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Le S.T.T. Test – Systolic Tension Time

STT Test

Accessible à tous les médecins du sport, ce test ne nécessite, comme le test de Ruffier-Dickson, aucun matériel scientifique sophistiqué.

Sa simplicité de réalisation permet d’être un test largement proposé pour le suivi, le dépistage et l’aptitude à la pratique des sports chez les jeunes et en particulier par la Fédération Française de Football. Toutefois, une méthodologie rigoureuse est nécessaire.

Définition

Le Systolic Tension Time (S.T.T. test) est le résultat du produit de la fréquence cardiaque (Fc) par la Tension Artérielle maximale immédiatement après l’effort, exprimée en mm de mercure (TAmax).

Pourquoi une épreuve d’évaluation chez un sportif?

Il ne faut pas confondre évaluation de la forme, réservée à l’orientation sportive, et dépistage de l’adaptation à l’effort, réalisé sous contrôle médical.

Le cœur s’adapte à l’effort en s’accélérant proportionnellement à la consommation d’oxygène ; aussi il est facile de surveiller cette réaction à l’effort.

Ces tests ne permettent pas de constater des anomalies contre-indiquant l’effort, mais ils servent d’indicateurs de tolérance de l’effort.

Matériel

S’ agissant d’un indice S.T.T. simple à calculer, le matériel requis pour effectuer ce test au cabinet du médecin, voire sur le terrain au sein d’ un vestiaire aménagé est le suivant :

  • tabouret stable d’ une hauteur de 40 cm ou une caisse fabriquée, adaptée à cet effet,
  • stéthoscope traditionnel,
  • tensiomètre,
  • chronomètre ou mieux, un métronome.

On peut bien sûr s’aider de matériel un peu plus sophistiqué, comme la mise en place avant la réalisation du test d’un cardiofréquencemètre, et plus exceptionnellement d’ un moniteur de tension artérielle. Un E.C.G. peut être mis en place pour surveiller la fréquence au repos et à l’ effort.

Méthodologie

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Après avoir levé toute contre-indication à la pratique de ce test simple, en particulier éventuellement liée à un traumatisme ne permettant pas l’exécution normale et fonctionnelle du geste, l’on vérifie que le sportif est bien en période de repos. On lui fait réaliser le test en tenue sportive, voire en short, chaussures de sport.

Vous avez pris la précaution, avant l’ effort, de prendre sa fréquence cardiaque de repos, et sa tension artérielle de repos.

Vous mettez en route le chronomètre et le rythmomètre, le sportif étant au garde-à-vous, prêt à démarrer devant le tabouret. A votre signal, il démarre l’ effort selon les conditions suivantes :

  • Il met un pied sur le tabouret (ou sur la caisse) et pose le deuxième pied sur le tabouret. Après un léger temps d’ arrêt permettant la reprise d’ appui, il descend le premier pied, puis le deuxième pied. Il marque un léger temps d’ arrêt puis recommence ainsi de suite.
  • Le pied d’appel a peu d’ importance, le sportif peut éventuellement en cours d’ effort changer son pied d’ appel. Il est important que la cadence soit régulière. Vous devez la surveiller, l’imposer ou la rythmer avec tout matériel de votre choix. Il n’est pas question d’accélérer pour récupérer un retard ou de ralentir pour inversement se faire rattraper par son avance.
  • La fréquence de montée et de descente retenue est de 24/minute. Elle est facile à adopter par le sportif, spontanément il trouvera ce bon rythme.
  • L’ épreuve dure trois minutes. Le sportif doit respirer normalement.

On prend la précaution que la pièce soit suffisamment aérée, avec des conditions de température habituelles.

A la fin des cinq minutes, et immédiatement à la fin de cette épreuve, sont prises et enregistrées la fréquence cardiaque d’effort et la tension artérielle systolique.

On peut sophistiquer ce test médico-sportif pour profiter de mesurer après une minute et trois minutes les fréquences cardiaques de repos et de récupération. Toutefois, ces recueils ne font pas partie du test S.T.T..

Les pièges méthodologiques

Même si ce test semble simple et facile à réaliser, l’expérience que nous avons montre que quelques médecins le réalisent de façon peu rigoureuse et donc sans aucun intérêt dans le cadre du suivi longitudinal.

Le premier piège est celui du tabouret qui ne mesure pas la hauteur requise.

Les autres pièges sont inhérents au recueil de données : fréquence cardiaque de repos et effort, ainsi que tension artérielle repos et effort. Pour ce faire, on peut s’ aider, comme cela a été dit, de cardiofréquencemètre.

En ce qui concerne la tension artérielle, il faut bien avouer que seule l’ expérience du médecin est aujourd’hui requise. Les moniteurs de tension artérielle sont fort peu présents dans nos cabinets.

Enfin, il faut retenir tout le piège lié à la mauvaise réalisation physique de l’ épreuve. Le sportif s’arrête avant les 3 minutes, il change de rythme trop régulièrement et peut perturber l’effort en reprenant trop souvent ses appuis. Cela peut être le cas chez les jeunes qui ne disposent pas encore d’ une bonne coordination montée/descente.

Sans revenir sur les critiques éventuelles des laboratoires de physiologie qui peuvent voir ce test médico-sportif comme un test bien éloigné des recueils scientifiques actuels, nous pouvons considérer que dans de bonnes conditions de pratique avec une méthodologie correcte, le S.T.T. est fiable et reproductible.

Le débat sur sa valeur scientifique est un autre problème. En effet, on ne prend en compte ni l’âge, ni le sexe, ni le poids du sujet. Toutefois, les valeurs moyennes décrites comme normales prennent en compte ces remarques.

Résultat du test

Il est admis, après différents travaux réalisés par Boeda, Mulet et Bacquaert, qu’une valeur moyenne de S.T.T. à l’ effort se situe entre 20 et 25 000 et si :

  • le STT est inférieur à 12 000 : excellent
  • entre 12 et 16 000 : très bien
  • entre 16 et 20 000 : normal
  • entre 20 et 25 000 : moyen
  • supérieur à 25 000 : surveillance

On peut retenir que le S.T.T. peut être chez un sujet de 70 kg le reflet d’ un travail cardiaque obtenu pour une puissance constante à 150 watts.

Cela reste toutefois encore à démontrer de façon plus pertinente. La corrélation entre la VO2Max et le S.T.T. n’ est pas non plus scientifiquement démontrée. La moyenne pourrait être estimée à 55 mm/kg/mn. Toutefois le problème n’ est pas d’ utiliser un test S.T.T. comme vérification d’ une valeur de Vo2max, mais simplement d’ une bonne adaptation chez certaines catégories de sportifs en vue de la délivrance d’un certificat d’aptitude.

Il faut retenir que des valeurs s’écartant des moyennes vers le haut ou vers le bas peuvent être témoins d’une mauvaise adaptation cardio-respiratoire à l’effort. C’est ainsi que de trop bons tests affichés avec fierté par certains médecins pour leurs sportifs seraient le reflet soit d’une mauvaise méthodologie, soit finalement d’une inaptitude à l’effort.

Conclusion

Le Systolic Tension Time, test essentiellement connu grâce aux travaux de la F.F.F, et en particulier des Docteurs Boeda, Mulet et Bacquaert.

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