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Le Tramadol

Tramadol et dopage

Le tramadol est un antalgique central dont l’efficacité est due à la synergie d’un effet opioïde et monoaminergique.

On classe le tramadol dans la catégorie des antalgiques de niveau 2, catégorie comprenant la codéine et le dextropropoxyphène. Il agit sur le même type de récepteur que la morphine, c’est un agoniste des récepteurs morphiniques.

Le Tramadol est indiqué pour le traitement des douleurs modérées à sévères.

De tous temps les sportifs ont désirés repousser les limites de la douleur pour mieux « performer » ainsi des produits ou autres procédés ont été peu à peu proposé sans se soucier des effets délétères sur la santé ainsi le Pot Belge fut l’exemple même de ce type de dérive.

L’UCI sanctionne l’utilisation du tramadol en compétition

L’Union Cycliste Internationale (UCI), sous la conduite de son directeur médical, le professeur Xavier Bigard, a utilisé l’approche sanitaire et son règlement médical pour bannir le tramadol des pelotons depuis le 1er mars 2019. Sa présence a été activement recherchée dès la première étape de Paris-Nice 2019.

Le tramadol fait partie de cette classe de médicaments et serait utilisé par au moins 5 % des cyclistes. Ses effets secondaires peuvent être redoutables : nausées, perte d’appétit, addiction, mal être et surtout on l’accuse notamment de provoquer une baisse d’attention qui entraînerait des chutes dans le peloton (lire notre encadré plus bas).

Une première infraction commise par un coureur sera sanctionnée par une disqualification de l’événement assortie d’une amende, une deuxième infraction par une suspension de 5 mois (9 mois pour l’infraction suivante).

Au niveau collectif, une équipe encourra une amende si deux coureurs commettent une infraction de ce type dans une période de douze mois. « Dans le cas d’une nouvelle infraction dans la même période de 12 mois, l’équipe sera suspendue pour une période de 1 à 12 mois », précise l’UCI.

La présence de tramadol sera recherchée sur des gouttes de sang séché, prises sur la pulpe d’un doigt. Les résultats des analyses seront communiqués au directeur médical de l’UCI dans un délai maximal de 4 à 5 jours. « On sait que le facteur limitant de la performance est la capacité à surmonter la douleur. Si on a un antidouleur, on peut repousser la douleur et avoir de meilleures performances », avait expliqué David Lappartient, président de l’UCI.

Selon les chiffres annoncés par l’UCI, 4,4 % des contrôles en compétition révèlent l’usage de tramadol. La décision d’interdiction a été saluée par le Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC) qui regroupe 7 des 18 équipes du WorldTour et 76 % des formations Continental Pro (2e division), ainsi que 326 coureurs.

Les douleurs provoquées par l’effort physique sans l’utilisation du tramadol

Toute activité physique peut être source de sensation douloureuse en lien par exemple avec les courbatures.

Les douleurs intéressent les articulations sollicitées mais surtout les tendons et muscles. Elles sont liées à la sollicitation provoqué par l’activité physique en elle-même qui provoque un type de stress articulaire et des « technopathies sportives » dues à l’importance de l’intensité et la durée de l’effort.

Lors d’efforts longs de type endurance un effet de stimulation centrale, et en particulier au niveau des zones du plaisir, entraîne la sécrétion de bêta-endorphine dont l’action euphorisante et antalgique est largement reconnue comme une addiction à l’effort.

Ces douleurs provoquées par l’effort sont bien connues et cela explique que de nombreux sportifs professionnels ont à leurs dispositions des staff dits de récupération afin d’éviter la prise d’antalgiques.

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Blessures après un traumatisme aigu ou excès de pratique

Les traumatismes liés à la pratique sportive sont nombreux et souvent anodins mais provoquant des douleurs immédiates ou différées.

On peut donc citer des traumatismes avec ecchymose, hématomes (ou bleus !) gonflement et œdèmes, hydarthrose et épanchements, des lésions ligamento musculmaires et des lésions osseuses. Les traumatismes entraînent la sécrétion des médiateurs inflammatoires qui provoquent une excitation des récepteurs à la douleur périphériques et centraux.

Le traitement préventif ou curatif de la douleur est le froid selon le protocole RICE ou GREC.

En cas de blessures entrainant de fortes douleurs, il convient en plus de l’application du froid de préconiser les traitements antidouleurs dont le simple paracétamol est le médicament de base (en fonction des indications du médecin).

Douleurs chroniques en lien avec la pratique physique et/ou le sport

Ce type de douleur est fréquent, puisque de nombreux sportifs ou simple pratiquants vont se plaindre de douleurs limitant leurs capacités d’entraînement et de pratique. La douleur ou la gène douloureuse peut apparaître pendant l’entraînement, la compétition ou après l’effort pendant la phase de récupération.

La prise en charge de ces douleurs chroniques diffère en fonction du statut du sportif ou aussi de son ressenti face à la douleur.

Le meilleur traitement est le froid même en cas de douleurs chroniques mais le paracétamol et les anti-inflammatoires sont quelques fois prescrits, en aucun cas le tramadol et autres antalgiques doivent devenir un médicament courant de première intention.

La physiothérapie, la kiné et les massages sont aussi utiles dans la douleur chronique. On proposera aussi la réhydratation et diététique sportive.

Pourquoi combattre ou masquer une douleur en sport ?

