Général au Ministère de la Jeunesse et des Sports.

En 1970, création des Instituts Régionaux de Médecine du Sport.

Le 29 octobre 1975, Loi d’orientation précisant les obligations du mouvement sportif dans le domaine du contrôle médico-sportif.

En 1977, transformation du CES qui est intitulé Biologie et Médecine du Sport pour la formation théorique et pratique des médecins du sport.

1983, rapport Sport-Santé et proposition d’une médecine du sport au centre d’une politique sportive. Création des classes sport-études pour développer la pratique sportive dans un but compétitif.

Le 16 juillet 1984, législation relative à l’organisation et la promotion des activités physiques et sportives précisant les modalités de la surveillance médicale.

Le décret du 1er juillet 1987 reprend l’ensemble de la surveillance médicale et des obligations concernant certaines catégories de sportifs. Ce décret renforce la lutte contre le dopage et créé la Commission Nationale de Lutte contre le Dopage.

Le 29 avril 1988, suppression du C.E.S. et création de la Capacité de Médecine du Sport.

Le 23 mars 1999, Loi relative à la protection de la Santé des Sportifs et la Lutte contre le Dopage. Dispositif en demi-teinte qui n’a jamais pu optimiser les objectifs de la loi, surtout concernant le dispositif d’alerte en contradiction avec la déontologie médicale.

Arrêté du 26 juillet 2002 portant sur la création d’un Diplôme d’Etudes Spécialisées Complémentaires (D.E.S.C.), en médecine du sport.

Le 29 août 2003, Loi Lamour relative à la lutte anti-dopage et à la protection de la santé des sportifs modifiant quelques dispositifs, avec la création de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (A.F.L.D.)

Le médecin du Sport

La création officielle de la médecine du sport date du 15 Décembre 1949. Depuis cette date de nombreuses facultés de médecine forment des médecins du sport qui exercent souvent la médecine générale parallèlement.

Le médecin du sport a pour rôle : la prévention, les soins, le suivi médical, l’encadrement des équipes en compétitions et la lutte contre le dopage.

Si tout médecin peut délivrer un certificat médical de non contre indication à la pratique des sports ; Seul le médecin du sport peut délivrer certains sur classements ou établir des autorisations de pratique pour les sports à risque : sports sous marins, sports de combat avec K.O. autorisé, sports mécaniques motorisés, sports aériens, tir avec armes à feu, alpinisme de pointe dont le règlement médical dépend des fédérations concernées.

Le médecin du sport peut exercer dans une structure sportive, administrative, hospitalière, en clinique ou en cabinet médical ; Ils figurent le plus souvent dans les Pages Jaunes à la rubrique « Médecine et biologie du sport ».

Conclusion

Nous constatons la richesse, la diversité et l’ancienneté de la médecine du sport, qui est une véritable science pluri-disciplinaire.

Alors que la promotion de la pratique de l’activité physique et sportive dans un but de santé est un véritable enjeu de santé publique, il est important que les médecins spécifiquement formés à la médecine de l’homme en mouvement ou à la médecine du sport, puisse contrôler les facteurs de risques et prescrire les bonnes activités dans un but de santé.

Le constat actuel est celui d’une hyperspécialisation de la médecine du sport pour former des médecins qui ont pour but l’accompagnement des sportifs de haut niveau dans l’optimisation de la performance.

Toutefois, la grande majorité des médecins du sport, en particulier tous ceux qui suivent des petites équipes ou réalisent des certificats de non contre-indication à la pratique de l’activité physique ou d’un sport en compétition, n’ont pas besoin d’une formation de ce type.

Il serait intéressant d’introduire dans le cursus normal des études médicales un module complet de médecine du sport. Par ailleurs, devant la disparition d’un grand nombre de capacité universitaire de médecine du sport, il serait peut-être temps de réfléchir avec les sociétés savantes et les formations médicales continues de médecine du sport à la mise en place d’une formation plus généraliste sur la problématique de l’activité physique dans un but de santé.

Pouvons-nous, à la lecture de ce raccourci sur l’histoire de la médecine du sport, reprendre les différentes expériences de nos illustres prédécesseurs, de transmettre aux nouvelles générations de médecins ce savoir médico-sportif indispensable à la prise en charge de leurs patients.

Les ouvrages

Les ouvrages de médecine du sport sont nombreux, à la fois réalisés par des physiologistes, des chercheurs, des médecins de terrain car la pratique de la médecine du sport est pluri-disciplinaire.

Nous pouvons retenir :

+ La Physiologie des activités physiques, du Professeur Chailley-Bert et de Fernand Plas
+ Le Précis de Physiologie de l’Exercice Musculaire, des Professeurs Astrand et Rodahl,

et tous les livres de médecine du sport écrits par nos confrères, Jacques Rodineau, Eric Jousselin, Pierre Magnin, Jean-Yves Cornu, Gilbert Pérès, Jean-marie Coudreuse, Jean-Pierre de Mondenard, Patrick Laure, Jacques Parrier, Dominique Poux, Elisabeth Brunet-Guedj, Bernard Moyen, Jean Ginetti, Jacques Girardier, Pierre Harichaux, Pierre Villart, Denys Barrault, Gérard Saillant, Lucien Simon, Jean Benassy, R.-G. Danoski, et bien d’autres…

Ce qui montre que même si la médecine du sport est actuellement réservée à la confidentialité dans le programme des différentes facultés de médecine, elle intéresse encore de nombreux praticiens.

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