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Comportement alimentaire : de la rigueur à l’orthorexie !

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L'Essentiel sur l’alimentation du sportif : l'orthorexie

L’orthorexie est un trouble du comportement alimentaire qui s’enracine dans un vécu psychologique complexe et dissimule une immense souffrance.

Article extrait du livre de Dominique POULAIN, L’essentiel sur l’alimentation du sportif (1).

Préoccupations alimentaires

La consultation diététique devient pertinente lorsque des fragilités ou des hypercontrôles alimentaires (restrictions cognitives), des problématiques pondérales ou d’image corporelle, deviennent sources d’inconfort émotionnel dans le quotidien du sportif. Le simple échange d’informations sur le contenu de l’assiette bien que nécessaire peut être insuffisant pour un sportif en difficulté avec ses repas.

De nouvelles formes d’accompagnement incluent à la fois des éléments de nutrition en les associant à des éléments de psychologie comportementale, cognitive et émotionnelle. Ces approches visent à aider le sportif à la mise en place de comportements adaptés et à travailler sur les schémas de pensées et les émotions problématiques. Le blog « Diététique et pleine conscience » sur Over-blog (2), du diététicien Florian Saffer, présente cette approche dite psycho-comportementale.

Qu’est-ce que l’orthorexie ?

L’expression « orthorexie nerveuse », forgée par le médecin Steven Bratman en 1997, est dérivée d’ « anorexie nerveuse » : elle associe les racines grecques orthos (« droit », « correct »), et orexis (« appétit »).

Identifiée comme un trouble alimentaire obsessionnel, l’orthorexie se traduit par une fixation, une obsession de manger des aliments sains, ou supposés tels par la personne fragilisée. Avec la santé comme seule ligne de mire, les choix de l’orthorexique ne reposent plus que sur l’évaluation personnelle des vertus (réelles ou non) des aliments. Ceux-ci sont pensés comme nutriments, théorisés en minéraux et vitamines, « retrouvés éparpillés par petits bouts, façon puzzle » (Bernard Blier, alias Raoul Volfoni, dans les Tontons flingueurs (1963) de Georges Lautner).

Les repas deviennent des cérémonies diététiques : « Compter, analyser, discriminer, planifier : le quotidien de l’orthorexique est rythmé par un souci de maîtrise et d’évitement ». Les aspirations idéalistes et spirituelles qui sont à la base de l’orthorexie dérivent vers un comportement monacal et ascétique, qui s’enracine progressivement dans l’identité de la personne. Les préoccupations alimentaires, devenues dominantes, peuvent verser dans des restrictions nutritionnelles sévères et conduire à l’isolement social.

Les profils à risque

Les sportifs qui expriment une sensibilité qualifiée de « perfectionniste », « obsessionnelle » ou « monomaniaque » à l’égard de leur hygiène de vie présentent un profil « à risque » pour l’orthorexie. Bien heureusement, tous les sportifs, même les plus rigoureux, ne développeront pas forcément cet enfermement alimentaire.

L’orthorexie n’est pas une « pathologie » mais peut le devenir quand les impératifs alimentaires (créés) deviennent seul mode d’expression. Ce trouble du comportement alimentaire s’enracine dans un vécu psychologique complexe et dissimule une immense souffrance. Il ne faut pas hésiter à consulter des professionnels de santé (médecin, diététicien, psychologue…) si la place accordée au contrôle ou à l’illusion du contrôle alimentaire devient excessive.

L’autotest de Bratman

Une réponse positive à l’une des questions suivantes soulève la question de l’orthorexie.

  1. Je passe une grande partie de ma vie à penser, choisir et préparer des aliments sains, et cette attention portée à la nourriture interfère avec d’autres dimensions de ma vie (amour, créativité, famille, amitié, travail, école…).
  2. Quand je mange de la nourriture que je considère comme malsaine, je me sens anxieux, coupable, impur et/ou souillé ; même la proximité avec de tels aliments me dérange, et j’ai tendance à juger ceux qui les mangent.
  3. Mon sens personnel de la paix, du bonheur, de la joie, de la sécurité et de l’estime de soi dépend excessivement des notions de pureté et de justesse appliquées à ce que je mange.
  4. Parfois, je voudrais assouplir mes règles de « bonne nourriture » pour une occasion spéciale (un mariage, un repas en famille ou entre amis…), mais je ne peux pas. (Remarque : si vous suivez un régime alimentaire spécifique en raison de votre condition médicale, et que les exceptions représentent un danger, alors cet article ne s’applique pas.)
  5. Au fil du temps, j’ai éliminé de plus en plus d’aliments et élargi ma liste de règles alimentaires dans le but de maintenir ou d’améliorer ma santé ; parfois, je peux m’approprier une théorie alimentaire existante et y ajouter des croyances personnelles.
  6. L’application de mes théories alimentaires m’a fait perdre davantage de poids que ce que la plupart des gens estimeraient être raisonnable, ou a causé d’autres signes de malnutrition tels que la perte de cheveux, l’arrêt des règles ou des problèmes de peau.
Références :

(1) L’essentiel sur l’alimentation du sportif, par Dominique Poulain, Édition Parresia 2019.

(2) Florian Saffer, Diététique et pleine conscience

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