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Cocaïne et Sport

Cocaïne et dopage sportif

La cocaïne fait partie des substances interdites en compétition, classée dans la classe S6 des stimulants. Les stimulants et narcotiques font partie du programme de surveillance 2009, initié par l’Agence Mondiale Antidopage, et repris par l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (A.F.L.D.).

 

Définition

La cocaïne (C12H21N4), obtenue à partir de la distillation des feuilles de la plante de coca, est un psychotrope classé dans la catégorie des stimulants qui, comme les amphétamines, la caféine ou la nicotine, stimule le système nerveux en augmentant le niveau de réactivité de certaines régions cérébrales.

Les effets de la cocaïne

La dépendance psychique très forte s’installe en quelques jours et est particulièrement tenace et difficile à traiter. Quand la cocaïne est sniffée, elle atteint sa concentration maximum dans le sang au bout de 10 à 30 minutes. Ainsi l’on retrouve immédiatement la sensation d’euphorie recherchée, qui dure en moyenne 30 minutes si elle est sniffée, et « seulement » 5 à 15 minutes si elle est fumée ou injectée. La cocaïne cause certaines sensations de chaleur, avec euphorie, hyperactivité, en ayant une action sur le rythme cardiovasculaire et un effet euphorisant global.

Les fausses vertus de la cocaïne

  • Suppression de la sensation de fatigue
  • Coupe-faim
  • Diminution de l’anxiété
  • Limitation des migraines
  • Stimulation de la libido
  • Anesthésique de contact
  • Prévention vertige et mal de montagne
  • Anesthésique sur tendinites

Bien entendu, ces indications ne sont plus retenues en raison de la dangerosité de son utilisation.

Les effets néfastes de la cocaïne

Ils sont nombreux et provoquent :

  • une modification du comportement psychique qui devient inadapté
  • une modification cardiorespiratoire avec trouble du rythme cardiaque et modification de la tension artérielle
  • nausées, vomissements, transpiration, frissons
  • agitations psychomotrices
  • maux de tête
  • irritation nasale, congestion des sinus, rhinites chroniques
  • crises convulsives ou coma

Effets au long cours de la prise de cocaïne

  • perte d’appétit avec malnutrition
  • irrégularité menstruelle
  • épisode dépressif avec suicide
  • asthénie
  • troubles du sommeil
  • dépendance pour d’autres drogues
  • insuffisance cardiaque
  • accidents vasculaires cérébraux
  • etc.

L’ensemble des effets secondaires est gravissime et peut conduire à la mort. Par ailleurs, on retrouve l’ensemble des effets liés à la toxicomanie, infection par le VIH, infection bactérienne, hépatite virale, surinfection au niveau de la peau.

Sport et cocaïne

La cocaïne est utilisée comme produit améliorant la performance ; elle permet de démultiplier son « punch ». La cocaïne est un produit interdit en compétition. Les tests de dépistage sont nombreux, et bien argumentés. Les erreurs sont rares, les faux-positifs exceptionnels. L’urine, test de dépistage de choix pour les sportifs, est en fait également le liquide biologique idéal pour dépister une consommation de cocaïne. En effet, l’urine restera positive pour une durée de 48 à 72 heures, après la prise de cocaïne. Pour des consommateurs plus réguliers, le test de dépistage peut rester positif pendant 2 mois.

Le test du cheveu

L’analyse des cheveux est complémentaire de l’analyse d’urine. En cas de positivité urinaire, qui prouve une consommation récente, les cheveux permettent d’affirmer s’il s’agit d’une consommation répétée ou chronique. Si certains sportifs peuvent masquer la cocaïne présente dans l’urine, il en est beaucoup plus difficile dans le cheveu. Le cheveu permet donc d’établir si le sportif a un véritable passé de toxicomane. Il faut savoir toutefois que l’analyse des échantillons du cheveu ne fait pas partie du protocole prévu dans le cadre de la législation contre le dopage.

Chaque laboratoire peut posséder une méthodologie différente, qui nécessite précision et validation. En effet, il est toujours difficile pour un sportif contrôlé positif sur une analyse d’urine, de faire valoir plusieurs mois après une négativité sur le cheveu. Toutefois, c’est actuellement le seul moyen pertinent qui peut être utilisé dans le cadre d’une argumentation pour confirmer une prise ponctuelle et une utilisation occasionnelle.

Affaire Festina, révélation de Willy VOET

Le fameux « pot belge », utilisé par les cyclistes, et appelé le « pot des fous », mis en avant médiatiquement en France lors de l’affaire Festina en 1998, contenait effectivement un mélange de certains nombres de drogue, dont la cocaïne. Ce mélange fut appelé « Pot belge » car, à l’époque, le cyclisme international avait un grand nombre de racines en Belgique, aussi bien au niveau des soigneurs, qu’au niveau des coureurs. Quelques grandes vedettes belges ont d’ailleurs été condamnées en justice pour usage, trafic de drogue.

Utilisation de la cocaïne en milieu sportif

De tout temps, la cocaïne a fait partie des drogues « miracles » à côté d’autres stimulants ou associée avec eux. Si l’on reprend les différentes affaires anciennes, nous retrouvons quelques cyclistes qui ont utilisé la cocaïne avant les années 60 pour ne pas ressentir la douleur. C’est bizarrement au tennis, et en particulier notre grand Champion Yannick Noah, qui sèmera le doute sur un certain nombre de vedettes de l’époque en désignant quelques joueurs comme étant des « mecs chargés ». Plus récemment, on retiendra le cas de :

  • Diego Maradona, footballeur argentin contrôlé positif en 1991,
  • le cubain Javier Sotomayor, sauteur en hauteur, positif en 1992,
  • Pieter de Villiers, Pilier du XV de France, positif en 2002
  • le cycliste italien Marco Pantani en 2004 (il est d’ailleurs mort d’une surdose)
  • en tennis, nous retrouvons Mats Wilander, Martina Hingins, et Richard Gasquet (affaire en cours d’instruction). A noter, qu’en 2009, le cycliste ancien Champion du Monde Tom Poonen, a été de nouveau contrôlé positif 15 jours après sa victoire du Paris-Roubaix.

Conclusion

La cocaïne fait partie intégrante de la classe S6 des stimulants, interdites en compétition. Son dépistage urinaire est suffisant pour permettre d’instruire par les autorités sportives compétentes, un dossier avec possibilité de sanction dont la peine maximale prévue est de 2 ans de suspension de compétition sportive.

 

 

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