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Le Feu aux Pieds

Le feu aux pieds

Le feu aux pieds, brûlure bien connue des cyclistes.

Le Tour de France sera l’occasion pour le peloton de connaître quelques jours de canicule.

Quand l’étape est un peu longue avec un air ambiant qui est supérieur à la température de la peau, beaucoup de cyclistes sont handicapés par des brûlures sous le pied, que l’on appelle le « feu aux pieds ».

Petites notions d’anatomie

La voûte plantaire possède un riche réseau de petites veines. L’ensemble de ce réseau se rassemble dans le cadre de ce qu’on appelle une semelle veineuse de Lejars.

Le réseau veineux du membre inférieur se compose d’un système superficiel composé de la saphène interne et de la grande saphène ainsi que de la saphène externe qui parcourt la face postérieure de la jambe ; d’un système profond qui est en communication avec l’autre système par des transversales ou veines perforantes. L’ensemble de ce système sera en relation avec le système veineux du pied.

On comprendra donc mieux que tout sportif ou cycliste ayant une déficience du système veineux superficiel ou profond pourra être plus sensible au feu du pied.

Rappels physiologiques

Le sang veineux, chargé en déchets, doit retourner vers le coeur pour être nettoyé, se transformer en sang riche en oxygène, pour repartir vers les muscles. Ceci conditionne chez le cycliste la performance qui est évaluée dans ce que l’on appelle la VO2 max.

Sous le pied, il existe une semelle veineuse qui est vidée de son contenu, et repousse le sens veineux vers le coeur, par la compression obtenue lors de la marche.

Dès que le sang est impulsé vers le coeur, à partir du pied, c’est notre système veineux qui prend la relève et qui assure cette remontée du sang vers le coeur.

Pendant le pédalage, les mollets du cycliste ne se contractent pas au maximum. Ce qui limite l’action des muscles assurant une pompe musculaire en aidant le système veineux.

Par ailleurs, la position du pied sur la pédale limite le rendement des muscles du mollet. Le système musculaire du cycliste est moins efficace que le système musculaire du joggeur. Ce qui explique pourquoi, dans certaines conditions, le retour veineux est bloqué sous le pied.

Circonstances aggravantes

• La maladie veineuse

Tout sportif ou cycliste qui présente une varicosité, quelques troubles fonctionnels avec jambes lourdes, oedèmes ou varices visibles, présente un facteur de risque dans le cadre d’une mauvaise circulation veineuse.

Chaussures, cale-pied

Une chaussure trop serrée, des cale-pieds mal adaptés, une statique plantaire anormale, une mauvaise correction par semelles orthopédiques mal adaptées bloque le mécanisme de la semelle veineuse et aggrave le phénomène.

• Hyperpression abdominale

La position assise bloque le retour veineux par compression de la veine cave. Or, c’est cette veine qui collecte le sang venant des deux membres inférieurs des systèmes périphériques et profonds. Il se produit donc une stase qui y a une répercussion sur la semelle veineuse. Par ailleurs les troubles digestifs avec une constipation chronique et colon dilaté provoquent le même type de pressions abdominales.

• Obésité
L’excès de poids du cycliste, rarement retrouvées chez les sportifs professionnels mais retrouvés chez le sportif amateur, provoque une compression abdominale qui limite le retour veineux, et par-la même également fragilise la semelle veineuse.

Circonstances de survenue

Lors de la pratique du vélo, la majorité de l’énergie dépensée est transformée en chaleur, ce qui provoque une surchauffe des muscles et une augmentation de la température cutanée. L’effort par ailleurs augmente l’accélération de la circulation, qui peut être 20 fois supérieure à la normale. On retrouve donc une forte sollicitation du système veineux et une augmentation du stockage du sang au niveau des membres inférieurs.

Cette augmentation du stockage engorge la semelle veineuse. Celle-ci est par ailleurs échauffée et doit se refroidir par le contact de l’air ambiant. En cas de forte chaleur, dépassant 30°, cette convection de la chaleur n’est plus possible, le pied ne peut plus se refroidir. La semelle veineuse est donc en surchauffe, ce qui provoque une sensation de brûlure. Cette surchauffe est d’autant plus fréquente en milieu cycliste qu’il peut y avoir une stase dans la chaussure par ce bloc courroie/cale-pied et qu’il n’y a pas la propulsion que l’on retrouve lors de la marche ou de la course à pied.

Le traitement du feu au pied

• Le traitement immédiat

  • Il consiste à améliorer le retour veineux en stimulant la semelle veineuse sous le pied
  • Supprimer toute cause de compression, chaussures chaussettes,
  • Desserrer les cale-pieds
  • Mettre le pied à terre pour marcher quelques mètres
  • S’asperger mollets et pieds d’eau froide

• traitement préventif

  •  Correction de toute surcharge pondérale. On rappelle que le périmètre ombilical chez l’homme supérieur à 105 est un facteur de risque cardio-vasculaire
  • Correction des troubles digestifs ; la diététique du sportif garde toute son importance
  • Correction podologique : on corrigera les pieds creux, les pieds plats, avec un examen podologique adapté
  • Adaptation de son équipement : pour tous ceux qui veulent participer à des étapes longues, ou à des randonnées sur plusieurs jours par temps estival, il est recommandé de tout faire pour éviter la transpiration, ventiler le pied et adapté un bon couple chaussure/pédale

Prévention des facteurs de risques vasculaires

Au stade des jambes lourdes et des troubles fonctionnels, au niveau des membres inférieurs, il est possible de se traiter de façon préventive en prenant des veinotoniques, en utilisant une contention (chaussette, bas) de grade un ou deux, de dormir les pieds légèrement surélevés, et de pratiquer quelques exercices et de contracter les muscles agissant sur le retour veineux.

Des séances de kinésithérapie et de pressothérapie peuvent être utiles.  Après l’effort, se doucher à l’eau froide et se masser les jambes.

Trucs et astuces

Si l’on ne peut pas embarquer sur le vélo de ventilateur spécifique pour les membres inférieurs et les pieds, ni de douche froide continue, on peut essayer de prévenir la transpiration avec les remèdes simples. Le port de socquettes en textile absorbant ne serrant pas les chevilles, on talque les pieds avant d’enfiler les socquettes.

On peut utiliser quelques jours avant la randonnée l’homéopathie associant sépia 9PH, china 9CH et pilocarpus 9CH.
On peut frictionner le matin le pied avec une composition de formol 10 g, glycérine 5 g, et alcool de lavande à 90° dans un flacon de 150 ml.

On peut saupoudrer le pied d’une préparation à base d’acide solycilique 1g, acide borique 10g, oxyde de zinc 10g , et talc pour un pot de 110g.

Conclusion

La maladie veineuse est un handicap pour le sportif et pour le cycliste en particulier. Le feu au pied peut survenir même chez des sujets sains qui ne présentent pas de facteurs de risques. Il faut se rappeler que cette douleur brûlante provient de la semelle veineuse qui a pour mission de relancer le sang vers le cœur.

Descendre de vélo, marcher quelques pas, et les pieds dans l’eau froide, ont pour effet de faire disparaître instantanément le feu au pied.

La bonne connaissance de cette pathologie associée à une bonne prévention risque de limiter l’apparition de cet inconvénient majeur.

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