  • La douleur « sentinelle » est une sonnette d’alarme qu’il ne faut pas occulter, car elle peut masquer une blessure sournoise et protéger contre une aggravation des lésions ;
  • Elle peut aussi être gratifiante, suivant l’idée selon laquelle il faut souffrir pour être performant et réussir.
  • La douleur est parfois banalisée, ce dont il faut se méfier, en particulier vis-à-vis des athlètes qui repoussent toujours le seuil de la douleur.
  • La douleur peut être la conséquence d’un effort et disparaître avec la récupération.
  • Elle peut enfin être simulée, donc difficilement quantifiable et son bénéfice attendu par le sportif.

Avec pour conséquences, des douleurs à traiter, des douleurs qu’il ne faut pas masquer, des douleurs à respecter et les douleurs « fantômes ».

Source : Dr G. GUILLAUME ,Rhumatologue, médecine et traumatologie du sport, médecin de l’équipe cycliste professionnelle de la Française des Jeux.

L’utilisation du Tramadol dans le peloton

Les chutes sont nombreuses entraînant des blessures douloureuses permettant de poursuivre la course, aussi un antalgique « peut « aider » le coureur et éviter l’abandon ou de perdre trop de temps. Michael Barry, ancien coureur de l’équipe Sky, a déclaré le Tramadol aussi précieux qu’un produit dopant.

Michael Barry : Shadows on the roadDans son deuxième livre, Michael Barry indique :  « Quand je me suis cassé des côtes sur chute au deuxième jour du Tour de France, j’ai pris du Tramadol pour calmer la douleur. Il m’a fait ressentir une légère euphorie. Je ne ressentais aucune douleur aux jambes. Je pouvais appuyer plus fort que d’habitude sur les pédales. Cela améliorait autant la performance que n’importe quel produit dopant que j’avais pris, avec une différence de taille : c’était légal. » A noter que l’équipe Sky a déclaré que le Tramadol était interdit dans l’équipe même si ce produit n’est pas interdit par les autorités.

Les Effets secondaires

  • Baisse de la vigilance et de la concentration
  • Vertiges
  • Nausées

Les vertiges pourraient expliquer une plus grande nervosité et une augmentation des chutes ou des gestes maladroits.

Vers une interdiction future ?

Le MPCC (Mouvement pour un cyclisme crédible) interdit à ses équipes membres de prescrire du Tramadol.
Le produit est sous surveillance de l’AMA depuis 2012 mais toujours pas interdit.

Conclusion

La douleur aiguë ou chronique est fréquente dans la pratique de l’activité physique mais la douleur chronique diffuse peut aussi être traitée par l’activité physique comme dans les syndromes de fibromyalgies.

La douleur aiguë est prise en charge par l’application de glace mais un diagnostic permettra une prise en charge adaptée.

La douleur chronique est très fréquente surtout chez les pratiquants plus âgés mais la technopathie sportive se traite aussi par une modification technique de la pratique.

Seul le paracétamol doit être proposé en première intention et le tramadol n’apporte que rarement une plus-value.

Une recommandation d’un arrêt sportif est toujours associée au traitement qui prendra en compte le diagnostic et l’ensemble des solutions médicales et paramédicales à la disposition des soignants.

Pour en savoir plus

Usages des médicaments à des fins non médicales chez les adolescents et les jeunes adultes : perspectives empiriques

Joseph Josy Lévy Professeur au Département de sexologie, Programme des Grands travaux sur la chaîne des médicaments, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Christine Thoër Professeure au Département de communication sociale et publique, Programme des Grands travaux sur la chaîne des médicaments, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Résumé

Des travaux portant sur l’utilisation des médicaments à des fins non médicales par les adolescents et les jeunes adultes indiquent que les pratiques touchant le dopage sportif, l’amélioration des performances, intellectuelles et sexuelles de même que le contrôle des humeurs, le modelage corporel sont en augmentation. Le recours à ces médicaments est souvent associé à la consommation d’autres substances (alcool et drogues) et semble témoigner d’une nouvelle phase dans l’évolution des toxicomanies modernes. Cet ensemble d’études reste néanmoins limité à cause de la prédominance des approches épidémiologiques. Celles-ci contribuent à cerner le profil des utilisateurs, le plus souvent des garçons. La liste des substances employées et leur fréquence d’usage permettent de dégager les facteurs et les déterminants principaux de l’utilisation. Néanmoins, peu d’études adoptent des approches théoriques explicites. De nouvelles pistes de recherche sont ainsi proposées, lesquelles permettraient une évaluation plus précise des conduites et des représentations associées aux pratiques d’abus, de dopage et de détournement des médicaments et de leurs significations.

Le dopage sportif

Les études les plus nombreuses ont porté sur le dopage sportif et elles permettent de dégager les caractéristiques des substances et leurs effets, la perception de ces produits et la prévalence des conduites. Les données recueillies se limitent toutefois à dégager les tendances épidémiologiques ainsi que les prédicteurs sans analyser de façon précise les représentations sociales, les motivations et les profils psychosociaux entourant le dopage. De ce fait, il est encore difficile de dégager des conclusions nuancées qui tiennent compte de la complexité de ce phénomène.

Les substances et leurs effets

Le dopage sportif renvoie à l’utilisation de substances pharmaceutiques et de drogues en vue d’améliorer les performances physiques ou mentales lors d’une compétition sportive.

Source : Erudit.org / Drogues, santé et société

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